BIFFF 2017

BIFFF 2017 - Retour du Bal des Vampires et du Gaming Madness Days !

Les institutions font parler d’elles...

A un peu plus d’un petit mois du début de l’événement et à quelques encablures seulement de la mise en ligne du très attendu programme, le BIFFF 2017 continue à distiller ses principales informations.

Ainsi, pour sa 35ème édition, le festival bruxellois ne se départira pas de ses événements traditionnels puisque le Bal des Vampires s’est distingué il y a quelques jours par l’entremise de son affiche.

Le Bal, qui en est à sa trente-deuxième édition et qui verra, comme chaque année, nombre de costumes originaux s’affronter dans une ambiance particulièrement festive, se tiendra le 8 avril prochain à l’Hôtel de la Poste sur le site de Tour & Taxis.

A noter aussi le retour des Gaming Madness Days, événement dévolu aux gamers qui se tiendra du 5 au 15 avril prochains dans les murs mêmes du Bozar.

Toutes les infos sur les Gaming Madness Days

Informations sur le Bal des Vampires

BIFFF 2017 - Prêts à souffler les bougies ?

Un programme décapant pour les 35 ans !

35 ans, ça se fête, 35 bougies, comme disait Coluche, c’est l’âge où ça commence à coûter plus cher en bougies qu’en gâteau, qui plus est pour un festival de cinéma de l’ampleur du BIFFF et dont les réjouissances s’annoncent d’ores et déjà démentielles.

Après avoir patienté 11 mois pour découvrir les surprises que cette 35ème édition allait nous apporter, c’est comme à l’accoutumée que la conférence de presse s’est déroulée dans la fastueuse salle baroque de l’hôtel de Ville de Bruxelles. Nous eûmes donc droit à nombre de photos « collector » accompagnées d’anecdotes croustillantes concernant les éditions antérieures.

Le registre des nouveautés 2017 est quant à lui à la hauteur de nos espérances. En effet, la première est l’organisation sur site d’un BIF Market, qui permettra sans nul doute de focaliser les producteurs étrangers et autres investisseurs sur cet événement si singulier qu’est le Festival International du Film de Bruxelles. Ce marché se déroulera du 13 au 15 avril également à Bozar.

L’expo ArtBifff vous permettra de contempler des œuvres originales de plusieurs artistes de talent dont le renom, - s’il n’est déjà atteint - risque bien de s’amplifier à l’occasion de cette participation.

Dans la foulée, la seconde édition de l’international Art Contest aura lieu du 05 au 12 avril avec comme thématique l’Art fantastique en général.

Côté jury, nous ne serons pas en reste non plus. En effet, le jury international sera présidé par Euzhan Palcy (Une Saison Blanche et Sèche, Siméon...) accompagnée de plusieurs condisciples à savoir Mar Targarona (Julia’s eyes, the body, Boy missing...), Axelle Carolyn, (Soulmate, Tales of Halloween), Christina Lindberg dont la prestation dans le fameux rape and revenge Thriller marqua les esprits en 1973, la sulfureuse Macarena Gomez (Sexy killer, Shrew’s Nest...) et Stéphanie Crayencour (Kill Me Please, Un petit Boulot...) qui compléteront ce jury 100 % féminin.

Le 04/04/17, la séance d’ouverture verra l’intronisation d’un nouveau Chevalier de l’Ordre du Corbeau, et non des moindres vu qu’il s’agira du génial réalisateur coréen Park Chan-wook himself (Sympathy for Mister Vengeance, Lady Vengeance, Old Boy, Stoker, Mademoiselle...). Cette cérémonie sera ponctuée comme à l’accoutumée par de nombreuses surprises qui ne manqueront pas de ragaillardir vos sens. Cette célébration sera suivie en ciné 1 par le le long-métrage zombiesque du britannique Colm McCarthy The girls with all the Gifts.

Côté programmation, cette 35 ème édition nous envoie du lourd avec des diffusions dans les trois salles de plus de 100 longs-métrages dénichés dans les quatre coins du monde pour satisfaire le côté hédoniste qui nous caractérise, dont les très attendus Antiporno (Sono Sion), The Invisble Guest (Oriol Paulo), The Void (Jeremy Gillepsie et Steven Kostanski), A Dark Song (Liam Gavin), Swiss Army Man (Dan Kwan), Under The Shadows (Babak Anvari), The Autopsy of Jane Doe (Andre Ovredal) Prey (Dick Maas) et The Bar de notre cher Alex de la Iglesia en guise de film de clôture, pour n’en citer que quelques-uns.

Au rayon animations, vous pourrez participer à la désormais culte Zombifff Parade ainsi qu’aux jeux Zombifff’lympics qui y sont associés, au bal des vampires, à la Zombifffnight pour les plus valeureux d’entre vous, ainsi qu’aux diverses masterclass (dont celle très attendue de Monsieur Fabrice du Welz dans le cadre de la projection de son dernier film, Message From The King. Les aficionados de la série Game Of Thrones auront par ailleurs la possibilité de poser leur noble séant sur le trône original ayant été utilisé dans la saga). Une kyrielle d’autres animations jalonneront par ailleurs ces 13 jours d’ambiance incomparable qui font le charme de ce festival unique,

Au BIFFF, il y en a pour tous les goûts, outre les compétitions de courts-métrages ou nous risquons de découvrir de nombreuses perles, les projections sur grand écran d’œuvres phare de l’histoire du cinéma fantastique tels que Xtro, DreamDemon ou l’indélébile Les Yeux Sans Visage, pur joyau du cinéma de genre français de George Franju,

Notons également un changement d’importance : le concours de Body Painting se déroulera en une seule journée, à savoir le 9 avril, alors que lors des précédentes éditions, celui-ci s’étalait sur toute la durée du festival,

Au rayon des invités, il vous sera possible de croiser - au détour des galeries sillonant le Palais des Bozars- des célébrités comme Dick Maas, Edith Scob, Fabrice Du Welz, Jason Flemyng, Stéphane Bourgoin, Yoshihiro Nishimura, et, bien sûr, Alejandro Amenabar et Park Chan-wook pour ne citer qu’eux,

Pour les habitués, inutile de donner rendez-vous à partir du 4 avril, pour partager la Troll de l’amitié. Pour ceux qui auraient le malheur de ne pas connaître cet événement, il n’est jamais trop tard pour admettre ses lacunes, nous ne pouvons donc que vous inviter à vous y rendre, et à visiter le site http://www.bifff.net/ où vous trouverez la programmation complète ainsi que tous les renseignements utiles.

Benoit Levenkron (Aka Adam Korman)

BIFFF 2017 - L’application est disponible !

L’indispensable outil pour une organisation sans faille !

A la pointe depuis quelques années grâce à Christophe Beyls, le BIFFF pourra cette année encore compter sur son application qui permettra aux aficionados de l’événement bruxellois de s’y retrouver dans le planning très chargé mis en place.

Au lieu d’errer dans les travées du Bozar à la recherche de LA séance ou de l’animation voulue ou encore de se dépatouiller avec le riche programme (qui ne tient forcément pas sur un ticket de métro), il suffira de quelques clics bien sentis pour tout connaître et tout comprendre durant toute la durée du festival.

L’application est à retrouver dès maintenant ICI.

BIFFF 2017 - Le top 5 des attentes des chroniqueurs

De l’éclectisme au sein de la rédac’

Grand Messe du cinéma pour bon nombre de membres de la rédaction, le BIFFF est le moyen idéal de se retrouver autour d’une bonne Cuvée des Trolls mais aussi et surtout, de se mater quelques péloches ensemble, plutôt que reclus respectivement dans les salles ciné de nos régions.

Autant dire que, vu la riche programmation de cette trente-cinquième édition, l’éclectisme est de mise au sein de la rédaction et que les choix entre salle 1 et salle 2 seront souvent très difficiles, même si le très attendu Message From the King de Fabrice Du Welz revient très souvent dans les esprits.

Voici donc le traditionnel top 5 des attentes des chroniqueurs qui, comme chaque année, useront leurs fonds de culotte sur les sièges du BIFFF (ou profiteront volontiers avec vous de l’espace bar, cela va de soi).

