Festival de Sitgès

Sitgès - Jeudi 02 octobre et Vendredi 03 octobre

Coup d’oeil de notre correspondant local, El Nino

Jeudi 02 octobre

C’est en ce jeudi 2 octobre que s’ouvre le Festival de
Sitges. C’est dans les jardins de l’hôtel Melia, en plein
centre de la station balnéaire de Sitges, à côté de
Barcelone, que se déroule ce festival, déjà vieux de
41 ans. Une année de plus, il fait beau et les foules sont
nombreuses pour les achats de tickets, tandis que de
nombreux curieux ou curieuses essayent de prendre des
photos avec leurs stars préférées.

C’est assez drôle de retrouver dans le hall de l’hôtel
certains membres de l’équipe de 2001, odyssée de
l’espace
, invités cette année pour un hommage...et
oui, ça fait déjà 40 ans que le maître Kubrick a
tourné ce qui reste sûrement encore aujourd’hui le
chef-d’oeuvre absolu de la science-fiction.

Mirrors, le dernier film d’Alexandre Aja, constitue
l’inauguration de cette nouvelle édition du Festival
International de Cinéma de Catalogne. C’est comme toujours dans l’auditorium de l’hôtel
Meliá que cela s’est passé. Cependant, le réalisateur
n’a finalement pas pu venir à cause d’un empêchement
de dernière minute.

Le film, un thriller avec une atmosphère fantastique,
nous présente un agent de la sécurité qui doit faire
face à ses démons intérieurs. C’est curieusement au Festival de Sitges, où Alexandre
Aja, était venu présenté Haute tension que s’était
présenté Into the mirror, le film coréen original.
Cette même année, Aja avait commencé à s’intéresser
à la possibilité d’en faire un remake. Le film est l’occasion de retrouver Kiefer Sutherland
comme acteur protagoniste. Le film, extrêmement
prometteur dans sa première demi-heure, ne remplit pas
par la suite toutes les expectatives et la réalisation
brillante ne cache pas le fait qu’il semble s’agir
d’une proposition moins personnelle que les autres
films du réalisateur.

Vendredi 03 octobre

La journée du vendredi commence par le photocall et la
conférence de presse de Transsiberian, le nouveau film
de Brad Anderson.
Après nous avoir impressionnés avec Session 9 et The
machinist
, le réalisateur nous enferme littéralement
dans le célèbre train qui part de Chine et traverse
toute l’ex-URSS. Brad Anderson nous explique le voyage qu’il effectua
dans ce train il y a longtemps. Sont présents les 2
acteurs Woody Harrelson et Eduardo Noriega. Emily
Mortimer n’arrivera que dans l’après-midi pour les
interviews...

En ce vendredi 3, l’acteur Bill Pullman est à
l’honneur, bien qu’il n’ait pas pu venir au Festival.
Il est présent dans deux films.

Your name here commence par un long plan séquence sur
une fête un peu loufoque avant de découvrir l’acteur
avec une longue barbe. Le personnage qu’il interprète,
William J.Frick, est bien évidemment inspiré de Philip
K. Dick. Le film essaye de rentrer dans l’esprit,
embué par les drogues et les paranoias, d’un des
écrivains de science-fiction les plus prolifiques. Une
réalisation trop confuse elle-même ne permet en aucun
moment au réalisateur d’atteindre ses objectifs.

Dans Surveillance, le film de Jennifer Lynch, la fille
du grand David, Bill Pullman est un agent du FBI qui,
accompagné de sa collègue (Julia Ormond), arrive sur
les lieux de meurtres sanglants. Les interrogatoires
des survivants se succèdent pour découvrir la vérité.
Malgré quelques touches intéressantes et une
atmosphère assez pesante(on peut voir dans de nombreux
aspects une marque de famille évidente), Jennifer
Lynch ne parvient pas à convaincre véritablement.

Los bastardos, nouveau film du Mexicain Amat Escalante
produit par Carlos Reygadas, suit deux jeunes
adolescents qui, armés d’un fusil, vont pénétrer dans
une maison bourgeoise. Un film assez radical sur la
violence avec une des scènes les plus marquantes de
l’année. Cependant, le scénario fait preuve d’une
certaine complaisance et n’arrive pas à convaincre à
cause d’une certaine facilité quant au traitement du
sujet.

Soy un pelele est présenté hors compétition. Ce film
espagnol, qui cherche vainement à copier l’humour des
frères Farrelly, suscite les critiques de grande part
de la presse et du public. Justement parce qu’il
n’arrive pas malheureusement à faire décrocher un seul
sourire à cause de la lourdeur et la répétition
incessante des blagues.

