Festival NIFFF de Neufchatel (Suisse)

Présentations du festival NIFFF




Fondé en 2000, le Festival du film fantastique de Neuchâtel (NIFFF) est vite devenu un des principaux événements cinématographiques de Suisse. En effet, grâce à ses programmes novateurs (où donc peut-on voir le même jour un classique de la S-F polonaise et le dernier délire de Miike Takashi ?) et à ses invités prestigieux (Terry Gilliam, Roger Corman, Ray Harryhausen), le NIFFF a su convaincre le public et la critique.




Présentation du festival



Où ? A Neufchâtel, en Suisse

Quand ? Aux alentours du mois de juillet




Les primés du NIFFF


2011

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film : TROLL HUNTER (André Ovredal)

Mention spéciale du Jury International : STAKE LAND (Jim Mickle)

Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen : TROLL HUNTER (André Ovredal)

Prix Narcisse du meilleur court métrage suisse et Prix SSA/Suissimage : EVERMORE (Philip Hoffmänner)

Prix Taurus Studio : EVERMORE (Philip Hoffmänner), EMPLOYÉ DU MOIS (Olivier Beguin)

Nomination pour le Méliès d’Or du meilleur court métrage européen : BRUTAL RELAX de David Muñoz, Espagne

Le Prix TSR du Public : TROLL HUNTER (André Ovredal)

Prix du meilleur film asiatique : HELLO GHOST (Kim Young-tak)

Prix Mad Movies : THE VIOLENT KIND (Butcher Brothers)

Prix de la Jeunesse : WAKE WOOD (David Keating)

Prix Titra Film : INSIDIOUS (James Wan)



2010

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film : ENTER THE VOID (Gaspar Noé)

Mention spéciale du Jury International : DREAM HOME (Pang Ho-Cheung)

Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen : STRIGOI (Faye Jackson)

Prix Narcisse du meilleur court métrage suisse et Prix SSA/Suissimage : DANNY BOY (Marek Skrobecki)

Prix Taurus Studio : DANNY BOY (Marek Skrobecki), ICH BIN’S HELMUT (Nicolas Steiner)

Nomination pour le Méliès d’Or du meilleur court métrage européen : TRY A LITTLE TENDERNESS de Benjamin Teske, Allemagne.

Le Prix TSR du Public : BLACK DEATH (Christopher Smith)

Prix du meilleur film asiatique : WIG (Renpei Tsukamoto)

Prix Mad Movies : DREAM HOME (Pang Ho-Cheung)

Prix de la Jeunesse : STRAYED (Akan Satayev)

Prix Titra Film : VALHALLA RISING (Nicolas Wending Refn)



2009

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film : FISH STORY (Yoshihiro Nakamura)

Mention spéciale du Jury International : INFESTATION (Kyle Rankin)

Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen : LEFT BANK (Pieter Van Hees)

Prix Narcisse du meilleur court métrage suisse et Prix SSA/Suissimage : LE PETIT DRAGON (Bruno Collet)

Prix Taurus Studio : LE PETIT DRAGON (Bruno Collet), DÉJÀ (Antonin Schopfer)

Nomination pour le Méliès d’Or du meilleur court métrage européen : TILE M FOR MURDER de Magnus Holmgren, Suède.

Le Prix TSR du Public : CONNECTED (Benny Chan)

Prix du meilleur film asiatique : THE HANDSOME SUIT (Tsutomu Hanabusa)

Prix Mad Movies : LEFT BANK (Pieter Van Hees)

Prix de la Jeunesse : FISH STORY (Yoshihiro Nakamura)

Prix Titra Film : ANTICHRIST (Lars Von Trier)



2008

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film : SLEEP DEALER (Alex Rivera)

Mention spéciale du Jury International : MORSE (Tomas Alfredson)

Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen : MORSE (Tomas Alfredson)

Prix Narcisse du meilleur court métrage suisse et Prix SSA/Suissimage : VINCENT LE MAGNIFIQUE (Pascal Forney)

Le Prix TSR du Public : CJ7 (Stephen Chow)

Prix Mad Movies : OM SHANTI OM (Farha Khan)

Prix de la Jeunesse : MORSE (Tomas Alfredson)

Prix Titra Film : TOKYO ! (Bong Joon-ho, Leos Carax et Michel Gondry)



2007

Prix Narcisse du Meilleur Film : YOU, THE LIVING de Roy Andersson (Suède).

Mention spéciale du Jury International : THE UGLY SWANS de Konstantin Lopushansky (Russie) .

Méliès d’argent du meilleur long métrage européen : THE UGLY SWANS de Konstantin Lopushansky (Russie).

Prix Narcisse du meilleur court métrage suisse et Prix SSA/Suissimage : CITY WASP de Stephan Wicki et Steven Tod.

Nomination pour le Méliès d’Or du meilleur court métrage européen : SILENCE IS GOLDEN de Chris Shepherd (UK).

Le Prix TSR du Public : BLACK SHEEP de Jonathan King (Nouvelle-Zélande).

Prix Mad Movies : DON de Farhan Akthar (Inde).

Prix de la jeunesse : THE AERIAL de Esteban Sapir (Argentine).

Prix Titra Film : YOU, THE LIVING de Roy Andersson (Suède)



2006

Prix Narcisse du Meilleur Film : THE BOTHERSOME MAN de Jens Lien (Norvège, Islande).

Méliès d’argent du meilleur long métrage européen : THE BOTHERSOME MAN de Jens Lien (Norvège, Islande).

Le Prix TSR du Public : ADAM’S APPLES de Anders Thomas Jensen (Allemagne, Danemark)

Prix Mad Movies : SPL de Wilson Yip (Hong Kong).

Prix de la jeunesse : ADAM’S APPLES de Anders Thomas Jensen (Allemagne, Danemark)

Prix SSA du meilleur court métrage suisse : UNE NUIT BLANCHE de Maja Gehrig



2005

Prix Narcisse du Meilleur Film : INNOCENCE de Lucile Hadzihalilovic (France).

Méliès d’argent du meilleur long métrage européen : CODE 46 de Michael Winterbottom (Angleterre).

Le Prix TSR du Public : ZEBRAMAN de Takashi Miike (Japon)

Prix Mad Movies : ZEBRAMAN de Takashi Miike (Japon)

Prix de la jeunesse : INNOCENCE de Lucile Hadzihalilovic (France).

Prix SSA du meilleur court métrage suisse : TERRA INCOGNITA de Peter Volkart



2004

Prix Narcisse du Meilleur Film : THE MACHINIST de Brad Anderson (USA, Espagne).

Méliès d’argent du meilleur long métrage européen : THE MACHINIST de Brad Anderson (USA, Espagne).

Le Prix TSR du Public : TOKYO GODFATHER de Satoshi Kon (Japon)

Prix Mad Movies : TOKYO GODFATHER de Satoshi Kon (Japon)

Prix de la jeunesse : TASTE OF TEA de Katsuhito Ishii (Japon).

Prix SSA du meilleur court métrage suisse : BELMONDO de Annette Carle



2003

Prix Narcisse du Meilleur Film : 28 JOURS PLUS TARD de Danny Boyle (USA)

Prix du Jury : GOZU de Takshi Miike (Japon)

Le Prix TSR du Public : THE INVISIBLE de Joel Bergvall et Simon Sandquist (Suède)

Prix Mad Movies : GOZU de Takshi Miike (Japon)

Prix de la jeunesse : NEW BLOOD de Pou-Soi Cheang (Hong Kong)

Prix SSA du meilleur court métrage suisse : LOUPS de Hugo Veludo



2002

Prix Narcisse du Meilleur Film : THE YING YANG MASTER de Takita Yojiro (Japon)

Prix du Jury : ICHI THE KILLER de Takashi Miike (Japon)

Le Prix TSR du Public : DON’T ASK, DON’T TELL de Doug Miles (USA)

Prix SSA du meilleur court métrage suisse : JOSHUA de Andreas Muller



2000

Prix Narcisse du Meilleur Film : GEMINI de Shinya Tsukamoto (Japon)

Mention spéciale du Jury : BLOOD de Charly Cantor (Angleterre)

Prix SSA du meilleur court métrage suisse : TIME WITH NYENNE de Olivier Beguin

L’affiche du NIFFF, édition 2008

Voici venir le temps du NIFFF, festival suisse du fantastique que nous suivrons de très très près...

Après avoir privilégié l’illustration pour ces précédentes affiches, le NIFFF a choisi une photographie pour donner un visage à sa 8ème édition (1-6 juillet 2008). Réalisée par la photographe Jelena Barraud et l’artiste Guillaume Reymond, cette image rend compte de l’approche du cinéma fantastique que privilégie le festival : un jeu sur les apparences ; une esthétique évoluant entre insolite et humour, séduction et transgression ; un cinéma qui, de Georges Méliès à la production contemporaine, présente une réalité décalée où l’imaginaire prend le pas sur le rationnel.

Ce visuel s’accompagne d’une refonte de toute l’identité graphique du festival. Ce travail effectué par Guillaume Reymond met à l’honneur le trophée du NIFFF : le « Narcisse », créature hybride filmant son propre reflet dans un miroir, œuvre d’ H.R. Giger, le célèbre inventeur d’Alien.

Une seconde mouture de cette nouvelle affiche sera dévoilée dans le courant de l’année pour présenter le « NIFFF Open Air ». En effet, après un premier essai prometteur en 2007, le festival a décidé de reconduire l’expérience et d’installer à nouveau un écran géant sur les rives du lac de Neuchâtel entre le 1er et le 6 juillet 2008.

Preview sur le NIFFF 2008

Voici en apéritif quelques informations complémentaires sur le NIFFF qui approche à grands pas...

LE NIFFF TOUJOURS EN PLEIN AIR ET TOUJOURS EN EXPANSION !

La huitième édition du Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel se déroulera du mardi 1er au dimanche 6 juillet 2008. Inauguré l’an passé, l’open air – dont nous vous dévoilons l’affiche en primeur ! - reviendra hanter les rives du lac Neuchâtel pour faire découvrir au public les avant-premières les plus attendues de la saison. Fort de son succès, le NIFFF s’agrandit et inaugure cette année un nouveau lieu de projection en investissant le Théâtre du Passage. Si le programme complet ne sera dévoilé que le 12 juin, deux programmes spéciaux d’exception peuvent d’ores et déjà être annoncés : une rétrospective mettant à l’honneur le cinéma italien de genre des années 60 et 70, de même qu’un hommage consacré au pionnier de l’horreur japonaise Nakagawa Nobuo.

Poursuivant une formule élaborée au fil des sept premières éditions, le NIFFF relève à nouveau le défi de réunir à Neuchâtel la crème du cinéma fantastique international au travers de cinq compétitions et de nombreux programmes annexes. Fer de lance du festival, la Compétition internationale dressera en une dizaine de films un panorama du cinéma fantastique actuel tandis que la Compétition asiatique offrira une porte ouverte sur la vitalité et la variété des cinémas d’Asie. Enfin, trois concours de courts métrages seront l’occasion de découvrir les auteurs émergents les plus prometteurs de Suisse et d’Europe.

PROFONDO GIALLO : L’AGE D’OR DU THRILLER ITALIEN

Le NIFFF propose une rétrospective originale qui permettra cette année de (re)découvrir les œuvres ayant façonné le succès du giallo durant les années 60 et 70. L’occasion unique de voir au cinéma les classiques d’un genre qui, s’il tire son origine et son nom d’une collection de romans populaires à couverture or, s’est déployé à l’écran en un cocktail mêlant à la fois policier, épouvante, fantastique et érotisme. Riche d’une quinzaine de titres, la sélection présentera un aperçu du travail des précurseurs italiens du genre (Mario Bava, Ricardo Freda), de celui qui s’est imposé comme le maître du giallo, Dario Argento, et révélera des perles rares telles que Il profumo della signora in nero de Francesco Barilli et Cosa avete fatto a Solange ? de Massimo Dallamano. Pour compléter le programme, le NIFFF proposera également deux nuits de véritable étrangeté cinématographique (Notte Italia Cannibal, Notte Italia Bizzarra) ainsi que des cartes blanches aux festivals de Venise, Ravenne et Trieste.

NAKAGAWA NOBUO : LE PIONNIER DU FANTASTIQUE JAPONAIS

Né à Kyoto au début du siècle dernier, Nakagawa Nobuo est aujourd’hui reconnu comme le précurseur du J-horror, version nippone du cinéma d’épouvante tel qu’il est pratiqué à l’heure actuelle par des cinéastes comme Hideo Nakata (The Ring, Dark Water). S’il a exploré avec succès plusieurs genres cinématographiques (comédie, drame romantique, aventure fantastique), c’est néanmoins dans le film d’horreur que Nakagawa Nobuo a déployé tout son savoir-faire. Le NIFFF propose ainsi, en exclusivité suisse, une incursion dans l’univers horrifique de cet auteur au travers de cinq films en copies restaurées. L’opportunité de découvrir Black Cat Mansion (1958), relecture du Chat Noir d’Edgar Allan Poe, The Ghost of Yotsuya (1959), histoire de fantômes inspirée d’un conte traditionnel japonais ou encore Hell (1960), film d’horreur exploitant le thème de la réincarnation, trois œuvres qui ont établi sa réputation de maître d’un cinéma qui allie avec brio figures classiques du fantastique japonais et inspirations gothiques occidentales.

EN MARGE DES ECRANS

Comme à son habitude, le NIFFF se déploie également en dehors des écrans pour offrir au public l’occasion de rencontrer des stars et légendes de l’histoire du cinéma, d’assister à des conférences, de découvrir des expositions ou, simplement, de se détendre dans un cadre festif et convivial.

Les films du NIFFF 2008

Zoom sur les films présentés au NIFFF

Par Colqhoun

Dans moins d’un mois la 8ème édition du meilleur festival de cinéma de Suisse du Monde va débuter.

L’année passée, c’était déjà l’émeute.

17 000 personnes, des dizaines de films, une ambiance de folie, un open air sous la pluie, des invités prestigieux (en
vrac, Jaume Balaguero, Lucille Hadzihalilovic, Mick Garris ou encore Park Chan-Wook), des stands de bouffe du
terroir, ou pas, des discussions à tort larigot à la sortie des salles, des coups de gueule, des coups de coeur, des coups de
soleil, des coups de fatigue, des rencontres, des débats, des files d’attentes pour se faire dédicacer ses dvds et une
quantité inimaginable de situations inoubliables.

Est-ce que l’édition 2008 fera mieux (ou pire, c’est selon le point de vue) ?

Au vu de la programmation que l’équipe d’organisation nous réserve, en connaissant les noms des invités qui seront
présents (en vrac, on pourra y croiser Joe Dante, George Romero, Neil Marshall ou encore Hideo Nakata.. rien que ça !), en sachant qu’ils nous réservent des rétrospectives hautement subversives (du cul, du gore, le tout en italien), des
projections spéciales qui risquent d’en faire bondir plus d’un de leur fauteuil (le déjà culte [REC], d’ores et déjà
considéré comme l’un des films les plus effrayants jamais conçus), des rencontres et conférences sur les images digitales,
ou encore des expositions, oui, le NIFFF 2008 a tous les atouts dans sa poche pour devenir une édition mémorable.

Cinemafantastique.be vous tiendra au courant au jour le jour des projections, des rencontres et des différents
événements qui ponctueront ce festival.
Et parce que ce qui nous intéresse le plus ce sont les films, voici le programme dans son intégralité... enjoy !

Compétition internationale

La compétition internationale, vitrine du cinéma fantastique actuel, qui délivrera 4 prix : Le Prix Narcisse du meilleur
film, le Méliès d’argent du meilleur long métrage européen (ce qui donne ensuite la possibilité de participer à la
compétition du Méliès d’Or), le Prix TSR du Public (qui assure une diffusion du film à la TSR, Télévision Suisse
Romande) et enfin, le Prix Titra Film.

Cette année 12 films venant de 11 nationalités différentes seront présentés au public. Des Etats-Unis à la Suède, de la
Norvège à la Macédonie en passant par le Japon, la compétition internationale sera haute en couleurs en passant du
fantastique onirique au survival dégénéré sans oublier l’inévitable film de zombies.

Le jury de la compétition internationale est composé de :

Joe Dante – Réalisateur (USA), Président du jury.

Neil Marshall – Réalisateur (UK)

Xavier Gens – Réalisateur (FR)

Jens Lien – Réalisateur (NO)

Lucius Shepard – écrivain et critique de cinéma (USA)

Les films sélectionnés sont :

Astropia de Gunnar B Gudmundsson

Abonnée des pages people de la presse locale, Hildur est, en bimbo certifiée, une véritable experte en peinture sur
ongles. Et c’est à peu près là que s’arrêtent ses compétences. Le jour où son fiancé Jolli est envoyé en prison, elle se
rend compte qu’elle va devoir commencer à prendre sa vie en main. Absolument dépourvue d’expérience, de talents et
de culture, elle est prête à abandonner sa recherche d’emploi lorsqu’elle tombe sur le magasin Astrópia, spécialisé dans
les accessoires pour nerds. Elle est embauchée en tant que responsable du rayon « Jeux de rôles ». Totalement béotienne
dans ce domaine, elle va être initiée par ses collègues et clients. Dès lors, sa vie va changer radicalement : adieu Paris
Hilton, bonjour Xena. Le monde des Orcs et des Goblins va faire irruption dans sa vie de tous les jours... Surtout que,
évadé de prison, Jolli est bien décidé à la récupérer. Le combat entre les forces du bien et du mal peut débuter...
Véritable petit ovni islandais, Astrópia est une délirante comédie romantico-fantastique qui rend hommage à tous les
nerds et tous les geeks du monde. Plein de personnages attachants, profitant des superbes paysages d’Islande pour
mélanger le réel et l’univers de la fantasy, Astrópia est une perle à découvrir en famille.

Dance of the Dead de Gregg Bishop - USA

En général, pour tout ado normalement constitué, le bal de fin d’année est l’occasion de faire la fête, de boire plus que
de raison et de conclure avec son cavalier ou sa cavalière d’un soir. Dans cette petite ville, l’édition de cette année
risque d’être un peu particulière. En effet, suite à une fuite toxique provenant d’une usine nucléaire voisine, les morts
qui reposent dans le cimetière local vont retrouver une nouvelle jeunesse et se rappeler au bon souvenir des vivants.
Pour ces zombies affamés fraîchement réveillés, le bal de fin d’année est une bonne occasion de se taper un copieux
petit-déjeuner. Les seules personnes à même de leur barrer la route sont les quelques geeks et loosers pas assez « cools »
pour être invités à la fête…Entouré d’une réputation plus que flatteuse, Dance of the Dead mixe horreur, aventure et
comédie avec bonheur. Energique, rythmé et fun, le film de Gregg Bishop se situe entre les univers de George « Night
of the Living Dead » Romero et John « Breakfast Club » Hughes.

Diary of the Dead de George A. Romero - USA

Un groupe d’étudiants en cinéma tourne un film d’horreur mettant en scène une momie dans la forêt. Alors que le
réalisateur se plaint du jeu d’acteur et des effets spéciaux, l’équipe apprend par le biais d’un flash info que des morts ont
commencé à se réveiller dans la région. Sur le chemin du retour, ils sont les témoins d’un chaos généralisé. Afin
d’enregistrer un témoignage de ces événements, ils décident de braquer leur caméra sur les zombies.Loin de toute
contrainte et avec une totale liberté de ton, Romero réalise ici un film de mort-vivants brut de décoffrage, plongeant le
spectateur au coeur de l’action. Fidèle à son habitude, il en profite pour ajouter un nouveau trait à son portrait critique de
la société américaine, en se penchant cette fois-ci sur le rôle des médias. A près de 70 ans, le grand George prouve avec
Diary of the Dead qu’il est toujours le Maître des zombies.
George Romero sera là pour présenter son film.

Eskalofrio de Isidro Ortiz - Espagne

Affublé d’un capuchon et de lunettes noires, Santi ne supporte pas la lumière du jour, qui provoque chez lui des
réactions cutanées atroces. Afin de lui assurer une existence moins marginale, sa mère l’emmène vivre dans un village
reculé des montagnes. La quiétude ambiante ne tardera pas à être ébranlée, lorsqu’une escapade entre potes dans la forêt
se soldera par la mort sauvage d’un des ados. Les pires soupçons s’abattront alors sur Santi. Afin de prouver son
innocence, le jeune homme mettra tout en oeuvre pour débusquer cette mystérieuse créature – sorte de loup-garougollum
fantomatique – qui sillonne la forêt la nuit tombée, mais que, hormis ses victimes, il semble être le seul à
apercevoir. Avec ce thriller horrifique Ortiz adopte le jeu de l’ombre et de la lumière à un niveau tant esthétique que
métaphorique. L’obscurité est-elle obligatoirement le repère de la monstruosité ? Dans Eskalofrío, elle est le placard des
tabous du passé, qui finira par se déverser au grand jour. Glaçant.

Let the right one in de Tomas Alfredson - Suède

Oskar est un adolescent fragile et marginal, totalement livré à lui-même. Pour tromper son ennui, il fait les 400 pas au
fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance sur les garçons de sa classe qui le
maltraitent. Quand Eli s’installe avec son père dans l’immeuble d’à côté, Oskar trouve enfin quelqu’un avec qui se lier
d’amitié. Ne sortant que la nuit, et en t-shirt malgré le froid glacial, la jeune fille ne manque pas de l’intriguer.
Lorsqu’une série de morts sanglantes auront lieu dans la région, l’imagination d’Oskar ne fera qu’un tour : Eli est un
vampire. Leur complicité n’en pâtira pas pour autant, et deviendra même un motif de survie. Avec l’aide d’Eli, Oskar
parviendra finalement à se faire respecter par ses camarades.Nous plongeant dans la froideur aseptisée de l’hiver
suédois, Tomas Alfredson marie de manière surprenante un cinéma intimiste avec les codes de l’horreur et du film de
vampires. Que ce soit Tobe Hooper qui déteigne sur Bergman ou Polanski qui lorgne du côté de Gus Van Sant, on ne
saurait trop dire... Reste que le contraste est aussi violent que bluffant.

Manhunt de Patrick Syversen - Norvège

Durant l’été 1974, dans une ambiance camping-car et cassettophone, quatre jeunes traversent la campagne norvégienne
pour un week-end dans les bois. L’ambiance à bord n’est pas au beau fixe. Entre une attitude castratrice face à sa petite
amie Camilla et ses répliques méprisantes à l’égard d’un Jørgen plutôt mou du genou, Roger finira par s’attirer les
foudres de Mia. L’autostoppeuse terrifiée qu’ils ont embarquée au détour d’un restoroute plutôt glauque tentera bien de
leur faire comprendre que les abords de la forêt ne sont pas propices à une prise de bec. Mais en vain... Quand plus tard
ils se réveilleront au son d’un cor de chasse, ligotés dans une clairière, la règle du jeu s’imposera d’elle-même : courir,
et vite.Dans cette chasse à l’homme sans motif ni merci, l’atmosphère funky ne tardera pas à virer sérieusement bloody.
Proposant un décor et une tension qui rappellent le Blair Witch Project, Manhunt est un slasher intense, un survival aux
codes bien aiguisés, alternant cavales haletantes et coups de grâce sanglants, orchestrés par des Mac Gyver d’une
perversité sans limites. En mal de sensations fortes ? Please, help yourself !

Shadows de Milcho Manchevski - Macédonie

En apparence, Lazar Petrov a tout pour lui : la santé, une belle femme, un mignon petit garçon, une superbe maison et
un bon poste de médecin à l’hôpital. Sa vie va cependant changer dramatiquement lorsque, une nuit, Lazar est victime
d’un grave accident de la circulation auquel il survit miraculeusement. Une fois sorti du coma, alors qu’il tente de
reprendre le cours de sa vie, Lazar va commencer à croiser d’étranges personnages : une femme âgée parlant un dialecte
ancien, un vieil homme accompagné d’un bébé qui ne cesse de pleurer ou encore Menka, une belle et mystérieuse jeune
femme qui semble cacher un secret. Tous lui transmettent un message énigmatique : « Rendez ce qui ne vous appartient
pas. Soyez respectueux »…Avec Shadows, Milcho Manchevski convie le public à un voyage fascinant aux frontières de
la mort et des rêves pulsionnels. Gageons que l’univers à la fois inquiétant, sensuel et hypnotique distillé par ce film ne
laissera pas les spectateurs indifférents.

Sleep Dealer de Alex Rivera – USA / Mexique

Mexico City, dans un futur proche. Les réserves d’eau sont détenues par des corporations, et les frontières sont sous
contrôle aérien. Les Mexicains qui cherchent du travail sont employés comme main-d’oeuvre à bon marché dans des
usines délocalisées où ils manipulent à distance des robots ouvriers pour des chantiers situés aux Etats-Unis. On suit la
vie de trois jeunes bien décidés à tout mettre en oeuvre pour contrer ce « réseau ». Affublés d’un attirail SF de puces et
de tuyaux fluos, les deux héros du film, une belle écrivaine et un garçon un peu paumé tout juste débarqué de sa
campagne, se lancent à l’assaut des injustices sociales. Alex Rivera nous propose un film visuellement exceptionnel :
dans une veine esthétique qui rappelle Alejandro Gonzalez Inarritu (Babel) ou Gillermo del Toro (Le Labyrinthe de
Pan), il nous emmène dans un thriller cyber-altermondialiste haletant, condamnant sur son passage toutes formes
d’impérialismes. Sabre laser au poing, Che Guevara serait de la partie, assurément…

Sukiyaki Western Django de Takashi Miike - Japon

Au Japon, quelques siècles après la terrible bataille de Dannoura (1185), la guerre que se livrent le clan des blancs mené
par Genji et le clan des rouges mené par Kiyomori pour s’assurer la possession d’un filon d’or met un petit village à feu
et à sang. Un jour, un cavalier sans nom, au passé trouble et à la gâchette agile, arrive au village. Takashi Miike
accommode le western-spaghetti à la sauce soja, et parvient à un résultat immanquablement déjanté et surprenant.
Tourné entièrement en anglais, dans des décors combinant une ambiance de Far-West et de Japon traditionnel, Sukiyaki
Western Django est un véritable hommage au cinéma des Sergio Leone et Sergio Corbucci, comme peut l’être le Kill
Bill de Tarantino à l’égard du film de Samouraï. Ce n’est donc certainement pas un hasard si l’on retrouve dans ce film
Quentin Tarantino, vêtu d’un poncho et expert en six-coups…

The Cottage de Paul Andrew Williams - UK

La première partie du film pose le décor : trois crétins (l’un d’entre eux étant interprété par Andy Serkis, le Gollum du
Seigneur des Anneaux) ratent le kidnapping d’une blonde irascible. Dès les premières minutes, on se plonge dans un
film bourré de références, usant de la surenchère avec un art consommé et proposant une palette d’acteurs totalement
déchaînés. Un film qui enthousiasmera aussi tous les amateurs de démonstrations gores et de comique slapstick. Après
s’être enfuie du fameux cottage, la bimbo blonde, suivie de ses trois ravisseurs, se retrouve face à un fermier, dont le
sens de l’humour doit être à peu près aussi développé que celui d’une loutre. Du thriller à l’humour noir, on bascule
dans le slasher. Quelques pieds coupés, empalements, et décapitation plus tard, la question fatidique se pose : l’un
d’entre eux survivra-t-il à l’aventure ? On se plonge corps et larmes dans cette farce effrayante qui mêle gags et gore
dans une ambiance pince-sans-rire, 100% british

The Devil’s Game de In-Ho Yun – Corée du Sud

Jeune artiste fauché, Hee-do se voit proposer un jeu par No-shik, un vieux multimillionnaire atteint dans sa santé. Le
défi consiste à composer aléatoirement un numéro de téléphone et de parier sur le sexe de la personne qui décrochera le
combiné. S’il gagne, Hee-do repartira riche ; s’il perd, il devra se mettre entièrement au service de No-shik. Hee-do perd
son pari et comprend qu’il risque de devoir abandonner beaucoup plus que sa liberté. En effet, No-shik a d’autres
ambitions que de se servir du jeune homme comme d’un esclave personnel : après une longue opération chirurgicale, le
cerveau de Hee-do est échangé contre celui du vieil homme. Habitant désormais le corps de Hee-do, No-shik retrouve
beauté, jeunesse et santé. Revenant aux affaires sous ces nouveaux traits, il se rapproche de la fiancée de Hee-do. Se
voyant quant à lui prisonnier de l’enveloppe charnelle vieillissante de No-shik, ce dernier va tout faire pour regagner son
corps et sa personnalité...Avec un concept proche du Face/Off de John Woo, The Devil’s Game permet de retrouver face
à face Shin Ho-gyun (JSA (2000), Sympathy for Mr. Vengeance (2002), Save the Green Planet (2003), No Mercy for
the Rude (2006)) dans le rôle de Hee-do et Byeon Hee-bong (Memories of Murder (2003), Crying Fist (2005), The Host
(2006)) dans celui de No-shik.

Tokyo ! De Bong Joon-Ho, Léos Carax et Michel Gondry - France

Librement inspiré de Tokyo et tourné au coeur de la ville, le film se déploie en un triptyque poétique et décalé, signé
Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-ho. Dans Interior Design, un jeune couple projette de s’installer à Tokyo. À
côté de son petit ami ambitieux et débordant d’énergie créatrice, une jeune femme en perte de repères retrouvera un
sens à son existence après s’être métamorphosée… en chaise ! L’auteur de La science des rêves (2006) prouve une fois
de plus sa maîtrise des codes du surréalisme.
Absent des écrans depuis Pola X (1999) et pourtant légendaire depuis Les Amants du Pont-Neuf (1991), Léos Carax
revient quant à lui avec une contribution déjantée et grassement subversive, interprétée par son comédien
emblématique, Denis Lavant. Personnage loufoque et quasimodesque, Merde défraye la chronique par la terreur qu’il
inflige aux passants. Le tapage médiatique se muera en véritable traque, le jour où le monstre balancera à tout va les
grenades dénichées dans les égouts où il a élu domicile.
Présent au NIFFF 2007 avec l’époustouflant The Host (2006), Bong Joon-ho clôt la série avec une fable SF intitulée
Shaking Tokyo. Dans une ville secouée par des tremblements de terre, un hikikomori (vivant reclus de la société)
s’éprend de la jeune livreuse de pizzas qui s’évanouit chez lui. S’il compte la revoir, ce ne sera pas sans efforts. Une
critique sociale tragicomique qui, à l’image de tout l’opus, saura séduire les fans de genre tout en tirant sur la corde
68arde avec une légèreté bienvenue.

Compétition européenne

Films en compétition pour le Méliès d’Argent : Astropia, Eskalofrio, Let the Right one in, The Cottage, Shadows et
Manhunt.

Jury Méliès (meilleur film fantastique européen)

Veronika Grob (CH) – Chargée de programme films et série à la SF (Schweizer Fernsehen)

Annette Scharnberg (CH) – Journaliste culture et cinéma à la Basler Zeitung

Max Ruedlinger (CH) - Acteur

Compétition asiatique

La compétition asiatique, New Cinema from Asia, avant-garde de la création venue d’Asie, qui délivrera 3 prix.
Le Prix Mad Movies du meilleur film asiatique, le Prix TSR du Public et le Prix Titra Film.

Les films sélectionnés sont :

13 Beloved de Chukiat Sakveerakul - Thailand

En peu de temps, Puchit perd tout : femme, travail, voiture. A bout, il reçoit un téléphone providentiel. Son interlocuteur
lui promet en effet une grosse récompense s’il parvient à relever une épreuve simple : écraser une mouche. Défi relevé
sans problème par Puchit. Nouvel appel : son interlocuteur lui propose d’augmenter son gain en avalant la mouche qu’il
vient de tuer. Intrigué par ce correspondant qui semble tout connaître de lui, Puchit se laisse prendre au jeu et va tenter
de relever des défis de plus en plus extrêmes et illégaux...Produit par le réalisateur de Ong Bak (2003), 13 Beloved est
adapté d’une bande dessinée thaï. Son ambiance, à la fois déjantée, comique et teintée d’un regard critique, a déjà
conquis les publics de nombreux festivals.

A Drift in Tokyo de Miki Satoshi - Japon

Éternel étudiant, endetté jusqu’au cou, Fumiya se complaît dans une vie rythmée par la fumette et les coups de poker.
Fukuhara débarque un soir par surprise et lui impose un ultimatum de trois jours pour rembourser ses dettes, avant
d’évoquer une alternative : s’il l’accompagne à pied jusqu’au quartier de Kasumigaseki où se trouve le poste de police,
il lui offre un million. Avec ce road-trip parsemé de rencontres improbables, Satoshi Miki nous propose une
tragicomédie légère et cocasse, à travers un Tokyo filmé avec une intimité inégalée. Il nous offre également une belle
palette d’acteurs, avec la star pan-asiatique Joe Odagiri et l’acteur culte Ittoku Kishibe, déguisé pour l’occasion en
homme oiseau complètement loufoque…

An Empress and the Warriors de Tony Ching Siu-tung – Hong Kong

Alliant drame, romance et scènes de combat, An Empress and the Warriors a toute la saveur des films de cape et d’épée
comme Crouching Tiger, Hidden Dragon (2000) ou Hero, présenté au NIFFF en 2003. La trame de ce film épique reste
fidèle au genre : la princesse Yen Feier s’abandonnera-t-elle aux bras du jeune druide qui l’a soignée dans la forêt –
sacrifiant le royaume à des mains corrompues – ou se laissera-t-elle guider sur le trône par le général de l’armée du Yan
(grandiose Donnie Yen Ji-dan) ? Un dilemme cornélien qui sera résolu à grands renforts de violons, d’effets spéciaux et
de chorégraphies de combats. Dans ce Robin des Bois à la sauce asiatique, tout, mais absolument tout est mis en oeuvre
pour garantir un spectacle époustouflant.

CJ7 de Stephen Show – Hong Kong

Chow Ti (Stephen Chow) est un modeste ouvrier qui vit seul avec son fils Dicky. Ils ne roulent pas sur l’or et Chow Ti
met de côté la plupart de son maigre salaire afin de pouvoir payer une bonne éduction à son fils. De son côté, Dicky est
fréquemment la risée de ses camarades plus riches. Un jour, Chow Ti trouve un étrange globe vert dans une décharge. Il
en fait cadeau à Dicky en lui expliquant qu’il s’agit d’un tout nouveau jouet. Durant la nuit, le globe se transforme en un
mignon extra-terrestre qui va changer sa vie.A la fois dramatique et drôle, le nouvel opus de Stephen Chow (Shaolin
Soccer, Kung Fu Hustle) poursuit le touchant portrait des gens modestes qu’affectionne le réalisateur en y donnant une
touche de surnaturel et de folie dont il a le secret.

Kala : Dead Time de Joko Anwar - Indonésie

Jeune flic qui a le vent en poupe, Eros se lance à corps perdu dans la résolution d’une sinistre affaire de cadavres
carbonisés. Le cas intéresse également Janus, un reporter narcoleptique qui tente ainsi de regagner la confiance de son
boss et l’amour de son épouse. Des événements surnaturels leur feront comprendre qu’ils n’en sortiront pas vivants les
deux…Baigné au cinéma américain et ancien critique de film, Joko Anwar fait appel au film noir, dont il ébranle
progressivement la trame en y introduisant des éléments fantastiques inspirés d’une légende indonésienne ancestrale.
Critique sociale en toile de fond, Kala se déguste comme un thriller à l’ambiance rétro-kitsch, riche en rebondissements
musclés.

Om Shanti Om de Farah Khan - Inde

Dans le Bombay des 70s, un sympathique nigaud rêve de cinéma et d’une magnifique actrice. Lors d’un tournage, il
découvre un secret qui lui coutera la vie et transformera son karma. C’est dans une autre existence, 30 ans plus tard,
qu’il règlera ses comptes... Au diapason de ce scénario rocambolesque, tout ici est délicieusement excessif : les
chorégraphies, le jeu des acteurs, les costumes et le casting (une étourdissante parade de guest-stars emmenés par Shah
Rukh Khan, l’inénarrable « King of Bollywood »). Mais cette démesure s’appuie le plus souvent sur un mode parodique.
Om Shanti Om épingle ainsi joyeusement les conventions esthétiques du Bollywood contemporain, tout en rendant un
bel hommage à l’âge d’or des studios.

Sick Nurses de Sirivivat Thospol et Piraphan Laoyont - Thailand

Il s’en passe de belles à l’hôpital. Un groupe d’infirmières délurées et un médecin complaisant ont mis au point un
commerce lucratif : ils revendent au plus offrant les corps des patients morts dans l’établissement. De plus, les
infirmières sont toutes folles du médecin et les services de nuits sont partagés entre batifolages et crêpages de chignon.
Une nuit, les infirmières tuent l’une d’entre elles par jalousie et conservent son corps afin de le revendre. Revanchard,
l’esprit maléfique de la défunte va revenir hanter les couloirs de l’hôpital et tourmenter tout ce petit monde de la plus
horrible des manières. Variation sexy-gore sur le thème de la vengeance d’outre-tombe, Sick Nurses est un de ces films
délirants dont le cinéma thaïlandais a le secret.

Sparrow de Johnnie To – Hong Kong

A Hong Kong, un « sparrow » (moineau) est un pickpocket dont la dextérité lui permet de « s’envoler » dès son forfait
accompli. Kei et ses trois acolytes se sont fait une spécialité de cet art. Lorsqu’il ne « travaille » pas, Kei parcourt les
rues de Hong Kong afin de prendre des photos. C’est ainsi qu’il rencontre Chun Li, une femme ravissante, dont il tombe
immédiatement amoureux. Individuellement, ses trois compères vont aussi faire connaissance de Chun Li, avec le
même résultat. Ces rencontres ne sont pas le fruit du hasard : la jeune femme nourrit des projets pour lesquels les talents
de Kei et de sa bande lui seront très utiles.Avec Sparrow, Johnnie To (The Mission, Breaking News, Election 1 et 2)
cisèle en véritable orfèvre une comédie policière de grande classe.

Zombie from Banana Village - Malaisie

La petite communauté de Kampung Pisang (littéralement village Banane) coule une existence tranquille jusqu’au jour
où Pak Abu, un notable religieux, passe soudainement de vie à trépas. Venu se recueillir sur la dépouille de Pak Abu, le
chef du village tombe raide mort à son tour. D’autres décès inexpliqués suivent bientôt. Le village est pris d’inquiétude,
d’autant plus que les corps disparaissent pour revenir sous forme de zombies. Dans la communauté, on cherche des
coupables : serait-ce la nourriture du troquet du coin ? Morts-vivants potentiels, les clients de cet établissement sont
séparés des autres, et c’est le branle-bas de combat pour se protéger des revenants qui s’organisent… Grand succès dans
son pays, ce premier film de zombie malais constitue une curiosité à découvrir.

Pour plus d’informations concernant le programme et les festivités, rendez-vous sur le site du festival...

Dante, Nakata et Romero au NIFFF

Zoom sur les différents thèmes et personnalités du NIFFF 2008

Joe Dante et Hideo Nakata, deux cinéastes cultes au NIFFF

Joe Dante, réalisateur notamment de Innerspace (L’Aventure intérieure), Gremlins et de deux
épisodes de la série Masters of Horror présidera le Jury International. Le cinéaste américain sera
accompagné de Xavier Gens (France), réalisateur de Frontière (s), de Jens Lien (Norvège), vainqueur
du Narcisse du meilleur film en 2006 avec The Bothersome Man et de Neil Marshall dont le dernier
long‐métrage, Doomsday, est programmé cette année en Open Air. L’écrivain américain Lucius
Shepard, auteur renommé de romans de science‐fiction, viendra compléter ce jury prestigieux.

Réalisateur des redoutables Ring et Dark Water, Hideo Nakata a choisi le NIFFF pour sa première
venue dans un festival suisse. Ce cinéaste novateur est l’instigateur d’un renouveau significatif du
cinéma fantastique japonais. Invité d’honneur de cette huitième édition, il présentera lors de la
soirée de clôture son L Change the World, suite de l’adaptation du manga à succès Death Note.

Une compétition internationale qui allie découvertes et valeurs sûres

Membre du Jury international en 2006, George A. Romero revient cette fois présenter en
Compétition internationale son Diary of the Dead, cinquième volet de la série mythique initiée il y
quarante ans avec La Nuit des morts‐vivants. Egalement à Neuchâtel, l’Espagnol Isidro Ortiz avec
Eskalofrío, thriller maîtrisé et élégant et l’Anglais Paul Andrew Williams avec The Cottage, mélange
explosif de comédie et d’épouvante. Parmi les événements de la sélection 2008, le dernier long métrage
de Takashi Miike, Sukiyaki Western Django, ovni burlesque et furieux, avec une guest star
de luxe en la personne de Quentin Tarantino et le film à sketches Tokyo !, de Bong Joon‐ho, Leos
Carax et Michel Gondry. A noter une grande variété d’origines parmi les 12 films de la Compétition
avec la Suède (Let the Right One In de Tomas Alfredson), la Corée (The Devil’s Game de Yoon In‐ho)
ou encore la Macédoine (Shadows de Milcho Manchevski).

New Cinema From Asia : la Compétition asiatique

Explorant une nouvelle fois la diversité de la production asiatique, la compétition New Cinema from
Asia propose 9 films issus de 6 pays : l’Inde (Om Shanti Om de Farah Khan), la Thaïlande (13 Beloved
de Chukiat Sakveerakul, Sick Nurses de Sirivivat Thospol), le Japon (A Drift in Tokyo de Miki Satoshi),
Hong Kong (Sparrow de Johnnie To), l’Indonésie (Kala : Dead Time de Joko Anwar) et la Malaisie
(Zombies From Banana Village de Mamat Khalid). Une occasion unique de prendre le pouls d’une
production en perpétuelle évolution, entre cinématographies établies et émergentes.

Open Air, an II

Avec une capacité de 600 spectateurs, l’Open air prend de l’envergure pour sa deuxième année.
Constituée exclusivement d’inédits et d’une avant‐première – Get Smart de Peter Segal –, la
programmation navigue entre animation (Chasseurs de Dragons de Guillaume Ivernel et Arthur
Qwak), thriller surnaturel (The Eye de David Moreau et Xavier Palud) et science‐fiction (Doomsday de
Neil Marshall). Cerises sur le gâteau, Ashes of Time, le chef‐d’oeuvre de Wong Kar‐wai est présenté
dans sa version Redux et le cultissime Blade Runner de Ridley Scott dans son Final Cut en présence
de Syd Mead, designer du long‐métrage.

Symposium Imaging the Future et le nouveau prix animago : la création digitale au NIFFF

Pour la 3ème année consécutive, le NIFFF organise le Symposium Imaging the Future
(www.imagingthefuture.ch). Ensemble de rencontres consacrées au développement des images
digitales, l’ITF accueille cette année un invité d’honneur plus que prestigieux : Syd Mead, designer de
Blade Runner, TRON et Aliens notamment. En prolongement du symposium sera présenté le 2 juillet
le prix animago. Créé en Allemagne en 1999, animago constitue sans conteste la récompense la plus
importante dédiée à la création digitale en Europe. La soirée permettra de présenter la version suisse
du prix, qui sera décernée dès 2009, ainsi que les lauréats de la dernière édition européenne.

Les Courts‐métrages, entre fiction et art vidéo

Le court‐métrage est à l’honneur au NIFFF avec trois compétitions. Alors que deux d’entre elles
rendront compte de la vitalité du cinéma de genre suisse et européen, la toute nouvelle compétition
Actual Fears, issue de la collaboration entre le NIFFF et le Centre d’Art Neuchâtel (CAN), explorera
quant à elle les liens entre cinéma fantastique et art contemporain. (www.can.ch)

Espagne : nouvelle vague de frissons

L’Espagne connaît actuellement un renouveau de son cinéma de genre. La preuve en quatre films
avec le programme spécial "Spain : Land of Fright" qui propose notamment REC en avant‐première et
en présence de son réalisateur Jaume Balagueró. Par ailleurs, le légendaire cinéaste espagnol Jess
Franco fera lui aussi le déplacement pour présenter trois de ses films, fruits de sa prolifique
collaboration avec le producteur zurichois Erwin C. Dietrich.