TOP 5 DES ATTENTES DU BIFFF 2017 :

Quentin Meignant :

1. Message from the King

2. Headshot

3. Le Serpent aux mille coupures

4. Prey

5. Death Note

Damien Taymans :

1. Swiss Army Man

2. Message from the King

3. The Autopsy of Jane Doe

4. The Void

5. La Caravane du Cafard

Samuël Tubez :

1. Message From the King

2. Free Fire

3. The Bar

4. Smoke & Mirrors

5. Boy Missing / Antiporno

Sébastien Brunclair :

1. The Autopsy of Jane Doe

2. Free Fire

3. A Dark Song

4. Swiss Army Man

5. The Void

Alan Deprez :

1. Message from the King

2. The Void

3. Antiporno/ XX

4. Headshot/Prey

5. White Coffin/ Meatball Machine : Kodoku

Benoît Levenkron :

1. The Autopsy of Jane Doe

2. Replace

3. Swiss Army Man

4. The Void

5. Message from the King

BIFFF 2017 - 35 bonnes raisons de fêter le BIFFF

Un anniversaire qui s’annonce grandiose !

Rater un anniv’ sous le prétexte "J’peux pas, j’ai piscine", nombre d’entre nous l’avons déjà fait. Sauf que là, nous parlons du BIFFF, cette véritable institution qui, dans quelques jours, fête - c’est le cas de le dire - ses 35 printemps. Un anniversaire qui se voudra bien entendu haut en couleurs et en films décalés mais qui fera aussi la part belle à de nombreuses innovations.

35 piges, c’est (au moins) 35 bonnes raisons de fréquenter l’événement bruxellois avec assiduité sous peine de manquer des moments mémorables. Nous vous avons donc listé de manière non-exhaustive 35 faits qui seront sans nul doute marquants.

Le BIFFF 2017, ce sera :

* Le formidable esprit de camaraderie des retrouvailles de l’ouverture

* La (ou plutôt LES) Trolls de l’amitié après la séance d’ouverture

* La projection d’Headshot, la nouvelle merveille des Mo Brothers, c’est d’la balle (direct dans ta tête)

* Parce que, bon, en avril, faut pas de se découvrir d’un fil, donc autant se mettre au chaud dans les magnifiques salles du Bozar

* La première belge de Message From the King, du Sieur Fabrice Du Welz, sans doute l’une des oeuvres immanquables de cette année

*La première mondiale de Spit’n’Split - The Experimental Tropic Blues Band, du doux dingue Jérôme Vandewattyne, qui risque une nouvelle fois de décoiffer l’assistance

* Le retour sur les écrans de ce polisson d’Alan Deprez avec son très coquin Cruelle est la Nuit, présenté hors compétition lors des Fantastic Shorts avant de s’envoler rien de moins qu’au Short Film Corner du Festival de Cannes

* Pour les éruptions anales et sonores de Daniel Radcliffe dans le véritable OFNI Swiss Army Man. Le pet, ça décoiffe !

* La folle ambiance de la Fantastic Night, son Maitrank, ses amusements enfantins, son bruit qui résonne encore de l’année dernière

* Parce qu’une Fantastic Night qui commence par un film avec le grand Dolph Lundgren (dans Don’t Kill It), cela ne peut être que gage de qualité

* Pour les hectolitres de foutre déversés dans Night of Something Strange

* Pour voir Freddy déambuler avec son Necronomicon, Bible regroupant les signatures de tous les invités depuis les premières éditions

* Le retour pétaradant de Hentai Kamen et de ses délirants sous-vêtements dans Hentai Kamen 2 : The Abnormal Crises

* Parce qu’avec Bad Cat, on se dit qu’un chat roux, turc et malfaisant, c’est tout de même beaucoup mieux que de passer son temps devant Garfield & Cie

* Parce que le girl power de l’anthologie XX en guise de clôture renforcera sans nul doute le côté partisan de la gent féminine. Le combat continue les filles !

* Voir deux légendes du cinéma contemporain, Park Chan-wook et Alejandro Amenabar, adoubés Chevaliers de l’Ordre du Corbeau avec tout le cérémonial et tous les applaudissements dus à leur rang, cela n’a pas de prix (enfin, si, celui d’une simple chanson !)

* L’extraordinaire programmation sud-coréenne de la salle 3, qui, profitant de la présence du Grand Monsieur qu’est Park Chan-wook, offrira de nombreuses rétrospectives.

* L’hommage rendu au meilleur film fantastique français de tous les temps, Les Yeux Sans Visage de George Franju, qui sera projeté en salle 3 le samedi 8 avril.

* Pour l’étonnante galerie de personnages hauts en couleurs fréquentant les lieux avec assiduité depuis de nombreuses années. Du petit Farfadet à l’homme aux seins en passant par un certain Charles (et son petit copain) voire même le chaud bouillant Manu Militari.

* Pour les présences conjuguées de Guillaume Musso, Franck Thilliez ou encore Stéphane Bourgoin, trois grands auteurs qui attireront sans nul doute la foule et assouviront les besoins des chasseurs d’autographes

* Parce que les zombies, eux aussi, ont le droit à leur dose de sport grâce aux ZomBIFFF’lympics

* Car la Zombie Parade est une bulle d’oxygène pour la Capitale et un moment privilégié pour les employés stressés

* Pour le "petit matin" - bon, OK, il sera midi - des Fantastic Shorts qui permet aux familles des réalisateurs de découvrir la bonne ambiance de l’événement mais aussi aux habitués les plus chevronnés de se croiser, les yeux mi-clos (et on ne parle pas que d’Alan), encore scotchés par les séances tardives de la veille mais impatients de découvrir les dernières créations des copains

* La grande première du BIF Market qui devrait attirer du beau monde mais aussi et surtout déboucher sur de futures productions d’envergure

* La projection de courts complètement dingues dans la désormais traditionnelle séance Court Mais Trash

* Pour l’indispensable Troma Night, aussi appelée Tromarathon, ou quand Troma s’invite à l’anniversaire du BIFFF pour y semer la zizanie et proposer ses dernières gaudrioles. Le tout se déroule en salle 3 durant la Fantastic Night et Blood, babes… and bagels, Dolphinman Battles the Sex Lobsters et B.C. Butcher feront virer le tout à la dégueulasserie la plus totale !

* La présence de Richard et de son stand DVD, d’une richesse incomparable et proposant des prix très honnêtes

* Les différentes Masterclass, à commencer par celle, immanquable, du passionnant et passionné Fabrice Du Welz.

* La grande nouveauté de l’ouverture avec le concert post-séance de Sport Doen, ou le moyen idéal de ne pas rentrer trop tôt dès le premier jour !

* La traditionnelle compétition Cosplay qui, cette fois, égaiera un dernier jour déjà empli de nostalgie

* L’ambiance incomparable du Bal des Vampires qui permet aux plus fêtards de participer à de véritables réjouissances jusqu’au petit matin

* La grande première, hors-Japon, de Meatball Machine : Kodoku, une oeuvre de Yoshihiro Nishimura qui est attendue dans le monde entier par tous les amateurs de gaudriole à la nipponne.

* Le Body Painting qui, cette année, aura lieu de manière plus indépendante en salle 3, permettant aux artistes mais aussi aux nombreux amateurs de cet art de le mettre en lumière de la plus belle des façons

* La bonne habitude prise par Alex de la Iglesia de livrer un film par an pour que le BIFFF se trouve une clôture à très très bonne ambiance. Cette année, ce sera El Bar !

* Les métrages dévolus au jeune public le dernier jour car il n’est jamais trop tôt pour partager sa passion (et qu’en plus, c’est toujours bien de dire à son ou sa conjoint(e) qu’on prend en charge le moutard).

On aurait aussi pu ajouter, entre autres :

- Parce que la première internationale d’Attraction, blockbuster d’un cinéma russe en pleine expansion, a tout de l’événement d’ordre mondial.

- Parce que faire un choix entre le français Le Serpent aux mille coupures et l’OFNI italien Monolith, ce n’est pas facile et cela illustre parfaitement la richesse de la programmation.

- ...

(Raisons invoquées par Quentin Meignant)

BIFFF ON STREAM - The Bar

Quentin Meignant

Cela fait maintenant quelques années que de la Iglesia semble vouloir servir du réchauffé à ses aficionados. Mais là, trop, c’est trop et ce El bar déçoit à tout point de vue, de ses débuts bavards à une intrigue qui passe au second plan face aux efforts burlesques du réalisateur.

Alan DeprezGIF

Thématiquement et formellement, Alex de la Iglesia peine à se renouveler. The Bar en est l’exemple parfait : péripéties téléphonées, jeu outré des acteurs - poussé à son paroxysme lors de scènes confinant à l’hystérie - et manque flagrant d’inspiration (il s’agit à nouveau d’un huis clos, comme dans My Big Night). De temps à autre, une poignée de séquences nous sort de notre torpeur (telle cette poursuite dans les égouts, avec un usage intelligent du bodymount) et la beauté de Blanca Suárez nous a tapé dans l’œil. Ça reste peu...