A très bientôt pour de nouvelles aventures...

Votre dévoué El Nino

SITGES 2011 - Episode 1

Contagion, Attack the block et Eva

Me revoilà après le NIFFF dans un autre festival que j’apprécie tout particulièrement, Sitgès. C’est le mardi 4 que je me mets en route depuis ma belle Suisse ensoleillée pour rejoindre Barcelone, où le short et le t-shirt sont encore bien de rigueur en ce début octobre. Depuis l’aéroport il me faut encore rejoindre Sitgès et ceux qui sont déjà venus en Espagne savent qu’ici on ne s’embête pas à écrire la direction du train sur le quai, c’est plus au petit bonheur la chance de se trouver sur la bonne voie. Mais pour moi cette année pas de micmac avec les transports publics espagnols, un carrosse Seat avec chauffeur nous attend dans le parking.

La suite est malheureusement très pénible, une fois arrivée, il s’agit de profiter de la mer et du beau temps pendant le jour et demi qui nous reste à disposition avant le début du festival, la vie est dure, très dure ! Allons, ne soyez pas jaloux...

C’est ma troisième fois à Sitgès et ma deuxième fois en tant que membre de la presse, mais pas grand-chose n’a changé depuis ma dernière visite. Le jeudi matin, je me rends au Mélia pour retirer mon accréditation et surprise, le badge ainsi que ma documentation ne sont pas prêts… c’est bon je suis bien en Espagne et je suis bien au Festival de Sitgès (pas que le festival n’est pas super mais l’organisation est de dernière minute et chaotique). Une fois le badge réglé et une petite partie de la doc en main, je peux enfin fignoler mon planning ciné en toute tranquillité avant de me rendre dans la file d’attente pour Contagion de Steven Soderbergh. Les bon points de ce genre de festival, c’est tous les gadgets promotionnels que l’on reçoit, dans ce cas-là, un stylo doublé d’un antibactérien en forme de shot de vaccination.

Sans donner trop de détails (les critiques approfondies de tous les films que j’aurai vus pendant le festival se feront à la fin de mon séjour), Contagion commence sur un très bon rythme, sans suivre le chemin de la maladie apocalyptique traditionnelle mais s’étale en longueur et sur plein de sujets différents sans pour autant en approfondir un seul. La sortie du film se fait au pas de course en direction du guichet des billets presse pour les passes pour les autres films de la journée ainsi que ceux du lendemain.

Mais malgré ma rapidité, c’est une longue file d’attente qui se dresse devant moi (et oui il y aussi des désavantages d’être de la presse) et je garde les doigts croisés pour qu’il reste des entrées pour les films que j’ai sélectionné. Après un souper, direction le Retiro, une petite salle au centre de Sitges pour voir Attack the Block de Joe Cornish. Le Retiro est une ancienne salle de spectacle, presque entièrement à plat qui n’est pas des plus adaptées pour le cinéma (mais grand joie à mon entrée dans la salle, les chaises inconfortables ont enfin laissé place à de nouveaux sièges ! Vive les petits bonheurs de la vie).

C’est dans une ambiance complètement déchainée que se déroule le film. Ça siffle, ça rigole, ça commente ; un mélange parfait qui pousse à apprécier Attack the Block. Sans être un grand film, il est fort divertissant et contient une bonne dose d’humour british pour que je me sente à la maison. Bref, un très très bon moment qui annonce un bon début de festival. Pour le dernier film de la journée, je remonte direction le Mélia pour voir le film d’ouverture, Eva de Kike Maíllo. Eva s’inscrit parfaitement dans le thème du festival dédié cette année à l’intelligence artificielle. Mais malgré une très belle photographie et de super effets spéciaux, Eva n’arrivera à convaincre aucun de mes amis critiques, ni aucun professionnel autour de moi. Quant à moi il me laisse sur ma fin, mais je réserve mon jugement final pour ma critique, pour le moment c’est direction mon lit pour commencer ce festival en douceur. Hasta mañana !

Sitgès 2011 - Episode 2

Intruders, The divide, 4:44

Après une bonne nuit de sommeil, me revoilà en route pour le Mélia où est projeté mon premier film de la journée. Un nouvel avantage de Sitgès pour le public est que les séances du matin réservées à la presse sont maintenant ouvertes à tous, permettant ainsi un plus grand choix dans les horaires et les films. Désavantage pour la presse, il faut se battre un peu plus pour les bonnes places ! C’est donc dans la salle étonnamment remplie du Mélia que je m’installe pour regarder Intruders de Juan Carlos Fresnadillo. Je me limiterai pour le moment aux seuls deux points positifs ; pour les femmes, un beau Clive Owen et pour les hommes, une Carice Van Houten souvent en nuisette et seins nus.