Les films en sélection sont par ici : Programme

Journal du NIFFF Jour 1

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : 13 beloved

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Enfin, nous y sommes ! Le NIFFF débute, les premières séances ont lieu, le public est bien présent, les organisateurs et autres bénévoles courent dans tous les sens, installent, montent, dressent tentes et autres stands et un soleil de plomb s’abat sur Neuchâtel, pour nous poursuivre jusque dans les salles.

Mais reprenons depuis le début. Ce matin 8h, tout juste arrivé sur les lieux du festival, au cinéma Apollo, nous allons nous installer pour assister à la première projection, celle du film coréen The Devil’s Game, réalisé par In-Ho Yun. Le film raconte l’histoire d’un étudiant fauché, Hee-do, qui se retrouve à faire, un peu malgré lui, un pari avec un vieux milliardaire malade. Hee-do perd le pari et se retrouve contraint d’échanger son corps avec celui du vieil homme. Le concept rappelle inévitablement Face/Off de John Woo, sans l’action démesurée. Et malgré un pitch alléchant, une réalisation relativement classe, des acteurs au diapason, le film ennuie. 2H durant on attend qu’il se passe quelque chose, mais tout est bien trop théorique et plein de bla bla poussifs. Et pour couronner le tout, cela se conclue sur un simili-twist foireux qui achève définitivement le film. Déjà oublié.

En revanche, bonne nouvelle, cette année, nous avons enfin la climatisation dans les salles. Alleluia ! Fini de transpirer grassement en s’essuyant le visage de ses paumes humides. Fini de pousser du coude son voisin obèse qui respire fort et dégouline sur la moquette. Vive la clim !

Après le film, quelques échanges autour d’un verre avec Olivier Beguin (mais si ! Le réalisateur du court-métrage déjà culte Dead Bones avec Ken Foree, Arie Verveen et Ruggero Deodato !) qui finalise son film après quelques déboires techniques de dernière minute, mais qui viendra plus tard dans la soirée nous confirmer que cette fois-ci, c’est bon, Dead Bones est terminé. On se réjouit de le découvrir.

Enfin, le gros morceau de la journée, la cérémonie d’ouverture, suivi de la projection de The Substitute, film du danois Ole Bornedal (déjà réalisateur de Nightwatch et de son remake). Après quelques mots du nouveau président, Pierre-Yves Jeanneret et les discours gentiment ronflants de 2-3 personnalités politiques, nous attaquons enfin la première projection publique du festival international du film fantastique de Neuchâtel, The Substitute (La Remplaçante). Ici nous découvrons une prof dont le corps est possédé par un extraterrestre venu découvrir l’Amour (on ne rit pas, c’est tout à fait sérieux !). Son comportement étrange commence à inquiéter les élèves, qui vont alors découvrir quel secret cache cette remplaçante. On nage ici dans un mélange plus ou moins heureux de science-fiction, d’humour, de film d’aventure et de drame intimiste. Le pari n’était pas gagné d’avance, mais le film, dans sa volonté d’être un peu plus intelligent que la moyenne en ne se laissant pas aller au jeu du manichéisme, se révèle plutôt intéressant. La réalisation est un peu immobile, le rythme pas toujours heureux, on sent les faiblesses d’un budget plutôt limité, mais les qualités d’écriture du scénario rattrapent ces défauts. Au final, le film nous fait passer un bon moment, mais ne s’avèrera pas forcément marquant sur le long terme. Quoiqu’il en soit, pour ouvrir le festival, un film tout-public, relativement inoffensif et divertissant tel que ce Substitute reste un choix intelligent.

Par manque de temps (et aussi et surtout parce qu’on crevait la dalle), nous n’avons pas assisté à la projection des courts-métrages européens. On tâchera d’avoir quelques échos pour vous dire si un titre ou l’autre vaut la peine d’être découvert. Et alors que je termine ce texte, la projection Open Air (en plein air donc) de Blade Runner : The final cut, touche gentiment à sa fin. Projection à laquelle, Syd Mead, invité d’honneur du festival (et accessoirement designer sur Blade Runner mais aussi sur Aliens, TRON ou encore Star Trek), est venu faire coucou au public.

Le premier jour - petit jour certes - est terminé. Nous dirons que c’était un apéritif, une petite introduction au gros morceau qui nous attend et qui devrait nous permettre de découvrir une petite trentaine de films tout en espérant rencontrer les quelques invités du festival. Ah, Joe Dante... Mmh, Hideo Nakata... J’en salive d’avance.

Sur ce, je range ma bave, et vous dis à demain...


Avis sur les films

The Devil’s Game 1/5

Deux heures d’un ennui insondable...

The Substitute 3/5

Malgré un cruel manque de rythme, Bornedal signe une oeuvre intelligente.


Preview

13 Beloved

(par Damien)

La Thaïlande et ses merveilles. Bangkok et son Damnoen Saduak, célèbre marché aquatique où les commerçants s’égosillent à attirer les badauds sur leurs échoppes flottantes. Bangkok et son commerce illicite de petits garnements qui permet de ramener dans ses bagages des fardes de cigarettes, des litres d’un alcool intraduisible qui tord les boyaux et l’un ou l’autre Bouddha en sucre ou en plastique pour la modique somme de 10 000 Baht... La Thaïlande et son cinéma si particulier qui tend à s’imposer comme le lieu béni en Asie pour le cinéma de genre comme en témoignent les deux paternels aux noms imprononçables de Shutter.

Pourtant, outre ces différences, chez les Thaïs, c’est un peu comme chez nous. Le Coca-Cola coule à flots, les touristes se font vider les poches et les billets verts font tourner la tête de tout le monde. De même, il suffit d’enclencher la radio pour comprendre que d’Orient en Occident, nous sommes tous confrontés aux mêmes programmes débiles qui consistent à hurler dans les oreilles des auditeurs dès 6h du mat et à passer du rock ou de la pop imbuvables, histoire d’adoucir les moeurs. Entre deux chansons, la crétinerie humaine reprend le pas. Blagues téléphoniques qui ne font rire que les membres de l’équipe, défis lancés aux auditeurs pour gagner le troisième bouton d’un bermuda. C’est ce à quoi est exposé Pusit, jeune homme malheureux qui vient tout juste de perdre son emploi, sa bagnole tout en entassant une somme de dettes colossales. Dès lors, lorsque la radio nationale le contacte en lui proposant de réaliser 13 épreuves en échange de 100 millions de bahts, le gaillard ne se pose pas de questions et fonce. Quitte à perdre ses amis, sa famille et sa fierté dans l’aventure...

Journal du NIFFF Jour 2

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : Let The Right One In

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Le festival a débuté sur une note plutôt mitigée. Deux premiers films pas forcément mémorables, même si l’un était clairement meilleur (The substitute), mais pas de quoi crier au grand film. Bon, les gens qui sont allé voir Blade Runner : the final cut, projeté en 35mm à l’open air m’ont assuré en avoir pris plein les mirettes et je veux bien les croire. Mais tout le monde était déjà au courant que Blade Runner est un grand film. Nous, on veut voir de l’inédit qui claque, qui vous marque au fer rouge en travers de la gueule, qui ne vous lâche pas après la séance et auquel vous repensez alors même que vous découvrez d’autres films. Hé ben c’est pas avec cette 2ème journée qu’on y aura droit.

D’accord, le soleil est toujours là. On apprécie. L’ambiance, y a rien à jeter, tout le monde est super sympa, les gens discutent, boivent des verres, rigolent dans les files d’attente avant les films et prennent en photo tout et n’importe quoi. Malgré l’affluence non négligeable du public cette année (quasiment que des séances complètes !), le NIFFF réussit à garder cet aspect familial qui fait plaisir, où l’on se sentirait presque à la maison (je dis presque, parce que je suis pas trop fan de leurs WCs de chantier et des thés froids au prix exorbitant !). Mais bon, si on vient au NIFFF, c’est aussi pour voir des films. Et pour le coup, on espère que les 4 jours de projection à venir nous réserveront des films autrement plus mémorables que ceux que nous avons pu découvrir jusqu’à présent.

Début de la journée avec The Cottage de Paul Andrew Williams. Comédie gore anglaise, où l’on peut retrouver Andy « Gollum » Serkis, qui commet, avec l’aide de son frère et d’un 3ème larron complètement crétin, l’enlèvement d’une bimbo blonde sévèrement poumonnée. Tout tourne à l’eau de boudin et manque de pot, la petite équipe va se retrouver face à un fermier difforme (un peu comme dans les Goonies, mais avec des dents bien pourries) et salement en pétard. Pelle, pioche, couteau et autre machette occiront les corps à grand renfort d’effets gores bien foutus, mais ce film sans prétention et vaguement fun pêche par un rythme mal géré et une certaine fainéantise dans sa succession de scènes. Le genre de films à regarder entre potes en bouffant de la pizza et en rigolant grassement devant les déboires de cette bande d’incapables.

Nous reportons alors nos espoirs sur Eskalofrio de Isidro Ortiz (Fausto 5.0), petit film fantastique espagnol qui laisse augurer quelque chose d’intéressant. Intriguant au début, l’histoire de ce garçon trop sensible à la lumière du soleil (comme dans Les Autres de Amenábar) qui déménage dans un petit village de montagne avec sa mère et qui se retrouvera accusé de meurtres sauvages, fait progressivement place à un ramassis de clichés éculés, entre secrets d’une communauté, monstre qui n’en est pas vraiment un, parents qui ne comprennent rien et sidekick gonflant et inutile. Tout n’est pas à jeter toutefois. La « créature » est intéressante, même si mal utilisée et certaines scènes ont le mérite d’être plutôt efficaces. On regrette du coup que le réalisateur se soit laissé aller à toutes ses facilités pour conclure son film.

Si la température est supportable le matin aux projos de presse, il n’en va plus de même dès que débutent les projections publiques. La clim a beau turbiner à plein régime, les salles ne sont que moiteur et bouffées de chaleur. Le NIFFF 2008 est placé sous le signe de la fournaise et les espoirs du premier jour ont fondu comme neige...au soleil. Heureusement, le lac n’est qu’à quelques centaines de mètres de là et il serait tentant d’aller y plonger avant de se liquéfier totalement sur place.

Plus tard...

Toujours chez nos amis ibériques, nous assistons à la projection d’un dessin animé fort attendu, Nocturna. Ici nous suivons un petit garçon, Tim, totalement effrayé par le noir qui va découvrir le monde enchanteur de Nocturna qui régit la nuit et se charge de faire dormir tous les enfants. Mais les étoiles et d’autres lumières disparaissent progressivement, sans que personne n’y comprenne quoi que ce soit. Tim va alors mener une enquête contre le temps, à l’aide d’un gigantesque bonhomme, berger d’un troupeau de chats. Alors que la 3d est devenue la nouvelle norme en matière d’animation, certains résistants continuent de faire du dessin animé traditionnel. Ici le résultat, s’il est, dans sa forme, très inspiré à la fois de Tim Burton et de Hayao Miyazaki et manque donc un peu de personnalité, son écriture simple et très abordable propose une belle réflexion poétique sur la peur du noir, directement destinée aux plus jeunes. Peut-être pourra-t-on trouver cela un peu simpliste, mais les plus jeunes adoreront.

Après cette parenthèse réjouissante, nous loupons malheureusement Kala : Dead Time à cause d’un gros retard de la projection précédente. Mais aux dires de plusieurs personnes ayant vu le film, l’argument principal qui a pu être entendu était l’ennui.

Nous avons alors tout loisir de nous rendre à la projection du premier film de la rétrospective italienne : L’orribile segreto del Dr. Hichcock réalisé par Riccardo Freda. On ne s’étalera pas, le film est à mi-chemin entre le navet bien chiant et le nanar crétin, avec un festival de faux-raccords, d’acteurs autant expressifs qu’un sac de pommes de terre (mention à Robert Fleming, mauvais comme un cochon) et d’une musique qui s’emballe n’importe quand et n’importe comment. Mais à plusieurs, dans l’idée de voir un film dégageant un petit charme suranné et kitsch, cet horrible secret du Dr. Hitchcock reste plaisant.

Finalement, nous arrivons au bout de la journée avec la découverte du déjà renommé 13 Beloved de Chukiat Sakveerakul. Un homme perd tout ; boulot, argent, femme, voiture. Il reçoit alors un appel qui lui propose une succession de défis à remporter qui le mèneront toujours plus loin dans l’illégalité. Dans son ensemble, le film est vraiment très fun, avec plein d’idées, un rythme soutenu qui ne sacrifie jamais le scénario, quelques séquences au choix provocantes, choquantes, écoeurantes, le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour noir. Alors que la sauce avait bien pris, qu’un parfum de nihilisme parcourait le métrage, ce dernier change soudainement de direction dans ses dernières 20 minutes pour se transformer en pensum sentencieux et gonflant, moraliste et caricatural. La déception est de taille, car le réalisateur semblait faire preuve d’une certaine intelligence dans son approche de ce sujet faisant immanquablement penser au The Game de David Fincher. 13 Beloved n’en est pas moins réjouissant à plusieurs reprises et les réactions enthousiastes fusaient dans la salle.

Et la 2ème journée de toucher à sa fin. Aucun invité en vue, même si nous avons appris en début de journée que Nakata avait débarqué sur Neuch le jour précédent. La fatigue commence déjà à nous gagner (cette idée de mettre des séances de presse à 9h15.. en plein milieu de la nuit !), l’irrépressible envie de se moquer de tous les films se fait croissante, mais l’on sait que plusieurs bonnes choses nous attendent (Let the right one in, film nordique, est précédé d’une grosse réputation parmi les quelques personnes qui ont déjà eu l’occasion de le découvrir et l’impatience nous gagne à l’idée d’assister à la nuit Italia Cannibale durant laquelle seront projetés Cannibal Holocaust, Anthropophagous et L’Enfer des Zombi.. en espérant qu’ils agrémentent la salle de quelques jeunes filles empalées sur de jolis pieux) et que le festival ne fait que débuter.

Sur ce, chers amis de Belgique, de France ou d’ailleurs, je m’en vais m’évanouir dans mon lit avant d’attaquer la 3ème journée de ce NIFFF, 8ème édition...

Colqhoun

NB : ne pas oublier dvds, goodies et autres bricoles à faire signer.


Avis sur les films

The Cottage 2/5

Du gore rigolo, une fille bien poumonnée, Andy Serkis. Mais ça reste assez paresseux et pas follement excitant.

Shiver 2/5

Bonne idée de départ. Monstre intéressant. Foire aux clichés du genre, inspiration absente.

Nocturna 4/5

Malgré une évidente inspiration chez Burton et Miyazaki, ce DA espagnol fonctionne à merveille, en proposant une histoire intelligente.

L’orribile segreto del Dr. Hichcock 1/5

Très mauvais et très cheap dans l’ensemble, mais ça a son charme par moments. Du cinéma désuet qui sent bon le nanar.

13 beloved 3/5

Très fun et prenant pendant un bon moment. Se tire dans le pied avec une conclusion pénible et irritante. Dommage, c’était bien parti.


Preview

Let The Right One In

(par Damien)

Après son Four Shades of Brown qui remporta nombre de récompenses en terre suédoise, la réputation du réalisateur Thomas Alfredson n’est plus à faire. Grand blond aux yeux bleus, le Scandinave reflète à merveille son pays d’origine par le biais de ce teint pâle qu’il arbore, semblable aux terres enneigées de sa chère patrie. Bon, là je me fous un peu de votre gueule. Alfredson, contrairement aux clichés, est un boeuf tirant sur le roux au teint hâlé. Comme quoi, les préjugés, ça peut être trompeur...

Trève de bavardages. Passons aux choses sérieuses, à savoir : de quoi c’est qu’y parle ce film, bordel ? Méprisé par ses camarades de classe, le petit Oskar est un ado fragile qui s’invente un monde imaginaire pour éluder ses problèmes de voisinage scolaire. Du coup, le marmot passe tout son temps à imaginer quelles tortures il pourrait infliger à ceux qui le maltraitent en faisant les cent pas dans la cour enneigée de son immeuble. Lorsque Eli vient s’installer dans l’immeuble d’à côté, Oskar se surprend à rêver de nouveau. Une vraie amitié naît entre les deux boutonneux en pleine montée de croissance. Jusqu’à ce que... des meurtres atroces soient commis dans les environs. Oskar redoute le pire : Eli est sans doute un vampire avec qui il convient de rester ami sous peine d’être sa prochaine victime.

Oeuvre tragicomique et mélodramatique à la croisée entre le cinéma de Polanski et celui de Van Sant, Let The Right One In bouleverse par sa maîtrise formelle et par son réalisme malsain. Un chef-d’oeuvre en puissance ? Assurément...

Journal du NIFFF Jour 3

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : Les proies

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Hier le soleil nous transformait en saucisse à rôtir, aujourd’hui, des pluies diluviennes agrémentées d’orage se sont déversées sur l’Helvétie. Au point que cela a carrément interrompu certaines séances de fin de soirée hier tout en abîmant un peu de matériel. Toutefois, rien de grave, les séances reprenaient de plus belle aujourd’hui. Séances qui nous ont réservé quelques bonnes grosses déceptions, mais qui nous auront aussi offert notre premier chef-d’oeuvre du festival, un petit film de vampires venu du nord, Let the Right One in. A croire que les dieux nous auront entendus...

Pour se mettre en appétit et finir de se réveiller totalement, quoi de mieux qu’un film de zombies ? Dance of the Dead, de Gregg Bishop nous est donc servi en entrée. Des geeks doivent combattre des macchabées fraîchement revenus d’outre-tombe pour sauver les étudiants qui sont au bal de fin d’année. Si l’on est enclin à apprécier des films pas forcément exceptionnels dans un cadre de festival, on a aussi parfois l’impression que les réalisateurs se contentent du strict minimum en capitalisant sur leurs acquis et sur des situations scénaristiques inévitables pour faire glousser de joie l’amateur en manque de tripaille. Dance of the Dead fonctionne totalement de cette manière. Aucune prise de risque, aucune originalité, des situations jamais exploitées, des personnages interchangeables et inintéressants, le tout servi par une réalisation hideuse, on attend vainement que le film décolle enfin. Et s’il n’est pas exempt de qualités (quelques scènes rigolotes), cette danse des morts reste bien oubliable. Pour le coup, on espère que les zombies de papi Georges relèveront un peu le niveau du genre d’ici la fin de la journée.

Après le teen-movie-zombie-flick mal foutu, direction la Macédoine pour un drame fantastique introspectif, Shadows, de Milcho Manchevski. N’y allons pas avec le dos de la cuillère, cette histoire d’un type qui voit des apparitions étranges à la suite d’un accident de voiture et qui voit sa vie de famille se réduire en miettes est une catastrophe. Un pensum puant la prétention, alors qu’au fond ce n’est que le remake péteux du Sixième Sens de M. Night Shyamalan. Deux heures d’ennui, où le réalisateur s’amuse à faire n’importe quoi, à enchaîner des séquences dignes d’un téléfilm TF1 et à diriger des acteurs qui ont dû apprendre leur métier en jouant une pièce de théâtre lorsqu’ils avaient cinq ans. Un film exécrable, irritant et moche et dont la présence dans cette compétition internationale, jusqu’à présent pourtant pas exceptionnelle, tire le niveau vers des abîmes insondables.

A peine sorti de la salle, nous retournons dans la file d’attente pour aller voir, à la suite, deux films de la rétrospective des thrillers italiens, à savoir I Corpi presentano tracce di violenza carnale (sorte de précurseur du slasher) et Il dolce Corpo di Deborah. Le premier accumule avec beaucoup de bonheur les situations prétextes pour mettre des filles à poils avant de les massacrer, tandis que le deuxième adopte le rythme et les rebondissements des pires épisodes de Derrick avant de se conclure dans un twist qui n’est pas sans rappeler le réjouissant Wild Things de McNaughton. Des films cheaps, remplis d’acteurs tous plus mauvais les uns que les autres, montés et réalisés avec les pieds, mais qui, au final, s’avèrent plutôt sympathiques et légers.

Nous sommes donc au NIFFF depuis 3 jours. Déjà 11 films vus et jusqu’à présent, rien de véritablement marquant. 1 ou 2 films intéressants (13 Beloved, The Substitute), 2-3 autres qui ont quelques menues qualités (les italiens, The Cottage) et le reste est tout juste bon pour la poubelle.

Réjouissons-nous, ce soir le festival nous aura offert un petit bijou. Une merveille sombre et dérangeante qui nous vient tout droit du pays de grandes blondes, le très suédois Let the Right One in, de Tomas Alfredson. Nous ne nous étalerons pas trop car le film aura droit, d’ici quelques jours, à une critique complète en bonne et due forme. Pour vous mettre l’eau (le sang ?) à la bouche, nous nous contenterons de dire que les films traitant du vampirisme avec autant d’intelligence et d’intégrité sont rares, que les drames touchants à l’enfance avec une telle sensibilité et une telle clairvoyance ne sont pas légion et que le traitement visuel totalement épuré et pourtant si oppressant tutoie la perfection à de nombreuses reprises. Peut-être est-il un peu tôt pour crier au chef-d’oeuvre et probablement faudra-t-il redécouvrir le film dans d’autres conditions, mais une telle maîtrise, tant scénaristique que formelle, nous redonne quelque peu confiance dans cette compétition internationale jusqu’ici plutôt morne.

Après une telle découverte, difficile d’attaquer un nouveau film. D’autant plus que celui-ci adopte lui aussi un rythme plutôt lent et qu’il est projeté en plein air. Le froid et la fatigue auront eu raison de nous et nous fuiront Ashes of Time redux de Wong Kar Wai après une petite demie-heure pour venir vous livrer les impressions de la journée. Journée qui n’est d’ailleurs pas terminée, la séance du dernier Romero, Diary of the Dead, débutant d’ici quelques dizaines de minutes. Mais pour savoir ce que nous en aurons pensé, il vous faudra revenir demain.

Oh et, petite réjouissance, nous avons croisé Xavier Gens et Jens Liens, sans pour autant avoir l’occasion d’échanger quelques mots ni de les prendre en photo (forcément, si on oublie de prendre l’appareil photo avec, c’est pas l’idéal).

Je m’arrête là avant que ma tête ne s’écrase mollement sur le clavier et m’enfuis à la dernière projection de ce 3ème jour du NIFFF.


Avis sur les films

Dance of the Dead 2/5

Mal foutu, ne va pas au bout de ses idées, mais possède son lot de moments sympathiques.

Shadows 0/5

Deux heures d’ennui d’une prétention sans limite.

I Corpi... 3/5

Plein de jeunes filles qui passent leur temps à se foutre à poil. Des meurtres rigolos. Et ... c’est tout.

I dolce 1/5

Encéphalogramme plat d’un bout à l’autre. La fin reveille le tout en proposant des twists en cascade complètement nawaks.

Let the right one in 5/5

Petite merveille dérangeante et émouvante, le film touche dans le mille.


Preview

Les proies

(par Damien)

Quim roule dans une région isolée en suivant une route sinueuse. A l’orée d’un bois, il se perd pour de bon. Sans boussole et sans Tom-tom, Quim tente en vain de se repérer. Soudain, il devient la cible de tirs en provenance de la montagne. Alors qu’il tente d’échapper aux projectiles, il tombe sur Béa, une jolie jeune femme qui semble perdue et vit apparemment le même cauchemar que lui. Méfiants l’un envers l’autre, ils décident néanmoins d’unir leurs forces pour quitter cette forêt hostile et glaciale et semer leurs poursuivants.

La troisième réalisation de Gonzalo Lopez-Gallego a été présentée au festival de Gerardmer où elle concourrait avec deux autres oeuvres espagnoles à savoir Rec et L’orphelinat. Face à ses deux concurrents, El Rey de la montana a eu bien du mal à se démarquer, ne boxant pas dans la même catégorie qu’eux. Eloigné du sensualisme ibérique que l’on retrouve dans le film de Bayona, Les proies s’attache à aborder le genre d’une manière autre sans pour autant se distinguer totalement des survivals célèbres. Sorte de croisement entre Les chiens de paille de Peckinpah et le Délivrance de Boorman, le métrage tient autant du thriller angoissant que du jeu vidéo exacerbant la violence en imposant un certain recul. Influencé, Lopez-Gallego ? Probablement. Inspiré ? Assurément. Ne reste plus au réalisateur qu’à nous séduire en nous prouvant qu’il est bien le roi de la montagne...

Journal du NIFFF Jour 4

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : Tokyo !

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Nous vous avions livré nos impressions du 3ème jour avant de découvrir le dernier opus de Romero, Diary of the Dead. C’est désormais chose faite. Nous ne nous étalerons pas trop, la déception est grande et Romero, derrière une approche formelle intéressante (la HD très bien utilisée), se plante dans les grandes lignes en livrant un film bien trop théorique. Voix-off moralisatrice, mise en abîme neuneu, le film veut se faire le critique de la télé-réalité et de la manipulation des médias mais finit par s’auto-caricaturer. Reste les zombies, quelques scènes gores rigolotes et un amish bad-ass mémorable. Bref, effaçons ces images de notre esprit et passons à la suite.

Au programme donc, un western nippon, des nerds, des courts-métrages, plein de filles nues, un E.T. HK, du survival ibérique énervé et beaucoup de cannibales. Rien que ça !

Sukiyaki Western Django est le nouveau film de Takashi Miike. Enfin, "nouveau" est peut-être un terme un peu fort puisqu’au moment où nous écrivons ces lignes, le stakhanoviste du cinéma japonais a probablement déjà dû réaliser au moins 25 nouveaux films. Je ne sais pas à quoi carbure le bonhomme, mais un peu de son énergie ne serait pas de trop pour tenir le coup, parce que la fatigue commence gentiment à se faire écrasante (s’endormir aux projos de presse le matin, c’est pas forcément bon signe). Donc, nous disions, Sukiyaki Western Django est le nouveau film de Takashi Miike. Un western spaghetti, tourné au Japon, en anglais, avec un guest de luxe, monsieur Quentin Tarantino. Le résultat est détonnant. C’est ultra fun, totalement décomplexé, un peu long (mais bon, avec Miike on commence à avoir l’habitude) et au final le film fout la patate. Tant mieux, c’est idéal pour débuter la journée !

Manque de pot, on enchaîne avec une petite production finlandaise pas spécialement enthousiasmante, Astropia. Le pitch a pourtant tout pour être accrocheur. Des nerds, une bimbo blondasse et des évadés de prison, qui vont s’affronter dans un univers d’heroic fantasy tout droit sorti d’un jeu de rôle. Mais le film s’en tient mollement à son idée de départ et n’amène rien de bien excitant. Un film par des nerds, pour des nerds, qui ne se fatigue pas dans son exécution et se limite à accumuler des séquences sans saveur et attendues.

Fatigué d’une compétition internationale pas spécialement savoureuse, nous nous attaquons aux courts-métrages suisses avec une attente toute spéciale pour Dead Bones de Olivier Beguin (qui, je vous le rappelle, a été interviewé sur ce site il y a quelques semaines de cela). Les courts-métrages sont, dans l’ensemble, plutôt décevant. Du cinéma d’art et d’essai qui ne raconte rien en sur-esthétisant à outrance, de l’intimiste chiant comme la mort, de la fantasy trop sûre de ses qualités formelles, j’en passe et des meilleures. S’en sortent tout de même quelques oeuvres passionnantes, dont Die Seilbahn, film d’animation plein d’humour, de tendresse et de surréalisme, ou encore Sainte Barbe, là aussi de l’animation, qui, en quelques minutes à peine, dégage une belle intelligence. Et enfin Dead Bones, dernier film projeté de la sélection. Western cannibale où nous découvrons Arie Verveen (Sin City, The Thin Red Line) pourchasse un homme et arrive dans un village dirigé par l’immense Ken Foree. Dans l’ensemble le film est plutôt réussi, ses 18 minutes passent comme une lettre à la poste, l’action est bien présente et les acteurs en imposent sévèrement. On regrettera en revanche quelques choix de montage un peu étranges et une image HD pas vraiment adaptée au sujet (mais des dires du réalisateur, un gonflage sur pellicule pourrait être envisageable si les fonds suivent). Une sélection qui ne nous aura pas totalement convaincu, même si, 2-3 films tirent leur épingle du jeu.

Changement de décor total, nous avons un peu de temps libre pour aller découvrir un film de la rétrospective Jess Franco, Blue Rita, aka, le Cabaret des filles perverses, présenté par le réalisateur en personne en début de séance. En résumé, nous n’avons pas vraiment compris de quoi il en retournait si ce n’est qu’il ne se passe jamais plus de 2 minutes sans qu’une fille totalement dénudée entre dans le cadre. C’est rigolo, coloré et heureusement plutôt court.

Sans prendre la peine de voir le Franco jusqu’à la fin, nous nous dépêchons de prendre des places pour CJ7, le nouveau film de Stephen Shaolin soccer Chow. Ici, Chow incarne un travailleur peu fortuné qui met tout en oeuvre pour que son fils puisse rester dans une école de choix. Un jour, après quelques fouilles dans une décharge, il ramènera un nouveau jouet pour son fils, sans savoir qu’il s’agit d’un petit extraterrestre tout mignon. Grosse aventure de gamin, pleine de blagues pas très fines et de séquences d’actions surréalistes, CJ7 est un bon gros divertissement familial des plus sympathiques. Et comme toujours chez Stephen Chow, derrière la gaudriole très cartoon, se cache toujours un propos social assez fort. Et ce film-là n’y loupe pas. Avant d’attaquer un survival contemplatif, ce E.T. hongkongais était tout à fait ce qu’il nous fallait.

Nous quittons Hong Kong pour l’Espagne sauvage. Les montagnes. Des routes qui n’en finissent pas. Un homme qui veut aller retrouver son ex-copine. Des chasseurs qui ont décidé de traquer de l’humain, voilà comment débute El Rey de la Montana (en français Les proies, bonjour la traduction de feignasse). Le film prend son temps, se concentre sur ses personnages sans jamais nous en dire trop et se laisse aller de temps à autre à des explosions de violence. Sans vous révéler de quoi il en retourne, après une première partie somme toute assez classique, une surprise survient (pas vraiment un twist, juste une petite surprise) et donne un coup de fouet au film. Ce choix ne convainc pas totalement mais permet de donner beaucoup plus de profondeur aux personnages tout en glissant à l’oreille du spectateur quelques interrogations. La fin sèche et sans concession fait aussi plaisir à voir dans cette période où le sur-explicatif gerbant à tendance à s’imposer de plus en plus.

Nous sortons d’une salle pour rentrer dans une autre et rejoindre, en cours de route, la nuit Italia Cannibale, qui proposait Cannibal Holocaust, Antropophagous et L’Enfer des Zombies. Et si sur le papier le programme donne envie, ce qui sera projeté sur l’écran est déjà moins agréable. Versions censurées, exemptes de toutes les scènes fortes de chacun de ces films (exit la tortue, la femme empalée et le viol dans Cannibal Holocaust, exit l’éventrage de femme enceinte dans Antropophagous), amis de la frustration bonjour. Gagné par la fatigue et le dépit, nous nous enfuyons du NIFFF.

Une 4ème journée en demies-teintes, des bonnes surprises, quelques grosses déceptions, mais il nous reste encore quelques films de la compétition internationale à découvrir (Tokyo, l’apparemment brutal Manhunt) et 2-3 autres séances qui pourraient nous rassurer (REC, Sparrow, Doomsday).

On espère, on espère, mais en attendant, on prend du bon temps, en traînant sur la terrasse du NIFFF, à l’ombre de quelques grands arbres, sirotant un verre tout en sachant que d’ici quelques heures nous aurons l’honneur de rencontrer le grand Joe Dante, mais aussi Hideo Nakata ou de recroiser Jaume Balaguero.

Je vais aller me chercher un petit jus d’orange et traîner un peu dans les parages...

A demain.

Colqhoun


Avis sur les films

Sukiyaki Western Django 3/5

Très fun, plein d’action et d’humour, mais quelques temps morts.

Astropia 1/5

Un film pour et par des nerds, qui se contente du minimum.

CJ7 3/5

Du cinéma sympathique, frais, réjouissant, mais pas forcément mémorable.

El Rey de la Montana 4/5

Un survival superbement bien réalisé mais qui se termine sur une note un peu étrange et pas totalement convaincante.


Preview

Tokyo !

(source : NIFFF)

Librement inspiré de Tokyo et tourné au cœur de la ville, le film se déploie en un triptyque poétique et décalé, signé Michel Gondry, Léos Carax et Bong Joon-ho. Dans Interior Design, un jeune couple projette de s’installer à Tokyo. À côté de son petit ami ambitieux et débordant d’énergie créatrice, une jeune femme en perte de repères retrouvera un sens à son existence après s’être métamorphosée… en chaise ! L’auteur de La science des rêves (2006) prouve une fois de plus sa maîtrise des codes du surréalisme.

Absent des écrans depuis Pola X (1999) et pourtant légendaire depuis Les Amants du Pont-Neuf (1991), Léos Carax revient quant à lui avec une contribution déjantée et grassement subversive, interprétée par son comédien emblématique, Denis Lavant. Personnage loufoque et quasimodesque, Merde défraye la chronique par la terreur qu’il inflige aux passants. Le tapage médiatique se muera en véritable traque, le jour où le monstre balancera à tout va les grenades dénichées dans les égouts où il a élu domicile.

Présent au NIFFF 2007 avec l’époustouflant The Host (2006), Bong Joon-ho clôt la série avec une fable SF intitulée Shaking Tokyo. Dans une ville secouée par des tremblements de terre, un hikikomori (vivant reclus de la société) s’éprend de la jeune livreuse de pizzas qui s’évanouit chez lui. S’il compte la revoir, ce ne sera pas sans efforts. Une critique sociale tragicomique qui, à l’image de tout l’opus, saura séduire les fans de genre tout en tirant sur la corde 68arde avec une légèreté bienvenue.

Journal du NIFFF Jour 5

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films
  • Preview : Rovdyr (Manhunt)

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Nous avons rencontré Joe Dante ! Et Hideo Nakata ! Et Xavier Gens ! Et Jaume Balaguero ! Et Lamberto Bava !

Heureusement d’ailleurs, parce que, question films, ce n’était pas vraiment la panacée. Nous avons bien découvert le très kitsch et rigolo Terrore Nello Spazio (aka La Planète des Vampires), de Mario Bava, film qui inspira énormément le Alien de Ridley Scott, mais tant Sleep Dealer, Om Shanti Om où [REC] n’aurons pas vraiment su nous convaincre.

Sleep Dealer est un film mexicain de science-fiction altermondialiste. Tout un programme. Une société où les travailleurs mexicains sont connectés via des "nodes" à des machines aux Etats-Unis qu’ils commandent à distance. On pense d’office à Matrix. Mais la comparaison n’ira pas plus loin. Sleep Dealer, derrière une envie de révolte, de faire parler les travailleurs de l’ombre, ceux qui subissent le système, se plante tant formellement que dans ce qu’il veut raconter. Effets clipesques bateau et scénario qui met des plombes à se mettre en place, on attend en vain que le film démarre enfin et ce ne sera que durant les 10 dernières minutes qu’enfin, il se passera finalement quelque chose. Trop peu pour convaincre.

Après la sf mexicaine anémique, nous changeons de continent. Om Shanti Om, de Farah Khan est probablement l’une des plus grosses productions bollywoodiennes de ces dernières années. Surenchère de moyens, des décors tous plus gigantesques les uns que les autres, des acteurs qui en font des tonnes et des chansons, élément obligatoire de toute bonne production de Bollywood qui se respecte. Le film ne passionne pas outre mesure, malgré un côté fun plutôt attachant. Mais des conférences doivent débuter et nous quittons la projection en cours de film.

Hideo Nakata. C’est lui que nous allons écouter pendant une petite heure. Le monsieur est très sympathique en plus d’être plutôt loquace. La conférence (animée par Julien Sévéon, journaliste chez Mad Movies), revient principalement sur les adaptation de Suzuki, l’auteur de Ring et Dark Water. On y apprend notamment que l’auteur s’est énormément inspiré de petites anecdotes de sa vie de tous les jours pour écrire ses différentes oeuvres. Nakata parle aussi de sa collaboration avec Hollywood, qui lui aura permis, selon ses propres mots, de beaucoup s’amuser. Finalement, sans rien affirmer, le réalisateur japonais évoque ses éventuels futurs projets, dont un qui pourrait se faire en Angleterre. La conférence se termine et les fans se ruent sur le bonhomme pour faire signer dvds, affiches et tout un tas de bricoles.

Nous n’avons pas le temps de souffler que déjà la conférence suivante démarre. Et cette fois-ci c’est au tour de monsieur Joe Dante de prendre possession de la petite salle du Théâtre du Passage pour venir nous parler de sa carrière. Passionnant, drôle, plein d’anecdotes, le réalisateur des Gremlins a énormément de choses à raconter. Il nous parle de ses débuts chez Roger Corman, des bandes-annonces qu’il devait créer pour les films de ce dernier (films tellement mauvais qu’il réalisait des bandes-annonces pleines d’images n’apparaissant jamais dans le film en question), de son premier film, Piranhas, qui avait été défendu par Spielberg alors que les exécutifs chez Universal hurlaient au plagiat des Dents de la Mer ou encore d’Explorers que les producteurs avaient abandonné en cours de route, laissant Dante avec un film pas terminé, obligé de faire un montage à partir des images qu’il avait pu tourner.

On sent dans ses propos une grande nostalgie pour une époque révolue, un regret de la trop grosse industrialisation du 7ème art, de la disparition progressive des traces des films passés (destruction de vieux décors mythiques), ou des difficultés à réunir régulièrement les mêmes acteurs pour tourner un nouveau film, les tournages se délocalisant de plus en plus actuellement (et Dante est reconnu pour avoir un noyau dur d’acteurs que l’on retrouve dans quasiment tous ses films, Kevin McCarthy, Dick Miller ou encore Robert Piccaro). Cette rencontre est plutôt émouvante car derrière son humour pince-sans-rire, ironique, Joe Dante dégage une certaine frustration de ne plus vraiment pouvoir faire ce qu’il voudrait. La disparition de son ami et collaborateur Jerry Goldsmith (compositeur sur quasiment tous ses films) aura aussi en partie diminué son envie de se relancer sur un projet de long-métrage. Nous espérons toutefois que ce réalisateur mordant trouvera prochainement un nouveau projet enthousiasmant et qu’il reviendra sur le grand écran. Cette conférence avec Joe Dante aura probablement été l’un des moments les plus forts de ce festival pour beaucoup de monde et le monsieur, par sa grande accessibilité, n’aura fait que renforcer notre amour pour ses films.

Nous essuyons la petite larme qui s’accroche au coin de notre oeil et repartons nous enfermer dans une salle pour la projection suivante. Nous allons découvrir l’un des films les plus attendus de la rétrospective italienne, Terrore Nello Spazio, aussi connu sous le titre français de La Planète des Vampires, réalisé par Mario Bava en 1965. Grande inspiration de l’Alien de Ridley Scott, Terrore Nello Spazio est l’un des rares films de science-fiction italien. Totalement rétro, gentiment kitsch, le film fait surtout forte impression pour ses décors embrumés. Nous aurons aussi eu la joie d’avoir Lamberto Bava (fils de), venu présenter le film en compagnie de l’équipe du festival Science + Fiction de Trieste. Une séance éprouvante, la climatisation ayant décidé de nous lâcher en cours de route. Mais le film est plaisant, très beau à regarder et pas trop long.

Une mer de monde ayant envahi le NIFFF, nous ne pouvons assister à la séance de Sparrow. Vient alors le dernier film de la soirée, le très attendu [REC] de Jaume Balaguero et Paco Plaza. Ce dernier étant absent, c’est Balaguero himself qui aura fait le trajet jusqu’au festival pour venir présenter son film. Pas spécialement amateur du cinéma du monsieur, nous découvrons ce film avec quelques aprioris inévitables. Et si durant sa première partie la mise en place, la réalisation, sont convaincants, ce qui suit nous fait gentiment bailler. Le film tente de ménager des moments de surprises, mais tue tout éclat en faisant sursauter le spectateur dans une succession de séquences pénibles par leur trop grande prévisibilité. On rigole bien en voyant un pompier éclater la gueule d’une grand-mère à coup de massue, on sursaute quelque peu lorsqu’un homme s’écrase en bas la cage d’escalier, mais ce seront à peu près les seuls moments inattendus et donc efficaces du film. La mise en scène est toutefois impressionnante dans sa logistique et force le respect lorsque l’on apprend après coup, de la bouche de Balaguero, que certains plans font plus de 20 minutes sans interruption, avec utilisation d’effets spéciaux.

La soirée se termine, dans la fatigue. Entre temps nous aurons encore croisé Xavier Gens qui nous ménagera un peu de temps aujourd’hui pour revenir sur ce festival et, peut-être, sur d’autres bricoles. Vous serez tenu au courant dans tous les cas.

La dernière journée a débuté, encore quelques films à voir, et nous espérons ne pas sombrer dans le sommeil en cours de journée.

Colqhoun


Avis sur les films

Sleep Dealer 1/5

Un propos qui se veut ambitieux, mais qui se perd en chemin et servi par une réalisation abominable

Om Shanti Om ??/5

Parti en cours de projection, la première heure est rigolote, plein de couleurs, mais ne passionne pas outre-mesure.

Terrore nello spazio 4/5

Fabuleux production design, le film, s’il ne brille pas par son scénario, est très plaisant à suivre.

[REC] 2/5

Pas spécialement terrifiant malgré un concept visuel maîtrisé.


Preview

Manhunt

(source : NIFFF)

Durant l’été 1974, dans une ambiance camping-car et cassettophone, quatre jeunes traversent la campagne norvégienne pour un week-end dans les bois. L’ambiance à bord n’est pas au beau fixe. Entre une attitude castratrice face à sa petite amie Camilla et ses répliques méprisantes à l’égard d’un Jørgen plutôt mou du genou, Roger finira par s’attirer les foudres de Mia. L’autostoppeuse terrifiée qu’ils ont embarquée au détour d’un restoroute plutôt glauque tentera bien de leur faire comprendre que les abords de la forêt ne sont pas propices à une prise de bec. Mais en vain... Quand plus tard ils se réveilleront au son d’un cor de chasse, ligotés dans une clairière, la règle du jeu s’imposera d’elle-même : courir, et vite.
Dans cette chasse à l’homme sans motif ni merci, l’atmosphère funky ne tardera pas à virer sérieusement bloody. Proposant un décor et une tension qui rappellent le Blair Witch Project, Manhunt est un slasher intense, un survival aux codes bien aiguisés, alternant cavales haletantes et coups de grâce sanglants, orchestrés par des Mac Gyver d’une perversité sans limites. En mal de sensations fortes ? Please, help yourself !

Palmarès du NIFFF 2008

Let the Right One In, grand gagnant

Salles combles, nouveau lieu de rencontres et échanges toujours plus nombreux entre les cinéastes et le public : l’édition 2008 du Festival du Film Fantastique de Neuchâtel se clôt sur un bilan remarquablement positif.

Joe Dante, George Romero, Hideo Nakata, Jaume Balagueró, Ruggero Deodato, Syd Mead : une nouvelle fois, les grands noms du cinéma fantastique ont fait halte à Neuchâtel pour célébrer avec un public toujours plus nombreux le cinéma de genre. Durant six jours, le NIFFF a fait vivre aux spectateurs des cinémas Apollo et de l’Open Air d’intenses émotions cinématographiques, favorisées encore par l’atmosphère conviviale d’un Théâtre du Passage qui accueillait cette année projections, rencontres et conférences. Avec une affluence record de plus de 20’000 spectateurs, le Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel (NIFFF) confirme son statut de manifestation incontournable dans le domaine du cinéma de genre.

PALMARES

Présidé par le cinéaste américain Joe Dante et composé de Xavier Gens, Jens Lien et Lucius Shepard, le Jury International a primé, dans la catégorie Compétition Internationale, Sleep Dealer de Alex Rivera (USA/Mexique), qui remporte ainsi le Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film. Le Jury International a également attribué une mention spéciale à Let the Right One in de Tomas Alfredson (Suède) et à Tokyo ! de Bong Joon-ho, Leos Carax et Michel Gondry (France/Japon/Allemagne/Corée du Sud).

Le Jury Méliès formé par Veronika Grob, Annette Scharnberg et Max Ruedlinger, a décerné le Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen à Let the Right One in de Tomas Alfredson (Suède). Le film est ainsi nominé pour le Méliès d’or, qui sera décerné lors de la 41e édition du Festival Internacional de Cinema de Catalunya, à Sitgès, en octobre 2008.