Sébastien Brunclair

Durant la première partie de The Bar, de la Iglesia nous sert du mauvais théâtre filmé, mené par une troupe d’acteurs en roue libre débitant des tonnes de répliques peu inspirées. La suite, si elle a au moins le mérite d’offrir un surplus de rythme (et encore), ne vole pas beaucoup plus haut.

BIFFF ON STREAM - XX

Quentin MeignantGIF

Un Girl Power qui n’en est finalement pas vraiment un. Si l’idée de l’anthologie féminine est plutôt sympa sur papier, il aurait été beaucoup plus amusant qu’elle devienne féministe. Au final, trois segments pas vraiment brillants, si ce n’est l’amusant second... qui relève plus de la comédie que du genre. Reste des inserts en stop-motion totalement envoûtants....

BIFFF ON STREAM - Come and find me

Quentin Meignant

Un ensemble envoûtant - avec une BO particulièrement sublime dans la dernière partie - pour un thriller original. Mystérieux de prime abord avant de se muer en film d’action à part entière, Come and Find me fait surtout la part belle à un casting cinq étoiles avec le trop rare Aaron Paul en figure de proue.

BIFFF ON STREAM - Night of something strange

Quentin Meignant

L’oeuvre idéale pour une Fantastic Night : du sexe à tout-va, du foutre en veux-tu en voilà, de l’esprit potache bien comme il faut et une pandémie d’ordre mondial qui est particulièrement originale. Le tout avec un final qui décoiffe !

BIFFF 2017 - The Gates are opened

Qu’il est bon de rentrer à la maison !

Quel plaisir, quelle joie ! La trente-cinquième édition du BIFFF a ouvert ses portes hier et a permis à tout un chacun de revivre. Fini le quotidien et ses habitudes, voici que débarque le festival cher à nos cœurs qui, pour ses 35 balais, semble vouloir marquer le coup avec nombre d’activités connexes, mais aussi et surtout avec sa bonne humeur, déjà bien présente hier dans les murs du Bozar.

Quel plaisir de rentrer dans cette seconde maison et de revoir les copains avant même le coup d’envoi des hostilités, histoire de se vider un (ou plus si affinités) godets et de faire le point sur l’année écoulée. La famille BIFFF étant réunie autour d’une même cause et d’une même envie, les cœurs battant à l’unisson pour ce festival qui s’étirera jusqu’à la fin de la période de Pâques, il ne fait aucun doute que cette soirée ne constitue que les prémices d’une véritable réussite.

35 ans, c’est l’âge de la maturité, cela ne fait aucun doute (votre humble serviteur n’en a que 32, il a encore une excuse donc-NDLR) et c’est donc forts de leur expérience et d’une place désormais faite aux BOZAR que les organisateurs ont entamé l’événement par le traditionnel discours et ses animations en salle 1, tout en n’oubliant pas le public de la salle 2, avec un film présenté en première belge : Beyond the Gates.

L’œuvre, due à Jackson Stewart, néophyte dans le domaine du long-métrage, a connu un sacré parcours pour une première œuvre, avec des prix glanés à Brooklyn et Los Angeles, mais aussi une exploitation en salles aux States et quelques apparitions dans des festivals en Australie ou en Suède. Beyond the Gates suit Gordon et John Hardesty, deux frères que tout sépare malgré des souvenirs communs dans la boutique VHS familiale. Suite à la disparition de leur père, ils se réunissent pour vider le magasin et tombent sur un mystérieux jeu de plateau VHS intitulé Beyond the Gates. Après avoir entamé une partie, ils se rendent compte que leur père est piégé dans le jeu, qui prend des allures de plus en plus réelles. Une course contre la mort débute...

Première réalisation ambitieuse, Beyond the Gates a une grande force : celle de replonger les nostalgiques dans un temps que les moins de 30 ans (on s’fait vieux-NDLR) ne peuvent pas connaître. Outre l’attrait de la touche vintage de la vidéothèque et de ses rayonnages qui sentent bon les 80’s, l’œuvre s’articule autour d’une pratique oubliée, même par les gamers les plus aguerris : le jeu de plateau avec support VHS, un véritable dinosaure technologique qui garde un certain charme. Ce support est d’ailleurs particulièrement envoûtant pour le spectateur grâce à l’incarnation offerte par Barbara Crampton, qui prête ses traits à la mystérieuse "speakrine" du jeu. L’actrice, extrêmement populaire auprès des amateurs de Bis et égérie du ciné 80’s, confère au jeu un aspect inquiétant et vintage du plus bel effet.

Passées ces quelques considérations chronologiques, Beyond the Gates a par contre du mal à développer un certain rythme et se veut extrêmement bavard, l’ambiance globale souffrant donc d’une inertie partielle. Quelques scènes d’angoisse et l’une ou l’autre séquences gore viennent plus ou moins sauver les meubles de ce qui aurait pu être, avec une scénarisation tout autre, un petit joyau de nostalgie.

Juste convaincant pour un premier film, Beyond the Gates sera donc rapidement oublié, d’autant que, les fûts de Cuvée des Trolls étaient déjà de sortie pour le verre de l’amitié et que le divin breuvage a coulé à flots, permettant à la famille BIFFF de se retrouver, de rire et même de chanter. Quoi de plus beau pour un commencement et le début d’un anniversaire, qui sera de bout en bout décapant ?

BIFFF 2017 - Julie Estelle, cette bombe

L’égérie des Mo Brothers nous a laissés sous le charme !

Alors qu’Headshot est sans contestation possible l’une des oeuvres marquantes de ce festival qui n’en est qu’à ses prémices et sans doute même de l’année (voir ICI), la synthèse parfaite de The Raid et de Killers nous a permis de (re)découvrir une actrice hors du commun, Julie Estelle.

Encore méconnue sous nos latitudes mais véritable star en Indonésie, son pays d’origine, la donzelle enchaîne les succès tant sur grand écran qu’à la télévision. Après des débuts remarqués dans Alexandria en 2005 à l’âge de 15 ans, la jeune femme s’est rapidement constitué un statut d’icône, en posant notamment pour le magazine Playboy à 17 ans. Ne laissant pas la comédie de côté, elle a participé à quelques séries à succès dans un pays en plein développement en matière de divertissement.

C’est néanmoins dans le domaine du Septième Art qu’elle convainc le plus en participant à la trilogie horrifique Kuntilanak, véritable pierre d’achoppement d’un cinéma de genre en pleine évolution en Indonésie. C’est d’ailleurs grâce à cette franchise qu’elle tape dans l’oeil des Mo Brothers (Timo Tjahjanto et Kimo Stamboel) qui lui proposent un rôle d’envergure dans leur célèbre Macabre, qui a fait le tour des festivals au début de la décennie.

Depuis, l’actrice n’a plus quitté le devant de la scène en variant néanmoins les genres (Brokenhearts, la série The East) avant d’être imposée à l’oeil du monde entier par Gareth Evans et son fabuleux The Raid 2. L’aura internationale de l’actrice se développant petit à petit, Timo Tjahjanto et Kimo Stamboel ne pouvaient que faire appel à elle au moment de tourner leur incroyable Headshot.

Gage de rentrées financières sur le marché indonésien, Julie Estelle est, de surcroît, l’une des pierres angulaires du récit des deux réalisateurs. Dans le camp des "méchants", Rika, son personnage, est sans doute l’un des plus profonds de l’aventure, entretenant une relation à la fois fusionnelle et destructrice avec le héros et étant l’antithèse parfaite d’Ailin, l’autre personnage féminin principal. Ses arguments physiques en plus, Julie Estelle met littéralement le feu à la pellicule lorsqu’il s’agit de combattre et, outre les scènes d’action, son impact dramatique sur les événements fait prendre tout son sens à une oeuvre qui fait d’ores et déjà partie des merveilles du cinéma indonésien.

Fruit de l’amour d’un Franco-Américain et d’une Sino-Indonésienne, Julie Estelle a d’ores et déjà une culture internationale qu’elle ne manquera pas de transposer dans le domaine du Septième Art. Au plaisir de vous voir à Hollywood, chère demoiselle...

BIFFF 2017 - Premier trailer pour Robin

Les choses se précisent pour cette première mondiale...

Oeuvre qui aurait pu passer inaperçu au sein de la gigantesque programmation du BIFFF 2017, Robin, film du suédois Antonio Tublen, vient tout juste de se doter d’une alléchante bande-annonce qui devrait changer la donne.

Le metteur en scène, déjà auteur d’une belle percée à l’internationale avec LFO voici quelques années, pourrait en effet remettre le couvert au vu des éléments actuellement en notre possession. Une chose est certaine, la première mondiale prévue à Bruxelles le vendredi 14 avril devrait clairement valoir le détour.