Je profite d’une longue pause entre mes films pour rentrer à l’appartement et récupérer de ce début de journée décevant. En milieu d’après-midi, c’est retour au Mélia pour la chasse aux billets. Une fois mes billets en poche, je retrouve mon équipe dans la file pour visionner le director’s cut de The Divide de Xavier Gens. C’est en plein milieu du film, dans la salle pleine de l’Auditori du Mélia, que la réalité nous rappelle brusquement que nous sommes en Espagne, et qu’en Espagne, on parle fort…les chanceux, jusqu’à environ le milieu de la salle ont pu participer à la conversation animée entre plusieurs bénévoles qui gardaient la sortie. Rien de mieux pour te sortir complètement de la genèse du film et te ramener à la réalité.

A la sortie, je décide de manger quelque chose sur mon chemin direction le Retiro pour voir 4 :44 Last Day on Earth d’Abel Ferrara. Mais les choses ne se passant jamais comme prévues, c’est une fois au restaurant que je réalise que je n’ai plus mon programme où j’avais glissé les billets. Plutôt dans l’après-midi, j’avais donné mon programme à un ami et oublié de le redemander et celui-ci l’a laissé sur une des tables du restaurant du Mélia. En espérant retrouver les billets à temps pour ma séance je remonte à toute vitesse au Mélia et sans surprise, ils ne sont pas là mais c’est à ce moment que je réalise que j’ai oublié mon Iphone sur la table du restaurant en bas au port.

Me voilà qui redescends au pas de course espérant que le serveur l’ait retrouvé. Et avec chance, il l’a mis de coté. Dieu comme j’aime l’Espagne tout d’un coup ! J’ai loupé ma séance et je n’ai plus de billet pour The Theatre Bizarre, je décide donc de récupérer ma tête et de me diriger direction la maison en espérant ne rien avoir oublié au passage. There is nothing that a good night sleep can’t cure.

Sitgès 2011 - Episode 3

Du japonais, du Bollywood et du Balaguero...

Les esprits de nouveau en ordre ou presque que je me lève à 8h pour une séance à 9h30. 8h30 départ direction le Mélia où je vais profiter d’arriver en avance pour plaider ma cause auprès des bénévoles presse pour qu’ils me remplacent mes billets perdus la veille. Par chance et grâce à un beau sourire, j’arrive même à obtenir une place pour le nouveau Jaume Balagueró Mientras Duermes.

Je décide de prendre mon temps et de boire tranquillement mon café quand je vérifie l’horaire de mon premier film. C’est bien 9h30 mais pas au Mélia mais au Prado en plein centre-ville et il est déjà 9h10, il faut croire qu’une nuit de sommeil ne m’a pas remis les idées en place pour autant. Le Prado est une ancienne salle de spectacle, tel le Retiro, qui fut ensuite transformée en cinéma. Définitivement pas la plus confortable des salles mais de loin celle qui a le plus de charme. Essoufflée mais à l’heure, j’arrive devant le Prado pour voir Hanezu de Naomi Kawase. C’est peu dire qu’avec peu d’heures de sommeil et sans café, ce documentaire-fiction me demande toute mon énergie pour rester éveillée, surtout quand on voit les gens quitter la salle les uns après les autres.

Une heure trente plus tard, je peux enfin apprécier mon premier café de la journée, qui sera suivi de près par plusieurs autres avant de reprendre la direction du cinéma Prado. Cette fois ambiance totalement différente et ceci dès la file d’attente, et ce n’est pas pour rien vu que je vais voir Bollywood : The Greatest Love Story Ever Told. Ce documentaire est un OVNI dans la sélection de ce festival mais je dois dire que je suis bien contente de voir un peu de folie bollywoodienne. Je sais qu’une grande partie des spectateurs européens ne comprennent pas l’attrait des films indiens et c’est fort dommage. Donc vu les rares possibilités de pouvoir voir des films indiens sur grand écran, c’est clair que je n’allais pas laisser passer cette chance. C’est dans une salle à moitié pleine avec deux super fans de films bollywoodiens qui chantent et dansent que je vais me délecter de ce medley de séquences de danse.