Du côté des courts-métrages, le Jury SSA/Suissimage composé de Denis Rabaglia, Izabela Rieben et François Junod a décerné le Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur court-métrage suisse à Vincent le Magnifique de Pascal Forney. La nomination pour le Méliès d’or du meilleur court-métrage européen va à Scary de Martijn Hullegie (Pays-Bas). Pour ce qui est de la nouvelle compétition Actual Fears, le Prix H.R. Giger « Narcisse » de la meilleure vidéo d’art, attribué par Frédéric Fischer, Raffael Dörig et Geneviève Loup, va à The Counterfeiters de Katia Bassanini.

Le Prix TSR du Public revient à CJ7 de Stephen Chow (Hong-Kong). Quant à Om Shanti Om de Farha Khan (Inde), qui concourait dans la Compétition Asiatique, il reçoit le Prix Mad Movies, également décerné par le public. Le Prix de la jeunesse distingue Let the Right One in de Tomas Alfredson (Suède). Le Prix Titra Film, enfin, a été attribué à Tokyo ! de Bong Joon-ho, Leos Carax et Michel Gondry (France/Japon/Allemagne/Corée du Sud).

Source : NIFFF

Journal du NIFFF Jour 6

Sommaire :

  • Compte-rendu de la journée
  • Avis sur les films

Par Colqhoun

Compte-rendu de la journée

Comme vous l’aurez remarqué, le Palmarès du festival est désormais connu. Mais avant d’y revenir et de commenter les choix du Jury, reprenons depuis le début cette dernière journée au NIFFF.

Nous n’avons pas vu Manhunt. Dans l’incapacité d’arriver à l’heure à la séance, nous avons préféré tirer un trait dessus. Quoiqu’il en soit, à la sortie de la séance, un sentiment général se dégageait assez clairement parmi les spectateurs, celui d’un film qui, mis à part quelques scènes gores efficaces, ne passionnait pas le moins du monde et se vautrait même à plusieurs reprises dans le ridicule. Aucun regret donc.

Nous sommes alors allé découvrir le dernier film de la compétition internationale qu’il nous restait à voir, Tokyo ! Conjointement réalisé par Michel Gondry, Leos Carrax et Bong Joon-Ho, le film est une ode à cette ville tentaculaire, par le biais de 3 histoires. Gondry s’attarde sur une fille qui ne réussit pas à s’adapter à la société et qui finit par trouver la plénitude en se mutant en chaise. Sans hésiter, le meilleur film de son auteur à ce jour, Interior Design adopte un regard plein d’humour et de surréalisme pour traiter de la difficulté à trouver sa place dans le monde. Leos Carax, lui, charge dans le tas. Après 9 ans d’absence des écrans, il revient avec MERDE, où nous découvrons un être étrange (interprété avec une intensité assez stupéfiante par Denis Lavant) qui mange des fleurs et lance des grenades dans la foule. Il sera alors arrêté et condamné à mort. On ne sait pas trop quoi penser de ce film. Après un plan séquence d’ouverture tout à fait impressionnant où Merde marche dans la rue en agressant tous les gens sur son passage et cette scène jubilatoire où il balance des grenades dans la foule, le film quitte les rues de la ville pour aller se perdre dans une cour de justice. Résolument provocateur, MERDE est à mi-chemin entre la chronique sociale et la comédie trash. Finalement, le meilleur pour la fin, Shaking Tokyo, de Bong Joon-Ho (réalisateur des fabuleux Memories of Murder et The Host) qui nous fait entrer dans le quotidien d’un hikikomori, un reclus qui n’a pas quitté son appartement depuis 10 ans. Très touchant, réalisé de main de maître (un plan-séquence d’introduction dans l’appartement qui rappelle un peu ce qu’avait fait Antonioni au début de The Passenger), on est transporté dans cette ville secouée par des tremblements de terre. Rencontre de deux personnages qui vivent dans leur monde, l’amour aura raison de leur solitude et ira jusqu’à ébranler toute une ville qui sera alors obligée de sortir dans les rues pour se (re)découvrir. Magnifique.

Puis vint l’un des grands moments de la journée. La conférence du Jury de la compétition internationale, constitué, nous vous le rappellons, de Joe Dante, Lucius Sheppard, Xavier Gens et Jens Lien. Alors que la rencontre aurait dû avoir lieu dans la salle du Théâtre du Passage, comme toutes les autres rencontres, celle-ci se déroula finalement autour d’une table, le nombre de participants étant tellement ridicule (une dizaine de personnes en tout et pour tout, jury compris). Mais cette proximité fut bien plus intéressante et nettement moins formelle et permit une discussion un peu plus légère que s’il avait fallu s’en tenir strictement à la compétition internationale. Le jury n’étant pas disposé à révéler ses choix à ce moment-là, la discussion tourna principalement autour du fantastique en général, de tout ce qui est regroupé sous ce terme et de l’approche du fantastique en fonction du pays (propos très intéressants de Jens Lien sur le fait que le genre « fantastique » n’existe pas réellement dans son pays, en Norvège et qu’il est plutôt réparti entre science-fiction, surréalisme ou cinéma d’art et d’essai). Après quelques questions bateau (c’est quoi vos films préférés, bla bla bla), la discussion s’est terminée sur l’avenir du cinéma, l’arrivée de la 3D (avec des films comme Avatar de James Cameron), à propos de laquelle Xavier Gens semblait plutôt méfiant. Au final le jury aura encore expliqué que le choix du vainqueur de la compétition internationale avait été effectué selon quelques critères définissant ce que devait être un film vainqueur d’une telle compétition et que les choix de chacun avaient été relativement unanimes.

Et la fin approche...

Direction les Arcades, grande salle de cinéma de Neuchâtel, pour la cérémonie de clôture, suivie du nouveau film de Hideo Nakata, L change the world, suite de l’adaptation du manga Death Note (dont les deux premiers films avaient été projetés au NIFFF l’année passée).

Le palmarès, vous le connaissez déjà. Si dans l’ensemble il est plutôt prévisible, le premier choix du jury reste tout de même étonnant. Sleep Dealer (qui a donc remporté le Narcisse du meilleur long métrage de la compétition internationale) a certes un propos honorable et plutôt ambitieux, mais manque assez clairement de rigueur dans l’écriture et la réalisation pour convaincre totalement. Nous pouvons peut-être imaginer qu’avec ce jury composé de personnes aux oeuvres farouchement opposées au système, Sleep Dealer, véritable manifeste altermondialiste, a dû toucher une corde sensible et ainsi remporter le Narcisse.

Incompréhension aussi avec le vainqueur des courts-métrages suisses. Vincent le Magnifique, qui a donc gagné cette compétition, s’en tient bien trop à ses prétendus acquis et ne décolle jamais, suivant un script fade, totalement dénué de surprises et d’ambition. Die Seilbahn, dont nous avions déjà parlé dans la chronique du 4ème jour du festival, aurait bien plus mérité ce prix par exemple.

La cérémonie terminée, nous attaquons le dernier film de Hideo Nakata, L change the world. Le réalisateur de Ring et Dark Water signe ici un divertissement pas très emballant. Sorte de Alerte (le film de Petersen) avec pour héros un autiste qui se tire de toutes les situations et qui doit sauver le monde de la menace d’un virus, croisement entre l’ebola et la grippe. La réalisation de Nakata est efficace, mais le sujet n’est pas passionnant pour un sou et la fin se fait attendre. D’ailleurs, à peine arrivée, nous pensons déjà à la prochaine séance, ultime projection de cette 8ème édition du NIFFF, le nouveau film de Neil Marshall, l’ultra-référentiel Doomsday.

Et c’est sous des trombes de pluie que nous allons nous installer à l’open air. Un post-nuke qui nous fait revivre les plus belles heures des 80’s en nous larguant dans un Royaume-Uni ravagé par un virus et où un commando dirigée par une guerrière bad-ass va devoir trouver un vaccin avant de se faire décimer par les bandes de punks cannibales enragés qui survivent dans des villes anéanties. Doomsday est une grosse tuerie surviolente, qui nous ramène tout droit dans les plus belles heures du bis 80’s. A mi-chemin entre Mad Max, New York 1997, Les Nouveaux Barbares et 28 jours/semaines plus tard (pour le virus, l’Angleterre anéantie), le nouveau film de Neil Marshall est totalement référentiel et ne s’en cache jamais, jusque dans la musique pleine de synthés très « carpenteriens ». C’est brutal, nerveux, bien crétin (on passe d’un endroit à l’autre n’importe comment), l’action pas tout le temps lisible, mais l’ensemble est tellement énorme et jubilatoire que ces « faiblesses » sont bien vite oubliées. Et pour conclure un festival comme le NIFFF, on ne pouvait pas trouver mieux. La séance fut d’ailleurs mémorable, avec ce public équipé de pellerines contre la pluie et affrontant l’effroyable météo pour prendre son pied 2h durant.

Le Royaume-Uni est rayé de la carte, le Mexique repart avec un Narcisse, la pluie s’acharne sur Neuchâtel et le NIFFF se termine. Déjà...

Cette 8ème édition fut, comme les précédentes, pleine de surprises, de rencontres, de déceptions, d’attentes, de séances manquées, de frustrations, de frissons, etc.. etc.. 6 jours d’émotions plutôt intenses, malgré une fatigue tenace et une météo toujours dans les extrêmes (pluies diluviennes ou chaleurs sahariennes, au choix), mais, comme chaque année, tout a semblé trop court. Quoiqu’il en soit, au fil des éditions le NIFFF démontre clairement une volonté de brasser le fantastique dans ses plus grandes largeurs, que ce soit de l’horreur gore basique au surréalisme onirique en passant par le dessin-animé et la série Z, la diversité des films fut telle qu’il était purement impossible de s’ennuyer ou de ne pas trouver chaussure à son pied. Il était facile de passer d’un petite série z de la rétrospective italienne à une grosse comédie familiale pour ensuite aller voir des gens se faire découper dans tous les sens avec moultes tripailles. Et tout cela dans une ambiance décontractée, familiale, où il était facile de discuter avec de parfaits inconnus ou de croiser Joe Dante en train de manger une portion de frites.

Parce qu’au final, même si nous voyons parfois plusieurs mauvais films à la suite, que nous nous énervons dans les files d’attente devant les salles, que la climatisation décide de nous lâcher en cours de projection et que nous enrageons d’avoir loupé certains films, le NIFFF reste une expérience fabuleuse. D’autant plus qu’elle a lieu dans une petite ville d’un petit pays pas forcément reconnu pour sa culture du cinéma. Alors venir à Neuchâtel et avoir la possibilité d’y croiser des gens comme le génial Joe Dante, George Romero, Hideo Nakata, Jaume Balaguero, Ruggero Deodato, Lamberto Bava ou, pour les éditions précédentes, Dario Argento, Stuart Gordon, John Landis, Mick Garris, Lucille Hadzihalilovic, Kyioshi Kurosawa et encore beaucoup d’autres reste une opportunité précieuse et mérite que l’on continue de soutenir ce festival pour les années à venir.

La formule voudrait que l’on termine ce dernier article par un classique "à l’année prochaine". Mais nous savons pertinemment que les passionnés feront le déplacement ou suivront les chroniques au jour le jour sur le site, nous nous contenterons donc d’un vulgaire "merde, c’est déjà fini."


Avis sur les films

Tokyo !

Trois segments intéressants, dont un qui se détache assez clairement du lot, celui de Bong Joon-Ho.

Interior Designs (Gondry) - 4/5

Merde (Carax) - 4/5

Shaking Tokyo (Joon-ho) - 5/5

L Change the World - 2/5

Totalement oubliable. 2h de thriller à base de virus et de gamins-génies.

Doomsday - 5/5

Pur fantasme de geek, énorme moment de bonheur ultra jubilatoire.

NIFFF 2009

Nouvelle cuvée !

Cette année plus que jamais, le NIFFF poursuit son credo en dégageant les tendances multiples de la production fantastique contemporaine tout en permettant de découvrir ou de redécouvrir l’œuvre de celles et ceux qui ont écrit l’histoire du cinéma de genre. Outre les traditionnelles compétitions, les programmes spéciaux et les rétrospectives consacrées au producteur américain William Castle et à la Catégorie III du cinéma hongkongais, l’édition 2009 propose au public une palette d’invités prestigieux : Bong Joon-ho, Shinji Aoyama, Joko Anwar, Ole Bornedal, Antti-Jussi Annila, Pieter van Hees ou encore Abel Ferry seront au NIFFF pour présenter leur démarche artistique et répondre aux questions des festivaliers. Survol des différents événements à 24 heures de la cérémonie d’ouverture.

Parmi les invités du NIFFF 2009, notons la présence du réalisateur Shinji Aoyama, figure centrale de le Nouvelle Vague japonaise. Le programme qui lui est consacré explore sa relation au cinéma de genre, peu connue de la critique et du public, et met en avant la richesse et la profondeur d’une œuvre aussi hétéroclite que fascinante. Une leçon revigorante sur la notion de genre cinématographique, à découvrir au travers de sept films - dont certains présentés par le cinéaste - et d’une conférence publique.

Hormis le Japon, d’autres terres asiatiques se révèlent très dynamiques dans le domaine du cinéma de genre. Parmi celles-ci, la Corée du Sud sera également à l’honneur de la neuvième édition, grâce à la venue du réalisateur Bong Joon-ho, considéré comme la référence internationale du cinéma sud-coréen. Pour la première fois, le NIFFF offre une Carte Blanche à un de ses invités et a proposé au prestigieux président du Jury international de choisir les trois films qui ont le plus influencé son travail artistique. Trois trésors de l’histoire du cinéma fantastique mais aussi de l’histoire du NIFFF, à découvrir ou à revoir : Kaïro de Kiyoshi Kurosawa, The Thing de John Carpenter et de The Housemaid de Kim Ki-young. Un dernier hommage sera rendu à la Corée du Sud lors de la projection de The Good, the Bad and the Weird, western ébouriffant de Kim Ji-woon, présenté en film de clôture. L’Indonésie, nouveau territoire en effervescence du cinéma de genre, sera représentée quant à elle par Joko Anwar, également membre du Jury. Son dernier film, The Forbidden Door, est sélectionné dans la compétition New Cinema from Asia alors que Quickie Express, dont il est le scénariste, est à découvrir en projection spéciale.

Après l’Espagne en 2008, le NIFFF porte cette année le regard vers l’autre extrêmité de l’Europe : la Scandinavie. Le meilleur du cinéma de genre nordique actuel a été sélectionné pour dresser un panorama bigarré, allant du slasher décomplexé (Dead Snow) au thriller intellectuel (Ekko). Pour témoigner de la vivacité de ce cinéma encore méconnu, le NIFFF accueille ceux qui en font l’actualité : Ole Bornedal (réalisateur de Just Another Love Story), Antti-Jussi Annila (réalisateur de Sauna), Tero Kaukomaa (producteur de Sauna) et Patrick Sobieski (producteur de Vampyrer).

Une fois encore, le NIFFF s’aventure hors des salles obscures pour animer en plein air les nuits neuchâteloises. Dans des conditions toujours plus optimales, le public aura l’opportunité d’assister en primeur aux projections de films destinés à satisfaire tous azimuts les goûts du grand public. Au programme : des films d’animation d’une richesse visuelle et thématique peu commune (Brendan and the Secret of Kells, Mary and Max), l’adaptation d’un manga à succès (20th Century Boys), un film d’action proprement déjanté (Crank 2 : High Voltage), un thriller coréen sombre et haletant (The Chaser) ou encore un drame ! romantique et vénéneux réalisé par Julie Delpy (The Countess).

Un programme alléchant. A suivre en direct sur notre site grâce à nos envoyés spéciaux !

Journal du NIFFF 2009

Jour 1

Par Colqhoun et Manuel

L’an passé, nous avions couvert le NIFFF par l’entremise de notre cher correspondant Colqhoun qui remet le couvert cette année, accompagné cette fois d’un envoyé spécial, Manuel. Vous pourrez retrouver sur la durée du festival leurs avis et réflexions à propos des films...

C’est dans un gentil chaos qu’a débuté cette 9ème édition du petit festival qui monte et qui s’impose désormais comme l’un des acteurs phares du cinéma de genre en Europe. Neuf années de découvertes extraordinaires et de déceptions au moins autant importantes, d’invités prestigieux et d’une diversité qui, au fil des années, ne pourra laisser personne indifférent. Et ce n’est pas cette année que le festival faillira à sa réputation. Avec un programme haut en couleurs, parfois intriguant (que vient faire Catherine Breillat dans la compétition internationale ?), souvent réjouissant (la succulente sélection Catégorie III qui nous vient tout droit de Hong Kong, la projection sur grand écran de The Thing, le chef d’oeuvre de John Carpenter, un open air qui gagne en confort et qui promet quelques belles découvertes ou encore cette sélection de films de William Castle, trublion du cinéma d’horreur des 60’s qui s’amusait à effrayer les spectateurs par le biais de trucs et astuces se déroulant durant le film) mais aussi un brin inquiétant (une sélection asiatique qui n’augure rien de fameux). Quoiqu’il en soit, le NIFFF fait réagir, et pour débuter le festival, c’est on ne peut plus idéal.

Et donc, les premières heures de cette 9ème édition ne furent pas de tout repos. Billeterie en rade, de nombreuses séances complètes et donc de nombreux frustrés qui n’hésitaient pas à faire remarquer leur énervement. Quoiqu’il en soit, au final, c’est l’apanage de tous les grands festivals de débuter sur les chapeaux de roue. Mais une fois la première projection passée, tous les problèmes ont disparu et l’on se laisse porter par le mouvement des festivaliers et de la chaude ambiance qui s’annonce pour la semaine.

Passé une cérémonie d’ouverture à laquelle je n’ai pas pu assister, c’est à Moon de Duncan Jones (qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est autre que le fils de David Bowie) d’ouvrir le bal. De la science-fiction raffinée, paisible, très modeste dans son déroulement et, même si relativement simpliste dans le fond, reste un beau film. Ici on suit donc Sam Bell qui travaille depuis maintenant 3 ans sur la lune à gérer l’extraction d’un minerais, l’helium-3, source d’énergie primordiale pour la Terre. Mais Sam, pourtant complètement seul dans sa station, va un jour tomber sur son double parfait et comprendra alors qu’on ne lui a pas tout dit. On retiendra avant toute autre chose l’interprétation de Sam Rockwell, qui occupe les 99% de l’écran, seul ou accompagné de lui-même et qui confirme une fois de plus l’étendue de son talent. La réalisation de Duncan Jones se veut fluide, spatiale (évidemment) et la musique de Clint Mansell l’y aide à merveille. Le NIFFF frappe donc un grand coup en nous offrant cette oeuvre épurée en première séance.

L’open-air nous sauvera de l’épuisante chaleur de la salle de cinéma et c’est sous un ciel étoilé que nous allons découvrir The Countess, premier long-métrage de l’actrice Julie Delpy. C’est l’histoire, la légende, de la terrible comtesse Bathory (vous savez, cette sympathique bonne femme qui prenait des bains de sang de vierges -plusieurs centaines de victimes, dit on- dans l’espoir de rester jeune). Une oeuvre entre drame romantique, complots politiques et pur film de genre, d’un classicisme épuré, où l’on pourra croiser, en plus de la réalisatrice dans le rôle-titre, William Hurt en fourbe manipulateur. Si sur le papier le projet promet de belles choses, le résultat, lui, pâtit un peu d’un rythme qui, d’agréablement lent au début devient péniblement long sur la fin (et je vous avouerais que ce genre d’univers, ce n’est pas du tout ma tasse de thé). Mais à écouter les gens à la fin de la séance, le film semble avoir plu à la majorité.

Et c’est déjà la fin de cette courte première journée. Chaleur exécrable, pluie imprévisible, organisation dépassée par son succès retentissant, cela ne freinera en tout cas pas nos ardeurs pour la suite de ce festival qui promet une 2ème journée forte en émotions. Nous aurons en effet la chance de découvrir sur grand écran The Thing puis, plus tard, à nouveau à l’open-air, le très attendu et très coréen The Chaser, qui s’annonce dans la lignée de Memories of Murder de Bong Joon-Ho (président du jury international cette année).


Après huit longues heures de train et les attaques successives des douanes luxembourgeoise et suisse, traquant avec une diligence toute hygiéniste, tous les poils de barbes récalcitrants, me voici arrivé aux abords du lac de Neuchâtel où s’apprête à se dérouler la 9éme édition du Festival du Film Fantastique de Neuchâtel. Six jours de projection avec pas moins d’une vingtaine de films en compétition officielle, sans compter les sections parallèle et autres rétrospectives.

19h30, coup d’envoi du festival avec la projection de Moon, film de SF du Britannique Duncan Jones qui a déjà fait parler de lui à Sundance ainsi que dans les allées du marché du film de Cannes. Après de longues minutes à attendre, tel un poulet en cage –le label NIFF autour du coup, un ticket pour cette séance spéciale- votre serviteur se verra denier l’entrée dans la grande salle. Partie remise pour une séance en fin de séjour. Belle entrée en matière, me direz-vous, ou les aléas d’un petit festival victime de son succès.

Une pluie orageuse vient troubler quelques instants le cadre ensoleillé de cette première journée. Délesté de mes bagages mais non de mes obligations envers vous, je décide de me rabattre sur la projection nocturne de The Countess, projet de longue date porté à l’écran par Julie Delpy qui s’octroie par la même occasion le rôle-titre.
Là ou l’amateur de genre serait en droit de s’attendre à une relecture délicieusement saphique du mythe du vampirisme, le film n’offre à contempler qu’un vague récit pseudo féministe incapable de tirer profit de l’imagerie profondément iconique qui le sous-tend.
Film de couloir, hautement verbeux, soulignant au stabylo les moindres ressorts de son intrigue, The Countess transforme Élisabeth Báthory et sa cour en chromo digne d’une production Josée Dayan.
C est sur cette note en demi-teinte que se conclue cette première soirée festivalière.

Le festival ne commençant pleinement que demain avec la projection de Vertige du frenchy Albert Ferry et de Grace de l’américain Paul Solet les compteurs sont remis à zéro .

Journal du NIFFF 2009

Jour 2

Par Colqhoun et Manuel

Manu

Le soleil se lève sur Neuchâtel, une fois ingurgité une bonne ration de thé glacé au cannabis- une spécialité toute suisse-, me voici fin prêt pour affronter cette première journée de festival. Au programme, pas moins de 4 films en compétition agrémenté d’un petit plaisir rétro avec la projection de The Thing présenté en séance spéciale par Bong Joon-Ho en personne.

Premier film à passer au crible, le survival francais Vertige. Malgré une affiche et une bande annonce proprement calamiteuses, le film d’Albert Ferry se traîne depuis quelque temps une réputation des plus flatteuses. C’est avec cette petite lueur d’espoir que votre serviteur s’introduit dans une salle sinistrée, où seuls quelques courageux critiques matinaux sont venus faire acte de présence. Dés son générique introductif, agrémenté d’effets visuels et sonores des plus tapageurs cherchant à instaurer une tension absente à l’écran, le doute s’installe. Cette incapacité du film à faire naître une tension dramatique autrement que par des ressorts éculés -tel ce flash-back traumatique servant de catharsis au personnage incarné par la sémillante Fanny Valette- stigmatise bien les écueils d’une production française qui peine encore à trouver ses marques. Si Abel Ferry fait preuve d’un certain talent pour magnifier la campagne savoyarde, épaulé par une troupe de jeunes comédiens un cran au-dessus de ce leur offre leur rôle, Vertige portes les stigmates d’un film de commande au caractère opportuniste et impersonnel.

Grace de l’américain Paul Solet confine, lui aussi, au ratage. Doté d’ un pitch des plus alléchants, soit le récit d’une longue descente en enfer d’une mère obligée de se mutiler pour assouvir la soif de sang de son chérubin (ce dernier préférant les plaisirs de la chair à ceux du lait maternel), le film ne dépasse jamais le stade de son ambitieux point de départ, Solet tissant une toile de thriller gériatrique et sous exploitant son sujet au profit d’une symbolique asbsconse et ampoulée.

Passé ces deux projections de presse matinales et après un crochet par la superette du coin afin de subvenir à des besoins un peu plus terrestres, je rejoins les allées du festival. Pas loin de quarante minutes seront nécessaires à l’obtention des places pour les séances de la journée. Tandis que quelques festivaliers se pressent à la projection du dernier Catherine Breillat, je rebrousse chemin pour chemin pour une petite sieste au bord du lac, préférant l’insolation aux leçons de morale de la vielle maîtresse du cinéma français. C’est sous le signe de l’Asie que je me décide à reprendre du service. Premier film du festival à emporter mon adhésion, Histeria, du malaisien James Lee n’a pourtant rien du chef-d’œuvre définitif, ni même du bon film mais rompt avec le sérieux d’une compétition qui peine à se conformer aux attentes suscités. Aux frontières de la parodie, par sa déclinaison grandiloquente de tous les poncifs du genre, le film atteint ses modestes objectifs de ride horrifique et ludique. À réserver pour une soirée potache entre potes, mais qui a dit que le cinéma n’était point fait de tels plaisirs coupables ?

Le temps d’une pause éclair au grand air, je m’en retourne assister au film événement de la journée, le mythique The Thing de Carpenter. Après une courte introduction du réalisateur de Memories of Murder et The Host, qui ne tardera pas à rejoindre les rangs du public, le film débute au son des accords anxiogènes du grand Ennio Morricone.Aucune surprise, 27 ans au compteur, le film n’a pris aucune ride et prouve à quel point le cinéma de Carpenter manque au sein du paysage fantastique actuel. Ma journée s’achève avec la vision d’un autre film en compétition, la comédie serbe Tears for Sale. Distribué par Europacorp, Tears for Sales semble tout droit sorti des écuries Besson, par sa propension à ne délivrer qu’une vision publicitaire du folklore balkanique. D’une vulgarité sans commune mesure, le film échoue à transformer cette fable en autre chose qu’une succession de clichés sur les relations entre hommes et femmes. Si vous êtes insensible aux scènes de copulation sur fond de blue key, passez votre chemin.


Colqhoun

C’est avec la France que débutera cette nouvelle journée au festival. Cette France qui, depuis quelques années maintenant, s’essaie au cinéma de genre avec plus ou moins (surtout moins) de bonheur. Après les Gans, Gens, Siri, Aja, Mégaton, Kassovitz, Valette, Hadzihalilovic, j’en passe et des meilleurs, c’est au tour d4Abel Ferry de signer son premier long, Vertige. Et ce n’est pas avec cette 2nième tentative que le cinéma français pourra se targuer de proposer de la qualité dans un domaine où les espagnols, belges, scandinaves, asiatiques et américains proposent des oeuvres bien plus abouties et percutantes. Vertige, c’est l’histoire d’une bande de jeunes français qui va s’attaquer à une Via Ferrata (ces parcours de montagnes balisés, que l’on peut pratiquer sans pour autant avoir une énorme expérience de la montagne et de l’escalade) dans les montagnes de la Croatie et qui se retrouvera pris en chasse par un redneck local (vous noterez que le choix du pays dans lequel se déroule l’action est totalement gratuit... il faut croire que pour certains les pays de l’Est se résument aux prostituées et aux monstres cannibales). Passé le casting insupportable, on retiendra surtout une première demi-heure de randonnée plutôt efficace et qui laisse imaginer les difficultés de tournage que l’équipe de Ferry a dû rencontrer. Mais dès le moment où le bouseux mongoloïde entre en scène, le film s’écroule et l’on se farcit alors un survival ultra-balisé et inintéressant au possible. On sent aussi que les mecs ont voulu faire dans l’imposant en balançant des effets sonores assourdissants et une musique qui trouverait plutôt sa place dans une production Jerry Bruckeimer. Déjà vu, déjà oublié.

Avant la suite du programme, on fait les riches et on va bouffer au 5 étoiles du coin, où l’on croisera le président du jury international, Monsieur Bong Joon-Ho, en train de boire un verre avec ses potes. L’instant people de la journée. Mais retournons à nos affaires.

Ekko, premier film de la sélection "Sueurs froides" (des films de genre venus du nord), n’est pas vraiment convaincant. C’est l’histoire d’un père, recherché par toute la police danoise pour braquage, qui emmènera son fils en vacances quand bien même il n’en a plus la garde et qui revivra progressivement des moments douloureux de son enfance. Le film peine à dégager quelque chose de consistant, entre flash-backs grossiers, effets sonores faciles et drame familial inabouti. Certes, l’ensemble est léché et plutôt agréable à suivre et ça fait toujours plaisir de revoir cette trogne de Peter Stormare, qui cabotine une fois de plus. Mais l’ensemble manque clairement d’une direction précise à prendre et l’on se désintéresse rapidement de ce qui se déroule devant nos yeux.

Cette semi-déception (le pitch n’augurait rien de bien transcendant) sera vite balayée par la séance suivante. La projection en 35mm du monument de John Carpenter : The Thing. Présenté par Bong Joon-Ho dans le cadre d’une carte blanche de 3 films accordée par le festival, The Thing reste l’un des plus grands films jamais réalisés. Une date clé du cinéma fantastique et qui, quasiment 30 ans plus tard, provoque toujours autant d’engouement et réussit à faire frissonner les plus vaillants. Inutile de s’étendre sur son cas. Ceux qui ne l’ont toujours pas vu feraient bien de se ruer dans leur vidéoclub préféré et ceux qui le connaissent déjà ne devraient pas hésiter à le revoir une nouvelle fois. John Carpenter se fourvoie peut-être en produisant des remakes minables de ses classiques, il restera toujours et encore l’homme qui réalisé The Thing. Merci Big John.

Difficile de continuer la journée après s’être fait imprimer les rétines par le Carpenter, il nous reste pourtant encore 3 films à découvrir.

Tears for Sale, grosse production serbe (3 ans de tournage), nous raconte comment la majorité des hommes du pays ont disparu après la grande guerre et comment deux soeurs devront ramener un mâle capable de "soulager" les besoins des femmes du village. Un film au capital sympathie non-négligeable, qui donne l’impression que Jean-Pierre Jeunet serait venu mettre en images les histoires de Emir Kusturica. Une oeuvre foutoire réjouissante, ultra visuelle (un peu trop par moment quand même) et pleine de détails amusants qui laissent pourtant sous-entendre une critique politique gentiment ironique (comme ce type qui mine toutes ses vignes et finit par se faire exploser sur l’une d’entre elles, convaincu qu’il n’avait pas besoin de dessiner de plan). Sur la durée, le récit finit par s’embourber dans une intrigue digne de top model, mais le final et son tango explosif auront vite fait de rattraper ces quelques faiblesses. Tears for Sale est une oeuvre généreuse, souvent bancale mais rafraîchissante. Tout à fait ce qu’il nous fallait avant de s’attaquer au nouveau thriller coréen du moment, The Chaser.

Loin d’usurper sa grosse réputation, The Chaser est un film redoutable d’efficacité. La course-poursuite contre le temps d’un type désabusé, ancien flic et maintenant proxénète, qui mettra tout en oeuvre pour retrouver l’une de ses filles, probablement enfermée chez le tueur qu’il aura coincé quasiment par hasard. Une nouvelle fois ce film s’attarde à montrer l’inefficacité et l’imbécilité des forces de l’ordre, tas d’incapables désordonnés, prenant constamment les mauvaises décisions (on trouvait déjà un tel discours dans Memories of Murder et The Host de Bong Joon-Ho ou encore, à un autre niveau, dans JSA de Park Chan-Wook) alors que le danger n’a pas été maîtrisé. Mais c’est surtout la course désespérée de cet homme qui finira par se trouver une raison qui prend le pas sur le reste. Le désespoir d’un homme loin d’être parfait, qui ne pourra compter que sur lui-même pour mettre fin aux exactions du tueur de prostituées. The Chaser est un film maîtrisé de bout en bout, impressionant à suivre, doté d’une grande classe visuelle (on évite le clinquant et le surlêché propre à d’autres films du pays) et d’un sens du rythme étonnant (2 heures durant, on ne s’ennuie pas une seule minute). Grande découverte.

La soirée se terminera alors dans une salle surchauffée devant Cold Prey II, la suite d’un film qui était passé au NIFFF l’année passée. Je ne m’étalerais pas trop tant Cold Prey II brille par une absence totale de qualités. Le niveau zéro du slasher, qui se résume ici à un film de couloirs durant lequel il ne se passe strictement rien. Ennui profond, personnages inexistants, violence ultra aseptisée, c’est un échec sur toute la ligne.

3h du mat, il fait toujours chaud et l’on se hâte d’aller dormir pour survivre à la nouvelle journée qui s’annonce.


LES NOTES DES CHRONIQUEURS

Manu

The countess 1/5

Film de couloir parfait pour familiariser votre grand mère avec l’histoire du vampirisme

Vertige 2/5

Une tentative louable de survival à la française qui échoue à transcender son postulat de départ

Grace 1/5

Vive l’allaitement maternel

The Thing 5/5

Sommet de carrière pour maître du genre

Histeria 2,5/5

Un bon petit divertissement sans prétentions

Tears for Sale 1/5

Le film préféré de Baz Luhrmann

Colqhoun

Vertige - 2/5

De bonnes scènes d’escalade.. et c’est tout.

Ekko - 2/5

C’est joli, mais on s’ennuie et ça ne raconte pas grand chose.

The Thing - 5/5

Gros gros chef d’oeuvre et meilleur film de Carpenter à ce jour.

Tears for Sale - 3/5

Un film bordélique tantôt jubilatoire, tantôt gonflant mais complètement slave.

Journal du NIFFF 2009

Jour 3

Par Colqhoun et Manuel

Manu

Cette troisième journée de festival s’annonce sous le sceau prometteur de l’Asie. Réalisé par l’illustre inconnu Yuthlert Sippapak, Rathree Reborn, comédie horrifique en provenance de Thaïlande obtient sans conteste la palme du pire film en compétition, Enième histoire de petite fille aux cheveux sales venue réclamer vengeance, le film de Yuthlert Sippapak se complait dans une narration bordélique et un humour mongoloïde prompt à faire passer le cinéma de Wong Jing pour du Lubitsch. L’annonce de la mise en chantier d’une suite à cette saga nantie de 3 chapitres au compteur est bien le seul élément à avoir suscité une vague de frisson dans la salle.

Portrait d’un couple miné de l’intérieur par son incapacité à concevoir un enfant, Coffin Rock de l’australien Ruppert Glasson bénéficie de l’interprétation tout en finesse de ses deux interprètes principaux, Lisa Chapel et Robert Taylor. Les Nerfs à vifs de Scorsese pour modèle, Coffin Rock peine cependant dans sa deuxième partie à se muer en un thriller digne de son écrasant modèle. Avec son tueur pathétique échappé d’une production Gus Van Sant, le film finit même par sombrer dans les pires travers du cinéma indie US et révèle sa véritable nature de mélodrame formaté pseudo naturaliste. Refusant d’étreindre le genre dans lequel il s’inscrit, Coffin Rock s’achève sur une fausse note lui interdisant de tutoyer les classiques du genre.

Deuxième film thaïlandais de la journée Queen of Langkasuka de Nomzee Nimibutr (la ghost story Nang-Nak) investit le terrain sinistré du film de pirates à grand spectacle. Doté d’une ambition fort louable de délivrer un film d’aventure à grand spectacle rivalisant avec les productions du père Bruckheimer, Queen of Langasuka est un échec cuisant. Desservi par une mise en scène impersonnelle et sans ampleur, le film s’oublie une fois franchi le seuil de la salle. Dans un registre de serial assumé, on gardera plutôt en tête le Corsaire Noir de Sergio Sollima ou l’inabouti mais réjouissant Pirates et Guerrier du regretté King Hu. Seul un final bordélique en forme de bataille navale aux élans bis empruntés au Waterlord de Kevin Reynolds sauve l’entreprise du marasme.

Cap sur l’ex-colonie britannique pour le remake hongkongais du Cellular de David R. Ellis (Des serpents dans l’avion). Suivant la même démarche opportuniste qui caractérise la vague de remake de film asiatique, Connected sonne comme la revanche d’une industrie victime de la fuite de ses plus prestigieux représentants. Signé par le yes-men Benny Chan (New Police Story), cette relecture du script du grand Larry Cohen (Phone Game) ne brille guère par son originalité, mais délivre son lot de séquences spectaculaires promptes à emporter l’adhésion du public. Excellant dans le registre de la comédie d’action, le film se démarque de la noirceur de son modèle US. Film foutraque mais d’une invention comique constante, à l’image de son hilarante séquence de braquage, Connected constitue un antidote parfait à la morosité ambiante de la programmation.

Continuant sur notre lancée asiatique, nous nous faufilons dans la salle 3 du cinéma Appolo pour assister à la rétrospective consacrée au cinéaste japonais Shinji Aoyama, invité d’honneur du festival. Apparu sur la scène internationale en 2000 avec Euréka, Aoyama avait depuis disparu des radars festivaliers. Son œuvre riche d’une vingtaine de films témoigne de la vitalité de la production du cinéma asiatique. Ancien assistant de Kyoshi Kurosawa (Kairo), le cinéma de Shinji Aoyama possède la même rigueur narrative que celui de son prestigieux aîné. Mike Yokohama : A forest with no name production à destination de la télévision synthétise toutes les qualités de son cinéma. Faisant preuve d’une économie narrative sidérante, le film instaure en l’espace de quelques plans aux cadrages savamment étudiés les bases d’un récit aux tonalités lynchiennes. La découverte du festival

La journée s’achève devant Left Bank du Belge Peter van Hees.
Portrait d’une jeune fille à la recherche de son identité le film échoue à illustrer sur le mode fantastique la descente aux enfers de son héroïne et peine à masquer l’opportunisme d’une démarche bien éloigné de ses modèles avancés (Rosemary’s Baby en tête). Sur cette fausse note festivalière, nous nous en allons rejoindre notre lit douillet afin de se préparer à une nouvelle journée qui s’annonce pleine de promesses.


Colqhoun

Au menu du jour, un Pirates des Caraïbes sauce thaï, un drame horrifique intimiste qui devraient convaincre tous les vegans de se taper un bon steak, une comédie gore pleine de sales gamins, un petit bijou d’animation qui nous vient du pays des kangourous et un film de monstres comme on en fait plus depuis les années 50. Et du soleil, beaucoup de soleil. Le festival dégouline de sueur, de bonheur et d’horreur sur pellicule.

Rien de mieux pour débuter la journée qu’un gros nanar sud-asiatique avec des pirates, des princes, des reines et des types qui déplacent les poissons en criant très fort. Queens of Langkasuka est une grosse production thaïlandaise, qui tente de nous raconter une histoire de canons qui ne doivent pas tomber entre de mauvaises mains, d’un bellâtre qui veut dominer la poiscaille et de méchants très méchants qui enlèvent des princesses à tour de bras. Immense foutoir incohérent et incompréhensible, le film en rajoute dans le ridicule en se prenant terriblement au sérieux. Difficile, dès lors, de ne pas rire devant cette armada d’acteurs convaincus de tourner le film du siècle quand bien même leur talent d’acteur ne dépasse pas le stade de la tanche avachie. Il serait trop long de revenir sur toutes les scènes hilarantes de n’importe quoi, le film s’étalant sur plus de 2h. Entre les kamikazes qui reviennent à la vie sans raison apparente, le héros qui sort de l’eau, dressé sur une raie manta, le vieux sage qui se faufile entre des rochers comme Mr. Fantastic et l’attaque finale à coups de baleines, Queens of Langkasuka ne nous épargne pas un seul instant. Et si le film accuse de nombreux passages creux, le découvrir en groupe lui donne tout de suite une autre dimension. Il nous sera ardu de revenir vers quelque chose de plus sérieux après un pareil début de journée. Mais le temps de prendre l’air et le film précédent sera bien vite oublié.

Grace est une modeste production americano-canadienne réalisée par Paul Solet. Madeline, végétalienne (pas de viande, pas de laitages, pas d’oeufs, etc...) convaincue, est enceinte et se refuse à accoucher dans un hôpital, malgré les protestations de sa belle-mère. Un accident de voiture tuera son mari ainsi que le bébé. Mais Madeline refuse le décès de son enfant et lui donne quand même le sein, ramenant l’enfant à la vie, au prix de conséquences auxquelles elle ne pouvait pas s’attendre. Tout comme Martin de Romero ou Le Mort-vivant de Bob Clark, Grace se réclame de cette horreur au quotidien, qui ne s’illustre non pas par une profusion d’effets visuels sanglants, mais par la dérive lente et désespérée d’un personnage qui verra son humanité et sa raison fondre comme neige au soleil. Difficile non plus de ne pas penser à Cronenberg en assistant à l’histoire de cette femme qui, d’abord farouchement opposé à toute consommation de viande, finira par nourrir son propre enfant en lui servant un biberon remplit de sang. Ces gestes quotidiens, progressivement corrompus par l’amour maladif d’une femme qui a perdu pied avec la réalité. En résulte une oeuvre profondément dérangeante mais courageuse pour aborder de front un tel sujet. Paul Solet, qui réalise ici son premier long-métrage, est désormais un nom à retenir.

Un peu par hasard, le film suivant nous parle aussi d’enfants, qui ici se mettent à attaquer leurs parents. Dans The Children du british Tom Shankland, des gamins tombent malades sans raison apparente. Bien vite, ils se comporteront comme des Jason en culottes courtes et s’amuseront à cruellement massacrer leurs parents. L’idée de départ est sympathique et nous rappelle Eden Lake, un autre film anglais sorti récemment sur un sujet à peu près similaire (des adolescents prenaient en chasse un couple de citadins venus faire du camping sauvage). Mais le film de Shankland manque un peu le coche en se contentant de tomber dans le vulgaire bodycount. Et ce ne sera ni la réalisation soignée, ni les acteurs (tant adultes qu’enfants), tous très convaincants, qui sauveront le film de l’ennui qu’il finit par procurer. Nous sommes à des années lumières d’une oeuvre comme Les Révoltés de l’An 2000, le magnifique film de Narcisso Ibanez Serrador. The Children est, en ce sens, un pur film de festival. Un pitch réjouissant, une approche soignée, mais une incapacité à générer un propos suffisamment intéressant pour que l’on veuille vraiment s’y attarder.

Et enfin un peu de temps libre. Ce qui nous donne tout loisir d’aller s’enfiler un bon petit kebab avant d’attaquer la séance open air du jour, le merveilleux Mary and Max. Un petit coup de gueule en passant. L’entracte durant l’open air, qui débarque aux 3/4 du film, c’est probablement l’une des plus mauvaises idées de cette 9ème édition. Enfin, on se plaindra pas trop, l’estrade est super confortable, l’écran est gigantesque et il a fait beau et chaud sans discontinuer. Mary and Max d’Adam Elliot, donc. Petit bijou d’animation en pâte à modeler qui nous arrive directement d’Australie et qui nous conte la correspondance qu’entretiennent une petite fille de 8 ans à qui il arrive de nombreux malheurs et un vieux new-yorkais atteint du syndrome d’Asperger (une maladie proche de l’autisme). Pour résumer, on pourrait parler de Woody Allen chez Nick Park. Une conception visuelle plus attachante que jamais pour un humour typiquement juif qui fait mouche à tous les coups. Mais qui dit humour juif, dit malheurs, tristesse et mélancolie à tous les étages. Et ça ne manque pas. Mary and Max, au-delà de son simple statut de film d’animation, parle surtout d’amitié et d’un monde qui ne comprend pas la différence. Adam Elliot peut se targuer de faire désormais partie de la crème du monde de l’animation, oeuvrant pour un cinéma qui n’est pas forcément toujours destiné aux enfants, contrairement à ce que beaucoup croient encore. Le marathon de la journée se terminera par une petite lobotomie devant Infestation, un film plein de grosses bestioles qui ne pensent qu’à bouffer. On y croise donc des insectes de la taille d’un caddie à commissions, un chien-araignée ou encore Ray Wise en militaire fou furieux. C’est rigolo 5 minutes, pas vraiment gore, passablement neuneu et vite oubliable. Tout à fait ce qu’il fallait pour conclure cette journée.