Robin suit une jeune femme qui, après s’être réveillée traumatisée dans les bois, déclare à la police qu’elle a été témoin d’un meurtre. Alors que rien ne prouve ses dires et que la police refuse de mener l’enquête, elle est persuadée d’être la prochaine victime. Une course contre la montre s’engage alors pour qu’elle puisse se sauver.

Source : Youtube Ping Pong

BIFFF 2017 - Headshot, en plein dans le mille !

C’était un peu tôt pour découvrir le film de l’année....

Tout auréolé d’un très beau parcours dans les festivals du monde entier initié en septembre dernier lors de L’étrange Festival de Paris, c’est tout naturellement que Headshot, le nouveau film de Timo Tjahjanto et Kimo Stamboel, a posé ses bobines au BIFFF 2017 le temps d’une projection qu’il ne fallait bien entendu pas manquer. Le duo de cinéastes sont en effet des bons clients du festival bruxellois puisqu’ils y ont déjà proposé le délicieux Macabre et le bluffant Killers. C’est donc l’esprit marqué par ces bons souvenirs que les aficionados du Plat Pays se sont rendus en masse dans la salle 2 pour découvrir cette nouvelle oeuvre qui suit un amnésique dont le mystérieux passé de machine à tuer revient à la charge alors qu’il doit combattre un baron de la drogue.

La promesse de cette course contre la montre et le passé du héros prend forme dès les premiers instants de l’oeuvre avec une mise en place bien exécutée faite de mystère mais aussi d’initiations. Les rares souvenirs du personnage principal sont en effet faits de violence et les premières scènes permettent à ce dernier de se remémorer des gestes oubliés faisant presque passer sa rééducation pour un rite initiatique à la Merantau. Il n’en faut pas plus à Timo Tjahjanto et Kimo Stamboel pour lancer leur grand ensemble sur les chapeaux de roues avec des scènes d’une violence aussi extrême que réjouissante et deux camps bien marqués, du moins dans un premier temps.

Cette caractérisation extrême voire quasi manichéenne des personnage sert rapidement de prétexte à une course folle et à un déferlement de meurtres et de séquences de bastions presque jamais vues jusqu’alors si ce n’est peut-être dans le jouissif The Raid de Gareth Evans. Les Mo Brothers se servent d’ailleurs librement de chorégraphies aperçues çà et là dans d’autres oeuvres mais parviennent à y conjuguer une inventivité de tous les instants. La quête du héros prend une autre tournure dans la seconde partie du film où, transformé en machine à tuer, il est confronté à ses souvenirs et aux fantômes du passé. En cela, Rika, le personnage campé par la délicieuse Julie Estelle (voir le focus sur l’actrice ICI), confère une toute autre dimension à une oeuvre qui aurait simplement pu constituer un excellent film d’action.

Headshot est bien plus que cela, à mi-chemin entre le thriller/actioner burné à mort et le drame humain le plus effroyable qui soit. Recelant nombre de scènes à peine soutenable, ne baissant pas la garde une seule seconde en matière de rythme, apportant le soupçon d’émotion qu’il faut, cette véritable petite bombe postule d’ores et déjà au statut de film de l’année. Les quelques mois qui nous restent après le BIFFF vont être particulièrement longs...

(Article rédigé par Quentin Meignant)

BIFFF ON STREAM - Sori : Voice from the Heart

Benoît Levenkron NC

Sorry, je n’ai pas tenu le coup....

BIFFF ON STREAM - Egomaniac

Quentin Meignant

Visuellement peu travaillée, cette oeuvre fauchée est parvenue à faire passer un bon moment au public. Avec un petit budget de 5000 livres, Kate Shenton parvient à retracer l’itinéraire d’une cinéaste qui sombre tout droit dans la folie. Si le tout est brouillon, il est aussi bien délirant et donne lieu à quelques séquences dantesques. Un film que l’on aurait bien vu en séance de minuit si les finances lui avaient permis plus d’effets sanguinolents.

Damien TaymansGIF

Une péloche fauchée tantôt drôle tantôt lourdingue qui a le mérite de mettre en lumière le chemin de croix de cinéastes amateurs tentant de faire leurs films.

BIFFF ON STREAM - Prey

Quentin Meignant

En sortant de la séance, j’avais juré à mes camarades que je ne mettrais pas plus de deux étoiles à Prooi. Mais voilà, quelques heures de sommeil aidant, je commets un petit parjure car, à mon sens, les trois étoiles décernées sont encore bien pâles face au génie (involontaire ?) de Dick Maas. Tourné tel un téléfilm de seconde zone, doté de quelques jumpscares - dont certains réussis -, mais jamais dénué d’intérêt, Prooi est un produit plutôt malin malgré son manque d’ambition visuelle. Caricatural au possible au niveau de la caractérisation des personnages, Dick Maas semble ne pas vouloir quitter les 80’s tout en employant a vollo des techniques actuelles, comme l’utilisation maladroite de fonds verts en pleine poursuite entre un lion et... je n’en dirai pas plus, si ce n’est que la fin est bien.

Alan DeprezGIF

Sans son superbe lion (alliage réussi d’animatronique et de C.G.I.) et les séquences d’attaque qui l’impliquent, Prey ressemblerait à un téléfilm en flamand (argh !), avec des acteurs peu inspirés. Le public chauffé à blanc du BIFFF en a toutefois fait une séance très agréable. En outre, Damien Marchal est parvenu à nous refaire "à la bouche" - en l’espace de 10 minutes (!) - les génériques de La Quatrième Dimension, MacGyver et X-Files (je pense qu’il y en avait même encore d’autres). Belle prouesse. Si vous le croisez tout à l’heure à la Clôture, demandez-lui de vous mimer les sons d’un porno sur Canal +... en crypté.

Sébastien Brunclair

Nanar (tendance navet) volontaire ou purge incontrôlée ? Dick Maas lui-même n’a peut-être pas la réponse et nous inflige une interminable (un téléfilm hollandais d’1h50, c’est long) série B à l’humour pataud, qui ne doit notre indulgence que par son gore généreux et certaines idées totalement invraisemblables.

Damien Taymans

Le cinéma et les obsessions de Dick Maas n’ont pas évolué en trente années. Prooi offre ce qu’il promettait : une série B remuante avec un gros lion numérique pas très beau et des stéréotypes à la pelle sur la société hollandaise. Postzegels !

Samuël TubezGIF

Aussi ridicules et poussifs soient-ils parfois (souvent ?), Dick Maas assume tous ses parti-pris pour nous livrer une série B généreusement gore qui ne se prend pas au sérieux. Du cinéma de genre à l’ancienne comme on l’aimait autrefois, quand on était ado...

BIFFF ON STREAM - Small Town Killers

Quentin Meignant

On la tient, LA comédie du BIFFF ! Réalisé par l’excellent Ole Bornedal, ce film a tout d’une réussite : rythme soutenu du début à la fin, humour nordique bien présent, caricature de certains personnages à l’extrême, comique de situation, quiproquos à foison, rien n’est à jeter ! Le digne descendant des Bouchers verts et de Men & Chicken est donc connu.

Alan Deprez

Small Town Killers est une comédie décalée, cruelle et à l’écriture ciselée, portée par des acteurs extraordinaires (pas mal de visages connus, dont Ulrich Thomsen et Nicolas Bro, vus dans le non moins excellent Adam’s Apples). Que demande le peuple ? D’autant plus qu’Ole Bornedal (Nightwatch) emballe tout cela avec soin.

Sébastien Brunclair

Hormis un final en dessous du reste, Small Town Killers est une comédie à l’humour noir décapant qui ne fait pas dans la finesse, mais qui ne laisse pas une seule minute pour s’ennuyer. On en redemande !

Damien Taymans

Bienvenue à Cadavre-les-Bains mais en hilarant. On rit de la première à la dernière minute, les personnages sont truculents et les situations excessivement loufoques. Un must !

Samuël Tubez

Souvent drôle, parfaitement rythmée, d’excellente facture visuelle et savoureusement incarnée, cette comédie danoise à l’humour très noir et très cul reste trop prévisible et comporte des stéréotypes à la pelle. À trop vouloir marcher sur les pas de Anders Thomas Jensen, Ole Bornedal ne parvient malheureusement jamais à surprendre ni à apporter sa propre griffe à un divertissement qui s’oubliera assez vite.