A la sortie, boostée à fond je me dirige en vitesse pour prendre mes billets pour le lendemain. Puis direction la maison que loue une partie de mes amis pour un petit barbecue avant notre prochain film. Autour de la table, ça parle organisation de festivals, clair entre les deux organisateurs principaux du BIFFF et une des organisateurs du PIFFF, et moi ? Ben je fais de la pub pour le NIFFF. Le dernier film de la journée est donc le dernier Balgueró aussi nommé Sleep Tight. C’est dans une salle archi-remplie que je m’installe. On voit bien que Balagueró est un fils de la Catalunya, vu la salle qui s’emballe à la moindre de ses sorties, et encore plus quand on nous annonce en exclusivité le visionnement du trailer de Rec 3. Rien de bien neuf de ce coté-là, sauf peut-être une jolie scène avec une tronçonneuse. Le film commence avec une salle chauffée à bloc et finit dans un sentiment de satisfaction, même s’il ne dévoile pas une histoire très originale. Pour finir ma journée sur une bonne note, direction les boites de la région pour se défouler un peu. Viva la fiesta !

Sitgès 2011 - Episode 4

Des chocolats, du niak pur jus et de la production Emmerich

Mon réveil sonne à midi et c’est avec peine et très peu de motivation que je sors du lit après une nuit beaucoup trop courte. Mais grand avantage de cette journée de dimanche, il n’y a pas de film que je veux voir ce matin et aucun de l’après-midi avant 19h30. Je profite donc de cette très belle journée et de l’été indien pour exploiter des avantages indéniables de ce festival : la mer, le sable et le soleil. Direction le port de Sitges pour rejoindre une bande d’amis qui profitent déjà de la plage pour récupérer de la courte nuit de hier. Pour info, il y a bien des plages plus proches du Mélia mais elles sont réservées aux nudistes, donc à vous de voir si vous voulez tenter l’expérience !

Après la session larvage au soleil et le temps de prendre une douche, je reprends la direction du centre de Sitges. En chemin, je profite d’un peu de temps pour satisfaire mon coté geekette qui ne peut pas résister à passer devant tous les stands de goodies sans y jeter au moins un œil. Il faut dire que le festival de Sitges ce n’est pas juste des salles de cinéma mais toute une ville dont le cœur palpite au rythme du festival, comme l’illustre cette chocolaterie proche du Retiro qui depuis des années crée des boites de chocolats ornées des affiches du festival, ou encore ces restaurants qui ont des menus spéciaux « Zombie » ou « Vampire ».

Fini le lèche-vitrine, je me dirige cette fois pour de bon vers le Retiro pour voir Scabbard Samurai de Hitoshi Matsumoto. Tout simplement un film qui fout la pêche ! Et on sent que je ne suis pas la seule à aimer, toute la salle rit et applaudit jusqu’à la fin. Un petit bijou de folie qui fait énormément de bien. Je profite de deux heures de pause pour souper et rédiger un minimum avant de reprendre le chemin du Retiro pour voir le film produit par Roland Emmerich, Hell présenté par le réalisateur allemand, Tim Fehlbaum. Pour la première diffusion du film hors de l’Allemagne, le réal est clairement excité, même si la salle n’est qu’à moitié pleine, à telle enseigne qu’il prend le public en photo. Hell qui signifie en anglais « l’enfer » a une toute autre signification en allemand, où dans ce cas, il veut dire "brillant", et aussi, dans un sens, l’espoir. Un titre plutôt approprié pour ce post-apo qui joue pas mal sur l’espoir d’un futur meilleur grâce à la découverte d’une source d’eau. Un petit film sympa pour son premier long métrage, même si celui-ci n’offre rien de nouveau. Au total, une très bonne journée sous le soleil espagnol. Il est déjà 2h du matin quand je rejoins ma voiture et il est bien temps de recharger mes batteries pour une nouvelle journée qui s’annonce prometteuse.

Sitgès 2011 - Episode 5

Des samouraïs très très beaux et des vampires très très moches

Je commence ma journée dans un stress total vu que mon réveil n’a pas sonné et que ma première séance est à 11h15 mais surtout qu’il me faut bien 15 minutes pour arriver à Sitges. Une fois sur place, juste le temps d’un petit café avant d’entrer en salle. Mais bien sûr, je n’avais pas vérifié si la séance était ouverte à la presse sans billet, et vu ma chance, c’est clair qu’il en fallait un ! Donc je suis vite mise de coté et on me demande poliment dans un anglais bien espagnol d’attendre la vérification de la salle et s’il reste des places. La chance est de mon coté pour finir, vu que la salle n’est qu’à moitié pleine et que je peux donc y pénétrer sans problèmes.