Vendredi sera bien moins chargé dans la mesure où je n’aurais la possibilité de ne voir qu’un seul film, Franklyn, puisque je serais absent toute la soirée.


LES NOTES DES CHRONIQUEURS

Manu

Rathree Reborn - 0/5

Une invitation à éteindre la dernière lueur d’intelligence qui sommeille en vous

Coffin Rock - 2/5

Gus Van Sant au pays des bouseux. You’re welcome !

Queens of Langkasuka - 1/5

Film d’aventure denué de glamour et de faste visuel.

Connected - 3/5

Popcorn movie avec un Louis Koo cabotin en diable

Left Bank - 1/5

Faux flm de genre incapable de traduire les circonvolutions ésotérique de son récit

Colqhoun

Queens of Langkasuka - 1/5

Gros nanar thaï qui vous fera vite réévaluer Les Pirates des Caraïbes de Verbinski.

Grace - 4/5

Ou quand bébé délaisse les bledina pour le steak tartare.

The Children - 2/5

L’angleterre semble avoir quelque soucis à éduquer ses jeunes têtes blondes.

Mary and Max - 5/5

Petit chef d’oeuvre d’animation en pâte à modeler. A découvrir d’urgence.

Infestation - 2/5

Des monstres et des gens tous plus bêtes les uns que les autres. Vite vu, vite oublié.

Journal du NIFFF 2009

Jour 4

Par Colqhoun et Manuel

Séance de rattrapage pour Moon, film de science-fiction anglais avec Sam Rockell en vedette et Kevin Spacey en guest star vocale.
Sans revenir sur les éloges formulées par l’ami Colqhoun en début de festival, le film de Ducan Jones constitue un des moments de cinéma les plus excitants de cette programmation. Si Moon souffre de la comparaison avec ses prestigieux aînés, le premier film du fils de David Bowie parvient à se libérer de cette ombre tutélaire pour imposer son empreinte. Débutant sur le terrain de la fable existentielle, le film dérive au fil des circonvolutions de son scénario vers la politique-fiction et brosse en creux le portrait d’une génération autiste recluse dans un univers virtuel. Epaulée par un comédien en état de grâce et par la musique atmosphérique de Clint Mansell, Moon devrait trouver sa place au-delà des étoiles.

Passé ce moment de grâce en apesanteur The Handsome Suit renverse la vapeur et se vautre dans la fange de la comédie potache de bas étage. Jeune cuistot au physique ingrat, puceau de son état, Takuro se voit proposé un costume qui va changer sa vie et le transformer en créature de rêve aux yeux de la gent féminine.
Relecture japonaise du Docteur Jerry et Mister Love de Jerry Lewis, le film n’est sauvé que par le jeu survolté de la star du petit écran Shosuke Tanihara dans le rôle du bellâtre maladroit.

Après un documenteur de sinistre mémoire (Tachiguishi Retsuden), Oshii revient à l’animation avec le très attendu Sky Crawlers présenté dans le cadre de la sélection asiatique. Le sujet de ce Sky Crawlers nourrissait les espoirs les plus fous. Des enfants seuls habilités à piloter des avions de combat livrant une guerre sans fin. Autant prévenir les aficionados, le nouveau film du maître est un objet mineur, dénué de l’envergure propre à ses meilleurs travaux. Le film n’atteint pas les prouesses visuelles d’un Ghost in the Shell 2 malgré une combinaison toujours habile de prises de vues réelles, de 3D et d’animation traditionnelle. Oshii semble se reposer sur son fond de commerce, alternant autocitation complaisante à ses précédentes réalisations et nous perd dans les méandres d’un scénario qui ne possède ni la rigueur ni richesse thématique des écrits de Kazunori Itô son fidèle collaborateur.

Le who’s who du festival s’était donné rendez-vous ce soir pour la projection de The Tingler, morceau de choix de la filmographie du génial William Castle. Après un numéro de stand-up de Bruce Goldstein du Film Forum de New York, c’est sous les cris d’une foule en délire, hurlant à en perdre haleine, que la séance put commencer.
Véritable trip sous LSD, The Tingler est un petit régal d’inventivité, Castle, totalement décomplexé dans son art, se permet des choses qui mine de rien font mouche à chaque fois. Alternant séquences baroques, dialogues au second degré savoureux et happening délirant, le film de Castle reste un sommet du cinéma horrifique d’une étonnante modernité. L’équipe du Nifff avait tout mis en place pour faire de cette projection une séance d’anthologie, squelette volant dans les airs, scream queen en furie et même un Jean-François Rauger - éminent directeur de la cinémathèque française – en guest star apeuré.

C’est autour d’un verre sous la tente du festival que chacun put reprendre ses esprits avant de rejoindre ses quartiers et se préparer à une nouvelle journée de festivité.


Notes de Manu

Moon - 3/5

Le film de SF de la génération SMS

The Handsome Suit - 1/5

Dr Jekyll et Mister Geek, à bon entendeur !

The Sky Crawlers - 3/5

Long et auto-satisfait, le faux-pas d’un géant de l’animation

The Tingler - 5/5

Plus qu’un film, une expérience de vie

Journal du NIFFF 2009

Jour 5

Par Colqhoun et Manuel

Après une semaine caniculaire, partagée entre sueur et frisson, c’est sous un fin rideau de pluie que débute cette avant dernière journée de festival. La fatigue commence à se lire sur les visages des spectateurs les plus matinaux, votre serviteur en tête. Pour se mettre en bouche et éviter de sombrer dans un profond sommeil au cours d’une projection, nous optons pour un petit slasher britannique Encensé par la critique outre-Atlantique et présenté comme le renouveau du slasher, Tormented est une grosse baudruche sans âme et irrespectueuse des fans du genre. Tentative opportuniste de surfer sur le succès de la vague horrifique anglaise de ces dernières années, le film du tâcheron John Wright cumule toutes les tares d’un genre sur le fil du rasoir. Nanti d’un casting tête à claque et d’un body count somme toute assez limité, Tormented fait partie de ces productions à même de vous faire détester le genre.

Signataire en son temps du manifeste Dogme 95, Kristian Levring revient cette année, à l’instar de son compatriote Lars Von Trier avec un film s’inscrivant dans le registre du thriller horrifique. Présenté dans le cadre du programme Cold Swear, Fear Me Not partage avec Antechrist la plume du scénariste Anders Thomas Jensen. Portrait d’une société occidentale en perte de valeurs masculines, le film de Kristian Levring constitue le pendant masculin du film de Lars Von Trier.
Sans le brio formel qui caractérise son aîné, Fear Me Not est porté à bout de bras par l’interprétation tragi-comique d’Ulrich Thomsen (The international), parfait en père de famille cherchant à regagner sa place de leader au sein de sa famille. Versant dans une violence plus psychologique que graphique le film n’épargne nullement son spectateur, à l’image d’une embardée en forêt à déconseiller aux âmes les plus sensibles. Souffrant de quelques problèmes de rythme et d’un scénario un brin trop roublard, Fear Me Not se hisse sans conteste au niveau des franches réussites de ce festival.

18h. En lieu et place d’une séance de cinéma, nous nous rendons au théâtre du Passage pour une table ronde en présence du président du jury Bong Joon-Ho, le réalisateur des définitifs Memories of Murder et The Host. Introduit par Yves Montmayeur, Bong Joon-Ho ne tarde pas à s’épancher en détails et avec un vrai plaisir communicatif sur ses projets en cours (une adaptation du Transpercenneige d’après la bande dessinée de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette) comme sur l’ensemble de sa carrière. Articulant avec autant de brio que dans ses films, considérations sociétales et engagement artistique, Bong Joon-Ho va pendant une heure revenir ses relations avec l’industrie américaine ou sur la place de la femme dans ses films et au sein de la société coréenne. Cet entretien se conclura par une séance de dédicace improvisée avec l’auteur.

Dernier film de la carte blanche concocté par le président du jury, The Housemaid constitue le chaînon manquant entre le cinéma coréen contemporain et un age d’or d’une industrie dont nous ne possédons qu’une connaissance parcellaire. Réalisé en 1960 par Kim Ki-young, The Housemaid est un mélodrame flamboyant sur la désagrégation de la cellule familiale coréenne. Le film de Kim Ki-young, étonne tant par la virtuosité de sa mise en scène que par la violence de son propos. Source d’inspiration du Tale of Two sisters de Kim Ji-woon., House of Maid trouve un écho troublant dans la première réalisation de Clint Eastwood, Play misty for me, par la description d’une figure masculine prisonnière de son image de mâle dominant.
Nous reviendrons plus en détail après le festival sur le parallèle troublant entre les deux films.

Quatrième film anglais en compétition, The Children se réclame d’un fantastique prestigieux, héritier des Innocents de Jack Clayton ou de La Malédiction de Richard Donner, modèles classiques en matière d’enfance perturbée. Avec l’arrivée de deux couples d’amis accompagnés de leurs charmantes progénitures, venus passer un noël à l’écart de la civilisation, The Children étonne par sa capacité à instaurer en l’espace de quelques instants une tension sourde et vénéneuse. Jouant sur le charme éthéré de son casting en culottes courtes, Tom Holland confère à ses images une puissance d’évocation étonnante. Passé cette brillante introduction, The Children se mue en shocker des plus basique, prompt à délivrer son quota de morts graphique à intervalles réguliers. Usant d’artifices éculés et grossiers, The Children sombre dans le tout venant de la production fantastique. Seules les mises à mort successives de la quasi-totalité du casting enfantin raviveront les papilles des bissophiles les plus endurcis. C’est au son d’une foule en délire applaudissant à tout rompre à chaque gamin mis à mort que se termine cette cinquième journée de festival.

LES NOTES DES CHRONIQUEURS

Tormented - 0/5

Slasher crétin et opportuniste. Des envies de meurtres dans la salle

Fear Me Not - 3.5/5

Un thriller vénéneux avec un Ulrich Thomsen impérial.

Housemaid - 5/5

Un chaînon manquant dans l’histoire du cinéma coréen. A découvrir de toute urgence

The Children - 2.5/5

Passé une introdiction prometteuse, un simple schoker au pays des culottes courtes

Journal du NIFFF 2009

Jour 6 et Palmarès

Par Colqhoun et Manuel

LE PALMARES DU NIFFF 2009

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film à :

FISH STORY de Yoshihiro Nakamura, Japon

Mention spéciale à :

INFESTATION de Kyle Rankin, USA

Grâce à son humour, à l’hommage rendu aux films fantastiques tournés depuis Méliès en 1895, à sa capacité à effrayer le spectateur et au fait qu’il nous incite à nous procurer de l’insecticide fabriqué en Suisse, nous estimons qu’une mention spéciale doit être décernée à Infestation.

Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen à :

LEFT BANK de Pieter Van Hees, Belgique

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur court-métrage suisse à :

LE PETIT DRAGON de Bruno Collet

Prix Taurus Studio à :

LE PETIT DRAGON de Bruno Collet
DÉJÀ de Antonin Schopfer

La nomination pour le Méliès d’or du meilleur court-métrage européen va à :

TILE M FOR MURDER de Magnus Holmgren, Suède

Le Prix TSR du Public revient à :

CONNECTED de Benny Chan, Hong Kong/Chine

Le Prix du meilleur film asiatique est attribué à :

THE HANDSOME SUIT de Tsutomu Hanabusa, Japon

Le Prix Mad Movies du film le plus « Mad » va à :

LEFT BANK de Pieter Van Hees, Belgique

Le Prix Titra Film revient à :

ANTICHRIST de Lars Von Trier, Danemark/Allemagne/Pologne/Suède/Italie

COMPTE-RENDU

Vous avez sûrement déjà tous découvert le palmarès du festival, je me permettrais donc d’y revenir brièvement à la fin. Mais avant cela je vais tâcher de revenir sur les 3 derniers jours de cette 9ème édition, de laquelle on retiendra avant toute chose une affluence hors-norme et un beau temps écrasant.

Vendredi fut, pour moi, une bien courte journée. Un seul film au programme, l’intriguant Franklyn. Nous y découvrons la ville de Meanwhile City, sombre mégapole futuriste, existant dans un univers parallèle à Londres. Plusieurs individus en quête de vérité finiront par trouver un passage entre les deux mondes. Il est difficile de ne pas voir les nombreuses références qui parsèment le film, sorte de gros melting pot des Watchmen (John Preest, le héros solitaire qui porte un masque noir et blanc rappelle immédiatement Rorschach), de V for Vendetta, de Dark City et voire même un peu de Matrix. Ce qui empêche assez rapidement au film d’exister vraiment de lui-même. Néanmoins le récit est suffisamment étrange pour que l’on s’y intéresse et les tenants et aboutissants seront bien loin de ce que l’on pouvait imaginer (même si la conclusion est un peu poussive). Difficile pour moi d’en dire plus au risque de spoiler le film. Franklyn offre un univers visuel tout à fait abouti et impressionnant et la présence d’Eva Green et de Ryan Philips à l’écran lui offre une ambition supplémentaire non négligeable.

Et le vendredi au NIFFF se terminait déjà. Le samedi me confirma que le festival était bel et bien victime de son succès. A peine arrivé sur place de nombreuses séances affichaient déjà complet. Impossible donc pour moi d’accéder à Antichrist, Connected et autres Cyborg She. Je me laissais donc porter par les places encore disponibles et me retrouvais devant un film de la rétrospective dédiée à Shinji Aoyama (Eureka), Embalming. Comme son titre l’indique, c’est d’embaumement dont il sera question ici. Du moins au premier abord. Bien vite le film s’emballe dans une intrigue à couches multiples et nous perd dans des histoires de manipulations médicales, de frères et soeurs qui s’ignorent et de trafic d’organes. De plus la projection est d’une qualité technique déplorable et semble être faite à partir d’un mauvais divx. Couleurs ultra baveuses, gros pixels à l’écran, des scènes auxquelles on ne comprend rien tant les nuances sont totalement absentes, ce qui n’aide pas à l’appréciation de ce film déjà bien ennuyant mais heureusement assez court.

La journée ne fait que commencer et le prochain film de mon programme ne démarre qu’en fin de soirée. Je décide donc de me rendre à la conférence donnée par le réalisateur coréen Bong Joon-Ho. Conférence qui restera parmi mes meilleurs souvenirs de ce festival. Le bonhomme est loquace, passionné, intelligent. Il dresse de nombreux parallèles entre l’histoire de son pays et ses films (l’introduction de The Host, tirée d’un fait réel, la présence américaine sur le pays et la relation amour-haine qu’il entretient avec, etc..), s’attarde à expliquer ses méthodes de travail (en écriture, dans l’utilisation de la musique) et nous parle aussi de son dernier film, Mother ainsi que du prochain projet sur lequel il travaille et qui s’annonce comme une superproduction de science-fiction. De la part de l’auteur de The Host et Memories of Murder, c’est une nouvelle des plus alléchantes. La petite heure allouée pour cette conférence aura tôt fait de s’évaporer tant monsieur Bong a de choses à dire. Si sa notoriété est encore à faire sur le vieux continent, sa réputation de surdoué est elle déjà bien établie dans le cercle des connaisseurs.

C’est après cette belle leçon de cinéma que nous allons engloûtir une bonne grosse pizza pour se préparer à la soirée qui s’annonce mémorable. Au programme, Crank II : High Voltage (la suite de Crank aka Hyper-Tension) et Dead Snow, un film scandinave qui met en scène des zombies nazis dans les montagnes enneigées. Perte de neurones assurée.

Crank II est sans aucun doute l’objet cinématographique le plus abrutissant de l’Histoire. Un concentré de mauvais goût qui envoie Bad Boys II aux oubliettes au bout de 5 minutes de film. Une course-poursuite d’une vulgarité effroyable, tournée comme un clip de skateboard, où l’on suit un Jason Statham probablement sous l’influence d’une quantité de drogues à peine imaginable et qui tente de récupérer son coeur, volé par les triades chinoises. On y croise des prostituées à la tonne, des stripteaseuses qui se font fusiller les seins et voient le silicone s’en échapper, des hommes de main se faire sodomiser à coup de fusil à pompe, un combat surréaliste qui nous renvoie à Godzilla, une scène de copulation sur la piste d’un hippodrome et au final un Jason Statham en feu qui nous tend un doigt d’honneur accompagné d’un rictus des plus méprisants. Crank II se rapproche sans doute plus d’une lobotomie sans anesthésie qu’à un véritable film de cinéma.

Dead Snow ne fera pas tellement mieux. Si le film est un peu plus posé, on s’ennuie tout de même sérieusement pendant un bon moment avant de voir de la tripaille exploser à l’écran. Malgré son concept de zombies nazi super énervés, le film ne présente qu’une "banale" altercation entre une bande de jeunes cons et quelques morts-vivants qui s’ennuyaient. L’attaque au marteau et à la faucille reste l’un des moments les plus drôles du film et l’on aura vite fait d’oublier cet énième zombie-flick à peine sortis de la salle. Le samedi se termine donc dans la bêtise crasse, ce qui, en soit, n’est pas pour me déplaire (et accompagne à merveille la pizza précédemment avalée).

Nous attaquons le dimanche dans la fatigue et l’envie d’en finir au plus vite. Et c’est en Belgique que nous nous rendons pour débuter la journée.

Left Bank (Linkeroever) de Pieter Van Hees nous invite à découvrir cet étrange quartier du même nom en suivant Marie, jeune sportive promise à une grande carrière, qui verra tous ses espoirs anéantis à cause d’une infection. Elle ira alors vivre chez son nouveau petit ami, Bobby. Progressivement elle perdra pied avec la réalité et découvrira alors que cet endroit cache un secret particulièrement affreux. On pense à Rosemary’s Baby ou au Locataire de Polanski en suivant cette jeune femme troublée. Car il est ici autant question d’aliénation sociale que d’occulte, qui se rejoindront dans la froideur oppressante de la ville et sous l’oeil aiguisé de la caméra du réalisateur. Ce dernier réalise son film avec une précision et une froideur en parfaite opposition avec la violence que subit le corps de Marie. On pense au Cronenberg des débuts qui mettait en scène des corps meurtris dans des environnements urbains inhumains (Shivers, The Brood). Left Bank est un film qui imprime la rétine, qui surprend par ses audaces scénaristiques et par la maîtrise implacable dont fait preuve le jeune réalisateur dont c’est ici le premier long métrage. Le jury mad movies ne s’y est pas trompé en lui décernant le prix du film le plus "mad" du festival (un prix qui permettra au film une place de choix dans une prochaine édition du magazine). Accessoirement c’est ici l’une de mes plus belles découvertes de ce festival. Les deux films qui suivront seront, du coup, bien loin d’être à la hauteur.

Tormented est un petit slasher qui, s’il est coproduit par la prestigieuse BBC et par Pathé, reste d’une médiocrité bien sentie. Passé quelques meurtres plutôt fun et un très léger discours sur les problèmes d’éducation en Angleterre (discours qui revient maintenant régulièrement dans le cinéma du pays via des films comme Eden Lake, The Children ou encore Mum and Dad), le film affiche un vide scénaristique effarant doublé d’une réalisation MTV insupportable.

The Forbidden Door, de l’indonésien Joko Anwar, ne fait pas tellement mieux. Malgré une première demie-heure intriguante et un générique absolument pas cohérent en regard de ce que l’on nous raconte, le film choisit la facilité d’un twist imbécile avant de se conclure sur deux autres fins (!!!). Deux heures que l’on aura passé sans trop d’ennui mais que l’on terminera attéré devant le culot du réalisateur de s’imaginer qu’il puisse prendre à ce point le public pour un crétin.

Enfin, quoiqu’il en soit, le festival est sur le point de se terminer. Reste la cérémonie de clôture accompagné de The Good, the Bad and the Weird de Ji-woon Kim (A bittersweet Life, Two Sisters) et du dernier open-air du festival, l’adaptation du manga 20th Century Boys. Je ne verrais malheureusement pas ces deux derniers films qui, je dois toutefois l’avouer, ne m’intéressaient pas le moins du monde. La cérémonie se déroulera sans accrocs avec néanmoins un moment surréaliste durant lequel Erika Stucky, membre du jury international, se lance dans une performance musicale à base de pelle, de grognements et d’accordéon miniature. On retiendra aussi la surprise de voir le très oubliable Infestation être récompensé d’un prix spécial du jury. Le reste du palmarès fait la part belle aux productions asiatiques avec un Fish Story récompensé 2 fois, accompagné de Connected ainsi que The Handsome Suit. Dommage pour moi, je n’avais prévu aucun de ces trois films à mon programme et serait donc bien emprunté de vous dire si oui ou non ils méritaient leurs prix.

Le festival est maintenant terminé et l’on attend avec impatience la 10ème édition qui devrait s’annoncer épique. On retiendra de cette 9ème cuvée plusieurs belles découvertes (Mary and Max, The Chaser, Left Bank pour moi), une chaleur écrasante qui ne nous a jamais fait faux bond et une billeterie au bord du chaos (le système est clairement à repenser tant il semble avoir amené plus de problèmes que de solutions, même si la volonté de faciliter le travail en interne est compréhensible). Le NIFFF établit d’année en année sa position de festival ambitieux dans le paysage européen et dans le cadre de la compétition du prix Méliès et se révèle comme l’acteur majeur de la promotion du cinéma de genre en Suisse.

A l’année prochaine.

Manuel

L’édition 2009 du NIFF vient de s’achever.

Au programme de cette ultime chronique, les premiers pas du cinéma interactif, un western noodle, l’adaptation d’un manga culte et un rapide retour sur le palmarès du festival de cette 9iéme édition. Derniers films de la rétrospective consacrés à William Castle, Mr Sardonicus et 13 Ghosts souffrent de la comparaison avec la mémorable présentation de The Tingler en séance nocturne, deux jours auparavant (LA séance du festival).

Réalisé en 1961, Mr Sardonicus prolonge en mode mineur les bases ludiques et roublardes du cinéma sauce Castle. Sur un canevas classique de récit fantastique, teinté d’imagerie gothique, Mr Sardonicus propose un des macguffins les plus excitants de l’histoire du cinéma, à savoir la possibilité pour le spectateur d’influer sur le sort du personnage éponyme. Fumisterie marketing mais véritable profession de foi, cet argument distingue Castle du reste des petits malins qui gangrènent le genre. Refusant de limiter sa création à un simple procédé publicitaire, Castle joue avec brio des attentes contrarié du spectateur en faisant miroiter une hypothétique fin alternative. Avant l’heure, Castle alimentait le phantasme de tout cinéphile en matière de scène coupée, de version alternative ou autres curiosités qui constituent aujourd’hui le saint graal de tout accro au celluloïd.

13 Ghosts, loin de son effroyable remake signé Dark Castle est une réjouissante comédie horrifique. Usant des mêmes artifices que Mr Sardonicus, le film propose au spectateur, équipé de lunettes polarisées, de se transformer en ghostbusters de fortune le temps d’une séance. Synthèse additive de couleurs pour film en noir et blanc soit un certain avant goût de surréalisme. Le cinéma de Castle célèbre l’innocence retrouvée d’un médium qui se vit comme une expérience collective, et constitue un antidote parfait à la fièvre de téléchargement.
Evénement de cette dernière édition, cette rétrospective doit beaucoup à l’enthousiasme non feint de son maître de cérémonie Bill Goldstein et au formidable travail de reconstitution et de recherche effectué par l’équipe du Niff 2009.

Le temps de piquer une tête dans le lac de Neuchâtel, nous nous rendons à la cérémonie de clôture du festival. Ponctué par un délicieux happening vocal de Erika Stucky, membre du jury international, entre coup de pioche et gémissement de screamqueen, la cérémonie se déroules dans un joyeux bordel et une franche bonne humeur.

Les grands gagnants ce cette 9iéme cuvée sont Left Bank (Méliès d’argent du meilleur long-métrage européen et Prix Mad Movies du film le plus « Mad »), Infestation (Mention spéciale du jury), Fish Story (Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film) et The Handsome Suit (Prix du meilleur film asiatique), sans oublier le prix du public réservé à Connected.

Récompensé par la plus haute distinction du festival, Fish Story était sans aucun doute le film le plus libre d’une sélection qui peinait à s’affranchir de ses prestigieux modèles.

Si le film souffre d’un manque évident de moyens et d’un rythme quelque peu confus, il émeut par sa peinture touchante et utopique d’un groupe de punk japonais oublié de tous mais dont le morceau phare va permettre de sauver la planète de l’extinction.

Le choix de Left Bank me laisse quant à lui bien plus dubitatif. Si le métrage de Peter Van Hess est certes servi par une troupe d’excellents comédiens et une belle photo crépusculaire, il échoue à retranscrire l’essence fantastique et sombre dans final des plus bisseux. Un film guère Mad en somme, je laisse à ceux qui ont appréciés ce film le soin de s’épancher plus longuement dessus.

La soirée s’achève avec la projection de The Good, The Bad and The Weird du coréen Ji-woon Kim et celle en open air de 20 th Century Boys.

Film foutraque et jouissif, hommage aux grande heures du cinéma d’exploitation des années 70, The Good, The Bad and The Weird est une ode au cinéma de pur divertissement. Le film enchaîne les morceaux de bravoure à un rythme effréné, telle cette hallucinante charge où chevaux, motos et tanks se mêlent dans un ballet pétaradant de bruit et de fureur. Servis par un casting de tronches ultra charismatique, Kang-ho Song en tête, le film bénéficie des sublimes paysages de Mandchourie sublimés par un format large brillant de milles feus. Excellent choix pour terminer en beauté ce festival, The Good, The Bad and The Weird est avec Connected de Benny Chan le film le plus fédérateur et divertissant de ce festival.

Deuxième salve d’adieu au Niff, 20 th Century Boys s’avère bien en deçà des attentes suscitées. Souffrant de très sérieux problèmes de rythme dans sa deuxième partie et d’une réalisation peu inspirée, le film peine à retrouver la frénésie de son modèle papier. Malgré un budget conséquent, 20 th Century Boys n’arrive jamais à être épique ou à embrasser la complexité mythologique du manga de Naoki Urasawa. Jamais subvervif en regard de son récit qui accompagne une bande d’amis d’enfance accusée de terrorisme, 20 th Century Boys est un échec cuisant.

C’est sous un fin manteau de pluie que se termine cette 9iéme édition du Niff.

Pari réussi pour un festival qui aura vu sa fréquentation exploser au point de devoir laisser sur le trottoir quelques spectateurs frustrés et harassés par une chaleur écrasante.

De cette semaine je retiendrais les chocs procurés par la découverte de The Housemaid, pépite d’un cinéma coréen méconnu, les cris d’un salle en délire face aux prodigieux The Tingler de William Castle et bien sûr le retentissement des mythiques accords du score de The Thing dans une salle constitué à partie égale de fans de la première heure et de véritables novices.

Avec simplicité le Niff 2009 nous aura rappelé les bases essentielles de partage et d’art de la salle que constitue le cinéma.

C’est avec une certaine mélancolie que je quitte Neuchâtel, ses parades de nains, ses cocktails à l’absinthe, ses éléphants et nuits blanches pour la capitale bruxelloise.

Dans l’attente du 10éme édition, live long and prosper !

LES NOTES DES CHRONIQUEURS

Colqhoun

Franklyn - 3/5

Un univers vu et revu mais un récit inattendu qui maintient l’attention

Embalming - 1/5

Un film à tiroir qui se prend les pieds dans le tapis... on s’ennuie ferme et c’est super cheap.

Crank 2 : High Voltage - 0/5 ou 5/5.. j’hésite

Un monument de débilité comme on en a jamais vu sur un écran de cinéma.

Dead Snow - 2/5

Passé le concept et quelques scènes gore, ça reste plutôt fade

Left Bank - 5/5

La grosse surprise du festival. Ambiance tortueuse, réalisation ultra soignée, un film angoissant.

Tormented - 1/5

Un slasher insupportable et clipesque au possible

The Forbidden Door - 2/5

Ou comment user du twist à 2 francs quand on a plus d’idées.

Manuel

Fish Story - 4/5

Quand le punk sauve le monde

The Good The Bad and the Weird - 4/5

Tout ce que Django Sukiyaki n’est pas

20 th Century Boys - 2/5

Fresque monumentale filmée comme un mauvais soap

Mr Sardonicus - 3/5

Rien que pour final hilarant

13 Ghosts - 3/5

Oubliez le vilain petit remake de Steve Beck et goutez à cette savoureuse petite série B.

Journal du NIFFF - Jour 1

Sept jours à la place de cinq, c’est le cadeau que le NIFFF, le Neuchâtel International Fantastic Film Festival, a fait à ses fans assidus du festival pour fêter ses dix ans. C’est quelques 120 films qui attendent les spectateurs cette année dans les cinq salles et l’Open Air au bord du lac de Neuchâtel. Pour ses dix ans, le NIFFF a voulu mettre à l’honneur le cinéma fantastique suisse mais aussi le cinéma fantastique québécois, ainsi qu’une rétrospective consacrée au cinéaste japonais Sogo Ishii. Sans oublier les séances du New Cinema from Asia qui ont fait, entre autres, la renommée du NIFFF. C’est dans la nouvelle salle du Théâtre du Passage pleine à craquer et dans une atmosphère détendue, que le président de l’Association du NIFFF, Pierre- Yves Jeanneret et la directrice artistique, Anaïs Emery lancent les festivités.

C’est tout en douceur que commence cette dixième édition avec le film Ondine de Neil Jordan, un conte fantastico-romantique racontant l’histoire d’un pêcheur irlandais (Colin Farrell), qui attrape un jour dans ses filets une jeune femme du prénom d’Ondine. La mystérieuse jeune femme est-elle, comme le croit Annie, la fille du pêcheur, une créature des mers venue sur terre pour trouver (telle La Petite Sirène) un homme ? Le film est un régal autant par son aspect visuel, que par le jeu des acteurs. C’est pour une fois un Colin Farrell à la hauteur de son talent qui nous emporte par sa prestation dans cette histoire d’amour improbable. Quant à Alicja Bachleda, qui joue Ondine, elle nous ferait presque oublier que les sirènes n’existent pas et plus d’un garçon à mes cotés aurait payé cher pour être à la place du pêcheur. Il faut encore noter la prestation de la jeune Alison Barry qui joue le rôle d’Annie, la fille de Colin Farrell qui est gravement malade. Cette jeune actrice, dont c’est le deuxième rôle, montre un potentiel énorme et je la trouve particulièrement touchante dans le film. En outre, je n’ai pas vu passer les 111 minutes du film et même si c’est un métrage que l’on ne s’attend pas à voir au NIFFF, il annonce un début prometteur pour cette nouvelle édition.


’Ondine’ Trailer HD (2010) - The funniest bloopers are right here

Pour mon deuxième film de la soirée, changement de cadre radical avec du New Cinema from Asia. On sent aussi tout de suite la différence au niveau du public, beaucoup plus jeune et plus typé, en fait le public plus habituelle du NIFFF qui contraste fortement avec celui de la cérémonie d’ouverture. Mutant Girls Squad est le produit d’une collaboration de trois réalisateurs japonais, Yoshihiro Nishimura, Tak Sakaguchi et Noburu Iguchi. C’est l’histoire d’une jeune ado qui découvre à 16 ans qu’elle est une mutante. C’est quand ses parents se font massacrer devant elle par des anti-mutants qu’elle se ligue avec une escouade féminine de mutantes pour se venger. Sans être une grande connaisseuse de films gore asiatiques, je peux sans risque dire que le film contient tout les clichés des fantasmes masculins, de l’infirmière à l’écolière en passant par des Japonaises les unes plus belles que les autres et des insinuations phalliques et sexuelles à tout-va (peut-être pas un fantasme masculin mais qui a en tout cas bien fait rire la majorité masculine de la salle). Le concept gore et trash à souhait fait bien rire les vingt premières minutes, mais s’essouffle rapidement par la répétition des scènes qui se suivent et se ressemblent sans jamais insuffler de la nouveauté. Malgré le fait que c’est un film plutôt mauvais, je dois dire qu’à des moments j’ai bien ri. Il vaut la peine d’être vu juste pour les mutations complètements dingues des filles et pour l’invention folle du fusil nasal.

Sur cette note, j’attends avec impatience le reste de la semaine qui promet de ne pas décevoir les fans d’hémoglobine et de fantastique en tout genre.

Journal du NIFFF Jour 2

Silence, ça tue !

C’est déjà avec très peu d’heures de sommeil que j’entame ce deuxième jour du NIFFF. C’est le problème d’être une fanatique de films dans un festival bourré de gens aussi fans que vous : on dort très peu et on parle de films non-stop. Devant une bière, cinéphiles et jeunes réalisateurs se trouvent forcément beaucoup de sujets en commun et on en oublie le réveil fort tôt du lendemain pour la vision de presse.

C’est donc avec beaucoup d’expresso dans les veines que je commence ma journée avec le nouveau film de Michael Winterbottom, The Killer Inside Me. Ce film est l’adaptation du roman de Jim Thompson qui se déroule dans le Texas des années 50. Il retrace la vie de Lou (Casey Affleck), un jeune Texan, député du shérif qui est dans sa vie privée un sadique. C’est quand il fait la rencontre d’une prostituée, Joyce (Jessica Alba), qu’il part dans une folie meurtrière. Winterbottom nous offre un film bien ficelé qui nous tient en haleine jusqu’à la fin. On a droit à des scènes superbes mais souvent choquantes où la violence sadique du personnage principal nous met mal à l’aise. Avec du beau monde au casting, tel que Kate Hudson, Simon Baker et Bill Pullman, c’est surtout un Casey Affleck au jeu incroyablement flippant qui crève l’écran en jouant un personnage sans empathie ni limite. Ne connaissant pas le livre, je ne peux pas juger si l’adaptation lui est fidèle, mais je suis ressortie de la projection assez perturbée. En tout cas, c’est un métrage qui ne laisse pas de glace et demande une certaine réflexion après l’avoir vu. Je le conseille aux gens qui ne sont pas trop sensibles et qui aiment les jeux psychologiques.

Après la pause de midi, c’est un film suisse de 1935 dans le cadre du Cinéma Suisse Fantastique qui m’attend. C’est dans la grande salle du Théâtre du Passage, qui est étonnamment encore assez pleine, que se déroule la projection. Die Ewige Maske de Werner Hochbaum relate le début de schizophrénie d’un jeune médecin qui tente de sauver des vies dans un hôpital de Bâle. J’avoue que je n’attendais pas grand-chose du film mais j’ai été plutôt agréablement étonnée. Il y a quelques très bons plans même si souvent la réalisation abuse des nouveaux effets visuels de l’époque. On sent le film très influencé par l’expressionnisme allemand pour lequel j’ai une certaine passion. Je ne conseille pas ce film aux fans du genre, mais je suis heureuse de voir que le cinéma suisse n’était pas en reste du coté du fantastique à l’époque.

Ma dernière projection de la journée a lieu aussi dans la grande salle du Passage. Cette fois la salle est pleine et est constituée d’un public totalement hétéroclite. Avant même le début du film l’ambiance est totalement électrique, il faut croire que les gens savent que le cinéma québécois est totalement dingue et ils n’ont pas tort. La catégorie Le Cinéma Québécois a le Gras Dur ! commence fort avec un film d’Eric Tessier de 2009, 5150 Rue des Ormes. Nous suivons Yannick, un jeune homme qui vient de s’installer dans un appartement et visite son nouvel environnement. Après un accident, il tape à la porte d’une maison à l’aspect tranquille, c’est là qu’il tombe sur une famille de psychopathes complètement tordus. Je pense qu’avec une salle en délire, je ne risque pas beaucoup en disant que ce film est une pure merveille du genre. On passe du rire, à l’horreur, au bouleversant et tout ça en nous tenant dans un suspense total : en clair, un vrai bijou à ne pas rater. Tous les acteurs sont très convaincants dans leur rôle, mais tout particulièrement Normand D’Amour qui joue le père de cette famille de tordus. Même après la fin du film, je ne suis pas sûre de vouloir le rencontrer un jour dans une rue tranquille…

Voilà ma deuxième journée au NIFFF bouclée et comme vous pouvez le constater, je suis plutôt emballée par les films que j’ai vus jusqu’à présent, espérons que ça dure.

Journal du NIFFF - Jour 3

Du court, de l’asiatique et du québécois

Nous voilà déjà au troisième jour du festival et avec quelques bonnes heures de sommeil derrière moi, je suis d’attaque pour commencer cette nouvelle journée sous un soleil de plomb et une chaleur étouffante, vivement la salle climatisée et obscure.

En route pour la session de l’après-midi qui commence avec la projection Les Chimères de Heidi qui est constituée des treize meilleurs courts métrages suisses des neuf NIFFF précédents. Ces courts-métrages bien différents les uns des autres nous montrent un paysage haut en couleur du cinéma fantastique suisse. Avec quand même quelques petites préférences pour Swapped de Pierre Monnard qui suit l’aventure d’un garçon qui a échangé son père contre des poissons rouges, ou encore, les Minisplatters de G.R Mayer et I. Pavan qui sont des minis dessins-animées d’un petit personnage, d’un chien et d’une araignée. Dans l’ensemble un medley que j’ai bien apprécié.

Je continue ma journée avec un film de la catégorie New Cinema from Asia de nouveau dans la salle du Théâtre du Passage presque pleine. Bedevilled, flim Sud Coréen de Jang Cheol-so, nous relate la vie de deux femmes, Hae-won, belle femme de Séoul et de son amie d’enfance Boj-nam fille simple et paysanne vivant sur une petite île. Quand Hae-won retourne sur cette île où elle a passé son enfance, elle découvre comment Boj-nam est devenue une esclave dans sa communauté. Celle-ci décide de ne pas l’aider à se libérer de ses captifs et ce refus va faire tourner l’histoire au drame. C’est une histoire à la fois touchante et incroyablement prenante. On pourrait croire que ce métrage n’a pas sa place au NIFFF vu qu’il aborde le thème du rôle de la femme dans la société et que pour une bonne partie du film l’action ni est pas vraiment présente, mais bien au contraire. A la fois par la tension psychologique que dégage le film et par son final qui tourne au slasher, il est bien à sa place dans cette compétition. Pour le moment, c’est le meilleur film que j’ai vu. L’intrigue y est bien ficelée et absolument pas lassante, on a l’impression de retenir son souffle jusqu’au dernier moment et on peine à décrocher une fois les lumières allumées. La pointe d’humour aussi présente dans le film permet de ne pas être trop plombé par l’atmosphère quand même très lourde du film, le rendant ainsi plus accessible. Ce sont des échos plus que positifs que j’entends à la sortie de la projection, de laquelle je ressors troublée.

Je finis une nouvelle fois ma journée sur une projection québécoise ; Détour de Sylvain Guy. Nous suivons Léo, un secrétaire frustré de la vie qui, lors d’un meeting dans une province voisine, rencontre Lou, la femme fatale par excellence. Léo va changer sa vie entière après sa rencontre avec Lou et va jusqu’à commettre un meurtre. La grande salle du Théâtre presque vide n’annonçait déjà rien de bon, encore moins quand on sait que Sylvain Guy, lui-même, était là pour présenter son film. Des propres dires du réalisateur, il voulait un film qui s’inspirait fortement des Films Noirs des années 50, mais c’est surtout un film long et ennuyeux auquel on a à faire. Il n’y a malheureusement pas d’idées nouvelles dans le film, on dirait une histoire que l’on a déjà vue mille fois et le seul aspect du Film Noir que l’on peut retrouver est celui de la femme fatale. La réaction très tardive des applaudissements à la fin de la projection et la façon dont les gens sont sortis rapidement de la salle me dit que je ne suis pas la seule à ne pas l’avoir appréciée. C’est bien le pire cauchemar de tout réalisateur que Sylvain Guy vient de subir. Et malgré le fait que je n’ai pas aimé le film, il n’était de loin pas le pire que j’ai vu, mais n’avait résolument pas sa place au NIFFF.

Ce mardi s’achève donc sur une note de regret mais aussi avec le plaisir d’avoir découvert un film incroyable, que je peux d’ores et déjà noter comme un coup de cœur. La suite au prochain épisode.

Journal du NIFFF - Jour 4

Prison, kung-fu et survival kazakh

C’est une longue journée qui m’attend, six films et presque autant de genres différents. Après une nuit de nouveau très (trop ?) courte la fatigue se fait sentir.

J’attaque cette belle journée avec un film dont on m’a dit beaucoup de bien. Dog Pound de Kim Chapiron. Trois jeunes délinquants, Butch, Davis et Angel sont envoyés dans la prison pour mineurs d’Enola Vale. Dans les conditions difficiles du milieu carcéral, ils vont devoir choisir leur camp, victimes ou brutes. C’est Butch, en unissant ses forces avec Davis, qui va prendre le dessus sur les autres prisonniers mais ça ne va pas se passer comme prévu. Je citerai en premier les acteurs qui ont tenu leurs rôles à merveille et sont parvenus à rendre ces jeunes d élinquants crédibles. Mais surtout on s’attache et on souffre avec ces trois garçons. Tout spécialement, Adam Butcher, l’acteur incarnant Butch qui nous transmet sans mal les sentiments et angoisses de son personnage. Le film nous transcrit aussi très bien l’atmosphère particulièrement lourde et étouffante de la prison. Ce ne sont pas des sujets nouveaux qu’abordent Dog Pound, mais les scènes très directes relatant les faits nous ramènent droit à la réalité de la situation et nous touchent plus facilement, en raison de l’âge des garçons. Ces mêmes sujets sont aussi les points négatifs du film, on se retrouve de nouveau devant un film de prison qui est revenu à la mode depuis quelques années.

En deuxième vision de presse de la journée c’est Strayed un film kazakh d’Akan Satayev. Une 4x4 tombe en panne au milieu de la steppe kazakh avec à son bord, un homme, sa femme et son fils. Après avoir passé la nuit dans la voiture, le mari se réveille seul dans la voiture. Il se dirige vers une ferme habitée par un vieillard et sa fille. Après avoir fait leur rencontre, l’homme est persuadé qu’ils ont un rapport avec la disparition de sa famille. Une fois les quinze premières minutes du film passées, celui-ci devient vite redondant et nous endort (et oui, dans la salle on est plusieurs à piquer du nez) pour ne nous réintéresser que lors des quinze dernières minutes. C’est d’ailleurs fort dommage vu son aspect visuel qui était très prometteur. Autre point négatif : le réalisateur cherche à répondre à toutes les questions que soulève le film mais sans nous donner la réponse majeure qui tourne autour de la disparition de la famille, laissant le spectateur sur sa faim.

Après une pause, je reprends ma place dans la salle obscure pour une projection du Japonais Sogo Ishii, Crazy Thunder Road de 1980. Le film relate l’histoire d’un gang de motards dont le leader quitte le groupe par amour pour une barmaid. C’est alors Jin qui reprend les commandes du gang et va s’attirer les foudres d’autres motards et d’une milice militaire. Ambiance survoltée et salle pleine pour mon premier film de Sogo Ishii. Je me réjouissais beaucoup pour le film surtout après les échos positifs de The Crazy Family qui avait été projeté le jour précédent. Mais pas de chance pour moi, grosse déception. Visuellement pour moi le film est un calvaire, entre contre-plongée abusive sur tout et mauvaise qualité de l’image (dû peut-être aussi à la bobine), j’ai eu beaucoup de peine à rentrer dans son univers. Ensuite, la bande sonore décalée avec les mouvements de bouche des personnages donnait juste envie de quitter la salle. Mais j’ai tenu le coup jusqu’au bout en piquant malheureusement quelques fois du nez. Donc pour moi une bien triste expérience que je ne pense pas réitérer malgré les dires des fans devant moi qui me jurent que ses films plus récents valent la peine.

Continuons sur une note plus folle avec Gallant de Clement Cheng et Derek Kwok. A peine arrivé dans le village où Cheung doit travailler, il se retrouve déjà dans les problèmes. Il est sauvé d’une raclée certaine par Tigre, un vieux disciple de Kung-fu, dont le Maitre, plongé dans le coma depuis trente ans, va se réveiller. Superbe comédie de Kung-fu où les acteurs principaux sont des anciennes stars des films du genre. Ils en font des tonnes et ça passe, mais surtout le public adore et en redemande. Bref pas grand-chose à dire sauf que le film est fait pour les fans de comédie asiatique … et pour les néophytes aussi, d’ailleurs ! Il ne faut pas être un connaisseur d’art martial pour l’apprécier et rire de bon cœur.