BIFFF ON STREAM - Death Note : Light up the new world

Quentin Meignant GIF

Refaire du neuf avec de l’ancien, c’est un peu dérangeant lorsque l’on s’attaque à un monument comme la franchise Death Note. La multiplication des livres servant de prétexte à un film peu inspiré - surtout au niveau de la mise en scène -, il reste donc simplement à se satisfaire de la réapparition des Dieux de la Mort et de l’univers créé par Takeshi Obata et Tsugumi Ohba.

Damien TaymansGIF

Cet énième volet de la saga Death Note a atteint les limites de ce que l’histoire originelle proposait : les enjeux posés dès la première demi-heure sont poursuivis avec moult circonvolutions et personnages connexes et, de révélation en rebondissement, l’intrigue devient de plus en plus échevelée.

BIFFF ON STREAM - Meatball Machine Kodoku

Quentin Meignant

Meatball Machine avait à l’époque été une petite claque rafraîchissante et, surtout, la base des succès internationaux de Yoshihiro Nishimura. Le problème, c’est que la recette s’essouffle depuis des années et que les fransques d’antan paraissent désormais beaucoup moins amusantes. Après une longue et étrange exposition de 32 minutes (avant le mini-générique de début) où Nishimura se prend par moment pour Kusturica, Meatball Machine : Kodoku étale une nouvelle fois tripes et viscères à l’écran comme si rien n’avait changé. Malheureusement, 12 ans se sont écoulés et la sauce (tomate) ne prend pas...

Benoît LevenkronGIF

Ambiance survoltée en ciné 2 pour la diffusion en première internationale de ce Meatball Machine Kodoku, et il faut dire que Yoshihiro était venu spécialement pour l’occasion et aussi pour chauffer la salle. D’ailleurs, ceux qui connaissent un peu l’artiste vous expliqueront que c’est une chose qu’il sait particulièrement bien faire.
C’est donc dans une atmosphère enflammée que nous avons eu droit au film le plus cyberpunk et le plus barré de toute la programmation 2017, avec ses hectolitres d’hémoglobine, ses necroborgs ahurissants d’inventivité et ses effets spéciaux assez cheap à la Tokyo Gore Police qui sont sa marque de fabrique. Comme d’habitude avec l’apôtre, ses fans inconditionnels crieront au génie tandis que les autres s’enfuiront en courant.

BIFFF ON STREAM - Robin

Quentin MeignantGIF

Après LFO : The Movie, Antonio Tublen avait promis au public du BIFFF un film plus sombre. Dès lors, ce Robin, présenté en première mondiale à Bruxelles, remplit parfaitement le cahier des charges à ce niveau, le cinéaste instaurant une ambiance très lourde dès les premiers instants et jouant sur une esthétique sombre. Malheureusement, l’écriture fait défaut à ce film et, après avoir compris assez vite de quoi il retournait, le spectateur ne peut qu’assister impuissant aux circonvolutions scénaristiques de la chose. Celle-ci s’achève d’ailleurs sur des twists devinés depuis longtemps.

Benoît Levenkron

Un thriller danois bien conventionnel et soporifique, qui dès les premières minutes fait sombrer le courageux spectateur toujours éveillé dans un ennui profond, qui ne s’achèvera qu’au bout de 88 minutes, avec un final vu et revu, tant ce fil conducteur a déjà été exploité jusqu’à la lie.

Sébastien Brunclair

Qu’est-il arrivé à Antonio Tulben entre les années qui séparent son fabuleux LFO : The Movie et ce Robin synonyme d’un ennui profond ? Le scénario ingénieux et l’humour grinçant qui caractérisaient son précédent film ont laissé la place à une réalisation fade, des personnages creux et à un twist moisi qu’on voit venir à des kilomètres. Pitié Antonio, ressaisis-toi !

Damien Taymans

D’un ennui mortel, Robin est un somnifère pelliculé absolument efficace. Le métrage d’Antonio Tublen est non seulement conventionnel mais surtout profondément inintéressant.

BIFFF ON STREAM - Mon Ange

Quentin Meignant

Une gentille fable fantastico-romantique dont le traitement ne peut guère laisser indifférent. D’une douceur incroyable, ce divertissement émeut plus qu’à son tour et titille notre fibre fleur bleue sans jamais sombrer dans un pathos qui aurait été malvenu. Peut-être un peu tiré en longueur (un moyen-métrage eût été préférable), Mon Ange constitue un beau moment de poésie.

Benoît Levenkron

Une très jolie fable fantastique narrant de manière très intimiste l’histoire d’amour improbable entre une jeune fille aveugle et un garçon invisible. Ce conte poétique et superbement interprété (surtout par Hannah Boudreau car le jeu d’acteur du garçon invisible est beaucoup plus difficile à évaluer ...), nous laisse à penser qu’avec des œuvres de cette qualité, le cinéma belge a encore de beaux jours devant lui.

Sébastien BrunclairGIF

On est clairement ici face à une oeuvre qui ne pourra que diviser. Personnellement, j’ai choisi mon camp : fable à la poésie forcée, où chaque plan est savamment étudié pour déclencher l’émotion en dépit de toute forme de spontanéité , Mon Ange n’aura eu pour effet que de m’irriter au plus haut point.

Damien Taymans

Cette histoire d’amour impossible entre un être invisible et une femme ayant recouvré la vue est d’une telle poésie, d’une telle sensualité qu’elle vous emporte inévitablement.

BIFFF ON STREAM - The Big Everything

Quentin Meignant NC

La rencontre entre "Salut les Musclés" et les meubles de Fantomas version Ikea, c’était un peu trop complexe pour moi...

Damien Taymans

Le résultat à l’écran de ce Big Everything est loin des ambitions des créateurs. Ultra-kitsch, cette péloche n’a même pas le statut de nanar étant donné le fixisme qui l’habite. Difficile de croire un instant à ce voyage dans les trous noirs et à cette explosion d’un temps devenu si relatif que c’en devient ridicule

BIFFF ON STREAM - Call of Heroes

Quentin Meignant

N’ayant aucun attrait pour les Wu Xia, je m’attendais à passer un très long moment, voire à quitter la salle très rapidement. Mais voilà, Call of Heroes, tout en conservant les codes du genre, est une oeuvre sans concession et assez borderline qui conserve les traditionnels moments de bravoure, un aspect assez caricatural de certains personnages mais qui excelle au niveau des chorégraphies et va très loin au niveau graphique. Avec un héros dont le traitement est très proche d’un cow-boy de westerns classiques - l’humour en plus - et des séquences à ne pas mettre sous tous les yeux (tout en restant un divertissement somme toute assez familial), Call of Heroes constitue une parfaite et surprenante alchimie. On en redemande !

BIFFF ON STREAM - Will you be there ?

Quentin Meignant

Adaptation du roman "Seras-tu là ?" de Guillaume Musso, ce Will You Be There ? offre quelques moments palpitants mais est avant tout une véritable réussite en matière de transposition culturelle. Ji-Yeong Hong parvient en effet à y ajouter les codes standards du cinéma coréen et, malgré quelques longueurs indissociables de ce type de traitement, captive littéralement le spectateur au sujet de la destinée des personnages. L’émotion et une certaine dose de suspens suffisent à emballer le tout.

BIFFF ON STREAM - Hypersomnia

Quentin Meignant

Bien qu’un peu trop compliqué pour une séance de minuit, Hypersomnia offre aux spectateurs de magnifiques corps dénudés et une intrigue prenante de bout en bout. La tension, physique et mentale, étant à son paroxysme, le final reste, lui, tout simplement bluffant.

BIFFF ON STREAM - Bluebeard

Damien Taymans

Avec Bluebeard, Soo-youn Lee persévère ses thématiques abordées dans The Uninvited, à savoir une affaire de meurtres subie par un individu lambda terrassé par un mal psychique. C’est ce qui fait le sel de ce polar sud-coréen (encore un !), l’aspect torturé de son héros sans charisme plongé au cœur d’un Enfer qu’il aurait préféré ne pas fréquenter. Maligne, la réalisatrice nous fait le coup du twist retors avant de brouiller une nouvelle fois les pistes et de ponctuer son métrage de manière magistrale...

BIFFF ON STREAM - Memoirs of a murderer

Quentin Meignant

Une première mondiale qui constitue vraiment une bonne surprise ! Remake japonais du désormais classique coréen Confession of Murderer, Memoirs aurait pu être vain mais c’était sans compter sur la finesse de sa relecture et sur une mise en scène très honnête. Dès lors, avec un matériau original qui était un chef-d’oeuvre, il y avait peu de risques de se planter et Yu Irie relève le défi avec brio, se permettant même quelques jolies surprises dans le final.