Une fois les lunettes 3D récupérées, la pire des inventions du cinéma (après le doublage), je me dirige enfin dans la salle du Mélia pour visionner Hara-Kiri : Death of a Samurai de Takashi Miike. J’en ressors deux heures plus tard avec une seule envie, voir l’original pour pouvoir les comparer. Malgré une longueur trop importante, le film reste visuellement incroyablement beau. Après cette note positive, je prends mon temps pour manger et je repars comme tous les jours vers 15h30 me taper la file d’attente pour les billets presse, mieux vaut être là en avance. Les tickets en poche, direction salle de presse pour de la rédac et retour dans la file du Mélia pour voir The Moth Diaries de Mary Harron. Le film n’a malheureusement pas convaincu beaucoup de monde, je pointerai malgré tout une bonne réalisation et, pour ma part, je le trouve plutôt sympa. Malgré mon billet pour The Mortician, je décide d’écouter mon estomac et de me rendre en bonne compagnie manger sur une terrasse devant le port de Sitges.

Une bonne bouteille de vin plus tard, je me rends au Prado pour voir le court métrage Good Morning Beautiful et le film Vampire de Shunji Iwai. Il ne sert à rien de perdre du temps plus tard à converser à propos de ces deux horreurs, alors autant le faire de suite. Good Morning Beautiful réalisé par Todd Corbey est tout simplement pénible, 20 minutes de pure corvée. Le réal s’amuse à essayer mille techniques de montage juste pour prouver qu’il maîtrise la technique, mais ses choix ne sont ni justifiés par le scénario, ni esthétiquement porteurs. Sans une histoire distinctement construite, ni son thème principal de l’acceptation de la mort d’un proche pas du tout clairement exploité, on ne pouvait qu’attendre que la fin soit abrupte et absurde. Et, pour rajouter une couche, il y a un comique de répétition des plus nul qui ne fait que de rallonger cette histoire déjà forte ennuyeuse.

Constat quasi similaire pour Vampire. La totale. Je vous avoue d’ailleurs que je suis partie 30 minutes avant la fin. Malgré le nom du film qui est fort alléchant, les vampires sont sous-exploités. L’histoire raconte comment un amoureux du sang assouvit sa passion en vidant de leur hémoglobine des victimes consentantes qu’il trouve sur des sites de suicide online. Pourvu d’une horrible image et d’une bande originale inutile, le film ne décolle jamais. Faute surtout aux personnages sans fond souvent puérils et aux dialogues mièvres qui constituent malheureusement la base du scénario. Mais le pire du pire, c’est de voir une Amanda Plummer juste posée en décor. Donc au total une très mauvaise fin de soirée où les fans de vampires seront fortement déçus ! Demain est un autre jour...

Sitgès 2011 - Episode 6

Coppola, McKee et des escargots... Comment ça, impossible ?

A peine réveillée, je suis déjà en route pour le centre de Sitges et plus précisément le Retiro pour la projection de The Raid, un film indonésien réalisé par Gareth Evans. C’est des spectateurs satisfaits qui sortent de la séance et je dois dire que je comprends pourquoi. Très bien réalisé malgré un scénario un brin simpliste à mon goût, on prend vite plaisir à regarder les très belles scènes de combats, chorégraphiées au centimètre. C’est de très bonne humeur et boostée à bloc que notre petite bande se dirige vers la plage pour un petit-déj’ et quelques remèdes post-gueule de bois.

Une fois ravitaillés, direction la grande salle du Mélia pour assister à la première projection de Twixt, le dernier film en date de Coppola. Il n’est pas mauvais mais loin d’être bon non plus, mais surtout rien dans le film ne marque la présence de Coppola à la réalisation. S’il y avait eu un autre nom que le sien au générique, il y a des chances que je n’aurais pas trouvé ça si mal, mais avec le nom Coppola on s’attend quand même à un certain style et une finition propres à l’auteur que l’on ne retrouve pas ici. Mon jugement est en même temps certainement influencé par les conditions de la séance. La femme devant moi a passé son temps à se balancer de gauche à droite toute la séance comme si elle était envoutée. Je pousse mon petit coup de gueule ici parce que c’est quelque chose qui arrive étonnamment souvent au cinéma. Mater un film en salle c’est aussi avoir du respect pour les personnes qui nous entourent, et trop souvent les gens se croient seuls dans la salle et ne comprennent pas que leurs actions pourraient gêner les autres spectateurs. Pensez-y les prochaine fois !