L’avant-dernier film de la journée va nous emporter dans la réalité du marché immobilier de Hong Kong avec Dream Home de Pang Ho-Cheung. La salle de l’Apollo 1 est presque pleine et on attend tous sagement le film. Les lumières s’éteignent, la pub passe et le film commence. Euh…ou non…on a le générique de fin et en plus à l’envers ! Donc après une demi-heure d’attente pour régler le souci, la séance reprend enfin. C’est donc une histoire qui se passe de nos jours à Hong Kong où une jeune femme Cheng ne rêve que d’une chose : avoir son propre appartement avec vue sur le Port Victoria. Mais un tel appartement vaut cher, très cher et Cheng n’en a pas les moyens. Pour arriver à ses fins elle est capable de tout, même de meurtre. Pang Ho-Cheung aborde ici un sujet qui est un vrai problème à Hong Kong et il le fait de façon très gore. C’est vrai que pendant le film on n’est pas en manque d’hémoglobine, ni de boucherie en tous genres. Avec une belle esthétique, la bonne dose d’humour et de bonnes scènes trashs et gore, on pourrait s’attendre à un très bon film asiatique. Malheureusement, l’abus de flashback inutiles qui retracent la vie de Cheng s’avère ennuyeux et plombe le défilement de l’histoire, d’autant qu’ils sont en opposition totale avec les scènes du présent. Mais malgré tout, je conseille de le voir si vous en avez l’occasion même si c’est juste pour les scènes de massacres qui n’y vont pas avec le dos de la cuillère.

Et j’arrive morte mais satisfaite à la fin de ma journée parce que malgré deux films qui ne m’ont pas convaincu, il y en à trois autres pour contre balancer. Et pour ceux qui suivent ils doivent se demander où est mon dernier film vu que je n’en ai cité que cinq. Alors mon dernier était un Sogo Ishii à 00h30 et après cinq minutes d’Asia Strickes Back, j’ai vraiment décidé que ce n’était pas pour moi et que je préférais des bières et mon lit à du Sogo.

Journal du NIFFF - Jour 5

Un peu de compèt’ internationale !

Déjà le cinquième jour au NIFFF et plus que trois à suivre. C’est assez triste vu qu’avec le temps on commence à connaître toutes les têtes qui nous entourent et ça sera avec regret que je vais devoir bientôt les quitter. Pour les deux jours qui suivent je passe tout mon temps dans les salles du cinéma Apollo près du bord du lac. Aujourd’hui, ce sont trois films qui concourent dans la catégorie International Competition qui sont à l’honneur.

Commençons avec Transfer, un film allemand de Damir Lukacevic. Un couple de vieillards allemands s’aiment à la folie et ne veulent pas mourir. Ils font alors appel à une société de biotechnologie qui propose à ses clients de transférer leurs psychismes dans un corps jeune. C’est justement ce que décident de faire Hermann et Anna en choisissant deux corps de jeunes noirs : et oui, il faut les payer ces corps et ce sont dans les peuples pauvres que la société va chercher son bétail. C’est de la bonne SF qui aborde le sujet délicat du racisme sous un angle complètement différent et qui aurait pu donner un vrai petit chef-d’œuvre. Mais voilà, le réalisateur ne creuse pas assez cette idée et reste très en surface, nous répétant des choses que l’on a déjà vues et entendues de nombreuses fois. Malgré beaucoup de faux raccords visuels, il est esthétiquement très intéressant. Un aspect qui me rappelle un autre film de ce genre, Cold Souls avec Paul Giamatti, qui a une trame un peu similaire. J’ai vraiment bien aimé le film qui nous touche par l’amour que se porte le couple de vieux. Et justement ce couple joué par Ingrid Andree et Hans-Michael Rehberg est le grand point fort de ce film, ainsi que la musique de Enis Rotthoff. Au final, une bonne surprise venant d’Allemagne que je vais revoir avec plaisir.

Je poursuis avec un film Anglais, The Reeds de Nick Cohen. Un groupe d’amis part passer un week-end en bateau dans un marais reculé d’Angleterre. Malgré un mauvais accueil des ados et armateurs, ils décident de continuer avec leur plan initial et tout finira par partir dans l’horreur. C’est un film que j’attendais au détour, je me demandais bien si Nick Cohen allait arriver à faire un film capable de me plaire…on espère que ça sera une fois le cas mais c’est définitivement pas avec The Reeds qu’il va réussir. Un film supposé être un horror/thriller (et là je vous parle du point de vue d’une fille trouillarde) qui ennuie comme jamais, même seule sur ma rangée de sièges avec personne derrière moi et une salle quasi vide, je n’ai pas eu peur. Avec de mauvais acteurs, une histoire qui part dans tout les sens et une fin pas crédible et téléphonée, Cohen réussit à faire de ce film le pire que j’ai vu au NIFFF pour le moment, même après le Sogo Ishii.

Pour mon petit dernier de la journée, je vais voir Woochi, un film Sud Coréen de Choi Dong-hun. Woochi, un apprenti magicien est propulsé de nos jours par trois moines taoïstes pour empêcher l’affreux Hwadam de récupérer une flûte enchantée qui permet de contrôler les Goblins. Mais entre l’acclimatation de Woochi aux temps modernes, ses gaffes et le fait que c’est une vraie terreur, rien ne se passe comme il faut. Quand j’ai dit petit avant j’ai dû oublier de préciser qu’il dure quand même 136’…et c’est long ! Woochi a fait un carton au box-office de la Corée du Sud avec plus de 6 millions d’entrées, alors qu’il est sorti presque en même temps qu’Avatar (à mon avis les Coréens ne savaient pas quoi faire pendant l’hiver et par manque d’autres bons films ils sont tous allés voir Woochi). Bon c’est un peu méchant, j’ai quand même bien ri et les effets spéciaux ainsi que les scènes d’arts martiaux sont plutôt pas mal foutus. Mais comme je l’ai dit avant c’est long, trop long et le film perd vite du rythme dans du blabla inutile, : un format de 90 minutes aurait été parfait.

Me voilà déjà à la fin de ma journée et malheureusement pas de coup de cœur à signaler, mais j’ai quand même passé un bon moment devant Transfer.

Journal du NIFFF - Jour 6

Les favoris se détachent

C’est la journée qui me motive le plus, il y a trois films dans mon programme que je voulais vraiment voir à tout prix au NIFFF : Djinns, Black Death et The Eclipse. Ces trois films sont aussi dans la compétition internationale et après les avoir tous vu sauf Strigoi, je pense personnellement que ça va se jouer entre Black Death et Valhalla Rising.

Me voilà à nouveau devant l’Apollo pour les séances de presse du matin avec seulement 4 heures de sommeil, ça va être dur ! C’est avec un bon café à la main que je m’engouffre dans la salle glaciale (et oui j’ai prévu pull et chaussettes, tellement il fait froid) pour Djinns de Sandra et Hugues Martin. Algérie, 1960, en pleine guerre, un avion disparaît mystérieusement, une équipe est envoyée sur place pour voir s’il y a des survivants. Mais en plein désert ce ne sont pas que les milices algériennes qu’il faut craindre, mais des créatures qui n’aiment pas que l’on dérange leur tranquillité. Les effets spéciaux et visuels du film sont vraiment réussis et, en outre, les paysages magnifiques du Maroc ne gâchent rien. La musique originale de Siegfried Canto nous transporte dès le début dans un univers inquiétant et inconnu et mélange bien musique arabe et suspense. Mon seul bémol concerne le jeu d’acteur un peu mou et trop caricatural du légionnaire-type. Mais, dans l’ensemble, un bon film qui vaut la peine d’être vu sur grand écran.

On enchaîne directement avec Black Death de Christopher Smith. Dans l’Angleterre de 1348 qui est ravagée par la peste, seul un village reculé n’est pas touché par l’épidémie. Ulric (Sean Bean) est envoyé pour un Evêque pour enquêter sur ce village et prend un jeune moine de la région pour le guider jusqu’à celui-ci. Alors c’est déjà presque un parti pris que j’aime le film vu la présence de Sean Bean (j’assume je suis une fille et Boromir me fait fondre). Bon, passons vraiment au film. Du point de vue de la photo, on en prend plein les yeux autant par les paysages que par les FX très travaillés. C’est un film réflexif sur la descente en enfer du jeune moine (Eddie Redmayne) et de son doute face à la religion. Il nous pousse aussi à réfléchir sur les limites de la religion et de ce que l’on permet comme massacre en son nom. Avec une musique sublime, des acteurs qui ne déçoivent pas et une histoire particulièrement bien ficelée, on peut dire que Black Death est bien parti pour faire des vagues dans le milieu fantastique.

Je finis ma journée avec un film dont j’ai entendu des échos aussi bons que mauvais, The Eclipse de Conor McPherson. L’histoire se déroule à Cobh où a lieu un festival de littérature. Michael (Ciarán Hinds) qui a de la peine à supporter son veuvage est hanté par des apparitions. Il fait la rencontre de Lena, une auteure de bouquins sur les fantômes et ensemble vont essayer de résoudre son problème. Le film a gagné le Mélias d’argent à Sitges l’année passée. Ce métrage qui est très lent mais jamais ennuyeux m’a beaucoup touché. Hinds joue très bien son rôle d’homme dépassé par la vie et les événements. La musique douce et tranquille se transforme en quelque chose de menaçant en présence de fantômes et apporte une bonne consistance au film. Les moments d’horreur sont des scènes un peu gratuites, le film aurait très bien marché aussi sans. Mais avec ou sans fantastique, c’est un très bon film mais qu’il ne faut pas aller en croyant que vous aurez de l’horreur.

Pour cette journée de projections que des bons films et un coup de cœur pour Black Death, mais The Eclispe reste une très très bonne surprise que je conseille si on a le temps et que l’on veut voir un film tranquille et beau.

NIFFF 2010 - Le palmarès

Enter the Void remporte le Narcisse du meilleur film lors d’une édition record

La dixième édition du Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel (NIFFF) s’est terminée en beauté dimanche soir avec la cérémonie de remise des prix. Le président du jury international Douglas Trumbull a remis le « Narcisse » du meilleur film à Enter the Void de Gaspar Noé (France). Une semaine dur ! ant, Neuchâtel a vibré au rythme du fantastique. 25’000 spectateurs ont profité d’une infrastructure élargie et ont découvert une programmation de qualité forte de plus de 130 titres.

L’affluence record qu’a rencontrée la dixième édition du NIFFF confirme le rayonnement toujours plus large du festival. Fidèle à sa tradition, le NIFFF a une fois de plus réuni une palette d’invités prestigieux et proposé des regards originaux sur le cinéma de genre.
Riche de plus de trente films, le panorama consacré au fantastique dans le cinéma suisse a connu un grand succès tant public que critique. A cette occasion de nombreux réalisateurs sont venus présenter leur film et échanger avec le public.
Comme à l’accoutumée, le NIFFF a décliné le fantastique sous toutes ses formes dans le cadre de rencontres et d’échanges enrichissants. L’imagerie digitale a été au centre du symposium Imaging the Future qui a rassemblé les plus grands spécialistes des effets spéciaux. La littérature fantastique a aussi été explorée lors d’une journée littéraire.

PALMARES

COMPETITION INTERNATIONALE

LE JURY INTERNATIONAL

Douglas Trumbull (réalisateur et producteur, USA), Nancy Allen (actrice, USA), Greg Broadmore (artiste et designer conceptuel, NZ), Vérane Frédiani (productrice, FR), Mans Marlind (réalisateur, SE), Ueli Steiger (chef opérateur, CH), Sébastien Tellier, (musicien, FR) décerne le prix suivant :

Le prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film à :

ENTER THE VOID de Gaspar Noé, France

Mention spéciale à :

DREAM HOME de Pang Ho-Cheung, Hong Kong

LE MAD JURY

Gilles Esposito (journaliste, Mad Movies, FR), Alexandre Poncet, journaliste (Mad Movies, FR), Anne-Lise Dall’Agnola (lectrice, Mad Movies, FR) décerne

Le prix du film le plus « Mad » à :

DREAM HOME de Pang Ho-Cheung, Hong Kong

Le PRIX DE LA JEUNESSE DENIS-DE-ROUGEMONT distingue :

STRAYED de Akan Satayev, Kazakhstan

Le PRIX TITRA FILM est attribué par le public à :

VALHALLA RISING de Nicolas Wending Refn, Danemark

LE JURY MELIES

Rachel Schmid (responsable MEDIA Desk Suisse, CH), Martin Iseli (journaliste, CH), Chris Niemeyer, (réalisateur, CH) décerne le prix suivant :

Méliès d’argent du meilleur long métrage européen à :

STRIGOI de Faye Jackson, Grande-Bretagne

Le film est ainsi nominé pour le Méliès d’or, qui sera décerné lors de la 43e édition du Festival Internacional de Cinema Fantàstic de Catalunya à Sitgès en octobre 2010.

Le PRIX TSR DU PUBLIC revient à :

BLACK DEATH de Christopher Smith, Grande-Bretagne

Le PRIX DU MEILLEUR FILM ASIATIQUE est attribué par le public à :

WIG de Renpei Tsukamoto, Japon

COMPETITION SSA/SUISSIMAGE DE COURTS METRAGES SUISSES

LE JURY SSA/SUISSIMAGE

Mihàly Györik (réalisateur, CH), Patrick Graber (producteur, CH), Eva Vitija, (déléguée Suissimage, CH) décerne les prix suivants :

Le prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur court métrage suisse à :

DANNY BOY de Marek Skrobecki

Le prix Taurus Studio du meilleur film à :

DANNY BOY de Marek Skrobecki

Le Prix Taurus Studio à l’innovation à :

ICH BIN’S HELMUT de Nicolas Steiner

CONCOURS DE COURTS METRAGES FANTASTIQUES EUROPEENS

La nomination pour le Méliès d’or du meilleur court métrage européen va à :

TRY A LITTLE TENDERNESS de Benjamin Teske, Allemagne

NIFFF 2010 - La meute en clôture

Afin de clore en beauté sa 10ème édition, le Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel présente La Meute de Frank Richard. Proposée en première internationale, la projection du film sera introduite par son réalisateur Frank Richard et l’acteur Philippe Nahon. Une fable horrifique à la fois atmosphérique et tendue à découvrir dimanche 11 juillet à 18h00 au Théâtre du Passage.

Avec La Meute, le cinéma français nous gratifie d’une nouvelle déflagration. Dans ce western horrifique, Charlotte est aux prises avec SPACK, une femme singulière en charge d’une meute plutôt patibulaire. Le film de Franck Richard se distingue par son atmosphère post-industrielle surréaliste. Une originalité de ton qui a séduit des acteurs de premier plan : Emilie Dequenne, la toujours étonnante Yolande Moreau mais également le musicien Benjamin Biolay.

Avec ce premier opus, Frank Richard nous livre un film abouti qui plonge le spectateur dans une atmosphère malsaine habillée de touches d’humour noir déstabilisantes à souhait.

La projection du film, qui suivra la cérémonie de remise des prix du festival, se déroulera en présence de Frank Richard et de Philippe Nahon.

Journal du NIFFF - Conclusion

Nifff, c’est déjà fini !

Déjà la fin de cette 10ème édition et c’est avec tristesse que je quitte ce festival et me plie au protocole des adieux. Après une dernière bière avec une équipe de Français qui repartent le jour même, on attaque les deux dernières projections du NIFFF 2010.

Pour la projo de presse c’est Raging Phoenix de Rashane Limtrakul. En Thaïlande sévit un gang qui kidnappe des filles pour leur soustraire leurs phéromones et en faire un parfum pour riches. Trois hommes et une femme se battent contre ce gang avec une technique bien à eux, à mi-chemin entre art martial et danse, mais surtout le plus important, toujours bien bourrés (et oui, ils boivent tout ce qui leur passe par la main). Nous avons à faire à du nanar, du beau, du gros et du lourd. Entre un scénario qui ne tient pas la route, des acteurs super mauvais et un dialogue à se tirer des balles, c’est une bonne façon de finir les projections de la catégorie New Cinema from Asia. Entouré d’une bonne bande de fous qui adorent ce genre de film et surtout pas en le prenant au premier degré, on passe un bon moment devant le film et on en rigole beaucoup. A noter que les scènes de combats, à l’esthétique bien poussée, sont très bien réalisées et assez impressionnantes au niveau de la performance physique. C’est un film que je recommande à voir en bande, sinon... bonjour l’ennui.

Pour finir en beauté un petit film québécois bien bizarre. Truffe de Kim Hguyen, raconte comment, à cause des changements climatiques, les sous-sols de Montréal sont devenus un terrain fertile pour la truffe. C’est une vraie ruée vers l’or qui commence, avec même des extra-terrestres poilus (qui font office d’écharpes/cols tueurs) qui veulent aussi leur part du gâteau. Une idée assez incroyable qui malheureusement s’essouffle trop vite pour un long métrage (73’) et qui aurait trouvé parfaitement sa place parmi les moyens métrages. Un film en noir/blanc très bien fait, avec un bon jeu de lumière, qui apporte au métrage une touche de science-fiction des années 40-50. Je ne regrette pas mon choix pour ma dernière séance qui finit dans une bonne ambiance toujours présente au NIFFF et dans une folie qui lui est aussi bien propre.

Ma semaine au NIFFF touche à sa fin et j’espère que je vous ai donné envie de venir faire un petit tour du côté de la Suisse pour la prochaine édition 2011. En tout cas, personnellement, j’ai eu beaucoup de plaisir comme chaque année et encore davantage en le partageant avec vous. Voici quand même mes coups de cœurs et palmarès : Compétition internationale, Black Death de Christopher Smith et Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn (que j’avais déjà vu à Sitges en 2009). New Cinema from Asia : Bedevilled de Jang Cheol-so avec mention spéciale pour The Wig. Et pour le cinéma québécois c’est 5150 Rue des Ormes qu’il ne faut pas manquer. Donc après beaucoup de rire, de fatigue, trop de boissons alcoolisées et de belles rencontres avec d’autres geeks (fallait quand même que je place le mot une fois), mais le NIFFF c’est aussi et surtout une grand famille de passionnés qui ont plaisir à se retrouver chaque année devant de bons films fantastiques.

Journal du NIFFF - Jour 7

Des eaux islandaises aux moumoutes nippones

Avant dernier jour à Neuchâtel et c’est une journée bien remplie qui est prévue. Première fois de la semaine que j’ai vraiment beaucoup dormi.
On commence avec du lourd Reykjavik Whale Watching Massacre de Júliús Kemp. Un groupe de touristes se retrouve sur un bateau pour aller observer les baleines. Lors d’un accident, le capitaine du bateau se retrouve empalé. Un pêcheur vient au secours des touristes et les ramène sur son bateau, qui va s’avérer être la pire des prisons. C’est dans une salle vide que moi et mon collègue Français nous préparons à voir un beau gros massacre. Il faut mettre les choses au clair, c’est un mauvais film mais on rigole bien, surtout (attention spoiler…) quand le Japonais se fait harponner puis utilisé comme figure de proue. C’est aussi un film qui ne donne que dans les caricatures, autant les Français (mon collègue était étonné que l’on caricature les Français comme une bande de cons…en même temps ils ne disent que la vérité là !), que les Japonais ou les blondes (je suis blonde et je m’en prends plein la tronche aussi, donc j’ai le droit de critiquer les Français) en prennent pour leurs grades. La bonne ambiance (malgré le peu que l’on était dans la salle) a beaucoup influencé ma vision du film. En outre, un bon petit film de massacre où l’on apprend que l’on n’aurait jamais dû « Sauver Willy ».

Je reprends mes projections l’après-midi avec un film Japonais, The Wig de Renpei Tsukamoto. On nous raconte l’histoire d’un homme à la calvitie grandissante qui, en déménageant à Tokyo, décide de commencer à porter une perruque. S’ensuivent moult incidents où il doit déjouer la nature pour que personne ne remarque que ce ne sont pas ses vrais cheveux. Une des meilleures comédies Japonaises que j’ai vues, qui aborde un vrai problème pour les hommes sous un angle dédramatisant. Les personnages sont très touchants et bien joués, l’histoire est drôle et originale, la musique entraînante et collant parfaitement avec le film. Bref, autant de points positifs qui balancent une fin qui laisse un peu en reste, mais même avec ce défaut, il vaut vraiment le détour.

Dans le cadre du Special Screening, on a droit à la première projection Suisse de Shelter de Mans Marlind et Björn Stein. Une psychologue (Julianne Moore) traite Adam (Jonathan Rhys Meyers), atteint de schizophrénie. Pendant leurs séances, elle constate que les différentes personnalités d’Adam ont toutes été victimes de crimes violents. Un thriller qui flirte entre horreur et fantastique qui use et abuse des jump scares. Et ça marche… en tout cas sur moi qui fait des bonds toutes les 5 minutes. Ca ne veut pas dire que le film était bien (je l’ai pas non plus trouvé mauvais…), juste qu’ils savaient comment faire peur à une petite nature telle que moi. Avis très partagé dans le public et la salle pleine résonne d’avis très différents. Pour ma part, je dois dire qu’il m’a quand même travaillé et c’est tout le but de ce film. Ce n’est pas une histoire très originale mais elle est racontée et filmée de façon efficace. Les échos sont positifs du côté du public cinéphile amateur et négatif du côté des professionnels (je me situe entre les deux). Le thème de la schizophrénie abordé du point de vue du fantastique est très intéressant mais la fin ouverte du film est une solution de facilité et sent le travail bâclé. Avec des plans pas toujours très propres, mais un bon jeu d’acteur c’est un film qui faut voir même si c’est juste pour se faire un avis personnel et choisir son camp…pas comme moi.

Je finis avec l’Open Air au bord du lac qui diffuse The Crazies de Breck Eisner remake du grandiose Romero. Je ne vais pas vous faire la honte de réécrire une critique, après celle déjà très bonne qui est sur le site et dont je partage l’avis (http://cinemafantastique.net/PREVIEW-CINE-The-crazies.html). Je rajouterai juste que l’ambiance au NIFFF ce soir était super, après un orage pour rafraîchir l’atmosphère, le ciel toujours un peu menaçant rajoutait un plus au film (de la 3D avec les éléments). Mais à la place d’avoir peur (sauf les jump scares où comme d’habitude j’ai fait un saut d’un mètre), j’ai surtout ri et passé une de mes meilleures soirées au NIFFF. Et c’est aussi la magie du NIFFF, transformer un film médiocre en un bon moment ciné grâce aux rencontres et à l’ambiance.

Voilà, plus que dimanche et je rends mon espace sur le site. En tout cas question rire et atmosphère de folie, c’était bien la meilleure journée au NIFFF (euh par la je ne parle pas des films, sauf pour The Wig).

NIFFF 2012

En guise d’apéritif...

En guise d’apéritif, le NIFFF 2012 a dévoilé quelques lignes de son programme et de sa ligne éditoriale...

En 2012, le festival inaugure un projet décliné sur trois éditions qui explore les liens entre le cinéma fantastique et la musique. Au programme cette année :

Quand le film musical devient subversif

Le traditionnel programme rétrospectif sera consacré à la comédie musicale… subversive ! Dès la fin des 50’s, en effet, émerge une génération de cinéastes dont l’élan contestataire va faire souffler sur le genre un véritable vent de révolte. Les codes du fantastique, son esthétique et ses thématiques décalées vont alors, à coups de riffs de guitares, donner lieu à des mises en scène corrosives et provocatrices. Le NIFFF vous propose d’en découvrir quelques-unes des plus cultes !

Rocky Horror Picture Show Live

Afin de célébrer les 30 ans de Couleur 3, le NIFFF et la troisième chaîne radio de la RTS s’associent pour présenter une séance ahurissante du cultissime Rocky Horror Picture Show. Une mise en scène délirante et bien d’autres surprises à découvrir le jeudi 12 juillet !

Ciné-Concert Metropolis

Chef-d’œuvre signé Fritz Lang sur une musique de Gottfried Huppertz, Metropolis (1927) a marqué à jamais l’histoire du cinéma et de la musique de film. Le NIFFF vous propose de découvrir, en collaboration avec le Nouvel Ensemble Contemporain (NEC), l’intégrale de l’œuvre accompagnée par sa partition musicale d’origine, exécutée en direct. Un spectacle inédit en Suisse à ne pas manquer le dimanche 8 juillet !

Pour rappel, la 12ème édition du NIFFF se tiendra à Neuchâtel du 6 au 14 juillet 2012... Toutes les informations ici : www.nifff.ch

NIFFF 2012 - Premier jour

Sophie tâte du maniaque

Nous revoilà une année plus tard dans les méandres de Neuchâtel pour cette 12ème édition du NIFFF. On a tous pris des rides en plus, bouffé du navet au cinéma mais le festival lui, n’a pas changé et il nous le prouve avec une programmation d’enfer, des invités à la pelle, des spectateurs prêts à faire la fête et une équipe toujours aussi compétente et adorable.

J’entame cette nouvelle édition sans mes deux Belges, Damien et Quentin qui ne me rejoindront que dimanche soir pour ce qui promet d’être neuf jours hauts en émotions et comme tout bon festival qui se respecte, arrosé de beaucoup de bière.

On ouvre les festivités avec l’habituelle cérémonie débutant avec moult discours parsemés d’humour suisse (qui est sans dire assez inexistant) et enfin le film : Holy Motors de Leos Carax. Vous raconter un synopsis de ce film reviendrait à enlever une grande partie de l’intérêt que l’on pourrait lui porter ; c’est l’étrangeté, la bizarrerie et la surprise qui fait la majorité de cette oeuvre.

Lors de sa projection à Cannes, on parlait d’un hommage au cinéma… malheureusement je ne le vois pas, ça serait imaginer fort peu de cet art que de lui rendre hommage par ce film. C’est indéniable que ce métrage a une beauté et une poésie troublantes, mais justement peut-être trop au risque de perdre le spectateur dans sa mise en abyme répétitive. On est d’abord captivés par cette histoire dont on recherche désespérément le sens, époustouflés par le jeu de Denis Lavant mais, le récit décousu où le seul fil rouge est une limousine blanche a vite raison de toute passion. Résultat, on en ressort avec une impression douce-amère (surtout avec une dernière scène de limousines parlantes juste ridicule qui gâche en grande partie la fin troublante). A choisir, Holy Motors est à voir au cinéma pour les images magnifiques mais je vous conseille de vous mettre proche d’une porte de sortie si jamais l’envie vous prenait de vous échapper.

La suite s’annonce plus prometteuse, en tout cas pour mes goûts. Mais pour nous accueillir à la sortie du cinéma c’est le déluge. C’est en sprint que je laisse le Théâtre du Passage derrière moi pour me rendre au Temple du Bas (ancien lieu de culte transformé en salle de spectacle) pour la projection du très attendu Maniac de Franck Khalfoun, le remake du film de 1980 par William Lustig (qui était présent l’année passée au NIFFF). Nous suivons Frank, restaurateur de mannequins, dans sa folie meurtrière et fétichiste, qui cherche désespérément à se libérer des démons de son passé, mais tout change lors de sa rencontre avec Anna. Je dois avouer que je n’ai jamais été très fan du film de Lustig et de sa brute de Joe Spinell, mais là on a un serial killer à la gueule d’ange que toutes les filles ont envie de protéger et tout d’un coup, le monstre est beaucoup plus inquiétant et réaliste. Elijah Wood dans le rôle de Frank est tout simplement bluffant « adios Frodon, bonjour psychopathe » !

Grâce à l’utilisation de la caméra subjective du point de vue du tueur on est aux premières loges pour assister à l’angoisse des victimes. On pourrait croire qu’à cause de cette technique on perdrait toute sensation du tueur mais Khalfoun joue subtilement des reflets et suggestions pour rendre le personnage palpable et inquiétant. Le superbe accompagnement musical de Rob très année 80 rajoute un esprit rétro et en hommage à l’original. Mais malgré tout cet emballement, un gros bémol est à noter : l’utilisation de l’espace urbain. Dans le Maniac de 1980, on avait l’ambiance des quartiers chauds de New York et on a désormais droit à un L.A presque trop propre et qui manque cruellement d’angoisse, de crime et de suspense. Mais malgré tout un régal pour une fan et je n’aurais pas pu choisir mieux pour finir cette première soirée, il manque juste une bière...

NIFFF 2012 - Deuxième jour

De la chirurgie et des alcolos irlandais

Comme tout bon festival qui se respecte, le manque d’heures de sommeil doit se faire ressentir dès le premier jour et on peut déjà le lire sur plusieurs visages. Pour moi, cette année sera un peu moins un marathon de films vu que d’autres obligations me retiennent pendant la journée mais le soir, c’est l’occasion rêvée de se déchainer. Il est 18h, j’ai mes deux billets de la soirée en poche et après une bière avec l’équipe d’organisation du NIFFF direction le Temple du Bas pour un enchaînement de comédies noires, les deux en compétition internationale.

On commence par Excision de Richard Bates Jr. On suit la vie de Pauline une ado de 18 ans qui n’est, de loin, pas comme tout le monde. Et oui, elle veut devenir chirurgienne et prend son pied en rêvant d’opérations macabres et sanglantes sur des inconnues. Plus qu’un simple film de rébellion contre les parents et l’église, le réalisateur aborde aussi le thème des problèmes psychologiques de façon intense et troublant, mais ne vous y trompez pas se film ne se veut pas moralisateur. Richard Bates nous livre un film très Pop Art où les fantasmes de Pauline sont aussi dérangeants que magnifiques. Mes premières appréhensions du film, surtout concernant l’actrice principale AnnaLynne McCord connue pour sa prestation dans NIP/TUCK et 90210, sont balayées en quelques minutes. McCord va faire de Pauline une créature dégoutante, fascinante et touchante à la fois. Il faut aussi noter le jeu de Traci Lords dans le rôle de la mère la plus insupportable de la planète qui vous fait tout de suite adorer votre propre famille. C’est sur un ton d’humour et de sarcasme que l’on suit la perte de contrôle entre fantasme et réalité de Pauline qui finira par se prendre vraiment pour un médecin. En gros c’est fun, c’est gore et c’est un bon moment de cinéma, même si l’on ressent que Bates manque de technique et a tendance à faire des scènes un peu bâclées. Mais on regrette surtout la fin trop précipité que l’on emballe en cinq minutes chrono, quand on se serait bien délecté de quelques minutes de plus.

Après une courte pause retour au Temple du Bas pour Grabbers un film anglais de Jon Wright. Wright est un peu le nouveau venu dans la cour des comédies horrifiques anglaises et est bien décidé à se faire une place au soleil avec ce film. L’histoire nous emmène sur la petite île de pécheurs irlandaise d’Erin où un jour débarquent des créatures tentaculaires prêtes à vider les habitants de leur sang. C’est sans compter sur les policiers du coin qui découvrent que les sales bêtes sont allergiques à l’alcool. Pas de chance pour elles, elles sont tombées sur la nation la plus imbibée de la planète. Un film à l’éclate totale qui ne se prend pas au sérieux deux secondes mais qui n’est pas pour autant bâclé. Les acteurs sont superbes les uns autant que les autres, même si petite mention spéciale à Russell Tovey (vu dans Being Human) qui est toujours aussi drôle. Les effets des créatures (même si très peu présentes) sont parfaites, on a presque le regret qu’elles soient justement trop bien réussies et pas assez ridicules mais en compensation on a le droit à des mini-Grabbers assez choux qu’on a envie d’en adopter un. Wright nous offre même un bel hommage avec une scène de bar mythique. Le film trouvera sans nul doute un nombre important de détracteurs qui ne comprennent rien à l’humour « Oh so British » mais ce film va avec le temps entrer dans le cercle des comédies fantastiques anglaises cultes tel que Shaun of the Dead. Un bon moment à ne pas manquer surtout si vous avez envie de picoler un peu.

NIFFF 2012 - Troisième jour

Sophie et ses cannibales

On est dimanche, le soleil brille et on est déjà à la troisième journée du NIFFF et pas de regret dans ma sélection jusqu’à présent… mais le vent va malheureusement tourner.

A peine arrivée que je file direction le cinéma Rex pour la séance de Eddie : The Sleepwalking Cannibal (il faut avouer que le titre est quand même super prometteur) de Boris Rodriguez. L’arrivée dans une petite ville perdue du Canada d’un peintre connu en manque d’inspiration, Lars, va chambouler la vie d’Eddie, un muet légèrement attardé. Pour pouvoir sauver l’école d’art où travaille maintenant Lars, celui-ci va devoir recueillir Eddie et faire face à ses crises de somnambulisme cannibalesque (je ne vous gâche rien en vous l’avouant, c’est dans le titre). Pas juste une histoire avec du sang et des entrailles gratuits (même si on adore ça), le film aborde aussi le thème de la créativité artistique et du point de non-retour. Nous avons affaire ici à un mélange de Hulk sans la couleur, de Jekyll et Hyde avec de l’humour et de la Belle et la Bête sans le « Happy Ending » et on en redemande. Bien écrit, le film n’est jamais lassant, lent ou monotone et l’humour noir et sarcastique fait grincer les dents juste comme on aime. Bon, la réalisation est un peu flémarde et on aurait apprécié un peu plus de mobilité mais ce point négatif est vite mis à la porte par le côté divertissant du film. Il faut mettre en évidence le très bon casting et surtout Dylan Smith dans le rôle d’Eddie qui rend cette grosse brute très attachante. Ce film ne va pas vous changer la vie mais si vous voulez vous mettre quelque chose de sympa sous la dent, vous en aurez pour votre argent.

Le temps de rejoindre Damien et Quentin, qui sont enfin arrivés, pour échanger bisous et billets que c’est de retour au Rex (dans une chaleur étouffante) pour The Mooring de Glenn Withrow et c’est là que ma soirée tourne méchamment au vinaigre. Nous suivons un groupe de jeunes adolescentes accros à leurs gadgets électroniques qui partent faire un camp de désensibilisation sur un bateau. Une instructrice et neufs filles qui vont devenir le gibier d’un fou sur un bateau. Alors, ce n’est pas parce que tu fais un survival et que tu t’appelles Gleen Withrow que tu dois nous prendre pour des cons ! C’est une idée intéressante sur papier mais qui se barre en couille à peine commencée. On se demande même si quelqu’un relit les scripts avant de les tourner tellement il y a de fautes dans ce film et que du début à la fin tout est complètement prévisible. Toute au long du film, nous avons droit à du champ/ contre-champ sans aucune originalité malgré des paysages à couper le souffle. Des actrices toutes très douées qui sont purement et simplement sous-exploitées. C’est fort dommage car la première scène est forte en émotion et nous met directement dans l’ambiance pour ensuite nous perdre dans la lenteur du film qui s’écoule sans surprise comme le fleuve sur lequel il est tourné.

Heureusement ma soirée est sauvée par Inbred réalisé par Alex Chandon. On connait tous l’histoire de ces gens qui partent faire un road trip et finissent par être du road kill. Et oui, Inbred ne cherche pas la nouveauté au niveau du scénario. Il s’agit de deux assistants sociaux qui emmènent quatre jeunes dans la campagne anglaise pour les sortir de leur milieu citadin malsain, mais qui vont tomber sur une bande de fous consanguins, comme l’indique le titre. Il faut être honnête… ce n’est pas un bon film mais c’est fun et la bande avec qui j’étais a un rire contagieux donc au final il faut se laisser aller et on passe un très bon moment. Les blagues sont immatures et puériles, l’histoire c’est du déjà-vu mais les scènes gore sont bien foutues. Je n’ai rien d’autre à rajouter à ce film, on s’amuse et des fois c’est la seule chose qui compte !

NIFFF 2012 - Quatrième et cinquième jours

New kids on the block

Quatrième journée du NIFFF et c’est super motivée que j’arrive à Neuchâtel pour la séance du film indien Akam réalisé par Shalini Usha Nair. C’est avec une certaine anticipation que je me dirige en direction du Rex en compagnie de Damien (qui a l’air complètement dépité de devoir se taper un film indien avec une fan du genre) pour ce film fantastique bollywoodien sans chichis. Akam suit la vie d’un jeune architecte Srinivas qui a tout pour réussir sa vie : il est beau, talentueux et sort avec la jolie Tara. Mais un grave accident lui laisse le visage déformé et le couple en est brisé. Srinivas pense ne jamais retrouver l’amour jusqu’à sa rencontre avec la très belle Ragini. Peu de temps après, il commence à soupçonner celle-ci d’être une Yakshi, un démon féminin qui se nourrit du sang des hommes qu’elle séduit. Malgré toute la bonne volonté du monde ce film manque clairement de punch. En 1h45, il ne développe pas plus que ce qu’il pourrait faire avec 30 minutes de moins et un rythme un peu plus soutenu qui aurait sans nul doute changé toute la donne du film. Shalini Usha Nair réussit à faire de l’univers urbain un milieu inquiétant et étouffant grâce à de subtils jeux de lumières, des sons tantôt étouffés tantôt assourdissants et un cadre fixe qui laisse place à l’imagination. Mais rien ne rattrape la lenteur et la retenu « politiquement correcte » du récit et le jeu d’acteur bien pauvre du comédien principal, au point même où les scènes sérieuses deviennent comiques et rappellent le film érotique japonais Underwater Love. Le potentiel de la réalisatrice est néanmoins certain et, si elle s’en donne les moyens et laisse libre cours à son imagination, elle pourra réaliser de très beau film fantastique. A suivre…

Pour le deuxième film de la journée, j’abandonne mes comparses belges pour Kid-Thing de David Zellner. On nous raconte l’histoire d’Annie, une petite fille d’environ 10 ans livrée à elle-même dans un coin paumé du Texas. Annie fait ce qu’on a tous fait dans notre enfance (enfin, surtout Sophie, note de Quentin – NDLR) : elle casse des objets, balance des choses sur des voitures, se bagarre et vit des aventures. Jusqu’au moment où elle rencontre une femme coincée dans un puits. Quelles seront alors les réactions de cette petite fille sans éducation ? Une histoire sans profondeur qui se noie au fond du puits tellement elle manque d’une quelconque texture à laquelle s’accrocher. La gamine est détestable parce qu’aucun effort n’est fait pour que le spectateur s’identifie à elle malgré toutes les conneries similaires qu’il ait pu faire. Ensuite, sa réaction face à cette dame piégée n’a pas de fondement même avec son manque d’éducation et encore moins, quand elle regarde son père mourir d’une crise cardiaque sans broncher… on a plus l’impression d’avoir à faire avec une psychopathe qu’une enfant. David et Nathan Zellner, peut-être par manque de budget, décident de jouer les deux rôles masculins du film et nous rajoutent par ce biais une autre couche de médiocrité. Bref, rien à sauver et heureusement un film bien vite oublié.

Heureuse de pouvoir enfin revivre à la sortie de ces très longues 83 minutes, je rejoins Damien et Quentin pour finir sur un bon film de bridé mais c’était sans compter sur Petaling Street Warriors de Lee James Thim Heng. On se trouve à Kuala Lumpur en 1908 dans Petaling Street où Duyao a une échoppe avec sa femme Lichun. Duyao est en fait sans le savoir un empereur de la dynastie Ming et sa femme son garde du corps. Commence alors une bataille d’arts martiaux pour sauver Duyao et son trésor. Je ne vais pas m’attarder sur le film, surtout que je dois avouer nous ne l’avons pas vu jusqu’à la fin tellement il fut pénible (en même temps, Richard de sci-fi universe a fait fuir un spectateur !!!). Ce film réussit à mêler mauvais acteurs, scènes de combats ridicules, effets sonores et visuels à la Laurel et Hardy, musique clichée et réalisation bâclée tout en un seul métrage ! Un vrai régal pour la poubelle.

Le mardi 10 est une courte journée pour moi au NIFFF parce que mon programme ne me permet de voir qu’un seul film ce soir : New Kids Nitro de Steffen Haars et Flip Van der Kuil. Le film nous projette dans une histoire de rivalité entre cinq jeunes de Maaskantje et un gang Schijndel pour finir dans une attaque zombie dans une région de la Hollande. N’étant pas la plus grande fan de New Kids Turbo, je n’attendais rien de la version Nitro et heureusement ! Du point de vue purement technique le film démontre les très bonnes compétences du duo (travail de caméra, son et montage) et il faut dire que le jeu d’acteurs des News Kids est toujours aussi convaincant (même si en ayant rencontré deux, j’ai des doutes sur le fait qu’ils jouent vraiment un rôle…). Mais à part ça, il faut avoir la mentalité d’un ado pour trouver ça drôle. C’est sexiste, homophobe et des gags vraiment faciles et déjà-vus et revus des millions de fois. En gros, c’est soit on aime, soit on déteste (et tristement pour moi une majorité de mes amis ont aimé… du nettoyage s’impose), mais pour un soir devant le tv sans rien d’autre à faire, ça permet de tuer le temps.

NIFFF 2012 - Sixième jour

La citadelle imprenable...

C’est toujours sous le soleil que débute cette sixième soirée du NIFFF et je file direction le Théâtre du Passage pour la première vision de Citadel, premier long métrage du réalisateur Ciarán Foy. Dans un immeuble glauque, Thomas et Joanne sont sur le point de déménager quand cette dernière se fait agresser par une bande de jeunes cagoulés. S’ensuit une descente aux enfers pour Thomas qui va souffrir de graves troubles d’agoraphobie en plus de devoir s’occuper de son nouveau-né sans compter que la bande de jeunes n’en a pas fini avec lui. Quel film ! A lire le synopsis on se dit « encore un hoody movie made in UK », et oui… et alors ? Il faut avouer qu’ils savent bien les faire et on en redemande. Mais Citadel s’inscrit plus fortement comme un digne successeur de l’incroyable Heartless de Philip Ridley que d’Attack the Block. Foy arrive à nous faire vivre l’enfer de l’agoraphobie sans pour autant tomber dans le cliché de la foule oppressante. Il met surtout en avant les grands espaces vides, le danger qu’ils peuvent représenter et nous oppresse tout le long du film avec ses trois tours principales qui font planer des hombres menaçantes sur le quartier. Quant à la photographie, le montage et la musique, il n’y a rien à redire, c’est du presque sans faute. J’ai entendu reprocher au film que le personnage de Tommy était trop passif et arrivait trop vite à se débarrasser de son trouble, mais c’est justement ce deuxième traumatisme d’une nouvelle perte qui donne l’impulsion nécessaire au héros pour entrer dans l’action et vaincre sa peur. Et il faut dire que le jeune acteur Aneurin Barnard arrive à nous transmettre son angoisse et sa terreur par sa performance ahurissante. Mes seuls petits regrets, c’est une explication un peu plus étoffée sur l’origine des « hoodies » et une fin un peu moins précipitée avec peut-être 2 minutes de plus lors de la dernière scène. Incontestablement pour moi, le meilleur film du NIFFF (même si je n’ai de loin pas tout vu), une petite perle made in UK qui va faire parler d’elle !

Deuxième film de la soirée sous les conseils des deux Belges est Replicas de Jeremy Regimbal. Le lendemain de l’arrivée de Mark Hughes, Mary et leur fils Brendon dans leur maison de campagne, ceux-ci sont réveillés aux aurores par leurs nouveaux voisins venus leur apporter du bois. En deux temps trois mouvements les voisins, Bobby, Jane et leur fils Jared s’invitent pour souper le soir même. C’est à ce moment-là que les ennuis commencent. Sans être incroyable, Replicas est un home invasion des plus correct. Rien de surprenant au niveau du scénario même si j’adore le twist, mais je regrette fortement la retenue au niveau de la violence (sérieusement si quelqu’un s’introduit chez vous et vous menace de tous vous tuer, vous le zigouillez, non ?). Au niveau réalisation, c’est aussi du classique sauf, pour quelques effets de suspense grâce aux parois réfléchissantes et on a droit à un certain nombre de Jump Scares prévisibles mais efficaces. Dernier regret pour le film, la fin trop « happy ending » comme si de rien n’était, frustrant ! Par contre, un gros point positif, la famille voisine jouée par James D’Arcy, Rachel Miner et le jeune Alex Ferris est super flippante. Un petit film bien appréciable à ne pas mater seul chez-soi.

NIFFF 2012 - Palmarès

Le grand gagnant est Citadel

La douzième édition du Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel (NIFFF) s’est achevée samedi soir avec la cérémonie de remise des prix, suivi de la Première de The Cabin in the Woods de Drew Goddard. Le président du Jury international Jeff Lieberman a remis le « Narcisse » du meilleur film à CITADEL de Ciarán Foy (Irlande, 2012). Pendant 9 jours, Neuchâtel a vibré au rythme du fantastique. 29’000 spectateurs ont profité d’une programmation variée forte de plus de 100 titres.