BIFFF ON STREAM - Interchange

Quentin MeignantGIF

Loin d’un cinéma indonésien d’action désormais classique mais foutrement jouissif, Interchange est une proposition tout à fait valable et très riche culturellement parlant. Plus lent et lancinant que d’autres œuvres du genre, le film bénéficie d’une photographie très léchée dans ses scènes d’extérieur et offre un regard étonnant sur un mythe inconnu en Occident.

Sébastien BrunclairGIF

Soporifique au possible, Interchange est un thriller bien mis en images et aux thématiques plutôt originales mais terriblement mou.

Damien Taymans

Le plus bluffant avec Interchange, c’est que le scénario se développe en tiroirs et que les sous-intrigues s’accumulent tout en faisant constamment du sur place. Filmé avec soin, ce thriller fantastique malaisien reste une bande démo absolument inoffensive...

BIFFF ON STREAM - Vampire Cleanup Department

Quentin Meignant

Malgré un pitch sympa qui laisse augurer de véritables séquences délirantes et une photo très réussie, ce Vampire Cleanup Department n’est qu’un ersatz de ce qui a déjà été fait dans le domaine. En manque total de folie et de rythme, le métrage est avant tout une amourette bavarde et sans vraiment d"intérêt.

Sébastien Brunclair

Repompant allègrement Karate Kid et la myriade de comédies horrifiques produites avant lui, Vampire Cleanup Department est un représentant trop sage du genre, oublié dès le lancement du générique de fin.

Damien TaymansGIF

Des vampires sautillant tels des kangourous, une version de Van Helsing mâtinée de Karaté Kid, quelques gags ultra-poussifs : Vampire Cleanup Department se pose comme une comédie loufoque qui ne se lâche pas complètement. Un vampire aux canines aiguisées en somme...

BIFFF ON STREAM - Autopsy of Jane Doe

Quentin Meignant

Attendu comme l’un des fleurons du festival, le film d’Andre Ovredal n’a pas vraiment déçu avec une première partie tout simplement passionnante. Si celle-ci ne pouvait se prolonger - malheureusement -, le cinéaste parvient néanmoins à retomber sur ses pattes en revisitant un mythe bien connu des fantasticophiles, le tout avec une certaine originalité et une belle patte. Après un Troll Hunter qui réinventait le found footage, Ovredal pose enfin sa caméra et prouve qu’il sait réellement capturer de belles images.

Sébastien BrunclairGIF

Un sacré pétard mouillé, dont la très bonne première partie cache en fait un film d’horreur trop classique, relativement efficace mais à mille lieues d’exploiter l’énorme potentiel de son pitch très prometteur.

Damien Taymans

Après un beau petit tour des festoches de France et de Navarre, le dernier Ovredal débarque avec son histoire d’autopsie sous forme d’enquête. Étonnamment, c’est durant la première partie qu’Autopsy of Jane Doe se montre le plus convaincant, abordant par la suite des thématiques plus classiques qui en amenuisent la portée. Heureusement, le dernier acte lui se montre suffisamment sombre pour rattraper la mise.

BIFFF ON STREAM - The Limehouse Golem

Sébastien Brunclair

Plus que l’identité du serial killer, le vrai mystère qui se dégage de The Limehouse Golem est de comprendre comment l’extraordinaire Olivia Cooke n’est pas encore devenue la megastar bankable qu’elle mérite d’être. Parvenant à voler la vedette au non moins excellent Bill Nighy, elle livre une interprétation en tous points parfaite d’une jeune femme brisée par la vie qui renaît en goûtant aux joies de la célébrité et du music hall. Rien n’est à jeter dans ce film policier d’époque victorienne ; certes, on sent venir la fin à des kilomètres, mais c’est uniquement parce que les indices sont savamment distillés et que le tout est d’une cohérence sans faille, à mille lieues des twists faisandés sévissant chez la concurrence. Un gros, gros coup de coeur et ce n’était pas gagné d’avance.

Damien Taymans

Après son percutant Insensibles, Juan Carlos Medina s’attaque à un monument en abordant le mythe de Jack l’éventreur. The Limehouse Golem est une oeuvre somptueuse qui bénéficie d’une vraie atmosphère due notamment au charisme de son tandem d’acteurs (Nighy-Cooke) et d’un scénario ciselé au scalpel. L’un des gros coups de coeur de ce BIFFF.

BIFFF ON STREAM - The White King

Sébastien Brunclair

Rarement aura-t-on déploré la courte durée d’un film présenté au BIFFF, de nombreux représentants du catalogue 2017 ayant une fâcheuse tendance à s’éterniser. Mais The White King a bien trop de choses à raconter et de thèmes à explorer que pour tenir sur un peu moins d’1H30, la conclusion paraissant expédiée (par manque de moyens ?). Il faut dire qu’on s’attache sacrément à ces personnages, dont ce tandem mère-fils brillamment interprété, pris au piège dans un régime totalitaire ; on aurait volontiers passé un peu plus de temps en leur compagnie. Pour une fois, c’est sincère : vivement le 2.

Damien Taymans

The White King laisse la même impression que Coeurs perdus en Atlantide : un film prenant, intrigant, réalisé avec minutie et interprété avec talent mais... globalement inachevé. Cette adaptation d’une adaptation laisse une sensation de trop peu, le cinéaste souhaitant visiblement placer autant de scènes que possible dans son œuvre.

BIFFF ON STREAM - Re : Born

Quentin MeignantGIF

Souffrant d’emblée de la comparaison avec ce qui se fait à Jakarta, devenue d’année en année l’épicentre du film d’action sévèrement burné, Re : Born parvient néanmoins à se créer son identité propre avec un héros charismatique (à défaut d’être bavard). Les scènes de combat, magnifiquement chorégraphiées, viennent donc aisément mettre un peu de sel dans cet ensemble au pitch bien fade et au final un peu convenu.

BIFFF ON STREAM - The Chamber

Benoît Levenkron

Une opération spéciale dans un sous-marin quelque peu archaïque, en période assez tendue avec la Corée du Nord, tourne au survival claustrophobique.
Premier long-métrage pour le très sympathique Ben Parker, qui nous livre une œuvre à priori alléchante, débordante de nobles sentiments, mais qui chavire très vite dans un verbiage prévisible et particulièrement assommant.

BIFFF ON STREAM - Eat Local

Quentin Meignant

Largement inspiré par Dog Soldiers, Jason Flemyng offre un ensemble bardé d’action, d’humour et de surprises. Doté d’une photo magnifique et d’un certain sens du rythme, Eat Local constitue l’une des belles surprises de ce festival et les amateurs de vampires peuvent désormais croire en un certain renouveau après les niaiseux Twilight & cie.

Damien TaymansGIF

Eat Local rejoue la symphonie, à la double croche près, des comédies vampiriques. Evidemment, depuis Le Bal des Vampires, toutes ces idées ont déjà été maintes fois (et plus brillamment) exploitées. Il reste tout de même quelques fulgurances (le gag de la poule) et des personnages attachants.

Sébastien BrunclairGIF

Prenez Dog Soldiers, remplacez les loups-garous par des vampires et saupoudrez d’un humour lourdingue et daté, et vous obtiendrez Eat Local. Au vu des réactions du public et de mes confrères, la sauce pourra prendre chez certains fans de comédies horrifiques ; pour ma part, ça m’a laissé froid comme un macchabée à grandes dents.

BIFFF ON STREAM - Boy Missing

Quentin MeignantGIF

Avec un scénario concocté par Oriol Paulo (réalisateur de The Invisible Guest, passé plus tôt dans le festival), il fallait s’attendre à beaucoup de classicisme avant une série de revirements plus ou moins inspirés. C’est exactement ce que le film de Mar Tarragona a à offrir puisque, sans réellement instaurer une véritable tension ni exceller au niveau de la mise en scène, Boy Missing est un thriller simplement efficace sans pour autant être incontournable. Le twist final est bien trop prévisible que pour emmener le tout vers de plus hautes sphères.

Benoît LevenkronGIF

Victor, le jeune fils d’une avocate renommée, disparaît de son école sans laisser de traces, quelques heures plus tard, l’enfant réapparaît, blessé au visage et affirme qu’un homme a tenté de l’enlever. La police, ne tardera pas à identifier l’auteur grâce à son témoignage.
Mar Targarona, membre du jury international et déjà productrice de plusieurs œuvres de renom (The Invisible guest, Julia’s Eyes, The Body ...) s’essaye à la réalisation d’un thriller assez conventionnel dans lequel nous retrouverons l’excentrique Macarena Gomez (Shrew’s Nest, Les sorcières de Zugarramurdi...) ainsi que Antonio Dechent (El Dia de la Bestia), qui à l’identique de Blanca Portillo (dont vous pourrez admirer la physionomie quelque peu singulière dans l’inoubliable Volver de Pedro Almodovar), nous livrent ici une prestation assez chaotique. Boy Missing reste une œuvre assez neutre mais néanmoins agréable à visionner, mais dont les multiples tentatives de twists ne risquent pas de surprendre les plus aguerris du genre.