Une fois sortie, direction la billetterie presse où c’est de nouveau la bagarre pour les places et le temps que l’on arrive aux guichets, plus de place ! C’est avec joie (sentez l’énorme sarcasme, là) que je dois pour finir acheter mes billets pour les séances du lendemain. Vive la presse ! Ce n’est pas tout ça mais mon prochain film commence dans peu de temps et j’ai juste le temps de m’acheter à boire que je rentre déjà dans la salle du Mélia pour enfin voir The Woman de Lucky Mckee. Je dois avouer que après tous les commentaires que j’avais entendu, je m’attendais à un film plus gore et trash encore, et surtout beaucoup plus offensant. Un bon film sans plus, qui malheureusement n’aborde que légèrement le fondement même de la position de la femme dans la société.

Le temps de sortir et de faire le tour du bâtiment que je rentre de nouveau dans la salle pour Emergo Cales Torrens. Le film est un mélange de Paranormal Activity et Poltergeist avec un soupçon de Ghostbusters. Littéralement, on reprend du vieux, on mélange et on recrache. Pas mauvais mais de là à sortir des euros pour le voir, je ne le conseillerais pas. Le temps de souper que je repars au Mélia pour une soirée marathon qui commence à 01h00 du mat. On débute la projection avec deux courts-métrages : Cragols ! de Geoffrey Cowper et Bobby Yeah de Robert Morgan. Le premier raconte l’attaque d’escargots géants en Espagne et leurs points faibles, la bière. Rien de bien incroyable mais on rigole bien même si c’est assez débilitant, un bon moment mais sans plus. Pour Bobby Yeah de Robert Morgan, c’est une autre affaire. Entièrement fait en stop-motion, il a fallut 3 ans au réalisateur pour tourner les 23 minutes du film. Malheureusement, 23 minutes c’est trop long pour cette histoire qui s’essouffle trop rapidement. Visuellement, un petit bijou, fait avec une tel souci du détail que l’on en reste bluffé. S’il y a bien un court que j’ai vu depuis longtemps qui en vaut la peine c’est celui-là, pour sa réalisation et son humour très dark and twisted.

Il est déjà passé 2h quand le film Detention de Joseph Kahn commence. Je ne suis pas déçue d’avoir tenu jusqu’à la fin, même si on a dû me pousser à venir. Le film rend hommage au The Breakfast Club de John Hughes. Une réalisation parfaite et une grosse dose d’humour, je n’ai besoin de rien de plus pour me garder réveillée jusqu’à 4h. Mais après ça, j’abandonne mes collègues pour rentrer me coucher, horaire du lendemain oblige.

Sitgès 2011 - Episode 7

De l’extraterrestre hispanique et de la polémique d’A Serbian film

Je me réveille ce mercredi vers midi parce que j’ai bizarrement oublié de mettre mon réveil, mais je dois dire que je ne le regrette pas entièrement. A 15h, après un bon petit déj’, me voilà en route pour le Mélia pour prendre mes billets pour le lendemain. Et vive le système : pour une fois, je n’ai pas besoin de rester dans la file d’attente, on est allé chercher les billets pour moi. Il est 15h30 et on crève de chaud, définitivement pas la motivation de m’enfermer dans une salle de cinéma et on me convainc sans trop de peine de passer le reste de l’après-midi à la plage. La mer est bonne et spécialement claire, je fais même ami-ami avec un poisson qui semble particulièrement apprécier mes pieds et me suit partout : harcelé par un poisson, c’est une première, même pour moi ! Le temps d’une douche et d’un repas sur le pouce et c’est retour au Mélia où je vais enchainer sans pause jusqu’à 5h30 du matin. Je débute la soirée à 20h30 avec Extraterrestre de Nacho Vigalondo. Un bon petit film où l’on rigole bien et qui semble plaire au public espagnol.