L’affluence record qu’a rencontrée la douzième édition du NIFFF confirme le succès toujours plus grand du festival. Fidèle à sa tradition, le NIFFF a une fois de plus réuni à Neuchâtel une palette d’invités prestigieux et proposé des regards originaux sur l’histoire et l’actualité du cinéma de genre. A travers 135 projections, un ciné-concert, plusieurs conférences et débats, le fantastique a été décliné durant neuf jours dans toute sa diversité.

Les treize titres de la Compétition Internationale ont attiré de nombreux festivaliers et donné lieu à de multiples échanges avec les invités présents. Largement plébiscitées par le public, les sections Films of the Third Kind et Ultra Movies inaugurées l’an dernier ont quant à elles confirmé la place d’importance qu’elles occupent désormais au sein de la sélection. Parmi les autres points forts de cette édition 2012 : le ciné-concert inédit Metropolis, proposé en collaboration avec le Nouvel Ensemble Contemporain (NEC) ; la rétrospective When Musical Rocks !, qui a notamment fait salle comble lors d’un délirant Rocky Horror Picture Show Live ; la forte affluence des rencontres littéraires New Worlds of Fantasy, qui proposaient u ! ne conférence animée par Grzegorz Rosinski, dessinateur de Thorgal ; le « Call for Projects : Swissgames 2012/2013 » annoncé dans le cadre du Symposium Imaging the Future et organisé en collaboration avec la Fondation suisse pour la culture Pro Helvetia et la FONDATION SUISA.

PALMARES NIFFF 2012

COMPETITION INTERNATIONALE

LE JURY INTERNATIONAL
Jeff Lieberman (réalisateur, USA), Alexandre Courtès (réalisateur, FR), Lars Diurlin (président du LIFFF – Lund International Fantastic Film Festival, SE), David Pirie (scénariste et auteur, UK) et Jennifer Ulrich (actrice, ALL) décerne le prix suivant :

Le prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film à :

CITADEL de Ciarán Foy, Irlande

Mention spéciale à :

VANISHING WAVES de Kristina Buozyté, Lituanie

Verdict du jury : « Pour un film qui mêle science-fiction et faits scientifiques afin de raconter une histoire d’amour originale située dans un autre monde au design extraordinaire. »

LE MAD JURY
Gilles Esposito (journaliste, Mad Movies, FR), Alexandre Poncet (journaliste, Mad Movies, FR), Sébastien Gerber (lecteur Mad Movies, CH) décerne :

Le prix du film le plus « Mad » à :

RESOLUTION de Justin Benson & Aaron Moorhead, USA

Mention spéciale à :

CITADEL de Ciarán Foy, Irlande

Le PRIX DE LA JEUNESSE DENIS-DE-ROUGEMONT distingue :

THE BUTTERFLY ROOM de Jonathan Zarantonello, Italie

Le PRIX TITRA FILM est attribué par le public à :

GRABBERS de John Wright, Royaume-Uni

LE JURY MELIES
Elena Tatti (productrice, CH), Michael Sennhauser (critique de films SRF, CH), Michael Steiner (réalisateur, CH) décerne le prix suivant :

Méliès d’argent du meilleur long métrage européen à :

CITADEL de Ciarán Foy, Irlande

Le film est ainsi nominé pour le Méliès d’or, qui sera décerné lors de la 45e édition du Festival Internacional de Cinema Fantàstic de Catalunya à Sitgès en octobre 2012.

Le PRIX RTS DU PUBLIC revient à :

GRABBERS de John Wright, Royaume-Uni

Le PRIX DU MEILLEUR FILM ASIATIQUE est attribué par le public à :

REMINGTON AND THE CURSE OF THE ZOMBADINGS de Jade Castro, Philippines

COMPETITION SSA/SUISSIMAGE DE COURTS METRAGES SUISSES

LE JURY SSA/SUISSIMAGE
Antoine Jaccoud (délégué SSA & Suissimage, CH), Patrizia Abderhalden (directrice de l’EPAC, CH) et Basil Da Cunha (réalisateur, CH) décerne les prix suivants :

Le Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur court métrage suisse à :

ZIMMER 606 de Peter Volkart

Le Prix Taurus Studio du meilleur film à :

ZIMMER 606 de Peter Volkart

Le Prix Taurus Studio à l’innovation à :

MAGNETFELDER de Jan-Eric Mak

La nomination pour le Méliès d’or du meilleur court métrage européen va à :

ZIMMER 606 de Peter Volkart

NIFFF 2012 - Septième jour

Septième journée au NIFFF et avant-dernière en ce qui me concerne. C’est avec une bonne équipe d’amis et nos deux Belges que je me rends à la séance de God Bless America de Bobcat Goldthwait. La vie de Frank n’est pas des plus faciles, il est insomniaque, ses voisins sont des connards, il vient de se faire virer de son job et son médecin lui annonce une tumeur inopérable au cerveau ; il n’en fallait pas plus à Frank qui en avait déjà marre de la société américaine pour partir dans une croisade contre les méchants de ce monde. God Bless America est un film en attente de faire une controverse, et qui déjà scinde la foule du NIFFF en deux, on adhère ou on trouve que le réalisateur se mord la queue. Pour ma part, avec une nuit de sommeil en plus et pas mal de réflexion, je suis pour. Je pense que les gens peuvent être déçus en voyant le trailer qui met surtout en avant les scènes plus violentes et gore du film, mais derrière tout ça, il y a un vrai contexte social et politique. C’est donc un film qui par en guérilla contre les conneries des émissions de téléréalité, l’abrutissement d’une civilisation, la méchanceté et le manque cruel de compassion et de politesse dans les États-Unis actuels. Goldthwait réussit le pari de nous faire rire tout en nous obligeant à faire une mise au point sur le monde dans lequel on vit ! En plus, le film est très bien réalisé, de beaux plans, un montage dynamique et deux acteurs principaux qui cassent la baraque. Il faut quand même noter une fin un peu longuette (les 20 dernières minutes) où la morale s’emmêle les pattes. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faudrait passer à coté de ce film et encore moins écouter Damien et Quentin qui ne l’ont pas aimé…

Pour continuer la soirée, direction les bons vieux cinémas Apollo pour la projection 3D de Piranha 3DD de John Gulager. Quentin et moi perdons malheureusement Damien en route pour le retrouver après la séance et l’air totalement dépité. Y a-t-il vraiment besoin de donner un synopsis pour Piranha 3DD ? Mais en gros, l’histoire se déroule 2ans après la tragédie de Lake Victoria, dans un parc aquatique appelé Big Wet. L’eau de ce parc est directement pompée du lac et la nappe phréatique pleine de piranhas qui ont faim. Sérieusement quand on va voir la suite de Piranha 3D, on sait très bien à quoi s’attendre : des nichons, du sang et du fun. Et le film nous livre exactement cela avec en plus un David Hasselhoff en grande forme. C’est ridicule, moins bien réalisé que le premier (sauf au niveau 3D, pour une fois pas converti post-prod) mais on adore. Personne ne va vous dire que c’est un bon film, mais c’est un bon film de style série B et c’est tout ce qu’on en attendait.

Voilà, déjà le dernier jour du NIFFF pour moi et rien de tel qu’un vendredi 13 pour visionner un film de maison hantée. C’est avec When the Lights Went Out de Pat Holder que je vais clore cette 12ème édition du NIFFF et je ne regrette pas mon choix. En 1976, une famille déménage dans une maison du Yorkshire en Angleterre. Tout de suite après leur arrivée, des événements bizarres commencent à se produire, des objets changent de place, des bruits étranges se font entendre et les plombs sautent mais surtout, cette présence semble particulièrement s’intéresser à Sally la petite fille de 13 ans. Une maison hantée dans la veine la plus british possible. Pour l’anecdote, le réalisateur Pat Holder veut nous faire croire que la petite Sally n’est autre que sa propre mère. Affirmation fausse ou non, on en a clairement un peu marre des films qui cherchent désespérément à s’ancrer dans la réalité quand cela n’apporte rien à l’œuvre (le spectateur n’est pas con, il a compris qu’il vient voir un film pas un documentaire). Il faut avouer que When the Lights Went Out ne nous offre rien de nouveau et d’exceptionnel du coté de la maison hantée et Holder reprend beaucoup des clichés habituels : chute de température, bruits et reflets furtifs. Mais ce n’est pas à cause de ces deux trois broutilles que le film ne fonctionne pas, au contraire. Le film réussit brillamment à jongler entre des moments de tension et d’humour qui confèrent un dynamisme au récit. La mise en scène n’est pas loin d’être parfaite et on se perdrait presque dans les années septante tellement les décors sont pointilleux. Les acteurs sont tous très bons mais c’est surtout le jeu des deux plus jeunes de l’équipe qu’on remarque, Tasha Connor qui interprète Sally et Hannah Clifford qui elle joue son amie Lucy. Deux jeunes talents sur lesquels il faut garder un œil. Un bon petit film qui nous tient en haleine et qui finit parfaitement ce festival sur une note fantastique.

NIFFF 2012 - Les tops et les flops

De véritables réussites effacent de gros échecs...

Tout au long de ce NIFFF 2012, les échecs ont fait place aux véritables OFNI, aux oeuvres bien barrées et autres réussites inattendues. Fort d’une programmation de haut vol, le festival neuchâtelois a une nouvelle fois prouvé sa montée en puissance au fil des ans. Avec une affluence en constante augmentation et un bouche-à-oreille qui a permis aux salles de se remplir de façon parfois inattendue, l’événement a plus souvent soufflé le chaud que le froid au niveau de la qualité des oeuvres projetées. Entre la pépite Resolution et l’arnaque Chernobyl Diaries, l’équipe de CF retrace brièvement les tops et les flops du festival.

LES TOPS :

- Resolution, de Justin Benson, Aaron Moorhead, USA

- Citadel, de Ciarán Foy, Irlande

- Replicas, Jeremy Regimbal, Canada

- Excision, Richard Bates Jr., USA

- Eddie the Sleepwalking Cannibal, Boris Rodriguez, Canada

- Grabbers, Jon Wright, Royaume-Uni

- When the Lights Went Out, Pat Holden, Royaume-Uni

- REC 3 : Genesis, Paco Plaza, Espagne

LES FLOPS :

- The Mooring, Glenn Withrow, USA

- New Kids Nitro, Steffen Haars, Pays-Bas

- Chernobyl Diaries, Brad Parker, USA

- Isn’t Anyone Alive, Gakuryû Ishii, Japon

- Petaling Street Warriors, Lee James Thim Heng et Yuen Sampson Choi-Hin, Malaisie

- The Path, Miguel Angel Toledo

NIFFF 2012 - Les avis chiffrés des chroniqueurs

L’heure du bilan...

Après les tops et les flops du NIFFF 2012, voici donc l’intégralité des avis chiffrés des chroniqueurs de CF concernant l’entièreté des films vus entre le 6 et le 14 juillet. Outre les réussites et ratages indiscutables présentés dans l’article précédents, vous constaterez que quelques oeuvres ont divisé au sein de la rédaction et, en attendant les critiques proprement dites, il est toujours bon de déjà se (re)plonger dans l’évaluation chiffréede métrages qui, pour beaucoup, verront sans doute le jour en DVD.

Films Sophie Damien Quentin
Film d’ouverture /5 /5 /5
Holy Motors 2,5 - -
Film de clôture /5 /5 /5
Cabin in the Woods - 3 4
Compétition internationale /5 /5 /5
Akam 1,5 1 -
Citadel 4,5 4 3
Eddie the Sleepwalking Cannibal 4,5 3 3,5
Excision 4 3 4
Grabbers 4,5 3 3,5
Harold’s Going Stiff - 1,5 2
Maniac 3,5 - -
New Kids Nitro 1,5 0 0
Resolution - 4 3
The Butterfly Room - - 1
The Path - 1,5 1,5
Vanishing Waves - 3 2,5
When the Lights Went Out 4 3 3
New Cinema from Asia /5 /5 /5
Ace Attorney - 3 3
Doomsday Book - 2 2,5
Howling - 2 3
Isn’t Anyone Alive - 0,5 0
Petaling Street Warriors 0 1 1
Remington and the Curse of the Zombadings - 2 -
The Great Magician - 2 2
Ultra Movies /5 /5 /5
205 Room of Fear - 1 -
Inbred 3 2 3
Manborg - - 0,5
Paura 3D - 2 2
Piranha 3DD 2,5 1,5 3
The Incident - - 3
The Mooring 1 0 0
Films of the Third Kind /5 /5 /5
God Bless America 3,5 2 2,5
Kid-Thing 1,5 - -
Replicas 3,5 3 4
Sons of Norway - - 4
The Raven - 2 2
Point of View /5 /5 /5
Emergo - 2 -
REC 3 : Genesis - 3 3,5
V/H/S - 2 3,5
Chernobyl Diaries - 0 0,5

NIFFF ON STREAM - The Berlin File

Damien Taymans

Une entame qui rappelle le goût du cinéaste Seung-wan Ryoo pour les intrigues complexes (The Unjust). Progressivement, celle-ci se délaie et le puzzle se met en place. Un film d’espionnage dans la lignée de ses illustres aînés bondiens qui manque parfois de rythme et étire certaines de ses idées jusqu’à l’essoufflement.

Quentin Meignant

Malgré une multitude de personnages, The Berlin File est un divertissement tout à fait honnête avec de belles séquences d’action et une intrigue très travaillée.

NIFFF ON STREAM - Shield of Straw

Damien Taymans

Miike exploite avec brio son concept sur la première heure puis tourne invariablement en rond, en surlignant chaque émotion et en faisant effectuer à ses personnages - qui se réduisent à peau de chagrin - d’incessants allers-retours. Quant au code de l’honneur nippon, il est servi à toutes les sauces, sans la moindre délicatesse..

Quentin Meignant

Du Miike malheureusement devenu habituel : une première heure potable suivie d’une seconde vite et mal expédiée. Et pour ne rien gâcher, un flic plus lourdingue que jamais.

NIFFF ON STREAM - You’re next

Damien Taymans

Un survival comme on n’avait plus vraiment l’habitude d’en voir. Ingénieux, hargneux, You’re next est un carnage jouissif et méga poilant...

Quentin Meignant

Drôle, intelligent, plein de suspense et de gore, ce home invasion est un must dans le domaine !

NIFFF 2013 - Compte-rendu du 6 juillet

Première journée de qualité...

Quel plaisir de revoir la Suisse et ses fabuleux habitants dans le cadre d’un festival tel que le NIFFF. Certes le déplacement ne se fait pas sans mal quand on est un duo de belges sans GPS, mais le plaisir est bien au rendez-vous une fois les quelque 700 kilomètres de route bouclés. Entre le charme de la ville de Neuchâtel et celui, non moins appréciable, des organisateurs du festival, le cadre est bel et bien planté.

Et dans ce cadre, nos amis font joli, très joli même : la Miss Grob(e) est là, souriante et enjouée comme à l’habitude, et nos copains chroniqueurs-concurrents-amis sont de la fête. Tous les ingrédients sont donc réunis pour de premières projections étonnantes, à commencer par The Berlin File, nouveau film du sud-coréen Seung-wan Ryoo, déjà responsable du remarqué The Unjust. Si le pitch de départ annonce un film d’espionnage pur et dur, c’est avec surprise que le métrage bascule plus d’une fois dans le domaine de l’action à tout-va, offrant notamment quelques scènes d’une redoutable efficacité au niveau de leur mise en scène. Seung-wan parvenant de surcroît à mettre sur pieds une intrigue complexe et passionnante, cette première découverte au NIFFF 2013 est à placer sous le signe de la qualité.

C’est malheureusement tout l’inverse de l’oeuvre qui suit : Shield of Straw de Takashi Miike, récemment conspué au Festival de Cannes. Si, pour tout amateur de films de genre, le fait de voir l’un des maîtres en la matière hué de la sorte a quelque chose de profondément navrant, force est de constater que le public cannois avait de "bonnes" raisons de ruer dans les brancards. Shield of Straw est à l’heure actuelle la plus parfaite illustration du changement de carrière de Miike. Auparavant inspiré et délirant, le metteur en scène s’attèle désormais à la réalisation de blockbusters sans âme. Pourtant prometteur durant sa première heure, Shield of Straw souffre par la suite de longueurs à peine descriptibles, d’un manque d’intérêt certain et, surtout, d’une caractérisation des personnages poussée à l’extrême.

Ceci tranche carrément avec la dernière projection de la soirée, You’re Next qui brille par son intelligence à tous les niveaux. Enfant chéri du festival, Adam Wingard n’est pourtant pas un modèle d’inventivité à l’habitude, mais, aidé de son compère Simon Barrett, il livre ici le script le plus barré de sa carrière. Jouant avec les ficelles du home invasion, le cinéaste parvient à jouer la carte de l’originalité, du gore et de l’humour.

Cette très belle surprise, qui restera à n’en pas douter l’un des moments forts du festival, vient clore une première journée très agréable sous le généreux soleil suisse.

NIFFF ON STREAM - The Crack

Damien Taymans

Ce thriller colombien s’avère tantôt malsain tantôt rébarbatif et perd toute ampleur à cause du faux rythme qu’imprime le cinéaste à son récit.

Quentin Meignant

Victime d’un rythme emprunté et d’un traitement un peu trop auteurisant, The Crack s’appuie néanmoins sur un climax et des personnages impressionnants.

NIFFF ON STREAM - Der Ausflug

Damien Taymans

Après les louves-garoutes lubriques de Red Sword, elles débarquent sans poil dans les paysages germaniques. Le résultat : même pas sensuel, juste balourd...

Quentin Meignant

Une excursion qui tourne au vinaigre mais seulement pour le spectateur.

NIFFF ON STREAM - Les Rencontres d’après minuit

Damien Taymans

Une œuvre qui saura séduire notre Alan Deprez et qui explore les appétits sexuels avec exotisme et humour. En revanche, côté mise en scène, ça reste trop sage et classique

Quentin Meignant

Voir Eric Cantona affublé d’un énorme engin, ça n’a pas de prix. Et comme les dialogues suivent, le film devient un bon moment...

NIFFF ON STREAM - Eega

Quentin Meignant

Une oeuvre attachante, intelligente et rythmée en diable. Les deux heures d’aventures proposées paraissent bien courtes au vu de la qualité de cet incroyable divertissement.

Damien Taymans

Malgré les plus de 2 heures de film, impossible de prendre la mouche. Pis, on redemanderait même quelques battements d’ailes supplémentaires...

NIFFF ON STREAM - The Dyatlov Pass Incident

Quentin Meignant

Zéro, comme zéro tension, zéro suspens, zéro rythme. Zéro, synonyme de marasme absolu...

Damien Taymans

"Je n’écrirai rien sur votre film, c’est une merde !" (un journaliste à la sortie de la vision de presse malgré l’attachée qui se trainait à ses pieds)

NIFFF ON STREAM - Simon Killer

Quentin Meignant

Simon n’est pas vraiment un killer mais un fameux manipulateur séducteur. Cela nous vaut quelques physiques agréables et Campos n’a pas son pareil pour mettre en place une ambiance poisseuse.

Damien Taymans

De rencontres en rencontres, Simon se libère et se rapproche inexorablement d’un enfer qu’il pave lui-même dans un Paris métamorphosé en cité de luxure. Le récit traîne cependant à révéler ses enjeux et se montre parfois trop sage dans sa recherche d’érotisme

NIFFF ON STREAM - We are what we are

Quentin Meignant

Une très belle relecture du genre cannibale bien servi par un excellent casting et les progrès, décidément constants de Jim Mickle en matière de mise en scène.

Damien Taymans

Le cinéma de Mickle reste ce qu’il est : une étude de l’horreur au scalpel avec des images justes et fortes.

NIFFF ON STREAM - Animals

Quentin Meignant

Un plongée dans l’imaginaire adolescent, ses difficultés, ses peurs et ses envies. Les décors magnifiques de cette fable aide celle-ci à distraire malgré son manque de rythme.

Damien Taymans

L’adolescent évolue à pas feutrés sur un fil qui peut s’avérer fatal à chaque nouveau mètre. La peinture est à la fois juste, émouvante et drôle.

NIFFF 2013 - Compte-rendu des 7 et 8 juillet

Comme chaque année, les deux nigauds belges que nous sommes avaient oublié quelques spécificités de la Suisse, à commencer par ses prises électriques étranges qui ne nous ont pas permis de recharger notre matériel depuis le début du festival. L’oubli est rattrapé grâce à notre logeuse et son adaptateur, nous lui dédions donc cet article qui est aussi l’occasion de souligner le grand bonheur que nous avons eu de retrouver Jacqueline, tenancière du Bleu Café, haut lieu culturel et gastronomique du coin. Avec sa gouaille habituelle, la dame demeure l’une des attractions de Neuchâtel qui compte aussi sur cette très belle édition du NIFFF pour faire vivre les environs.

Et, à ce titre, dimanche, jour de repos pour de nombreux commerçants, s’est avéré assez morne, tant au niveau de l’animation de la ville que des films que nous avons eu à découvrir. The Crack, film colombien doté d’une certaine réputation, brillait ainsi certes par un beau climax mais son manque flagrant de rythme venait entacher une seconde partie de film dont le seul attrait était l’omniprésence d’une actrice sexy au possible. Il est aussi question d’une certaine sensualité dans Der Ausflug, création suisse malheureusement desservie par une photographie infecte et une mise en scène trop linéaire. La bonne surprise de la journée viendra donc étonnamment des Rencontres d’après minuit de Yann Gonzalez qui, sans être un top film, constitue un divertissement très original. Film érotique qui ne se distingue pas vraiment par des scènes d’une sensualité folle, Les Rencontres d’Après Minuit brille notamment par la présence... d’Eric Cantona, plus enjoué que jamais, qui distribue à l’assemblée quelques répliques hilarantes (dans sa bouche). Le côté très littéraire des dialogues demeure par ailleurs la principale force de cette belle surprise.

Si la journée de dimanche pouvait donc être considérée comme assez pauvre, celle de lundi, au contraire, a été attrayante de bout en bout. Avec Eega en vision de presse, la journée ne pouvait en tout cas pas mieux commencer, le film telugu offrant sa bonne humeur permanente dans un bel écrin alliant rythme, chants de qualités et séquences spectaculaires à foison. Tout le contraire de The Dyatlov Pass Incident, found footage signé par Renny Harlin, qui dès ses premières minutes, sombre dans l’ennui. Ultra-documenté, le métrage étale son savoir à défaut de proposer un certain savoir-faire, Harlin reprenant simplement les codes déjà bien usés d’un sous-genre à l’agonie. Heureusement, cette longue vision de presse était le seul moment négatif de la journée, les trois visions publiques étant, elles, de belle qualité. Le Simon Killer d’Antonio Campos mettait ainsi à mal la sérénité des spectateurs avec une ambiance glauquissime dans un Paris plus sombre que jamais. Suivant les pérégrinations d’un héros perturbé par les aléas de la vie, le métrage aurait peut-être mérité un traitement final un peu plus violent mais s’en sort néanmoins avec les honneurs. Il en va de même pour le nouveau film de Jim Mickle, We are what we are, qui revisite habilement le thème cannibale et offre quelques moments particulièrement impressionnants. Malgré un final désarçonnant, il s’agit là d’un des plus beaux efforts de ces dernières années dans le domaine. Histoire de finir la journée sur un ton plus révérencieux, l’espagnol Animals constituait sans doute la touche idéale en dépeignant avec une grand intelligence l’adolescence torturée, ses envies, ses peurs et ses besoins. Certes pas toujours très rythmée, le métrage de Marçal Forès constitue une autre surprise de ce treizième NIFFF.

L’événement suisse se déroule donc pour l’instant à merveille, le tout sous un soleil très généreux. Et comme nous avons retrouvé notre Jacqueline et ses bons petits plats, le tout paraît plus idyllique que jamais...

NIFFF ON STREAM - Chimères

Damien Taymans

Chimères redonne un peu de souffle au mythe vampirique. La réalisation d’Olivier Beguin et les effets de David Scherer transforment cette chronique en une œuvre âpre, brutale, percutante. Touchante surtout, dans sa description du couple central.

Quentin Meignant

Tranchant carrément avec les vampires contemporains, Chimères brille par son originalité, notamment durant les quelques séquences oniriques où excellent les maquillages de David Scherer. Hormis quelques longueurs dans le final, Olivier Beguin réalise là un très bel exercice.

NIFFF ON STREAM - A Liar’s Autobiography 3D

Quentin Meignant

Très original visuellement, A Liar’s Autobiography 3D contient aussi une belle part de bonne humeur et fait preuve d’un grand brio au niveau des dialogues.

Damien Taymans

Surréaliste comme du Monthy Python. Une autobiographie mensongère aux animations parfois grossières mais brillamment bordélique.

NIFFF ON STREAM - Dark Touch

Quentin Meignant

D’ores et déjà LE choc du festival et peut-être même l’une des oeuvres les plus traumatisantes de l’année. Marina de Van s’inspire de quelques chefs-d’oeuvre du genre pour concevoir un ensemble particulièrement dantesque. Le genre de film qui ne s’oublie pas...

Damien Taymans

Marina de Van confirme, avec Dark Touch, qu’elle est bien plus qu’une auteure à suivre, mais la plus incroyable représentante du royaume des ténèbres. Sans concessions, ce film est un uppercut qui restera durablement dans les annales, aux côtés des Révoltés de l’an 2000, Joshua ou Le Village des Damnés.

NIFFF 2013 - Compte-rendu du 9 juillet

La journée d’un festivalier oscille souvent entre petites contrariétés et gros plaisirs cinéphiliques. Cette journée du 9 juillet en est la preuve parfaite. En effet, si notre duo bien belge a failli mourir de faim suite à une incompatibilité d’horaire avec son restaurant préféré (erreur réparée en beauté avec une corbeille de pilons de poulet (ben oui, on ne se refait pas), la qualité des films mis en présence frôlait l’excellence.

A ce titre, la journée commençait forcément de manière formidable avec le Chimères d’Olivier Beguin lors d’une séance qui voyait le Temple du Bas se remplir à trois quarts. Le succès a été au rendez-vous pour le cinéaste suisse qui fut acclamé en fin de séance. Revisitant le mythe vampirique à sa manière, l’oeuvre allie tour à tour onirisme, action et effets spéciaux de qualité pour donner un ensemble tout à fait respectable. Hormis quelques longueurs (tout à fait excusables) dans le final, Chimères est à ranger au rayon des belles réussites de ce festival et constitue un pas en avant indéniable pour le cinéma d’horreur suisse.

Histoire de décompresser après ces quelques instants de tension, la projection de A Liar’s Autobiography 3D était idéale, plus encore pour les nombreux fans de Monty Python présents dans la salle. Alliant humour, dialogues de qualité et graphismes originaux, le métrage permet, sous le signe de l’humour, d’en découvrir plus sur Graham Chapman, personnage singulier et un brin mythomane.

Ce moment de détente ne laissait pas réellement présager de la claque qui allait s’en suivre. A peine sortis d’une corbeille de poulet, il était déjà temps pour nous de découvrir Dark Touch, le dernier né de l’imagination torturée de Marina de Van. Et le choc, pas forcément annoncé, est bel et bien au rendez-vous : alignant les images et les idées glauques, le métrage agit tel une chape de plomb sur le spectateur. La réalisatrice parvient même à rendre plus horrible encore un thème pourtant déjà difficile à aborder. Dégageant tout le mal-être possible et imaginable d’une gamine abusée, recelant de véritables séquences gores et procédant même à un massacre hors normes, Dark Touch recèle toutes les "qualités" pour être LE choc de l’année. Ajoutons à cela de nombreuses références à des oeuvres bien connues et l’on obtient un ensemble qui devrait faire date.

Trois films, trois réussites, dont une inoubliable. C’est ce qu’on appelle une journée réussie le tout sous le beau soleil suisse...

NIFFF ON STREAM - Blind Detective

Damien Taymans

L’exposition génialissime cède sa place à une comédie policière d’honnête facture qui souffre d’une petite vingtaine de minutes excédentaires. Le couple de héros fonctionne à merveille et, si quelques gags tombent à plat, l’ensemble décoche quelques sourires.

Quentin Meignant

Un impeccable duo de comédiens au service d’un ensemble à la fois drôle et attachant. Plutôt rythmée, l’oeuvre ne souffre que de quelques longueurs rapidement oubliées vu le ton général très joyeux.

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NIFFF ON STREAM - Tik Tik : The Aswang Chronicles

Damien Taymans

Zombies from Banana Village n’est pas loin visuellement de cette production aux effets tout droit sortis d’une prod Asylum, aux acteurs au jeu approximatif et au scénario rempli d’incohérences.

Quentin Meignant

Le néant total : CGI dignes d’une cinématique de PS2, personnages pas charismatiques pour un sou, aventure sans rythme, et on vous en passe...

NIFFF ON STREAM - The Gangster

Damien Taymans

A quelques maladresses près, on tenait un Scorsese pur jus. Kongkiat signe un film de gangs qui exploite à merveille le modèle américain, réimplanté en Thaïlande. Exaltant et ultra-péchu, le must-see de la sélection asiatique.

Quentin Meignant

Une oeuvre magistrale à la Scorsese s’attelant à dépeindre des événements réels d’un autre temps. Une découverte culturelle et visuelle. Kongkiat Khomsiri est définitivement un grand réalisateur !

NIFFF ON STREAM - Contracted

Damien Taymans

Les pustules pullulent sans que la moindre originalité n’éclate. C’est bien moche l’herpès !

Quentin Meignant

Une dégénérescence physique plaisante qui vaut notamment quelques séquences bien craspac. Mais cela s’arrête malheureusement là tant l’histoire est poussive et l’actrice principale insipide dans son interprétation d’un personnage avec peu de jugeote.

NIFFF ON STREAM - Cheap Thrills

Damien Taymans

Un concept intrigant, un développement scénaristique sans faux pli. Jamais malsain, toujours intelligent, Cheap Thrills déroule avec rythme une incroyable course aux défis. Tout ce que 13 beloved n’était pas.

Quentin Meignant

Une oeuvre étonnante et fraîche qui met de côté l’aspect malsain qu’il aurait pu développer pour laisser toute latitude à une sorte d’étude comportement. C’est fin, très fin et d’ailleurs les héros en mangent sans fin...

NIFFF 2013 - Compte-rendu du 10 juillet

Après un mardi très rythmé qui a notamment dévoilé l’un des chocs du festivals, Dark Touch, ce mercredi 10 juillet a, lui aussi, recelé quelques belles surprises. Si le point d’orgue de la journée a sans aucun doute été la projection de The Gangster, l’une des plus belles trouvailles des organisateurs, celle-ci débutait déjà sous les meilleures augures avec la vision presse de Blind Detective.

La nouvelle création de Johnnie To allie en effet humour et action au sein d’une aventure menée tambour battant par deux personnages réellement attachant. Tantôt légère, tantôt intense, le plus souvent amusante, l’oeuvre ne souffre finalement que très peu d’un traitement parfois trop bouffon de son intrigue. Sans constituer un film phare dans la riche filmographie de Johnnie To, Blind Detective s’avère être un divertissement des plus efficaces.

Tout le contraire de Tik Tik : The Aswang Chronicles qui aurait simplement pu être anecdotique mais qui, à force d’étaler ses lacunes scénaristiques et ses CGI même pas dignes d’une cinématique de PS2, se rend détestable. Si la bouffonnerie est ici aussi de mise, elle est poussée à son paroxysme, ce qui n’aide pas une oeuvre qui, de manière paradoxale, se prend trop au sérieux. Heureusement, la projection de The Gangster est rapidement venue faire oublier cette déception, l’oeuvre de Kongkiat Khomsiri, très influencée par le cinéma de Martin Scorsese, fonctionnant en effet à merveille. Tiré d’une histoire vraie, celle de tout un peuple, The Gangster n’a rien à envier aux grands exemples américains et s’avère souvent particulièrement poignant. Influencé par le style documentaire à certains moments, le film recèle des séquences d’une ultraviolence dont le réalisme laisse pantois. Kongkiat Khomsiri est donc définitivement un Grand Monsieur du cinéma actuel.

La fin de soirée, rythmée par Contracted, premier long-métrage de l’américain Eric England, exercice de style autour d’une dégénérescence physique qui ne parvient jamais à convaincre, et Cheap Thrills, oeuvre intelligente qui pousse de fort belle manière deux paumés dans leurs derniers retranchements à cause de leur avidité, viennent clore la soirée. Cette journée aura finalement été émaillée de hauts et de bas mais, une nouvelle fois, les talents de dénicheurs des organisateurs suisses ont fait des merveilles.

NIFFF ON STREAM - The Philosophers

Damien Taymans

Par trop répétitif, The Philosophers s’enlise doucement mais sûrement dans son concept parfait pour un format court. Quant aux prétendues expérimentations dans le domaine de la pensée, elles s’avèrent aussi profondes et formatrices qu’un discours de Mélenchon à propos de l’économie.

Quentin Meignant

Si l’on omet le fait que le réalisateur fait évoluer ses protagonistes dans le jeu très enfantin "et si on disait que", ce qui est forcément très dommageable surtout vu la répétition de situations similaires, les images sont belles. C’est déjà bien pour tromper l’ennui..

NIFFF ON STREAM - 009 Re : Cyborg 3D

Quentin Meignant

De très belles images qui viennent sauver un propos pas toujours très clair qui vire carrément au spirituel durant le final. Le relief est quant à lui réussi mais pas suffisamment exploité.

NIFFF ON STREAM - Raze

Damien Taymans

La même scène de lutte reproduite à l’envi et zéro caractérisation. Les WIP étaient déjà un courant naze dans les seventies, mais aujourd’hui, c’est carrément obsolète et ridicule.

Quentin Meignant

Un chouette concept... pour un court métrage qui, forcément, s’essouffle rapidement. Les bastons à répétition, qui se ressemblent toutes comme deux gouttes d’eau, viennent saper l’idée originale.

NIFFF ON STREAM - Gallowwalkers

Damien Taymans

Quentin a raison...

Quentin Meignant

LA catastrophe du NIFFF. Une oeuvre abjecte à tout point de vue : d’un Wesley Snipes d’un immobilisme rare à de graves manquements à la réalisation en passant par un script improbable voire incompréhensible, tout est rassemblé pour rendre le tout détestable...

NIFFF 2013 - Coup de coeur

DARK TOUCH

Sous une averse, la jeune Neve rejoint la maison de ses voisins. Bouleversée, ensanglantée, la fillette semble être la victime de bourreaux. C’est que, la nuit tombée et toutes les portes fermées, elle est abusée par ses géniteurs. Les chaussures parfaitement alignées au pied du lit, le slip descend doucement et le calvaire de la jeune fille débute. Une nuit, affolée par des phénomènes étranges qui se produisent dans sa chambre, Neve court prendre son petit frère et se réfugie dans une armoire tandis que les objets s’agitent autour d’eux et tuent leurs parents. Le couple de voisins/amis prend sous son aile l’orpheline qui, dans le drame, a perdu son petit frère mort écrasé entre ses bras. Au cœur de cette famille aimante, la vie de Neve devrait devenir plus légère. Pourtant, même dans ce nid moelleux, le mobilier gigote et les gestes de tendresse de ses parents de remplacement ressemblent aux attentions déplacées de sa famille d’origine...

Marina De Van, après avoir trempé ses mimines dans les tripes du cinéma de Cronenberg, visite le Carrie de de Palma, convoque Les révoltés de l’an 2000 pour un petit périple dans Le village des damnés. La première séquence où se manifestent les pouvoirs télékinésiques de la gamine donne le "la" : Dark Touch sera une œuvre jusqu’au-boutiste et folle ou ne sera pas. En guise de psychanalyse, Marina de Van délivre toute sa hargne, imprime toutes ses angoisses sur cette pellicule qui met en exergue l’impossibilité communicationnelle entre le monde des adultes, jouant la comédie de l’éducation ("A l’époque, l’école se chargeait de l’éducation. Aujourd’hui, tout le monde a un avis."), pris au piège entre le culte de l’enfant-roi et les méthodes rigides et immuables de ses ancêtres, et celui des enfants, cobayes non-consentants de ces expérimentations éducatives. Coincée dans cette brume, Neve (l’impressionnante et flippante Missy Keating) se méfie des coups de ceintures comme des caresses et développe dans ce chaos une morale singulière, héritage de ces allers-retours émotionnels dont elle est la victime.

Dans son dernier acte, Dark Touch rejoint définitivement le panthéon des œuvres de "gamins tueurs" les plus viscérales. Marina de Van signe un film puissant, séminal, qui s’abandonne totalement, au mépris de la bienséance, à explorer jusque dans les abîmes les plus profondes les blessures physiques et psychologiques de ces blessés de l’âme.

NIFFF 2013 - Compte-rendu du 11 juillet

Dans un festival, il y a toujours des journées sans. Des journées sans bon film et surtout sans glace... C’est ce que l’on retiendra donc de cette journée du 11 juillet dont l’image restera celle du petit Richard B. du site SFU à la recherche d’une crème glacée dans Neuch’ sur le coup de 22 heures (à cette heure-là tout le monde dit Neuch’). Le pauvre en sera pour ses frais, le sésame tant espéré ayant disparu derrière les rideaux de fer des commerces et ce fut une véritable torture de le voir regagner son hôtel en claudiquant (son orteil a été le premier à craquer suite au manque de glace).

Quoi qu’il en soit, cette histoire peut être considéré comme la plus palpitante de la journée eu égard au programme ambitieux que nous nous étions concoctés. Quatre films, quatre déceptions pendant que d’autres éclataient de rire devant Ghost Graduation et Au Nom du Fils, deux films que nous avions déjà découverts lors du dernier BIFFF.

Notre programme, lui, était donc forcément moins alléchant avec un début d’après-midi placé sous le signé de la philosophie ou plutôt de l’imagination de quelques adolescents et leur professeur en manque de sensation. The Philosophers tente tant bien que mal de surfer sur le peu de rythme des histoire très "et si on disait que" de personnages sans empathie. La chose est ratée notamment à cause de répétitions au niveau de la narration.

La narration était aussi le gros problème de 009 Re:Cyborg 3D, ensemble presque incompréhensible aux personnages pas vraiment développés. Visuellement très réussie, l’oeuvre souffre néanmoins de nombreuses longueurs et d’un relief mal exploité.

Après une pause pizza (et quelle pizza ! Désolés Jacqueline pour cette infidélité ! - NDLR), il était temps de se diriger vers la projection de Raze avec, déjà, les premiers rêves de crème glacée de Richard en toile de fond. Totalement dispensable, le métrage aurait pu jouer dans la cour du fun et ne pas simplement composer avec des héroïnes sans personnalité et un enchevêtrement de combats similaires. L’intéressant concept, idéal pour un court, ne tient donc pas la longueur.

Gallowwalkers finissait par entériner ce jour sans en se profilant comme le gros nanar du festival, un film sans rythme et sans âme qui faisait sombrer le public dans une somnolence collective.

NIFFF ON STREAM - Haunter

Damien Taymans

Le concept est un peu rebattu mais Natali emballe le tout avec brio pour tenir le spectateur en haleine. Comme ses précédents travaux, Haunter est une pochette-surprise pas toujours très aboutie...

Quentin Meignant

Natali signe une ghost story plutôt originale mais oublie en chemin les codes de l’angoisse et ponctue son oeuvre par un final décevant.

NIFFF ON STREAM - 7 Cajas

Damien Taymans

7 cajas séduit par son exotisme, la magie de sa mise en scène et quelques seconds rôles sympathiques. Mais le parcours est semé d’embûches superflues et s’avère, la plupart du temps, peu haletant...

Quentin Meignant

Un jeu du chat et de la souris étiré sur 1h40. Pas vraiment de rythme pour une approche des difficultés financières de la classe moyenne paraguayenne.

NIFFF ON STREAM - Tulpa

Damien Taymans

Zampaglione a correctement révisé ses leçons giallesques. Mais certaines audaces visuelles tombent à plat (de l’Argento actuel), les séquences érotiques évoquent Aphrodisia et les outrances gore amoindrissent l’impact des meurtres.

Quentin Meignant

Un hommage aux gialli qui reprend avec un certain brio les ingrédients du genre : du gore généreux, une tension convaincante font oublier la maladresse de l’érotisme. Reste que l’héroïne est sublime...

NIFFF 2013 - Compte-rendu du 12 juillet

Après quelques projections moins convaincantes le 11 juillet, c’est du bon pied que nous avons tardivement entamé la journée du 12, sur le coup de 17h30 (la sieste en festival, c’est un véritable luxe !) avec Haunter, le retour aux affaires de Vincenzo Natali. Cinéaste reconnu par sa profession, notamment eu égard au succès de Cube et à des oeuvres étonnantes telles que Nothing ou Cypher, Natali prouve une fois de plus son amour pour le néant et l’originalité. Il crée pour ce faire une ghost story qui multiplie les canons du genre tout en les assemblant de manière inédite. Malheureusement, la sauce ne prend pas réellement, tant au niveau de l’angoisse, quasi inexistante, que du rythme général, vraiment faible. Reste à apprécier à sa juste valeur le casting et notamment l’impeccable prestation Abigail Breslin.

La séance suivante est par contre une véritable torture. Non pas que 7 Cajas soit mauvais, mais la chaleur ajoutée à une vessie trop pleine et l’impossibilité de sortir de la salle sans déranger des dizaines de personnes (un monde incroyable pour un film paraguayen) viennent quelque peu saper la projection. Les quelques belles idées de mise en scène sont pourtant louables dans ce jeu du chat et de la souris étiré sur une heure trente. Parfois drôle, parfois haletante, l’oeuvre connaît néanmoins de nombreuses longueurs tout à fait évitables.

Il n’en va guère de même pour Tulpa, giallo très court mené tambour battant par le passionné Federico Zampaglione. Le réalisateur transalpin, qui désirait rendre hommage à ses modèles en matière de giallo, emballe un ensemble certes imparfait mais dont les effusions sanguinolentes et l’intrigue en elle-même suffisent à en faire une réussite. L’érotisme, pourtant omniprésent, constitue le point noir du film vu la maladresse de sa mise en scène mais le physique très avantageux (votre humble serviteur est encore tombé amoureux - NDLR) de l’héroïne, campée par Claudia Gerini, suffit à rattraper le coup.

Une journée sans mauvais film, ce qui fait plaisir par rapport à la veille (à lire ICI), mais sans véritable canon incontournable... si ce n’est l’actrice transalpine.

NIFFF ON STREAM - How to use guys with secret tips

Damien Taymans

Une rom-com coréenne aussi sympathique que bigarrée.

Quentin Meignant

Une comédie colorée et pleine de bons sentiments des plus rafraîchissantes.

NIFFF ON STREAM - HK Fobidden Super Hero

Damien Taymans

Un super-héros doté de pouvoirs pervers affublé d’un string et de porte-jarretelles, c’est un concept fou qui amuse durant 10 minutes. Une fois la mécanique du rire connue et reconnue, l’ennui prend le dessus....

Quentin Meignant

Mon New Kids Nitro de cette édition. Lourd à tous les niveaux et jamais drôle, un comble pour un film qui ne misait que sur cela...

NIFFF 2013 - Top et Flop 5 de la rédaction

L’heure des bilans a sonné. Voici nos "Top" et "Flop" 5 de la sélection 2013 du NIFFF, toutes compétitions confondues...

TOP 5

Quentin Meignant

1 - Ghost Graduation

2 - The Gangster

3 - You’re next

4 - Eega

5 - Dark Touch

Damien Taymans

1 - Dark Touch

2 - Ghost Graduation

3 - You’re next

4 - The Gangster

5 - Cheap Thrills

FLOP 5

Damien Taymans

1 - Tik Tik - The Aswang Chronicles

2 - Here comes the Devil

3 - Der Ausflug

4 - Gallowwalkers

5 - Dyatlov Pass Incident

Quentin Meignant

1 - HK Forbidden Super Hero

2 - Tik Tik The Aswang Chronicles

3 - Gallowwalkers

4 - Dyatlov Pass Incident

5 - Ghost Sweepers

George R.R. Martin, invité d’honneur du NIFFF 2014 !