Damien TaymansGIF

Il est pas verni le Oriol Paulo : pour une fois que son twist final est un peu crédible, c’est la réalisation qui fait défaut. Boy Missing, c’est au final un peu un Julie Lescaut avec des accents espagnols : exotique mais pas trop.

Sébastien BrunclairGIF

Comme il nous l’a encore prouvé il y a quelques jours avec son The Invisible Guest, il n’y a pas grand chose à attendre d’un script torché par Oriol Paulo. Et quand la réalisation s’apparente à celle d’un épisode de Navarro (mon dieu, cette course poursuite...), on se demande qui est le véritable coupable du peu d’intérêt dégagé par ce thriller des plus banals. Dommage, la première heure était pourtant prometteuse.

BIFFF ON STREAM - Therapy

Alan Deprez

Riche de promesses, lorsqu’on sait que Nathan Ambrosioni l’a réalisé à l’âge de 16 ans, Therapy est néanmoins affligé de défauts pour le moins rédhibitoires : pauvreté de l’acting (par instants, on se croirait dans la série Plus belle la vie), prévisibilité (le spectateur anticipe tout), personnages peu crédibles (les acteurs qui incarnent le duo d’inspecteurs ont des gueules d’ados), facilités scénaristiques et carences techniques, souvent masquées par le genre investi (cf. le found footage). On attend tout de même de pied ferme ce qu’Ambrosioni nous réserve dans le futur.

Quentin MeignantGIF

C’est assez dingue de se dire que c’est un gamin de 16 ans (maintenant 17) qui est derrière ce found footage somme toute très honnête. Loin d’être le plus mauvais de ce genre rébarbatif, Therapy offre quelques bonnes idées en matière de mise en scène et bénéficie d’un twist final plutôt sympathique. Reste donc à changer ce titre qui nous en apprend un peu trop sur l’intrigue...

Damien Taymans

A l’âge où habituellement on trousse et détrousse les jeunes filles, Nathan Ambrosini lui, fait des films. Et force est d’avouer que le résultat a de la gueule et que le "gamin" arrive avec quelques propositions étonnantes (la découverte progressive des péloches alternée avec les scènes de flics). Hélas, l’interprétation reste faible et il faut reconnaître que ce found footage ne raconte pas grand chose

Sébastien Brunclair

Le jeu âge du cinéaste pousse à l’indulgence face à ce Therapy prévisible et forcément maladroit, dont certaines scènes révèlent tout de même un talent certain. L’abandon du format found footage et des acteurs moins amateurs ne pourront qu’être salutaires dans les futurs projets du jeune homme, qui n’a absolument pas à rougir de ce qu’il a accompli jusque-là.

BIFFF ON STREAM - The Mermaid

Quentin Meignant

Du TRÈS GRAND Stephen Chow ! Drôle, touchant et attendrissant de bout en bout, à mi-chemin entre Shaolin Soccer façon poissecaille et le mémorable CJ7 au niveau de l’esprit, The Mermaid est un divertissement aux multiples qualités, mais ne pouvait surtout être le fait que d’un seul homme. Un régal !

Alan Deprez

La petite machine burlesque de Stephen Chow tourne de plus en plus à vide et son pensum écolo n’est pas des plus subtils, mais on finit par se laisser envahir par la bonne humeur contagieuse de The Mermaid et certaines idées très WTF (par exemple, cette créature mi-homme mi-poulpe forcée de faire griller ses tentacules ou de laisser des cuistots les trancher pour les servir en sashimis, afin de ne pas dévoiler sa réelle nature !).

Samuël Tubez

La candeur communicative de Stephen Chow se savoure mieux en séance festivalière. Les scènes burlesques s’enchaînent sans temps mort, le réalisateur accumulant comme à son habitude une montagne de gags poussifs qui finissent forcément, à un moment ou un autre, par nous arracher au moins un sourire. Visuellement fastueux et chamarré, The Mermaid pèche par une surabondance de CGI peu convaincants (une autre constante chez le réal’) et une rupture de ton ainsi qu’un message écolo grossiers. Aucunement subtil mais très amusant.

Sébastien Brunclair

Aussi drôle et attachant que visuellement faiblard (les effets spéciaux tirent parfois vers l’infâme), The Mermaid est une comédie romantique pas si niaise et mignonne qu’on aurait pu le croire, le final faisant preuve d’une sacrée dose de violence inattendue. Mais heureusement l’amûûûûûr triomphe toujours, de même que le talent et la générosité de Stephen Chow.

BIFFF ON STREAM - At the end of the Tunnel

Alan Deprez

Un thriller amoureusement construit (quel scénario !) et à l’efficacité redoutable, que Jonathan Lenaerts a eu le bon goût de nous conseiller (je dois avouer que sans cela, je serais sans doute passé à côté...). Pour l’instant et bien qu’il reste encore quelques jours de festival, At the End of the Tunnel s’impose sans ciller comme le meilleur film de cette 35ème cuvée du BIFFF. Ils sont fortiches, ces Argentins !

Damien Taymans

En fait, tous les films qui parlaient de tunnels étaient les incontournables de ce BIFFF. Thriller aux ressorts retors qui se déroule sans le moindre temps mort, At the End of the Tunnel bénéficie d’un scénario malin (malgré quelques facilités) et d’une interprétation irréprochable.

Samuël Tubez

Une mécanique bien huilée, des personnages incarnés et une photo ainsi qu’une mise en scène très soignée. Dommage que le scénario soit parsemé d’ex machina et autres facilités qui assombrissent le tableau.

BIFFF 2017 - Vengeance à l’espagnole

Tarde para la Ira, un plat qui se mange (très) froid...

Séance de 20h en salle Ciné 1 oblige, les spectateurs de ce BIFFF 2017 s’attendaient à une oeuvre plus mainstream au moment d’aborder le Tarde para la Ira de Raul Arévalo, loin des errances gaudriolesques d’un Nishimura qui mettra le feu dans quelques jours ou des pets redondants mais réjouissants de Daniel Radcliffe du lendemain. Si le métrage ne fait clairement pas partie de ces deux catégories, il n’en reste pas moins extrêmement original et ultra-primé (23 récompenses avant le BIFFF).

Premier long métrage de Raul Arévalo, acteur très célèbre de l’autre côté des Pyrénées, Tarde Para la Ira connaîtra dans quelques jours les fastes d’une sortie dans les salles françaises et suit un homme qui attend huit ans pour se venger d’un crime que tout le monde a oublié. Retitré La Colère d’un homme patient pour les besoins de son exploitation francophone, le film ne tarde pas à justifier son titre, la mise en place prenant un temps certain. Après un rapide focus sur les faits passés, l’intrigue se centre sur José, campé par l’excellent Antonio de la Torre, un homme extrêmement discret qui a ses habitudes dans le bar d’Ana. Il faut de nombreuses minutes au spectateur pour comprendre que cet homme n’est autre que le vigilante du titre grâce à l’entremêlement de séquences passées et présentes.

Filmé la plupart du temps caméra à l’épaule, ce qui lui confère presque des allures de drame social au vu de la tristesse du protagoniste principal et de l’ampleur de sa tâche, La Colère d’un homme patient parvient à disséminer çà et là des indices quant à la volonté du vengeur mais aussi quant aux responsabilités de tout un chacun dans son histoire. L’implication émotionnelle de chacun des personnages permet à Raul Arévalo de s’attarder sur chacun d’eux avec un certain brio tandis que, petit à petit, la vengeance méticuleuse se met en place. Celle-ci connaîtra un rebondissement salvateur dans la dernière partie d’une oeuvre qui, mine de rien, s’avère bouleversante.

Certes peu rythmées, les aventures de José, un homme désespéré au point de commettre l’irréparable, ne peuvent qu’émouvoir et justifient largement le traitement langoureux de l’action et le porté assez brusque de la caméra. Au final, ce Tarde para la Ira est un véritable bol d’air dans un cinéma espagnol qui, ces dernières années, semblait tourner en boucle avec le même genre de thrillers.

BIFFF 2017 - Les pets au cinéma

Une affaire parfois sérieuse, voire fantastique... ou pas...

Oeuvre glorifiée par la critique et ayant rapidement fait le tour du monde, Swiss Army Man s’est permis hier une petite intrusion dans la Salle 1 du Bozar dans le cadre du BIFFF 2017 pour le plus grand plaisir de ses aficionados. Le métrage de Daniel Kwan et Daniel Scheinert avait en effet tout de l’OFNI surréaliste, genre tant apprécié par le public bruxellois.