Le temps de sortir, de faire le tour du bâtiment pour refaire la file d’attente pour le film français Livide d’Alexandre Bustillo et Julien Maury. Les deux réalisateurs ont fait fort lors de leurs speech d’ouverture, ils ont fait référence à la plainte déposée contre le directeur du festival Angel Sala concernant la diffusion lors du festival en 2010 d’A Serbian Film. Le malaise s’est fait sentir dans la salle quand l’interprète a refusé de traduire toute cette partie de leurs discours (encore beaucoup trop tôt pour rigoler de ce sujet à son goût aussi) ! C’est dans une atmosphère tendue et bizarre que se déroule la projection d’un court français, CTIN ! de Cyrille Drevon. L’histoire très bizarre est celle d’un homme qui cherche à combler la perte de son frère en créant des personnages à la manière de Frankenstein. Ce court trop long (un comble !), avec une histoire qui ne tient pas du tout la route et de mauvais acteurs, est un peu sauvé par sa belle photo et une bonne maîtrise du montage. Livide décolle avec beaucoup de peine et je sors de la séance plutôt déçue même s’il n’est pas une catastrophe. Je recommence pour la dernière fois de la soirée mon petit tour autour du Mélia pour mes deux derniers films de la journée, Burke and Hare et The Innkeepers. Je me bats malheureusement beaucoup contre la fatigue pendant la diffusion de Burke and Hare et ce n’est pas entièrement dû à l’heure tardive, Landis aurait-il perdu sa maitrise ? En tout cas, c’est lessivée que j’attends le début de The Innkeepers le nouveau film de Ti West. Il est déjà 4h du matin quand début la séance, et fidèle à son style, le film de West est lent, trop lent pour cette heure si matinale. Le film, prometteur et intéressant, ne parvient pas à atténuer la fatigue qui me gagne et l’on décide de rentrer avant de faire un accident sur la route.

Sitgès 2011 - Episode 8

Kill List, The unliving, A lonely place to die

Après m’être couchée la veille à 6h du matin, c’est sans peine que je dors jusque midi. Sur la route, direction le Mélia, on profite de s’acheter le petit déj’ en chemin. Le temps de prendre les billets pour la journée et un café, me voilà déjà en salle pour voir Kill List de Ben Wheatley. Dur, dur de commencer sa journée avec un tel film et je vois quelques-uns de notre équipe quitter la salle. Le film n’est pas foncièrement mauvais mais a beaucoup de peine à démarrer et de la peine à trouver un bon rythme, c’est d’ailleurs fort dommage car, le jeu des acteurs nous donne envie de voir quelque chose de plus explosif. C’est déçue de mes petits britishs que je sors de la salle et profite que mes comparses partent à la projection de Red State pour rédiger (j’avoue je n’ai pas eu de billet) et regarder la fin de The Innkeepers.

Je profite en plus de cette longue pause pour me balader dans Sitges et admirer cette petite ville que j’aime tant. Bon, je l’avoue, je suis surtout allée faire du shopping de geek. La balade finie, c’est retour direction le Mélia où je retrouve toute ma petite équipe et ensuite direction leur villa pour un barbecue sous un ciel menaçant. Beaucoup de verres de vin, et pas mal de cafés plus tard, on reprend ensemble la direction du Mélia pour la dernière séance de la journée à 1h du matin. Mais avant de vous parler de cette projection, il me faut vous parler d’un court-métrage suédois qui vaut le détour et que j’ai oublié de citer hier. The Unliving de Hugo Lilja parle de la contamination des êtres humains par un virus qui les transforme en zombies. Ces mêmes zombies que l’on lobotomise et utilise comme main-d’œuvre dans l’industrie et l’agriculture. Très bien réalisé et monté, avec un scénario original, un bon jeu d’acteurs et de très bons effets, on ne s’étonne même pas que ce court fût récompensé aux dernières Berlinales.

Bon, retour à la projection d’hier soir avec, avant le film, trois courts-métrages. On commence avec un court-métrage canadien appelé Suffer réalisé par Kimani Ray Smith. Sans grande prétention, mais très bien réalisé et chorégraphié, je regrette un peu le manque de scénario, où l’unique morale est de ne jamais aider une inconnu sexy…c’est mortel. Dirty Silverware est le deuxième court de la projo et est réalisé par Steve Daniels. On nous raconte l’histoire des ustensiles de cuisine uniques et dépareillés que nous avons tous dans nos tiroirs. Un nouveau mythe urbain raconté avec beaucoup d’humour et une bonne dose de fraicheur. C’est vraiment avec plaisir que l’on assiste aux 17 minutes de ce court très bien réalisé, avec une bonne musique et un scénar’ d’enfer. Enfin, le dernier court de la soirée, Sons of Chaos, du français Mathieu Turi, qui même avec un petit budget aurait pu faire bien mieux. Sur une terre où l’air est devenu toxique, un jeune homme passe des tests pour devenir un Protecteur. Scénario sans fond, réal médiocre et photo horrible : la créature la plus ridicule jamais vue rajoute le dernier coup de massue à ce court. La preuve que des fois il ne suffit pas de tourner dans un milieu post-apo pour faire du fantastique mais qu’il faut une base solide derrière pour créer un univers crédible. Malgré cette mauvaise note finale, les courts de la projo m’ont mise en appétit et je me réjouis encore plus pour ce dernier film, A Lonely Place to Die de Julian Gilbert. Du grand, du beau et du très fort, facile à dire que je sors boostée et fière de mes petits britishs après cet incroyable film. Il est 4h du matin et bien l’heure de rentrer se coucher pour être en forme demain pour la Zombie Walk !