Déjà une belle affiche pour l’événement suisse...

Festival qui se tiendra du 4 au 12 juillet prochain dans la belle ville de Neuchâtel et que nous couvrirons comme chaque année dans son intégralité, le NIFFF cuvée 2014 vient de donner des premiers signes de vie très encourageants.

Les organisateurs viennent en effet d’annoncer officiellement que George R.R. Martin, le créateur de l’incroyable série Game of Thrones, serait l’invité d’honneur de l’événement, qui promet d’être une nouvelle fois de très grande qualité.

Outre la traditionnelle carte blanche accordée aux personnages de son rang (une sélection de films immanquables sera proposée, une masterclass publique se tiendra le 10 juillet dans le cadre du forum littéraire New Worlds of Fantasy.

NIFFF 2014 - Le départ des p’tits Belges

Entre tristesse et joie...

Pour des Belges, quitter leur plat pays le jour d’un match Argentine-Belgique est un véritable crève-coeur. C’est pourtant le choix opéré par l’équipe de CinemaFantastique qui, au bout d’un périple de 700 km, s’est retrouvée comme chaque année au bord du magnifique lac de Neuchatel.

Si cette journée était forcément plus placée sous le signe du football, la pression augmentant d’heure en heure à l’idée de voir les troupes de Willie dominer la bande à Messi, l’amour du cinéma imprégnait déjà bien la ville avec un grand nombre de festivaliers et, surtout, un accueil comme à l’habitude très agréable et professionnel de la part du service presse.

Ceux qui suivent un temps soit peu le football se doutent que, sur le coup de 20 heures, ce sont les larmes qui inondaient les mirettes des quelques belges présents sur place. Les larmes mais aussi un sentiment de fierté, d’une part par le simple fait que notre petit pays a existé quelques semaines aux yeux des grands, mais aussi d’autre part d’émotion à l’idée qu’un magnifique festival débutait. La joie de retrouver nos amis Neuchatellois, quelques potes belges et les gars de chez Scifi-universe suffira sans doute à penser nos plaies en très peu de temps. La tristesse est certes présente mais la joie n’en sera que plus belle : cette magnifique fête du cinéma s’annonce une nouvelle fois grandiose...

NIFFF ON STREAM - That Demon Within

Damien Taymans

Un flicaillon lutte contre un réseau de malfaiteurs et avec ses propres démons hérités de traumas subis lors de son enfance. Sans surprise, le récit se délite à mesure que les minutes s’égrènent et Dante Lam abuse des artifices du tout-numérique hong-kongais pour une série de vaines pétarades. Dans ce feu d’artifice intra et extradiégétique (montage ultra-cut qui rend illisible l’intrigue), quelques trop rares éclairs à sauver.

Quentin Meignant

Un polar qui reposait certes sur une belle idée de départ mais dont le développement est cousu de fil blanc.Le montage, tant visuel que sonore, est par ailleurs très maladroit,de même que quelques séquences jouant très clairement la carte de l’excès graphique. Restent seulement quelques scènes de gunfight valables et une véritable envie d’aller le plus loin possible. Le contrat n’est malheureusement pas rempli...

NIFFF ON STREAM - What we do in the Shadows

Damien Taymans

Ce concept (found footage rigolard qui nous plonge dans une communauté de vampires), notre compatriote Vincent Lannoo l’avait déjà utilisé pour son bien-nommé Vampires, mais avec bien moins de réussite. Incisif, mordant (sans mauvais jeu de mots), What we do in the shadows propose une foule de situations cocasses sans s’encombrer de gags forcément régressifs. Ca patine un peu dans la semoule en cours de route mais cette création mérite toute notre sympathie.

Quentin Meignant

Une comédie qui excelle par son originalité, son exploitation intelligente du phénomène found footage, la finesse dans son humour qui sait aussi se montrer gras et qui brille par l’interprétation des personnages principaux. Une très belle réussite.

NIFFF ON STREAM - Starry eyes

Damien Taymans

Erreur de casting pour ce film centré sur ce phénomène. Etonnant paradoxe. Starry eyes explore les coulisses de ces actrices prêtes à se damner pour accéder à un vedettariat mérité. Avec ce que cela comporte de sacrifices physiques ou sociétaux. Une idée plus que rebattue mais mal exploitée (contrairement au récent Helter Skelter). Pour se distraire, quelques petits moments gore ponctuent cette oeuvrette mièvre et inoffensive.

Quentin Meignant

Une base plutôt solide et une critique du système hollywoodien plutôt bien réussie laissent place à un marasme sans nom : histoire décousue et très longue ainsi que décrépitude physique comparable à celle du pénible Contracted. Rien n’est vraiment épargné au spectateur au niveau des longueurs, mais celui-ci peut néanmoins se repaître de quekques scènes gore particulièrement réussies...

NIFFF 2014 - New Zealand by night

Un found footage mordant...

Alors que beaucoup de spectateurs du NIFFF mais aussi quelques belges qui l’avaient manqué lors du BIFFF se ruaient au Théâtre du Passage pour découvrir la claque indonésienne Killers, le Festival neuchatellois connaissait réellement une soirée faste puisque l’énorme et magnifique salle du Temple du Bas affichait elle aussi complet.

La raison de cet engouement ? What we do in the Shadows, film néo-zélandais qui, avant même sa première projection, bénéficiait d’un bouche-à-oreille positif émanant de certains des programmateurs suisses mais aussi d’une aura internationale assez impressionnante encore renforcée il y a peu par un trailer plutôt alléchant (voir ICI).

Déjà auteur d’un beau parcours en festival (Sundance, Sydney, Berlin), le métrage, réalisé par Jemaine Clement, véritable agitateur public en Nouvelle-Zélande, grand ami de James Bobin et Bret McKenzie, et par Taika Waititi, est un mockumentary (faux documentaire) suivant les pérégrinations d’un clan de vampires vivant en collocation à Wellington, la capitale néo-zélandaises. Personnages hauts en couleurs au milieu de la nuit, il ne tardent pas à montrer leur vrai visage face à la caméra.

L’utilisation originale et détournée du found footage est, sur papier, l’un des grands intérêts du film et ne tarde pas à faire son petit effet. A la manière de Vincent Lannoo et de son Vampires, Jemaine Clement et Taika Waititi multiplient les face-caméra et donne à leur ensemble un véritable aspect documentaire. Les autres éléments du found footage sont, avec bonheur, très souvent éludés : deux petites courses poursuites et un seul cameraman chahuté prouvent que le but de l’oeuvre n’est ni l’action à tout-va ni le développement d’un quelconque sentiment d’angoisse.

Les metteur en scène n’y vont d’ailleurs pas par quatre chemins et instaurent dès le début une ambiance plutôt légère en prenant le temps de développer la personnalité de chacun des vampires, personnages singuliers et complètement cinglés. Les face-caméra jouent à ce titre un rôle prépondérant et permettent à Jemaine Clement et surtout à l’hilarant Taika Waititi, dont les mimiques sont inimitables, d’étaler leurs qualités d’acteurs.

La force de What we do in the Shadows réside aussi dans le comique de situation qui tranche carrément avec les scènes strictement documentaires avec un humour un brin plus gore et décapant. Le mélange entre le comique de situation potache et parfois bas de plafond et les bons mots disséminés au fil des témoignages s’avère être une parfaite réussite.

La seconde séance de What we do in the Shadows au NIFFF, qui aura lieu ce vendredi à 22h30 au Temple du Bas, devrait donc elle aussi afficher complet (on connaît l’importance du bouche-à-oreille durant le festival suisse) et l’on ne saurait qu’encourager les distributeurs francophones à se ruer sur cette belle petite pépite.

NIFFF ON STREAM - La Santa

Damien Taymans

Un Witching and Bitching italien nettement moins inspiré que son homologue ibère. Une variation survivalesque surprenante dès son entame qui s’essouffle un peu trop rapidement. Pourtant, y avait deux vierges et Dieu sait qu’on aime ça !

Quentin Meignant

Un véritable Braquage à l’italienne avec ses ragazzi et ses maquisards, carabines et fourches au menu. C’est foutrement mal filmé, souvent prévisible mais plutôt agréable à visionner.

NIFFF ON STREAM - Blind

Damien Taymans

En évoluant constamment entre rêve et réalité, fantasme et dépression, cette péloche norvégienne désarçonne souvent, enivre même parfois. Rarement un handicap aura été aussi brillamment dépeint avec quelques touches fantastico-oniriques plutôt prenantes. Mais d’ici à là, le film se traîne avec labeur...

Quentin Meignant

Blind évoque avec force les difficultés rencontrées au quotidien par les aveugles dans leur combat d’insertion mais rappelle surtout de manière efficace que la vie d’un cinéphile est bordée de longs, longs, loooongs moments d’ennui.

NIFFF ON STREAM - Puzzle

Damien Taymans

Le Japon éprouve quelques difficultés à se renouveler et sort un Battle-royale like sans ingéniosité et si naïf dans son approche et son besoin de tripoter dans le gorasse qu’il en devient de suite indigeste.

Quentin Meignant

Le degré zéro du film de collégiens japonais. Prévisible de bout en bout, jamais bestial comme il aurait dû l’être, Puzzle ne parvient jamais à assembler les pièces d’un scénario catastrophique. Et que dire de la mise en scène ? Il vaut mieux simplement se taire...

NIFFF ON STREAM - P’tit Quinquin

Damien Taymans

Un séisme culturel avait eu lieur sous nos yeux voici quelques années avec New Kids Nitro. Le NIFFF a récidivé avec cette mini-série signée Bruno Dumont. Sur 3h20, le cinéaste dresse un portrait fantasque et désenchanté d’une certaine Côte d’Opale, devenue si farfelue et médiocre qu’elle ne peut que nuire à la région. En résumé, une tripotée de dégénérés, de consanguins vivotent dans le trou du cul du monde, gouvernée par des véreux et des imbéciles. En sus, au détour de dialogues ringards proférés par une kyrielle d’amateurs, l’auteur s’amuse à taper dans le politiquement incorrect, défonçant respectivement l’islam, les handicapés, les Juifs. Ca fait beaucoup pour une seule œuvre...

Quentin Meignant

Dumont qui fait du cinéma, la France d’en bas, et même celle d’en deçà, s’en mord les doigts... Même prise au dixième degré, l’oeuvre est abjecte en tout point.

NIFFF ON STREAM - Zombeavers

Damien Taymans

Le buzz horrifique de l’année n’est ni plus ni moins qu’un Sharknado qui a troqué ses squales pour des castors zombies. Marrant vingt minutes mais ça en dure une heure de plus...

Quentin Meignant

Le pétard mouillé de l’année est désormais connu : Zombeavers aurait dû rester une simple bande-annonce. Les castors sont tout sauf convaincants et trop souvent absent des débats tandis que les pépées qui devaient servir de chair fraîche ne sont justement pas si fraîches que cela... Une grosse déception !

NIFFF 2014 - Zombeavers, séance chaude en eaux troubles

Le Temple du Bas a vibré pour les castors zombies...

Qu’on se le dise tout de suite : Zombeavers, l’un des buzz de l’année sur la toile avec une bande-annonce tout à fait incroyable (voir en bas de l’article), n’est pas vraiment la réussite attendue. Le métrage, qui dépeint les pérégrinations de djeunz aux prises avec des castors zombies, ne parvient en effet jamais réellement à se hisser au niveau escompté et paraît même long durant son heure vingt de développement (voir nos avis ICI).

Mais l’essentiel n’était sans doute pas là hier au Temple du Bas sur le coup d’une heure du matin. Le public, qui s’était déplacé en massa pour cet Ultra Movies des plus attendus est parvenu à enflammer la salle comme cela a rarement été le cas au NIFFF.

Outre les traditionnels cris lors des spots publicitaires et de lancement, les spectateurs étaient en effet venus dans la ferme intention d’en découdre vocalement avec les scream queens et, au passage, de balancer quelques bons mots comme seuls les festivaliers aguerris en ont l’habitude.

La chaude ambiance régnant en ces anciens lieux sacrés n’a pas tardé à rendre Zombevers plus léger, à faire oublier que les jeunes femmes qui étaient promises n’étaient pas de première fraîcheur, que leurs cabrioles n’étaient pas très aguichantes et que les castors relevaient plus de la marionnette articulée et traînée par l’un ou l’autre technicien que d’un véritable travail de recherche au niveau design.

Alors, certes Zombeavers n’est pas bon, certes la déception est énorme par rapport à ce que l’on peut déjà qualifier de pétard mouillé de l’année, mais le NIFFF est plus que jamais sorti gagnant avec une salle acquise à la cause du fantastique et surtout de la bonne ambiance, condition sine qua non à la tenue d’un festival de genre.

Plus que jamais, le public a vibré et on espère donc qu’il en sera de même dès ce soir avec le visiblement (on ne jure plus de rien !) bien barré Wolfcop.

NIFFF ON STREAM - Yasmine

Damien Taymans

Karaté Kid made in Brunei cousu avec un énorme fil blanc cassé. Aucune ligne de l’intrigue ne déroge à l’implacable schéma des films d’initiation aux sports de combats : introduction, quête d’un maître, apprentissage philosophique en prime, débuts difficiles et ultime affrontement retranscrit au ralenti. On s’ennuie un peu puis on se surprend à tomber une nouvelle fois dans le piège du divertissement sans chahut. Efficace sans plus.

Quentin Meignant

Un ensemble frais certes cousu de fil blanc mais osé au vu de la politique en place dans le Sultanat de Brunei. La caractérisation offre une belle image de la jeunesse du pays, à la recherche de rares moments de libertés.

NIFFF ON STREAM - Controra

Damien Taymans

Un pet dans un bas de soie fait davantage de ravage que cette énième historiette de maison hantée complètement inoffensive. Dans ce registre, le credo "Je suis rital et je le reste" commence à faire mauvais genre..

Quentin Meignant

Le retour du gothique italien ? Ne rêvons pas non plus mais force est d’avouer que Controra se montre plutôt convaincant pour un premier film. Sa réalisatrice parvient à instiller une certaine ambiance à son ensemble et s’appuie sur un casting de qualité.

NIFFF ON STREAM - Short Peace

Quentin Meignant

Quatre segments, quatre moments de plaisir bien différents avec,en guise de guest le Maître Otomo qui signe avec Combustion l’une des parties les plus excitantes de l’ensemble et qui fait suite à un premier court très spectaculaire. Non content de nous régaler visuellement, le Maître signe aussi le scénario réjouissant et fourre-tout du final.

NIFFF ON STREAM - Tommy

Damien Taymans

A la sortie de la séance, une demi-douzaine de personnes devisaient sur leur propre interprétation du récit. La meilleure preuve que ce film bouleverse et déstabilise le spectateur qui pense pourtant être en terrain connu. C’est que ce polar suédois contient une multitude de rebondissements et comporte de nombreux autres atouts (la photo, la bo, les acteurs)

Quentin Meignant

Sorte de compromis idéal entre Pusher et Millennium dans sa première partie, notamment au niveau de son traitement sombre et sordide du banditisme, Tommy, dont le rôle-titre n’apparaîtra jamais à l’écran, se perd dans des conjectures scénaristiques très brouillonnes. Dommage car Tarik Saleh a prouvé qu’il en avait sous la pédale en matière de mise en scène à l’occasion de son premier live action...

NIFFF ON STREAM - The Harvest

Damien Taymans

Back to the eighties avec The Harvest. Non que McNaughton cultive l’anachronisme mais son œuvre rappelle à bien des égards un certain cinéma avec lequel ma génération a grandi. De ces histoires mettant en scène des marmots qui s’avèrent si poignantes qu’on en ressort complètement retourné. En outre, ce film propose un vrai portrait au vitriol d’une belle brochette d’enfoirés. Caustique et émouvant, la classe !

Quentin Meignant

D’ores et déjà LA claque du festival. Viscéral, poignant et plein de surprises, le retour aux affaires de John McNaughton est un véritable coup de maître qui laissera plus d’un spectateur sous le choc.

NIFFF ON STREAM - Wolfcop

Damien Taymans

Ce nouvel "ultra movie" tente de compenser son manque de moyens par quelques gags balourds et un enrobage old school. Hélas, pour les spectateurs qui auront décidé de voir le loup en cette séance tardive, rien ne sauve vraiment cet étron sans inspiration qui lorgne du côté des grindhouse sans en épouser l’esprit.

Quentin Meignant

Encore un p’tit coup de pétard mouillé ? Ruez-vous sur Wolfcop ! Le métrage, pourtant précédé d’une très flatteuse réputation, tente vraisemblablement de jouer dans la même cour que la Troma sans jamais parvenir à sa cheville. Quelques effets gore et puis s’en vont...

NIFFF 2014 - The Hardest Harvest

John McNaughton traumatise Neuchatel...

Avoir l’occasion de découvrir un film de John McNaughton sur grand écran est quelque chose d’unique. Et pour cause, le responsable de Henry, Portrait d’un serial killer, Sexcrimes ou encore Borrower, est plutôt avare en matière de nouvelles sorties et se contente désormais d’une pige tous les 10 ans.

Les spectateurs du NIFFF avaient donc l’énorme chance de pouvoir découvrir son dernier-né, The Harvest, mais aussi de croiser le cinéaste, présent à Neuchatel pour présenter son film. Celui-ci dépeint la vie d’un jeune garçon cloué dans son lit à la maison suite à une grave maladie. Ultra-couvé par ses parents et plus encore par sa doctoresse de mère, le gamin a une vie des plus monotone. Une nouvelle voisine va venir égayer ce sombre quotidien et bousculer les habitudes de la petite famille, ce qui ne sera pas sans conséquence.

Sur base d’un pitch assez lourd, annonçant surtout la mise en branle d’une oeuvre dramatique au possible, John McNaughton parvient à surprendre son monde et à amorcer de la plus belle des façons qui soit son grand retour. Dès les premiers instants en effet, l’ambiance lourde du cocon familial pèse lourd sur l’esprit des spectateurs. Ceux-ci ne peuvent que s’attacher au jeune malade mais aussi détester sa vie et le tyran qui lui sert de mère.

A ce titre, l’interprétation du trio est impeccable, Samantha Morton étant détestable ses premières secondes à l’écran, se fondant parfaitement dans le moule préparé par McNaughton et dépeint dans le scénario de Stehen Lancelotti. Michael Shannon est quant à lui impeccable dans le rôle d’un père de famille déboussolé, coincé entre l’affection éprouvée pour son fils, la tyrannie de sa femme et l’attirance vers une éventuelle maîtresse. Le jeune Charlie Tahan, qui campe donc le petit Andy, vient parachever un tableau qui ne serait guère complet sans l’arrivée de Natasha Calis, dont le personnage sert de détonateur à l’histoire.

Elle évolue en effet dans un univers où chacun se sert d’un autre pour atteindre ses propres buts et ne tarde pas à se lier d’amitié avec Andy malgré les recommandations de son entourage. Cette amitié permet à McNaughton d’amorcer doucement et finement un virage à 180° vers le thriller pur et dur en procédant tout d’abord à un jeu du chat et de la souris assez stressant, rappelant notamment les crainte de l’enfance face à l’autorité, avant de carrément plonger au sein d’une intrigue insoupçonnée qui promeut lefilm au rang de petit chef-d’oeuvre.

The Harvest est donc une pleine réussite et constitue l’une des plus belles oeuvres du trop rare John McNaughton, Avec des réalisations de ce style, le cinéaste nous faire surtout regretter son manque d’assiduité en matière de sorties. Quelle claque !

NIFFF ON STREAM - Extraterrestrial

Damien Taymans

Rois de la production value, les Vicious Brothers (déjà coupables du diptyque Grave encounters) prouvent une nouvelle fois qu’avec peu de moyens ils sont capables de composer une œuvre qui tient la route visuellement (voir certains plans qui ne dépareilleraient pas dans un blockbuster amerloque). Hélas, le récit se montre par trop répétitif et compte dix bonnes minutes excédentaires assez encombrantes.

Quentin Meignant

Qu’on se le dise : malgré leur pseudonyme ridicule et des premières oeuvres pas très inspirées, les Vicious Brothers ont tout de même du talent. Composant avec un très petit budget, ils parviennent à faire d’Extraterrestrial un bon petit film de SF horrifique avec ce qu’il faut d’SFX convaincants et une trame moins débilisante qu’à l’habitude. Reste à progresser dans le traitement des personnages et dans la façon de finir un film (le dernier acte est catastrophique mais rattrapé par un final amusant) et les frères pourraient bientôt accoucher de leur première petite pépite.

NIFFF ON STREAM - Calvary

Damien Taymans

Reversé dans la catégorie Thrid Kind, ce thriller dramatique irlandais constitue l’une des plus belles découvertes du festival. Au travers des derniers jours d’un prêtre de village, on découvre toute l’humanité et l’inhumanité de ces provinciaux perdus, ces créatures de campagne sans foi ni loi, ces brebis égarées que l’Eglise a toutes les peines à rassembler. Le moulinet de John Michael McDonagh met en charpie les derniers ressorts d’une morale préfabriquée pour ne laisser au final qu’un sentiment de désenchantement. Beau à se damner, émouvant à en pleurer, Calvary est un petit bijou qui torture l’âme et délivre l’esprit.

Quentin Meignant

L’Irlande a pris la bonne habitude de nous surprendre ces dernières années avec des oeuvres étonnantes. 2014 ne fait pas exception avec, après l’excellent Let Us Prey, Calvary, un ensemble pétri de qualités. A la fois léger dans son traitement principal mais lourd de sens concernant la critique d’une société où la moralité est de plus en plus souvent mise à mal, le film de McDonagh excelle jusqu’à un final particulièrement éprouvant. Une très belle surprise.

NIFFF ON STREAM - The Canal

Damien Taymans

Après les brillants Let us Prey, Grabbers et Citadel, cette nouvelle incursion irlandaise dans le monde de l’épouvante sonnait comme une promesse. Au final, le film d’Ivan Kavanagh est un fameux (fumeux) pavé dans le canal. Des clichés à la pelle ressassés à l’envi, des rebondissements hautement prédictibles et quelques personnages peu consistants. Reste une mise en scène plutôt classe.

Quentin Meignant

Une compilation de clichés et de codes même pas détournés comme rarement vu jusqu’alors dans un cinéma horrifique qui en regorge pourtant souvent. L’arnaque est totale et l’on comprend mieux pourquoi certains spectateurs se détournent du cinéma de genre. The Canal est simplement l’exemple même de la resucée multiple à la tension proche du zéro absolu.

NIFFF ON STREAM - Stage Fright

Damien Taymans

Une comédie musicale pas totalement déjantée ni transcendante mais sacrément rafraichissante. Difficile de ne pas sortir de la salle, le sourire et la chanson aux lèvres...

NIFFF 2014 - Le cercle vicieux d’Extraterrestrial

Première semi-réussite pour les Vicious Brothers...

Auteurs de premiers pas chaotiques dans le genre avec deux opus de leur franchise Grave Encounters qui leur a permis de faire le tour du monde au gré des fstivas, les Vicious Brothers, frères au pseudonyme ridicule s’il en est, reviennent dans le parcours avec Extraterrestrial, film de SF horrifique craindre le pire.

Le métrage suit en effet une bande de jeunes assez idiots, alcoolisés et drogués comme il se doit, qui se rendent dans une villa dans les bois histoire d’aller rechercher quelques affaires.S’ils ont le bonheur de tomber sur une gigantesque plantation de cannabis tenue par une vieille connaissance, ils font surtout la rencontre d’extraterrestres qui ne sont pas animés des meilleures intentions. Ceux-ci se servent de la région pour leurs expérimentations sur la race humaine et lorsqu’un de leurs vaisseaux se crashe, les choses dégénèrent : le petit groupe est en danger.

Forts de leur expérience sur les deux Grave Encounters, les Vicious Brothers sont passés maîtres dans le domaine de la production values et le montrent rapidement à l’écran lors de séquences réellement spectaculaires dotées de SFX totalement convaincants. A ce titre, la spectaculaire scène d’entame n’a rien à envier à certaines grosses productions.

C’est néanmoins dans le domaine du traitement de l’image que les cinéastes surprennent le plus en se séparant partiellement pour la première fois du style found footage qui a fait leur "renommée". Ainsi, s’ils cèdent encore parfois aux sirènes de la caméra à l’épaule, notamment au cours de scènes immersives comme le crash de la soucoupe, l’alternance avec la caméra fixe et le point de vue des réalisateurs fait son petit effet.

Cet aspect malin va de paire avec une trame scénaristique pour une fois réellement intéressante, les Vicious parvenant même à instiller une petite dose de tension à l’ensemble. Le traitement des personnages, caricaturaux au possible et symboles d’une jeunesse américaine totalement décrédibilisée, demeure l’un des points faibles d’une intrigue qui, malheureusement, sombre totalement dans le dernier acte. Là où les Vicious auraient pu donner vie à un final réellement dramatique, ils jouent la carte d’un certain grand public adepte du romantisme et de l’acharnement amoureux sans bornes. Cela vaut au spectateur de découvrir un nouvel effort remarquable en matière de production values mais cela signifie surtout la perte de toute crédibilité au niveau scénaristique et, de ce fait, sape un peu la bonne tenue du film des Vicious. Si l’on accepte l’idée de cette aberration, le final vire à la régalade mais prouve surtout que les frères ne maîtrisent pas encore leurs ardeurs.

Le contrat est donc néanmoins rempli à de nombreux niveaux et, hormis le cercle scénaristique vicieux dans lequel ils se sont enferrés, les Vicious Brothers livrent pour la première fois une copie presque conforme. Des progrès qui pourraient les amener vers un premier bon film sous peu...

NIFFF ON STREAM - Kung Fu Divas

Damien Taymans

Kung-Fu Divas, kesako ? Tout est dans le titre. Deux prétendantes au titre de miss se retrouvent à lutter ensemble contre une obscure communauté en utilisant l’art du kung-fu. Cette comédie philippine ne déroge pas à la rège du cinéma national : réalisation très stéréotypée, effets spéciaux lourdingues mis au service de gags poussifs (merci Erik Matti) mais l’ensemble se laisse aisément digérer.

Quentin Meignant

Un divertissement tout à fait honnête pensé tant pour le public local que pour l’international. La bonne humeur y est perpétuellement de mise malgré quelques lourdeurs dans les effets comiques, notamment au niveau de bruitages un brin ridicules. On ne s’ennuie néanmoins pas et, hormis l’emploi abusif de fonds verts sur le final, le spectacle est de qualité.

NIFFF ON STREAM - Housebound

Damien Taymans

Nouvelle-Zélande et comédie horrifique, tout est contenu dans ces deux termes indissociables depuis quelques décennies. Housebound est une petite historiette de maison hantée aux gags inventifs qui comporte une galerie de persos tous aussi attachants les uns que les autres. T’inquiète, Peter, la relève est assurée...

Quentin Meignant

La Nouvelle-Zélande tient décidément la forme cette année puisque, après What we do in the Shadows, voici Housebound. Film particulièrement intelligent, l’ensemble parvient à surprendre malgré un petit aspect fourre-tout qui le fait parfois partir dans tous les sens. Le final vire, lui, à la régalade totale.

NIFFF ON STREAM - It Follows

Damien Taymans

It Follows est une œuvre saisissante, terrifiante, fascinante qui rend hommage au cinéma de Carpenter tout en conservant une certaine distance et une identité par rapport aux films du maître.

Quentin Meignant

Eh bien voilà, on le tient le film de trouille de l’année ! Mieux que ça, on devrait encore parler d’It Follows dans dix ans tant l’œuvre impressionne tant dans sa construction que dans sa gestion de l’angoisse. Le tout avec un bel hommage à Carpenter qui passe notamment par une bande originale impeccable...

NIFFF ON STREAM - iNumber Number

Damien Taymans

Un film de braquage tout ce qu’il y a de plus classique qui est aussi peu intéressant que mal shooté.

Quentin Meignant

Bon Dieu, que c’est bon de finir une journée de projections sur une note pareille ! Un peu fou dans le cadrage et très nerveux dans sa globalité, iNumber Number est une œuvre brute, certes pas totalement réussie mais qui permet à une sacrée brochette d’acteurs de se distinguer. Mention spéciale au "boss final" vaincu dans de derniers instants qui verront malheureusement l’ensemble souffrir d’une dernière scène un brin décevant.

NIFFF ON STREAM - Honeymoon

Damien Taymans

Une lune de miel atypique qui opère un virage à 180 degrés direction l’horreur saupoudrée d’une belle tranche de parano. Grisant jusqu’à son dénouement quelque peu nébuleux.

Quentin Meignant

Une oeuvre qui débute telle une belle romance et qui se termine de manière aussi étrange qu’inattendue. Le final tombe certes un petit peu à plat mais le développement de la relation entre les deux excellents acteurs vaut clairement le détour.

NIFFF ON STREAM - Der Samurai

Damien Taymans

Une proposition audacieuse pour sonder la difficulté du marginal (en l’occurrence homosexuel) pour se défaire du regard des autres (une libération qui s’obtient à la lame du katana). Cependant, Der Samurai peine à installer un véritable rythme et épuise à force de ressasser sans cesse les mêmes séquences.

Quentin Meignant

Un film pénible au possible qui, heureusement pour lui, délivre tout de même un certain message et traduit les sentiment de son réalisateur. Cela ne suffit pas à le sauver du naufrage mais cela nous permet d’être un peu plus cléments...

NIFFF ON STREAM - These Final Hours

Damien Taymans

Une oeuvre extrêmement bien foutue mais plutôt lisse et pauvre en implication émotionnelle. Pourtant, ces dernières heures pré-apocalyptiques comportent quelque chose de tellement réaliste et dérangeant que c’en devient fascinant. Un réalisateur à suivre...

Quentin Meignant

Une histoire d’apocalypse assez classique qui brille néanmoins par les sentiments qu’il développe, notamment ceux entre la jeune héroïne et son "sauveur". De sauvetage, il n’est néanmoins pas question avec une vraie apocalypse assez impressionnante tant dans sa mise en images que dans la peinture des comportements humains la précédant.

NIFFF 2014 - Les charmes de la Nouvelle-Zélande

La patrie de Peter Jackson se distingue à nouveau...

Contrée qui a vu naître le génie Peter Jackson, qui est désormais rodé aux grosses productions mais qui avait percé à l’époque avec les deux magnifiques comédies horrifiques que sont Bad Taste et Braindead, la Nouvelle-Zélande excelle toujours dans le domaine.

Et cette année 2014 fait office de nouvelle date-clé dans l’industrie cinématographique du pays car, si on vous parlait avec enthousiasme de What we do in the Shadows voici quelques jours (voir ICI), Housebound place encore la barre plus haut que le film de Jemaine Clement et Taika Waititi.

Ce premier long métrage de Gerard Johnstone, réalisateur de la série The Jaquie Brown Diaries, recèle en effet tous les ingrédients qui ont fit le succès du cinéma néo-zélandais. Partant d’un pitch résolument horrifique, le cinéaste parvient en effet à distiller tension et humour au gré de scènes tournées avec précision.

Housebound suit Kylie Bucknell, une jeune fille rebelle qui, suite à une condamnation, doit retourner chez sa mère où elle est assignée à résidence pour 8 moi, le tout assorti d’un traitement de la part d’un psychiatre. Les phénomènes étranges se produisant dans la maison ne tardent pas à altérer son comportement et, hormis l’un ou l’autre soutien, personne ne la croit : d’après elle, la maison serait hantée.

A la lecture du pitch, le spectateur ne peut que se dire qu’il assistera à une ghost story à la trame classique, Johnstone reprenant d’ailleurs quelques ingrédients du genre dès la première demi-heure et lorgne vers les classiques ainsi que sur quelques réussites récentes comme When the Lights went out. La vérité est pourtant toute autre pour ce métrage qui voit son scénario s’étoffer de minute en minute, vguant entre les différents sous-genres. Si certains déploreront sans doute l’aspect fourre-tout de la chose (les références sont légion), le changement de ton du gilm suffit à lui seul à justifier les risques pris par le réalisateur. Avec un dernier acte totalement rigolard, qui parvient néanmoins à allier rythme, tension et humour, Housebound fait très fort et entre par la grande porte dans la légende du cinéma néo-zélandais.

What we do in the Shadows aurait pu être la comédie horrifique de l’année, mais c’était sans compter sur la percée inattendue d’un jeune cinéaste qui, en un seul film, devrait se faire un nom à l’internationale.

NIFFF 2014 - It Follows, le frisson de l’année

Sommets de trouille atteints...

Attention, événement : alors que 2014 rimait avec Oculus et, dans une moindre mesure, Deliver us from Evil, le film à venir de Scott Derrickson, le cinéma de trouille a trouvé son maître avec It Follows, qui a récemment fait grand bruit lors du Festival de Cannes.

Repéré par les programmateurs du NIFFF, le métrage n’aura pas tardé à faire frissonner l’assistance. It Follows suit une jeune fille qui, après avoir fait l’amour avec son nouveau petit copain, se retrouve ligotée par ce dernier. Celui-ci semble traumatisé et lui explique qu’il lui a refilé une malédiction : après avoir fait l’amour avec lui, elle sera suivie par une personne qui peut prendre différents visages et qui veut sa mort.

Dès une scène d’entame qui restera sans nul doute dans les mémoires, tant par son aspect punchy que mystérieux et son funeste dénouement, It Follows fait montre de ses indéniables qualités. Bercée par un score très carpenterien, qui fait office à lui seul de gros coup de boutoir asséné au spectateur, l’oeuvre multiplie par la suite les scènes d’angoisse du plus bel effet. Sans céder une seule fois à la mode des jumpscares, le film de David Robert Mitchell, qui ne s’était distingué jusque là que par la seule comédie dramatique The Myth of the American Sleepover, distille au fil de ses séquence un sentiment de stress permanent.

Le métrage porte d’ailleurs son titre à merveille puisque "Ca (vous) suit" en marchant, ce qui transforme l’ensemble en une gigantesque course poursuite aux apparitions incessantes dont la lenteur instillent elle aussi un sentiment très particulier, façonné par l’envie d’en découdre de l’entité. Si les contacts avec celle-ci sont relativement rares, les quelques séquences d’attaque sont particulièrement efficaces et leur mise en scène s’avère être parfaite.

Objet d’une tension permanente et d’un travail très soigné au niveau de l’image et du son, It Follows, qui sera distribué par Metropolitan FilmExport, est sans conteste le film de trouille de l’année et se démarque totalement des créations horrifiques de ces dernières années.

NIFFF ON STREAM - Ping Pong Summer

Damien Taymans

Le film le moins fantastique de cette sélection mais une vraie bouffée d’air frais.

Quentin Meignant

Une oeuvre dont on se demande le pourquoi de sa présence dans un festival de films fantastiques mais qui sent bon la nostalgie de temps passés et qui déploie avec brio une chronique de l’apprentissage de la vie à l’adolescence. La nostalgie n’en est que plus grande, rendant le film totalement efficace.

NIFFF ON STREAM - Open Windows

Damien Taymans

Oh le joli pétard mouillé ! Vigalondo rejoue l’antienne de la narration complexe et tente de s’illustrer sur le même terrain qu’Inception. Mais il n’est absolument pas Nolan et son intrigue déjà peu réaliste sombre dans le portnawak ultra-twisté lors de sa dernière demi-heure. Et puis, on voit quasi pas Grey...

Quentin Meignant

Premier film de commande de Nacho Vigalondo, Open Windows aurait pu constituer un simple film d’écran. Il n’en est rien car l’inventivité du cinéaste ibère en matière de mise en scène apporte du punch à l’ensemble. Celui-ci aurait été parfait sans une dernière demi-heure où les multiples rebondissements lassent le spectateur et compliquent inutilement le propos.

NIFFF 2014 - Le palmarès

Le festival du film fantastique de Neuchatel a rendu ses verdicts et, plus que jamais, le palmarès est représentatif de la qualité des oeuvres proposées au public. L’excellent It Follows glane ainsi deux prix tandis que le génial Housebound s’empare de la récompense suprême avec un prix Narcisse amplement mérité.

NIFFF 2014 - Le Palmarès complet :

Prix H.R. Giger « Narcisse » du meilleur film : HOUSEBOUND - GERARD JOHNSTONE, NZ

Méliès d’argent du meilleur long métrage européen : BLIND - ESKIL VOGT, NO

Prix Imaging The Future, meilleur production design : THE MOLE SONG : UNDERCOVER AGENT REIJI - TAKASHI MIIIKE, JP

Prix du meilleur film asiatique : YASMINE - SITI KAMALUDDIN et CHAN MAN-CHING, BN

Prix du jury de la critique internationale et Prix de la Jeunesse Denis-de-Rougemont : IT FOLLOWS - David Robert Mitchell

Prix RTS du Public : WHAT WE DO IN THE SHADOWS - JEMAINE CLEMENT & TAIKA WAITITI

Prix HR Giger "Narcisse" du meilleur court métrage suisse : LOTHAR - LUCA ZUBERBÜHLER, ch

Méliès d’argent du meilleur court métrage européen
Pappkameraden - stefan bischoff & stephan wiki, ch

NIFFF 2014 - P’tit Quinquin - Seconde vision

On y va, Carpentier !

Il est temps que le duo de CinemaFantastique présent au NIFFF se confesse. Avant P’tit Quinquin, il n’avait jamais vu d’oeuvre de Bruno Dumont. Aussi la surprise, vous vous en doutez, fut-elle de taille face à ces 3h20 d’absurde total. Descendu en flèche dans nos colonnes suite à cette première vision (voir ICI), P’tit Quinquin interpellait néanmoins puisque, tout au long de la semaine, les répliques du film fusaient dans nos bouches et rendaient impossible tout dialogue constructif avec le reste de la presse. Du "p’tit con" à "On y va Carpentier" en passant par "Gendarmerie nationale tout de même", rien n’était épargné à nos interlocuteurs. Voir un ensemble nous marquer à ce point n’était en rien anodin et il était de notre devoir de nous imposer une seconde vision afin de comprendre nos réactions.

Présentée avec succès à Cannes, la mini-série de commande de Bruno Dumont, qui sera proposée par ARTE dès la rentrée, met en scène une enquête policière extravagante, improbable et burlesque autour d’étranges crimes aux abords d’un village côtier du Boulonnais en proie au mal, et d’une bande de jeunes crapules menée par P’tit Quinquin et Eve, son amoureuse.

L’entame est à la hauteur du tout et nous dresse un portrait peu flatteur de la Côte d’Opale, région dont Bruno Dumont est originaire. Ce dernier dresse un tableau peu idyllique entre ses consanguins, ses sales gamins et, surtout, sa crétinerie dégénérative et permanente. Figure de proue d’un casting dont l’amateurisme est complet, le Commandant représente à lui seul les difficultés d’une région et de ses habitants, dont la caricature est poussée à son paroxysme.

Si nombre d’autochtones risquent de mal prendre ce portrait au vitriol de leur région, portait qui est pourtant à prendre au trente-sixième degré, la régalade est totale durant tout le déroulement d’une enquête dont le dénouement (qui n’existe pas) est d’emblée anecdotique. Tout est prétexte à tirer sur l’ambulance d’une France qui perd la tête : racisme dans tout ce qu’il a de plus pudibond, handicap (avec une scène de crise d’autisme particulièrement réussie), surplace de la bureaucratie française, relations adultériennes "à tiroirs",... Autant d’éléments qui prêtent à sourire grâce au traitement apporté par Bruno Dumont mais qui laissent aussi à penser que ce P’tit Quinquin est une sorte de "J’accuse", ce qui le rend encore plus intéressant.

Jouant des ficelles humoristiques posées dès le départ, P’tit Quinquin ne peut être qu’un objet de culte (ou de dégoût) dont la mise en scène est par ailleurs soignée avec une gestion parfaite des arrières-plans (où le Commandant est omniprésent) et de plans d’ensemble merveilleux.

P’tit Quinquin ne peut guère laisser indifférent et s’avère donc, de ce point de vue, être une impeccable réussite dont le spectateur ne sort guère indemne. Anonnant les quelques répliques marquantes et multipliant les tics vus sur les visages de ces comédiens amateurs mais plein de coeur, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter une bonne vision de ce petit chef-d’oeuvre de surréalisme le 18 septembre prochain sur ARTE.

Allez, on y va Carpentier !

SITE OFFICIEL DE BRUNO DUMONT

NIFFF 2014 - Top 5 et flop 5 de la rédaction

L’heure des bilans a sonné. Voici nos "Top" et "Flop" 5 de la sélection 2014 du NIFFF, toutes compétitions confondues...

TOP 5

Quentin Meignant

1 - It Follows

2 - Housebound

3 - The Harvest

4 - P’tit Quinquin

5 - What we do in the Shadows

Damien Taymans

1 - Killers

2 - It Follows

3 - Calvary

4 - Housebound

5 - The Harvest

FLOP 5

Damien Taymans

1 - The Canal

2 - Wolfcop

3 - Controra

4 - Puzzle

5 - INumber Number

Quentin Meignant

1 - The Canal

2 - WolfCop

3 - Starry Eyes

4 - Puzzle

5 - Zombeavers

NIFFF 2014 - Les avis chiffrés

Se déroulant du 4 au 12 juillet, le NIFFF version 2014 a proposé aux festivaliers bon nombre d’œuvres. Du bon au moins bon en passant par l’insolite, Damien et Quentin ont navigué entre les péloches toutes neuves et les rétros complètement jouissives. Focus sur les avis chiffrés de tous les films vus à Neuchâtel.

Films Damien Quentin
Film d’ouverture /5 /5
The Zero Theorem 3 -
Compétition internationale /5 /5
Blind 1,5 0,5
Controra 0,5 2
Der Samurai 1,5 1
Extraterrestrial 2 2,5
Honeymoon 2 3
Housebound 3,5 4
It Follows 4 4,5
Starry Eyes 1,5 1
The Canal 1 0
These final hours 3 3
What we do in the shadows 3 3,5
New Cinema from Asia /5 /5
Kung Fu Divas 2 2
Monsoon shootout 3 2,5
That demon within 1 1
The Raid 2 3 3,5
Yasmine 3 2,5
Ultra Movies /5 /5
Dead Snow 2 1 3
Discopathe 2 3
Killers 4,5 4
Patch Town 3 -
The Quiet Ones 0 0,5
Stage Fright 3 2,5
The Sacrament 2 1
Wolfcop 0,5 0
Zombeavers 2 1
Films of the Third Kind /5 /5
Calvary 4 4
INumber Number 1 3,5
La Santa 2 2
P’tit Quinquin 3 3,5
Ping Pong Summer 3 3
The Harvest 4 4
Tommy 3 1
Under the Skin 3,5 3,5
Le Japon imaginaire /5 /5
Short Peace - 3,5
Puzzle 1 0,5

NIFFF 2014 - Le festival en quelques photos

Des films et des fêtes...

Le NIFFF cuvée 2014 a rendu ses verdicts et a fermé ses portes, laissant presse et spectateurs nostalgiques. Qu’à cela ne tienne, petit retour en photos sur cette très belle édition...

NIFFF 2015 - Le programme complet !

La qualité une nouvelle fois au rendez-vous...

Si le NIFFF Cuvée 2015 s’était déjà signalé ces dernières semaines par l’annonce de premiers titres mais aussi par l’invitation de Chris Carter, le festival suisse n’en était alors qu’à ses prémices.

Voici que la quinzième édition se pare de ses plus beaux atours au lendemain de la conférence de presse avec, comme à l’habitude, une belle flopée d’invités ainsi qu’une sélection de très grande qualité.

Si l’ouverture, qui fera la part belle au cinéma suisse avec Hellvetia, a de quoi intriguer, la clôture risque d’être déjà complète puisqu’il s’agira ni plus ni moins du retour de Tarsem Singh sur les écrans avec son très attendu Self/Less.

Outre ces deux événements, notons surtout le retour de l’open air qui permettra notamment aux curieux de découvrir le chef-d’oeuvre Barbarella sous les étoiles du ciel neuchatelois.

Quelques valeurs sûres sont aussi à dénombrer puisque Liza, the Fox Fairy, véritable OFNI de cette année, sera notamment présenté, de même que le foutraque Stung, l’excellent Turbo Kid ou encore le multi-primé La Isla Minima.