Sitgès 2011 - Ultime épisode

De l’incruste à la table d’un réal à... quelques films

J’avoue j’ai un peu honte, mes deux derniers jours au festival ont été plutôt laxistes. Après être rentrée presque tous les soirs vers 4h et 5h du matin (et c’est même pas que j’ai fait la fête mais tout simplement les dernières séances de la journée), je décide de faire une journée assez tranquille vendredi en allant juste voir Troll Hunter, Coup de Grâce, The Tempest et La nuit des Zombies à une heure du matin au Retiro. Mais bien sûr rien ne se passe comme prévu.

Une fois sortie de Troll Hunter à 19h (je vous évite une ixième revue de ce film qui est bien sympa mais sans plus), mes comparses et moi décidons des nous rendre sur le port de Sitges pour enfin manger une paëlla et voir la Zombie Walk. C’est dans ce même restaurant que soupe Julian Gilbey, le réalisateur d’A Lonely Place to Die, et sa femme. Sous les encouragements de mon équipe, je me décide enfin à approcher leur table pour exprimer mon admiration à Julian pour son film (moi qui n’aime pas déranger les gens, ça a pris tout mon courage pour y aller). Ni une, ni deux, c’est un réal ravi qui nous accueillit à sa table pour prendre un verre à leur table. Les autres de notre équipe finissent par nous quitter pour aller voir un film et nous sommes plus que deux à rester avec les deux britishs. On a fait le rencontre de deux personnes aux cœurs énormes et gentils comme tout. On parle ciné, acteurs, réalisation et cinq bouteilles de vin plus tard, nous réalisons que nous avons loupé nos films ainsi que le début de la nuit des Zombies. C’est déjà fort imbibés que nous remontons au Mélia rejoindre tout le monde en compagnie de Julian et de sa femme Georgia. La soirée continue dans un bar du port de Sitges et finit au fameux Pasha où Julian, Georgia et moi nous défoulons sur la piste de danse. A 6h du matin, nous décidons de laisser les deux britishs toujours aussi motivés pour rejoindre notre lit, vu que nous devons nous lever à 11h.

C’est peu d’heures de sommeil plus tard que nous sommes de retour au Mélia pour la fameuse session surprise du samedi. C’est une Sophie avec la belle gueule de bois et l’estomac dans les chaussettes qui attend sagement dans la file. Cette année, place lors de cette session surprise à Killer Joe de William Friedkin qui a emballé tous les garçons de l’équipe mais moi j’ai regretté de m’être levée. De ce que je me rappelle, le film ne vaut de loin pas la pièce de théâtre.

Pas le temps pour une pause mais juste de quoi faire le tour du bâtiment du Mélia et on repart pour la seule projection de Drive au festival. Vu que la sortie en Suisse du film de Refn est prévue pour janvier, il fallait bien que je le vois avant, surtout pour Ryan Gosling ! Techniquement un très bon film, mais à choisir entre les films de Refn, Valhalla Rising a toujours la cote pour moi.

Pendant les deux heures de pause avant la remise des prix, je profite pour faire entrer un peu de nourriture dans mon ventre et prier qu’elle ne ressorte pas lors de la clôture. Grâce à deux amis, je réussis à avoir un billet pour la cérémonie de clôture, où les deux réals de Livide ont de nouveau mis leur traducteur à rude épreuve lors de leur remise de prix. Mais j’avoue, les prix mis à part, je suis surtout venue parce que je ne veux pas louper le film de clôture, le prequel de The Thing, The Thing (oui original comme nom) de Matthijs Van Heijningen. Je sais déjà que beaucoup de gens ne vont pas aimer le film par principe, mais j’ai sérieusement pris mon pied. De loin pas un chef-d’œuvre qui ne dépassera jamais celui de Carpenter, il faut dire que c’est un bon film d’action et vraiment parfait pour clore ce festival en beauté.

Me voilà donc à la fin de mon séjour à Sitges, le blues post-festival va gentiment s’installer et c’est avec regret et le cœur gros que je quitte une fois de plus cette belle petite ville et ses salles de cinéma. Je vais encore revivre un peu le festoche en écrivant mes critiques et je me réjoui de vous retrouver pour le prochain festival en date, le PIFFF.

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