Au rayon des films très attendus, notons Excess Flesh et Deathgasm - deux films déjà annoncés voici quelques temps en guise de mise en bouche -, mais aussi et surtout le retour de Takashi Miike aux commandes de Yakuza Apocalypse, l’OFNI d’animation coréen On the White Planet, Love de Gaspard Noé, les déjà renommés Green Room et We Are still here ainsi que Contracted : Phase II, de John Forbes, dont le premier opus avait très bien fonctionné en terres helvètes.

Découvrez le programme complet en cliquant ICI.

NIFFF ON STREAM - Der Bunker

Damien Taymans

L’OFNI de cette édition 2015. A la fois drôle et incisif, surréel et mordant, cette incursion dans un noyau familial des plus étrange bouleverse et intrigue. Un croisement entre Le Festin nu et Mum and Dad en plein bunker, c’est assez inouï que pour entraîner l’adhésion...

NIFFF ON STREAM - Black & White : Dawn of Justice

Quentin Meignant

Plus gros budget de l’Histoire du cinéma taïwanais - ce qui devrait faire que le film ne sera jamais rentable -, Black & White a tout du blockbuster hollywoodien, y compris son aspect totalement décérébré et irréfléchi. Le spectateur, pris à la gorge dès les premières secondes, n’a jamais vraiment le temps de souffler à la vue de cet ensemble bardé d’action, de combats, de fusillades et d’explosions toutes lus improbables les unes que les autres. On est encore loin du génie coréen en la matière, mais Taiwan commence à s’en approcher doucement...

NIFFF ON STREAM - Todos Estan Muertos

Quentin Meignant

Extrêmement rafraîchissant et culturellement très riche, Todos Estàn Muertos fait partie de ces œuvres qui émeuvent autant qu’elles tiennent en haleine. Magnifiquement servi par un casting impeccable, Beatriz Sanchis livre une pertinente réflexion sur le deuil et les relations intrafamiliales. Un des coups de cœur de cette édition...

Damien Taymans

Une comédie dramatique à base de fantômes dans la lignée d’Hello Ghost ou de Ghost Graduation. Rafraichissante et légère, cette pépite mexicaine est hautement recommandable

NIFFF ON STREAM - Emelie

Quentin Meignant

Un film à vous faire passer l’envie d’engager une babysitter. Assez viscéral et dérangeant, Emelie ne laisse pas le temps au spectateur de reprendre son souffle et donne même lieu à de véritables moments de sadisme.

Damien Taymans

Cousu de fil blanc, ce thriller se présente néanmoins comme un uppercut dans sa première partie avec quelques passages plutôt dérangeants. Ensuite, cela se délite et Emelie devient un simple téléfilm ricain...

NIFFF ON STREAM - The Invitation

Quentin Meignant

Karyn Kusama a beau poser les balises de son final pendant presque tout le déroulement de The Invitation, ce thriller de très bonne facture visuelle recèle néanmoins pas mal de surprises. La dernière partie, extrêmement poignante et rythmée, donne tout son sens à l’ensemble.

Damien Taymans

Un thriller psychologique qui prend le temps de poser le cadre et qui traîne à révéler ses enjeux avant d’exploser dans son dernier tiers. En somme, le premier bon film de sa réalisatrice, coupable de Jennifer’s Body.

NIFFF ON STREAM - Gaz de France

Quentin Meignant

Une comédie hilarante tournée à l’économie mais qui représente plus que jamais les inepties de notre société actuelle. Le pouvoir prend cher et, rien que pour cela, Gaz de France est hautement recommandable.

Damien Taymans

Philippe Katherine en président de la France dans une comédie surréaliste assez corrosive, que demander de plus ? Un chouïa de rythme en plus et des ressorts gagesques mieux huilés

NIFFF ON STREAM - Nowhere Girl

Quentin Meignant

Le néant total si l’on omet un très beau morceau de piano. Une perte de temps aux images perpétuellement surexposées au nom d’une soi-disant esthétique...

NIFFF ON STREAM - Bridgend

Quentin Meignant

- Dis, j’ai une idée, je vais faire un film.
- Sur quoi ?
- Bah, je sais pas, des ados qui se suicident dans un village perdu.
- Un drame donc ?
- Non, non hein, le thriller c’est plus à la mode.
- Et t’as de l’argent pour faire ça.
- Non, aucun. C’est pour ça que je vais tourner ça dans un village et que je vis faire parler mes acteurs au maximum.
- T’en ferais pas un court plutôt ?
- Non non, ce film sera a carte de visite, je veux faire le tour du monde.

Dont acte. Mais qu’est-ce que c’est creux...

NIFFF ON STREAM - Crumbs

Quentin Meignant

Non, mais en fait, c’était une blague, c’est ça ? Si oui, les plus courtes sont les meilleures. Et 68 minutes, c’était déjà beaucoup trop long !

Damien Taymans

C’est l’histoire d’un mec qui cherche le Père Noël en plein coeur de l’Ethiopie sur fond de post-apo. Ca vous fait pas marrer ? Ca vous intrigue même pas ? Moi non plus...

NIFFF ON STREAM - Strayer’s Chronicle

Quentin Meignant

Les X-Men made in Japan sont encore moins excitants et excités que leurs pendants de la Fox, ce n’est pas peu dire ! Tout est imbuvable au sein de cette bande qui, visiblement, a nécessité une débauche d’argent et d’énergie totalement inutile. Aucune inspiration, aucun point positif au niveau de la réa’, le néant total...

Damien Taymans

Quand le Japon se met à copier l’univers super-héroïque ricain en reprenant peu ou prou l’intrigue des X-Men, ça s’annonce peu emballant. Sur l’écran, une foule de persos vivotent et usent de leur pouvoir pour quelque obscure raison jusqu’à ce qu’une menace tombe du ciel. Inutilement complexe, inévitablement lourdingue, Strayer’s Chronicle est un beau gros gloubiboulga américano-nippon assez indigeste.

NIFFF ON STREAM - We Are Still Here

Quentin Meignant

Une phase d’exposition très longue qui, heureusement, débouche sur un final assez grandiose, entre morts particulièrement graphiques et moments d’extrême tension. Imparfait scénaristiquement, le métrage est tout à fait honorable au niveau de sa mise en forme.

NIFFF ON STREAM - Lovemilla

Quentin Meignant

Les metteurs en scène scandinaves ont pris la bonne habitude de nous offrir des films un brin barjots. C’est le cas de Lovemilla qui, sans pour autant égaler le génie de Thomas Anders Jensen, propose une version alternative amusante du futur entre ses créatures fantasques directement inspirées des monstres classiques du cinéma fantastique, ses personnages hauts en couleurs et un comique de situation à toute épreuve. Essai transformé !

Damien Taymans

En guise de bizarrerie et d’OVNI, le NIFFF compte déjà dans ses rangs le délirant Liza, the Fox Fairy. Cette péloche-ci d’origine finlandaise compte une belle brochette de persos loufoques aux obsessions inénarrables mais leur coexistence au seine d’un même tableau mène presque à l’écoeurement. Si l’on s’amuse dans un premier temps de toutes ces extravagances, sur la durée Lovemilla se montre plutôt répétitif et lourdingue.

NIFFF ON STREAM - Some Kind of Hate

Quentin Meignant

Un slasher qui ressemble à s’y méprendre à un (très mauvais) film de fantômes. Pire, Adam Egypt Mortimer ne parvient pas à manier la caméra et à mettre en valeur un casting pourtant très sexy. Le reste n’est que reprise et détournement de grands classique du genre façon fauchée...

Damien Taymans

Dans la vie, faut slasher paraît-il... Adam Egypt Mortimer aurait mieux fait de s’abstenir tant cette pellicule recycle les poncifs habituels et s’appuie sur une brochette de personnages plutôt fadasses.

NIFFF ON STREAM - The Falling

Quentin Meignant

Une métaphore aussi brillante qu’arythmique sur la puberté. Le déroulement de l’intrigue s’appuie sur l’excellente interprétation des comédiennes et sur l’étrangeté de son traitement mais lasse par de nombreuses circonvolutions...

Damien Taymans

Un mouvement de révolution lyrique dans un pensionnat pour jeunes filles "émotives", hantées par la petite mort. L’oeuvre sonde avec brio la psyché d’une série d’adolescentes prisonnières de leur corps, de la morale et d’un système rigide. Poétique, hypnotique, The Falling bouleverse et émeut.

NIFFF ON STREAM - Hard to Get

Quentin Meignant NC

Le début avait l’air sympa mais loin des promesses d’un ultra movie à 1h du matin. Ca sentait d’emblée la capitulation...

Damien Taymans NC

Un ultra movies, ce machin ?

NIFFF ON STREAM - Hollow

Quentin Meignant

Une œuvre qui atterrira à coup sûr sur le marché DTV estampillé film de trouille asiatique. Ce n’est vraiment pas le cas de cette intrigue qui se tire en longueur. Mais, bon Dieu, quelle magnifique actrice principale !

Tel était mon avis après la vision d’Hollow au BIFFF il y a quelques mois. Rapidement digéré, rapidement oublié, je ne me souvenais pas de l’œuvre d’Han Tram et l’avait donc casé dans mon planning du NIFFF. Cette seconde vision m’a permis d’appréhender le film de manière différente et, s’il ne réinvente pas du tout le genre et reprend simplement les habituels gimmicks asiatiques, force est d’avouer que son efficacité est bien présente. La présence de la magnifique actrice principale est un plus indéniable.

NIFFF ON STREAM - Scherzo Diabolico

Quentin Meignant

Scherzo Diabolico était annoncé comme le film de la maturité pour Adrian Garcia Bogliano. Il est clair que le cinéaste a fait des progrès et se base pour une fois sur un semblant de scénario qui aurait même pu virer à un moment à la pleine réussite. Malheureusement, le metteur en scène ne parvient pas à clore son œuvre de manière convaincante et... ne sait toujours pas manier une caméra. Dommage car les progrès sont tout de même visibles...

Damien Taymans

Le film de la maturité pour Adrian Garcia Bogliano ? Assurément, l’Ibère a franchi un cap depuis ses premiers essais mais l’ensemble patine toujours un peu dans la semoule et se pare d’une vingtaine de minutes excédentaires. En guise de seconde lecture, la course à la compétitivité et à l’irrésistible ascension professionnelle est presque mieux traitée que dans Office.

NIFFF ON STREAM - Homesick

Quentin Meignant

Une œuvre arythmique qui, néanmoins, parvient à traduire une certaine vision de la folie. Se voulant étouffant, ce thriller psychologique ne parvient jamais réellement à installer une quelconque tension si ce n’est dans une dernière partie plus ou moins convaincante. Ces efforts sont malheureusement sapés par un final qui remet en question pas mal de (bonnes) choses.

Damien Taymans

Une péloche hypnotique qui flirte fréquemment avec le cinéma de Polanski (Le Locataire, Rosemary’s Baby) sans toutefois parvenir à retranscrire la même atmosphère cauchemardesque. Un coup dans l’eau...

NIFFF ON STREAM - Excess Flesh

Quentin Meignant

Extrêmement pompeux tant sur le fond que sur la forme, Excess Flesh, sorte d’ensemble clipesque assez assourdissant, n’offre jamais réellement les clés de compréhension nécessaires à la bonne tenue de sa pseudo-intrigue et se satisfait pleinement de la soi-disant intelligence de son scénario.

Damien Taymans

Beaucoup trop de viandes, pas assez d’excès. Le film sonnait comme une promesse de réjouissances gorasses, il n’en est finalement rien.

NIFFF ON STREAM - Office

Quentin Meignant

Office est, à l’heure actuelle, le thriller coréen le plus décevant de la cuvée 2015 des festivals. Le cul entre la tradition du pays du Matin Calme dans le domaine et d’improbables influence provenant de l’univers des slashers, le métrage s’avère être extrêmement prévisible et tire un peu trop sur la corde de la dénonciation du système.

Damien Taymans

Un thriller sud-coréen cousu de fil blanc et très en-deçà des réussites qu’étaient The Chaser et The Murderer, écrits par le réalisateur de ce film-ci. Le sous-texte sur le milieu de l’entreprise est pertinent mais la mise en place s’avère fastidieuse et l’ensemble souffre d’une certaine arythmie.

NIFFF ON STREAM - The Corpse of Anna Fritz

Quentin Meignant

Cela aurait pu être la petite bombe morbide et dérangeante de l’année. Au final, The Corpse of Anna Fritz se contente d’un statut de petit Entertainment sympa avec ses quelques gags et une tension assez bien installée grâce à son format assez court.

Damien Taymans

The Corpse of Anna Fritz parvient à traiter d’un thème aussi glauque et morbide que la nécrophilie tout en restant dans le mainstream. Un thriller ramassé à défaut d’être réellement original et incisif.

NIFFF ON STREAM - Polder

Quentin Meignant

A partir du moment où l’on est incapable de poser les bases d’une intrigue et de caractériser ses personnages, cela devient compliqué de lorgner sur Inception et ExistenZ. Autant dire que Polder est pénible et totalement inutile...

Damien Taymans

Confusion entre réalité et monde fantasmatoire du gaming, la thématique a déjà été traitée tant de fois que le concept semble émoussé sitôt la première séquence amorcée. On s’égare rapidement dans ce dédale volontairement complexe et, évidemment, les ambitions ont beau être nobles, les moyens déployés ici ne peuvent concurrencer les magnifiques Avalon ou ExistenZ...

NIFFF ON STREAM - Contracted : Phase II

Quentin Meignant

Le premier opus de la franchise représentait déjà une certaine image de la nullité, ce second volet creuse encore plus et, hormis être un prétexte à quelques effets de maquillage plus ou moins gore et bâclés, il est strictement inutile....

Damien Taymans

Le premier opus ne nécessitait absolument pas une séquelle. C’est confirmé : cette deuxième phase s’avère moins sanglante que la première et, pis, réduit à néant les effets de l’épidémie en lui attribuant une origine terroriste.

NIFFF ON STREAM - Love

Quentin Meignant

L’inutilité faite film...

Damien Taymans

Se faire jouir en pleine face en plein Neuchatel, c’est pas tous les jours. Love transcende l’amour avec un grand A avec tout ce qu’il comporte de tragédie et de plaisir, malgré quelques scènes excédentaires...

NIFFF ON STREAM - Tale of Tales

Quentin Meignant

Une proposition rafraichissante dans un domaine qui, pour l’instant, souffre d’une surexploitation hollywoodienne. Garrone offre une mise en scène impeccable au service de trois histoires montées de manière originale.

Damien Taymans

Une plongée envoutante dans le monde du merveilleux à travers trois histoires qui se croisent et se recroisent. Chacune de ces saynètes vaut son pesant d’enchantement et se voit portée par une réalisation et une photographie irréprochables.

NIFFF ON STREAM - Turbo Kid

Quentin Meignant

Totalement fou dans son histoire et dans des effets sanguinolents très réussis, Turbo Kid est une petite merveille créée par des passionnés pour des passionnés. Un petit must.

NIFFF ON STREAM - Stung

Quentin Meignant

Un contenu ô combien ennuyeux et classique pour un ensemble qui se révèle être tout sauf fun. Ce film de monstres géants ne parvient guère plus qu’à singer ses nombreux exemples et n’invente rien...

NIFFF ON STREAM - Deathgasm

Quentin Meignant

Des métalleux qui réveillent l’esprit d’une entité démoniaque et ouvrent la porte des enfers sur leur petite ville : l’idée avait de la gueule.Mais avoir de la gueule ne suffit et, malgré une première partie où la caractérisation brillante des personnages et les scènes cocasses s’enchaînent, le tout se complaît ensuite dans une indigence et une suffisance scénaristique rarement vue.

Damien Taymans

En terme de péloche horrifico-loufoque, la Nouvelle-Zélande a fourni bien plus inspiré et les hommages à Bad Taste montrent que ce cadet envie fortement quelques-uns de ses aînés. Passé une mise en place assez drôle, Deathgasm n’a plus grand chose à offrir, si ce n’est une foule d’effets gore et de gros clins d’oeil à tendance libidineuse.

NIFFF ON STREAM - Men & Chicken

Quentin Meignant

Le grand retour d’Anders Thomas Jensen se passe sans encombres et offre même une première partie de film à la hauteur des Bouchers Verts et d’Adam’s Apple. La joyeuse bande du cinéaste se permet donc quelques moments d’anthologie, des gags à mourir de rire, des situations rocambolesques, de la zoophilie,... Bref tout un panel dans lequel le spectateur ne veut que se retrouver...

Damien Taymans

Jensen revient avec une production à résonance purement danoise (famille décomposée, zoophilie). Drôle, surréaliste, cette photographie d’une bande de dégénérés se déguste sans le moindre déplaisir.

NIFFF ON STREAM - Full Strike

Quentin Meignant

Une comédie sportive certes moins dingue que Shaolin Soccer mais qui peut clairement se réclamer du cinéma HK des grandes heures. Love interest, caractérisation parfaite des personnages, sur-utilisation de ralentis, suspens,... Un très beau moment !

Damien Taymans

Une bonne grosse comédie HK loufoque qui renoue avec la production des années 80-90.

NIFFF ON STREAM - I am Here

Quentin Meignant

Pas du tout à sa place dans un festival dédié au genre, I am Here lorgne sur des productions du style de Pusher sans jamais parvenir à s’en approcher. Faussement glauque malgré un sujet qui appelait à un traitement beaucoup plus sombre encore, l’ensemble sombre dans sa dernière partie avec un rebondissement totalement foireux...

Damien Taymans

Une virée lunaire dans le monde crépusculaire de la prostitution, de la drogue et des reventes de mioches. Sur papier, I Am Here semble ressembler à un mix entre Matrioschka et Pusher... mais les personnages, amputés de toute profondeur et réduits à leur obsession la plus simple, errent dans ce monde de la nuit sans nous emmener à leurs côtés. Une petite mention pour le nihilisme final...

NIFFF ON STREAM - Slow West

Quentin Meignant

Un retour très rafraîchissant sur un genre presque oublié. Parfois drôle, souvent touchant, Slow West bénéficie de l’apport indéniable de Fassbender et de Smit-McPhee et s’appuie de surcroit sur une photo particulièrement léchée. Du très grand art !

Damien Taymans

Un western frais et rafraichissant malgré les températures accablantes de ce NIFFF. Ce road-movie à selle bénéficie d’une photographie absolument sublime et d’un casting irréprochable, la trogne de Fassbender en tête de gondole.

NIFFF ON STREAM - Robot Overlords

Quentin Meignant

L’Irlande peut désormais se targuer d’avoir un très bon faiseur qui peut toucher à tout en allant jusqu’à tutoyer l’univers des blockbusters. Très Amblin dans l’esprit, l’aventure recèle quelques beaux moments de bravoure, des traits d’humour qui ne sont pas sans rappeler Grabbers et un rythme plaisant. Le seul bémol réside dans le choix de certains acteurs...

NIFFF ON STREAM - Spring

Quentin Meignant

Une superbe photographie dépeignant des décors somptueux, un naturalisme de tous les instants, quelques belles métaphores et, surtout, la Nadia Hilker en avant-plan : un tableau de rêve qui, malheureusement, ne parvient pas à se trouver un créneau et balance simplement une amourette bavarde et assez simpliste au final ultra-décevant. A mille lieues de la folie de Résolution...

NIFFF ON STREAM - La Isla Minima

Quentin Meignant

Une mise en image magnifique et des décors somptueux au service d’un thriller parfaitement calibré. Sans doute trop carré dans son scénario que pour réellement marquer les esprits, La Isla Minima vaut son pesant de Goya, c’est pas Chantal qui nous contredira...

Damien Taymans

Un polar extrêmement classieux et magnifiquement réalisé qui mérite amplement la réputation qu’il s’est taillé dans son pays et à l’international.

NIFFF ON STREAM - Green Room

Quentin Meignant

L’affrontement entre skins et punks le tout accompagné de chiens enragés aurait pu virer à la régalade e offrir un ensemble totalement barge. Au final, Saulnier livre une œuvre d’une toute autre trempe, entre le film de guerre stratégique et l’horreur humaine la plus viscérale. Au final, l’ennui n’est jamais de mise et le film est une pleine réussite.

Damien Taymans

Après Blue Ruin, Saulnier prouve une nouvelle fois qu’il est l’une des révélations de cette nouvelle génération de cinéastes/auteurs capables d’imprimer sur pellicule leurs envies et leurs obsessions sans céder aux appels du consensuel. La preuve avec ce siège haletant confrontant skins vénères et punks couillus : pas une seconde de répit laissée au spectateur et de vrais beaux personnages finement travaillés.

NIFFF ON STREAM - Ava’s Possessions

Quentin Meignant

Annoncé comme une comédie sur la post-possession, Ava’s Possessions est tout le contraire : non seulement le film n’est pas drôle, mais en plus il se borne simplement à réitérer le schéma classique des films de ce genre. Ce qui aurait pu être une création originale finit par lasser avec ses lieux communs...

Damien Taymans

Le principal souci d’Ava’s Possessions est qu’il ne raconte pas grand chose mais en plus opte pour une narration chaotique. En outre, de nombreux effets tombent à plat et la résolution de l’enquête, noeud central de l’oeuvre, se montre bien trop prévisible.

NIFFF ON STREAM - Liza, The Fox Fairy

Quentin Meignant

Du Wes Anderson en plein dedans, entre folie visuelles et scénaristiques, le tout avec des personnages aussi attachants qu’hors normes. Liza, the Fox Fairy est bel et bien l’un des OFNI de cette édition 2015.

Damien Taymans

Cette année, la Hongrie enchante le NIFFF avec Liza, the Fox Fairy, un conte de fées extrêmement défait et déjanté qui fourmille d’une kyrielle de bonnes idées. Parfois, il reste un côté Amélie Poulain assez rasoir mais l’ensemble tient la route et les zygomatiques sont mis à rude épreuve.

NIFFF ON STREAM - True Love Ways

Quentin Meignant

Après un départ assez répétitif et catastrophique, Mathieu Seiler proposer une nouvelle fois ses tics de réalisations, déjà fort sympathiques sur The Outing, le tout en noir et blanc. L’anachronisme constant du récit, tant dans son traitement que dans les détails de décor et les objets utilisés, fait des merveilles, tandis que le cinéaste met en scène ses traumatisantes obsessions, le tout sur le ton d’un humour de plus en plus présent dans la seconde partie. Du très beau boulot !

Damien Taymans

Passer de Der Ausflug à cette magnifique petite bombe hyper classieuse et dotée de dizaines d’excellentes idées... Seiler a dû consommer une substance revigorante, je vois pas d’autre explication

NIFFF ON STREAM - The Voices

Quentin Meignant

Un Ryan Reynolds pour une fois convaincant, un humour qui fait souvent mouche, une plongée dans la folie plutôt agréable mais... ce qui est annoncé par beaucoup comme la petite bombe de l’année relève néanmoins plus du pétard mouillé...

NIFFF ON STREAM - Maggie

Quentin Meignant

Utiliser Schwarzie à contre-emploi était une idée séduisante sur papier mais un acteur peu investi, un script arythmique cousu de fil blanc et des bons sentiments à répétition viennent saper les rares qualités - notamment au niveau de la photographie - du film...

Damien Taymans

Remplacer Marthe Villalonga par Schwarzenegger, pourquoi pas ? D’autant que cette oeuvre flirtant, à travers l’épidémie zombiesque, le spectre de la mort s’avère assez noire et réaliste pour attirer l’empathie du public. Mais cette ambiance mortifère ne suffit pas à cacher complètement les principaux handicaps du film comme ce manque de rythme et des enjeux dramatiques parfois lourdauds

NIFFF 2015 - Les notes des chroniqueurs

Se déroulant du 3 au 11 juillet, le NIFFF version 2015 a proposé aux festivaliers bon nombre d’œuvres. Du bon au moins bon en passant par l’insolite, Damien et Quentin ont navigué entre les péloches toutes neuves et les rétros complètement jouissives. Focus sur les avis chiffrés de tous les films vus à Neuchâtel.

Films Damien Quentin
Compétition internationale /5 /5
Ava’s Possessions 1 1
Bridgend - 1
Crumbs 0 0
Emelie 2,5 3,5
Gaz de France 2,5 3,5
Green Room 4 3,5
Homesick 2 2
Lovemilla 2 3
Polder 0 0
Scherzo Diabolico 2 2,5
Spring - 2
The Corpse of Anna Fritz 3 3
The Invitation 2,5 3,5
Turbo Kid - 3,5
New Cinema from Asia /5 /5
Black & White : Dawn of Justice - 3,5
Full Strike 2,5 3
Hollow 1 2
Nowhere Girl 1 0,5
Office 2 1,5
Strayer’s Chronicle 1 0
Ultra Movies /5 /5
Contracted : Phase II 0 0
Deathgasm 1 2
Der Bunker 3 -
Excess Flesh 1 0,5
Hard to Get NC NC
Some Kind of Hate 0,5 0
Stung - 1
True Love Ways 3 4
We Are Still Here - 1,5
Films of the Third Kind /5 /5
I Am Here 2 1,5
Liza, The Fox Fairy 3,5 4,5
Love 3 0,5
La Isla Minima 4 2,5
Maggie 2 1
Men & Chicken 3,5 4
Robot Overlords - 3,5
Slow West 3 3,5
Tale of Tales 4 4
The Falling 3 2
The Voices 4 2
Todos Están Muertos 3 4
Histoire du genre /5 /5
Lost Soul - 3,5
Tribute to Sion Sono /5 /5
Why Don’t You Play in Hell ? 4 3,5

NIFFF 2015 - Green Room, la confirmation de Saulnier

Punks VS Skins & Dogs

Auteur d’une très belle percée à l’internationale avec Blue Ruin , son second long métrage, Jeremy Saulnier est désormais perçu comme un réalisateur confirmé par les amateurs de cinéma de genre. Tel a été le cas hier soir au NIFFF où sa nouvelle création, Green Room, remplissait la salle des Arcades et dégageait une ambiance toute particulière, entre tension et impatience.

Il faut dire que le pitch a de quoi éveiller la curiosité puisque ce qui est présenté comme un thriller met aux prises un groupe de punks non-violents à une petite armée de skinheads organisés et aidées par des chiens féroces. Invité par l’entremise d’un looser de première dans un concert skin, les musicos pacifistes débarquent sur scène et allument les crânes rasés. Quelques volées de crachats et de canettes plus loin, ils font une macabre découverte : un meurtre a été commis dans les coulisses. Ils sont alors enfermés par les fachos histoire que l’affaire ne s’ébruite pas, d’autant que les sous-sols du bâtiment renferment un secret aussi rentable que dangereux.

Présenté comme ceci, Green Room a donc tout du film de prise d’otages classique, du huis-clos facile. Il n’en est pourtant rien, Jeremy Saulnier parvenant à instiller une atmosphère toute particulière dès les premiers instants grâce à une caractérisation parfaite de ses principaux personnages, protagonistes un peu paumés dans un univers mystérieux qu’ils ne connaissent guère. Cette découverte de l’autre et de sa culture prend forcément un tour particulier lorsque la découverte de l’homicide a lieu, celui-ci décuplant une ambiance déjà lourde et délétère et confirmant "l’esprit bagarre".

La tournure des événements amène forcément à un affrontement à la tension de tous les instants qui s’inscrit d’emblée dans le sillage des films de guerre, alliant stratégie et scènes d’horreur aussi humaine que viscérale. Les effusions sanguinolentes - du plus bel effet grâce à un magnifique travail sur les effets spéciaux de maquillage - sont légion mais ne servent pourtant qu’à renforcer le schéma particulièrement destructeur d’une guerre des nerfs totalement stratégique. L’émergence de deux véritables tueurs à l’instinct primaire dans la dernière partie vient parachever cette réussite de tous les instants qu’est Green Room.

Quentin Meignant

NIFFF 2015 - Retour gagnant pour Anders Thomas Jensen

Famille recomposée...

On l’attendait depuis 2005 et son fabuleux Adam’s Apple , multi-primé au gré des festivals, le retour d’ Anders Thomas Jensen s’est opéré sur les écrans du NIFFF dans la soirée d’hier. Loin d’être inactif durant ces dernières années - l’homme a signé de nombreux scénarii, dont notamment ceux de The Salvation et Love is All You Need -, le metteur en scène danois revient avec son petit dernier, Men & Chicken.

L’œuvre suit deux frères pas gâtés par la nature qui voient leur paternel décéder. La vision d’une casette vidéo posthume leur apprend que leur père n’était pas leur géniteur. Bien décidés à rencontrer leur père biologique, ils décident de se rendre sur l’île d’Ork, peuplée de 41 habitants - seuil limite pour encore être considéré comme un véritable village. Ils y découvrent leur grande famille constituée de frères complètement barrés vivant en marge de la communauté. Le sanatorium où est installée la fratrie cache pas mal de secrets, tous plus dingues les uns que les autres.

Sur base de ce pitch d’enfer, Anders Thomas Jensen n’éprouve aucune difficulté à créer ce qu’il fait de mieux : une galerie de personnages totalement barrés, des situations rocambolesques au possible et, surtout, une bonne humeur de tous les instants malgré des sujets qui pourraient "fâcher" tels que l’inceste ou encore la zoophilie.

Ce dernier sujet prend d’ailleurs une place prépondérante dans le récit de Jensen, la chose étant pénalement punie depuis seulement deux gros mois par les instances judiciaires danoises. Pris avec légèreté, cet attrait pour les animaux prend un tour tout particulier dans le final du métrage laissant place à un dénouement assez inattendu et mettant dans le mille au niveau des émotions.

Complètement dingue dans sa première partie, notamment grâce au retour des acteurs fétiches de Jensen et à une caractérisation parfaite de personnages évoluant de manière loufoque au gré de situation souvent absurdes, Men & Chicken revêt donc au fil de son déroulement un aspect bien plus touchant et réfléchi qui transforme littéralement l’ensemble. La maestria narrative du metteur en scène danois semble ne pas connaitre de limites et Men & Chicken rejoint donc le panthéon des belles réussites qu’étaient déjà Les Bouchers Verts et Adam’s Apple .

Quentin Meignant

BONUS NIFFF 2015 - Hellvetia

The Pink Menace

Promus au rang de héros depuis l’ouverture du NIFFF et une première projection publique, les blogueurs de la websérie Hellvetia peuvent désormais compter sur leurs premières aventures en ligne.

L’humour est bien entendu de mise dans ce premier épisode qui pose les bases de l’histoire suivante : Une pollution au mercure a engendré une monstrueuse créature au fond d’une forêt du Gros-de-Vaud. Des disparitions suspectes attisent la curiosité des enquêteurs d’Hellvetia.

NIFFF 2015 - Lovemilla, de la toile au grand écran

Nouvelle illustration de l’efficacité scandinave...

Si, durant de nombreuses années, le Scandinavie a été considérée comme l’eldorado européen du cinéma de genre - du slasher au film de trouille en passant par la comédie gore -, la région nordique est un peu rentrée dans le rang, se contenant d’offrir sporadiquement des œuvres plus "classiques" par rapport à la filmographie locale.

Ainsi, si 2015 salue surtout le retour aux affaires de Thomas Anders Jensen avec son excellent Men & Chicken (voir ICI ), une belle surprise vient raviver une véritable tradition humoristique : Lovemilla.

Tiré de la websérie #Lovemilla, le métrage suit un couple aux prises aux difficultés du quotidien dans un futur proche. Entre des parents alcooliques et zombies assez invasifs, un taudis en guise d’appartement, un exo-squelette sans cœur, un ami gay friendly qui flashe pourtant sur une bombasse locale, un extraterrestre qui vient enlever la serveuse du bar familial, deux enquêteurs pas doués, un Vengeur gastrique qui distribue ses bactéries et un concepteur de voyage dans le temps dragueur, les deux héros auront fort à faire pour pérenniser leur relation.

C’est avec cet incroyable gloubiboulga que le cinéaste finlandais Teemu Nikki tente donc de donner vie à un long métrage tout en conservant l’esprit totalement décalé et les nombreux personnages étant apparus dans sa websérie à succès. Le moins que l’on puisse dire est donc que l’ensemble part forcément dans tous les sens sans se départir d’une évidente bonne humeur.

Conscients du caractère particulièrement Z d’un tel pitch, Teemu Nikki parvient à jouer avec les codes du genre pour livrer un ensemble potache et attachant bien desservi par des acteurs assez débonnaires, amis de longue date du metteur en scène. Le tout s’avère donc être très rafraîchissant malgré quelques gags lourdingues au possible et multiplie les références, clins d’œil et autres loufoqueries de bon aloi.

Sans être une pleine réussite, Lovemilla fait la démonstration d’une grande générosité d’un humour assez décapant. Une petite production qui mériterait d’atterrir chez nous en DVD et Blu-ray...

NIFFF 2015 - Michelle Krusiec, la belle plante de Kusama

L’argument charme de The Invitation...

Belle réussite à mettre à l’actif de de Karyn Kusama - ce qui nous change de l’infâme Jennifer’s Body -, The Invitation brille autant par sa dernière partie, justificatif parfaite à un déroulement fait de dialogues, que par son casting.

Incarnant à la perfection les personnages sortis de l’esprit de Phil Hay, Matt Manfredi et Kusama elle-même, les acteurs et actrices réussissent un véritable tour de force, conférant à eux seuls une âme à chacun des protagonistes. Parmi ces interprètes, la très mignonne Michelle Krusiec excelle dans un rôle plutôt en retrait et son physique très avantageux fait le reste.

Son personnage, Gina, semble être l’une des pierres angulaires du groupe qui, par sa bonne humeur et sa sensualité, attire les regards sans se montrer prolixe pour autant. Le doux regard de l’actrice et ses mimiques particulièrement sexy permettent donc de faire de ce personnage de second plan l’un des centres d’attention des spectateurs, éclipsant même la prestation de certains acteurs principaux. Son funeste destin, qui aurait pu passer inaperçu vu la tournure des événements, n’en est alors que plus touchant.

Michelle Krusiec ne peut pour l’instant se targuer d’une carrière d’envergure au cinéma. Agée de 40 ans déjà, l’actrice a surtout pu compter sur l’intérêt des producteurs et casteurs télévisuels, ayant notamment participé aux séries Les Experts, Nice Girls Crew ou encore Hôpital Central, où elle a incarné le personnage de Grace Yang. Ses incursions dans le Septième Art se résumaient jusqu’alors à des apparitions dans des œuvres telles que Dumb & Dumberer, Jackpot ou Ecole Paternelle. Gageons que son impeccable interprétation dans The Invitation, à n’en point douter l’œuvre la plus marquante de la filmographie de Karyn Kusama, devrait rapidement lui ouvrir les portes d’autres belles aventures. Elle le mérite bien...

NIFFF 2015 - Le Mexique fête ses morts

Todos Estan Muertos, la petite pépite émouvante de l’édition 2015...

Décidément, le NIFFF est l’endroit propice au retour des être chers partis trop tôt. Après avoir proposé les claques Hello Ghost - dont le remake US est toujours au point mort, ouf ! - et le délire exquis Ghost Graduation , le festival neuchatellois réitère dans le domaine avec Todos Estan Muertos, fruit d’une co-production hispano-mexicano-allemande.

Réalisé par Beatriz Sanchis, auteure de deux courts métrages dont un documentaire, le métrage est déjà tout auréolé d’un beau parcours en festivals lui ayant notamment permis de glaner des récompenses à Malaga et deux nominations aux Goya dans les catégories Meilleur nouveau réalisateur et Meilleure actrice.

Todos Estan Muertos suit Lupe, une ancienne star de rock qui, depuis le décès de Diego, son frère et partenaire de scène dans un accident de la route, vit recluse chez elle. Sa mère, qui garde le secret sur une terrible maladie, tente de la faire sortir de son exclusion et de la forcer à renouer des liens maternels avec son fils. Pour ce faire, elle invoque l’esprit de Diego lors de la Fête des Morts. Le retour de ce dernier auprès de Lupe ne se fait pas sans mal...

Sur base de ce pitch, Beatriz Sanchis, qui a aussi endossé la responsabilité totale du scénario, entend offrir aux spectateurs sa vision du deuil, une véritable incarnation émouvante et légère d’un sujet pourtant difficile à aborder. Todos Estan Muertos revêt donc, juste après une exposition assez lourde de sens, les atours d’une fable familiale touchante et agréable à suivre. Très fin au niveau de son analyse des interactions humaines, le métrage se paie par ailleurs le luxe d’une incursion réussie dans l’univers du rock’n roll par le biais d’une impeccable bande originale. La magie opère donc au sein de chaque facette d’une œuvre qui détourne les codes génériques du genre et qui laisse un sentiment de véritable renaissance de chacun des protagonistes.

Ceux-ci sont par ailleurs incarnés à la perfection, la vénérable Angélica Aragon tenant la petite famille de main de maître. La bien connue et ultra-talentueuse Elena Ayana insuffle toute l’émotivité possible à son rôle de Lupe, véritable pierre angulaire de l’histoire qui s’appuie sur la sensualité et l’air torturé de son interprète. Cette dernière aurait sans doute d’ailleurs mérité d’être récompensée d’un Goya pour cette incarnation tout en justesse et en émotion. Todos Estan Muertos est sans conteste l’œuvre la plus touchante vue lors de ce NIFFF 2015.

Quentin Meignant

NIFFF 2015 - Grace Phipps, future égérie du genre

Le seul mérite de Some Kind of Hate

Si les filles sont déjà très jolies dans les rues de Neuch’, surtout par les fortes chaleurs qui sévissent pour l’instant sur le territoire helvète, force est de constater que, bien souvent, elles le sont aussi sur les grands écrans au sein d’œuvres parfois bonnes, parfois complètement nullissimes.

Alors que la déjà très expérimentée Michelle Krusiec nous avait laissé sous le charme par son interprétation dans le convaincant The Invitation de Karyn Kusama (voir ICI), voici qu’hier la magnifique Grace Phipps a fait son apparition au sein du ratage Some Kind of Hate, d’Adam Egypt Mortimer.

L’œuvre en elle-même n’était pas très recommandable, s’escrimant à reprendre les ingrédients de grands classiques du genre et faisant preuve d’un prévisibilité à toute épreuve, Grace Phipps et son joli minois deviennent vite le seul cente d’attention du spectateur.

Et, à ce titre, la belle joue largement de ses charme, souriant plus qu’à son tour et offrant ses courbes - malheureusement sous-utilisées - au metteur en scène. Sexy au possible, la demoiselle n’est déjà plus une inconnue pour les amateurs de genre puisque son premier rôle sur grand écran date du remake de Fright Night en 2011.

Depuis, la belle a participé aux séries The Nine Lives of Chloe King, Vampire Diaries et Supernatural, proposant son physique avantageux aux accros du petit écran. Son retour dans le Septième Art a été opéré l’an dernier dans Dark Summer juste avant qu’elle ne prenne part au tournage de Some Kind of Hate.

Si cette participation à un ratage intégral ne devrait pas marquer sa filmographie, elle marquera à coup sur les esprits au moment où sa carrière décolle avec des participations à Tales of Halloween et à la très attendue série Scream Queens. Grace Phipps, la Tiffany Shepis de demain ?

NIFFF 2015 - Tops et flops 5 des chroniqueurs + bons plans siestes

Des films et du sommeil...

Le NIFFF cuvée 2015 vient de se clore qu’il est déjà temps de faire le bilan. Outre le traditionnel tableau des notes, voici donc les tops et flops 5 du festival, accompagnés cette année par "les bons plans sieste", ces films qui n’ont pas pu lutter contre notre manque de sommeil ou qui ont tout simplement fait preuve d’une arythmie à toute épreuve.

TOPS 5 :

Quentin Meignant

1. Liza, the Fox Fairy

2. True Love Ways

3. Men & Chicken

4. Todos estan Muertos

5. Robot Overlords

Damien Taymans

1. The Voices

2. La Isla Minima

3. Tale of Tales

4. Men & Chicken

5. Liza, the Fox Fairy

FLOPS :

Quentin Meignant

1. Polder

2. Strayer’s Chronicle

3. Contracted : Phase 2

4. Crumbs

5. Love

Damien Taymans

1. Polder

2. Crumbs

3. Contracted : Phase II

4. Some Kind of Hate

5. Excess Flesh

SIESTES DE QUALITÉ :

Quentin Meignant

1. Love

2. Strayer’s Chronicle

3. Office

4. Polder

5. Contracted : Phase 2

Damien Taymans

1. Bridgend

2. DeathGasm

3. The Invitation

4. Lovemilla

5. Crumbs

NIFFF 2016 : la programmation complète !

L’événement suisse fait une nouvelle fois le buzz...

Événement prévu du premier au 9 juillet prochains, le NIFFF, Festival du film fantastique de Neuchâtel, a depuis bien longtemps acquis une dimension internationale et fait désormais partie des festivals les mieux cotés du genre.

A ce titre, l’édition 2016 ne devrait pas faire défaut à cette glorieuse réputation avec une programmation complète dévoilée hier qui s’avère être totalement démentielle : 102 longs métrages pour 29 courts, de quoi ravir tous les amateurs du genre.

Parmi les nouveautés à découvrir sur les écrans helvètes, notons notamment The Handmaiden, de Park Chan-wook, Détour, le nouveau Christopher Smith, Los Parecidos, la merveille d’Isaac Ezban, le très attendu Swiss Army Man avec Daniel Radcliffe, Creepy, de Kiyoshi Kurosawa, les géniaux Seoul Station et Baahubali : The Beginning, The Wave, le retour aux affaires de l’excellent Roar Uthaug, Mi Gran Noche, la nouvelle gaudriole du sieur de le Iglesia, Carnage Park, de Mickey Keating, ou encore le démentiel Yoga Hosers de Kevin Smith.

Au niveau des rétrospectives, la part belle sera évidemment faite aux oeuvres de John Carpenter (18 films projetés en plus de son concert unique !), mais aussi à Santa Sangre, El Paramo ou encore Orange Mécanique.

Découvrez l’entièreté du programme en cliquant ICI.

NIFFF 2016 - Le Palmarès

Une grande cuvée...

Se déroulant du premier au 9 juillet, le NIFFF 2016 a une nouvelle fois enchanté ses aficionados avec, en point d’orgue, le concert unique de John Carpenter.

Les diverses compétitions ont par ailleurs rendu leurs verdicts tant attendus hier et le moins que l’on puisse dire est que les films présents au palmarès donnent bougrement envie.

LE PALMARÈS :

PRIX H.R. GIGER « NARCISSE » DU MEILLEUR FILM (COMPÉTITION INTERNATIONALE) : UNDER THE SHADOW – Babak Anvari, Iran/Jordan/Qatar/UK. Mention spéciale : THE LURE - Agnieszka Smoczyńska, Poland

MÉLIÈS D’ARGENT DU MEILLEUR LONG MÉTRAGE EUROPÉEN : PARENTS – Christian Tafdrup, Denmark

PRIX NIFFF DE LA CRITIQUE INTERNATIONALE (COMPÉTITION INTERNATIONALE)
 : SWISS ARMY MAN – Daniel Scheinert & Dan Kwan, USA

PRIX IMAGING THE FUTURE DU MEILLEUR PRODUCTION DESIGN (COMPÉTITION INTERNATIONALE) : SWISS ARMY MAN – Daniel Scheinert & Dan Kwan, USA

PRIX DE LA JEUNESSE DENIS-DE-ROUGEMONT (COMPÉTITION INTERNATIONALE)
 : DETOUR – Christopher Smith, UK, Afrique du Sud

PRIX DU MEILLEUR FILM ASIATIQUE (COMPÉTITION ASIATIQUE) : HONOR THY FATHER – Erik Matti, Philippines

PRIX RTS DU PUBLIC (COMPÉTITION INTERNATIONALE ET COMPÉTITION ASIATIQUE) : SWISS ARMY MAN – Daniel Scheinert & Dan Kwan, USA

PRIX H.R. GIGER « NARCISSE » DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE SUISSE : IVAN’S NEED – Veronica Lingg, Manuela Leuenberger & Lukas Suter, Switzerland

MÉLIÈS D’ARGENT DU MEILLEUR COURT MÉTRAGE EUROPÉEN : IVAN’S NEED – Veronica Lingg, Manuela Leuenberger & Lukas Suter, Switzerland

PRIX TAURUS STUDIO À L’INNOVATION (COMPÉTITION DE COURTS MÉTRAGES SUISSES) : BELLE COMME UN COEUR – Gregory Casares, Switzerland

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