Il n’aura donc pas fallu longtemps pour que les blague fusent dans l’assemblée, les pets d’un Daniel Radcliffe cadavérique aidant bien entendu à la bonne ambiance de la séance. Ce "vent" de légèreté au sein d’une oeuvre si difficilement cernable est l’occasion pour nous de nous attarder sur le pet au cinéma au travers de cinq films - réussis ou non, drôles ou très graves.

LE PET, UNE AFFAIRE QUI COULE... EUH... ROULE :

1. La Grande Bouffe, de Marco Ferreri (1973) :

S’il est un seul pet à garder en mémoire dans l’histoire du cinéma, il s’agit bien de celui exécuté par Michel Piccoli au sein du chef-d’oeuvre nauséeux La Grande Bouffe qui, voici désormais plus de quarante ans, avait créé un scandale tout simplement énorme. Le bruitage anal de l’acteur, omniprésent dans certaines scènes, n’y est pas pour rien et constitue même au final une des mises à mort les plus choquantes de tout l’Histoire du Septième Art. Aussi immonde que marquant...

2. Swiss Army Man, de Daniel Kwan et Daniel Scheinert (2016) :

Le film projeté hier soir s’immisce directement dans notre top de la proute. En effet, ce véritable OFNI, très proche du chef-d’oeuvre surréaliste, compte sur bien des qualités visuelles et scéniques.... mais ne serait peut-être rien sans les exactions sonores de Daniel Radcliffe. Interpellants dès les prémices du film, ils vont même jusqu’à justifier l’aspect fantastique de l’ensemble lors d’un étonnant final. Comme quoi, un simple pet peut parfois changer la face d’un univers....

3. Dumb & Dumber, de Bobby et Peter Farrelly (1994) :

Comédie mythique des 90’s, notamment grâce au binôme formé par ces deux grands comiques de Jim Carrey et Jeff Daniels, Dumb & Dumber n’en était pas à une facétie prêt. L’utilisation du pet et même d’un laxatif ultra-puissant n’était donc pas de trop pour souligner de manière indélébile (pauvres toilettes !) des effets comiques poussés à l’extrême et surtout la basse vengeance du très jaloux et débile Lloyd envers son pote Harry. Mary Samsonit... euh... Swanson s’en souvient encore !

4. Zombie Ass : Toilet of the Dead, de Noboru Iguchi (2011) :

BIFFF oblige, on ne pouvait bien entendu que faire figurer Zombie Ass : Toilet of the Dead au planning de ces réjouissances. Objet d’une des séances de minuit les plus mythiques du festival bruxellois (il se dit que les murs de Tour & Taxis vibrent encore) où l’on a aperçu pour la dernière fois ce bon Seb Lecocq danser de joie en pleine salle, le film de Noboru Iguchi pousse le vice jusqu’à faire du pet la pierre angulaire de son film et pousse la dégueulasserie très très loin. Gaudriole certes inégale, Zombie Ass constitue sans doute ce qui se fait de mieux dans le domaine de la pétomanie réjouissante.

5. American Pie, de Paul et Chris Weitz (1999) :

Sans doute pas le plus inspiré dans le domaine puisqu’il reprend la thèse du laxatif lancée quelques années plus tôt par Dumb & Dumber, mais force est de constater que cet American Pie avait constitué un sacré succès à l’époque. Et la scène où le bien nommé "pause caca" craque et voit son récent sex appeal fondre comme diarrhée au fond d’une cuvette valait bien que l’on en parle...

(Article rédigé par Quentin Meignant)

BIFFF 2017 - Djinn tonique

Under the Shadow tient ses promesses...

Moyen-Orient. Dans une région où l’on met constamment la charia avant l’hébreu, la guerre fait rage. Les missiles irakiens déchirent le ciel iranien sous lequel tentent encore de survivre des courageux ou inconscients qui refusent de quitter leur modeste logement. Dans son appartement, Shideh voit son mari déplacé dans une autre région et assume seule sa petite fille Dorsa. C’est que la monoparentalité n’est déjà pas très gaie à assurer mais quand, en guise de cerise sur le sundae, il faut ponctuellement se réfugier à la cave en périodes de bombardements, le climat devient de plus en plus difficile à supporter. Surtout quand votre gamine s’entête à retrouver la poupée qui a mystérieusement disparu et qu’elle dit parler de temps en temps à une femme qui serait en réalité un djinn...

Précédé d’une belle réputation suite à ses passages remarqués aux festivals de Sundance et du NIFFF (où il a remporté le Narcisse du Meilleur film), Under the Shadow, présenté hier en guise de séance de rattrapage au BIFFF sur le coup de 14h, est l’un de ces films qui renouent brillamment avec le classicisme et délaissent le domaine de l’horreur pure pour lui préférer le registre de l’épouvante. Une épouvante qui s’installe lentement, insidieusement. A mille lieues des roller-coasters pseudo-horrifiques qui pullulent, la bande de Babak Anvari privilégie l’installation du décor, l’exploration de la psyché de ses personnages et l’insémination par étapes de l’étrangeté. Le Britannique d’origine iranienne situe son récit dans un Iran déchiré par la guerre qu’il veut d’ailleurs aussi lointaine que proche. Car ce qui intéresse le cinéaste, c’est le bouleversement que celle-ci provoque dans le microcosme qu’il analyse. Les rumeurs d’utilisations de missiles conditionnent davantage les habitants de l’immeuble que le missile qui s’abat en effet sur le toit de l’édifice : déjà, la peur naît de l’invisible tandis que ce qui se donne à voir est inoffensif.

Pragmatique, Shideh s’attache à ce qu’elle possède et néglige le monde extérieur qui le lui rend bien. Empêchée de reprendre des études de médecine à cause de son engagement politique, elle est désormais condamnée à enfermer ses rêves dans un tiroir et à mener sa mission de mère dans l’ombre de son mari. Elle vivote et s’entête à faire des pieds de nez au régime en place, passant le plus clair de son temps les cheveux nus à se trémousser devant des VHS de Jane Fonda. Progressivement, ses repères s’effondrent : les voisins déménagent les uns après les autres et les relations avec sa petite fille se désagrègent à mesure que les preuves d’une présence étrangère s’accumulent. Peu à peu, l’héroïne plonge dans la folie et les ténèbres et nous sombrons avec elle grâce à la maestria de Babak Anvari qui accompagne le moindre de ses faits et gestes en caméra à l’épaule et resserre les cadres lorsque le personnage se crispe. Confinée dans cet espace restreint, de plus en plus étouffant, Shideh est en proie à la paranoïa, cède doucement aux sirènes de l’horreur mais reste férocement debout pour protéger sa progéniture et, du même coup, se prouver qu’elle est une mère bienveillante.

En n’usant finalement que de ficelles traditionnelles, mais avec parcimonie, Anvari recrée une oeuvre classique mais résolument anxiogène. Il dépoussière le vieux théâtre de l’épouvante et fait souffler une brise rafraîchissante sur un genre englué dans la tendance aux jump scares. A l’image d’un Mister Babadook, Under the Shadow est un vrai film d’épouvante doublé d’un portrait de mère poignant.

(Article rédigé par Damien Taymans)

BIFFF 2017 - Taken à la mode turque

Nick : Off Duty, classique mais costaud

Séance tardive de la salle Ciné 1 hier, Nick : Off Duty, baptisé sous nos latitudes Mission Istanbul, semblait ne pas vouloir quitter le carcan des films d’action hollywoodien de ces dernières années, Taken en tête, à la lecture de son synopsis. Le métrage de Christian Alvart, anciennement considéré par ses pairs comme une étoile montante du cinéma mondial mais qui s’est quelque peu perdu en chemin, suit Nick Tschiller, un flic dont la femme a été assassinée par la Mafia turque. Lorsque sa fille Lenny se rend en Turquie pour venger sa mère, Nick et son partenaire Yalcin se lancent à sa poursuite espérant la sauver avant qu’il ne soit trop tard. A Istanbul, ils découvrent que Lenny est aux mains de gangsters russes, qui ont projeté de l’emmener à Moscou. La traque s’engage…

Une fille enlevée, un schéma familial difficile, des méchants à tout-va, Mission Istanbul ne compte pas jouer la carte de l’originalité et le prouve dès ses premières minutes, assez rythmées et à la mise en place narrative réduite. Il n’en faut néanmoins pas plus pour accrocher à l’action qui, si elle n’est pas échevelée et sans doute pas aussi barbare qu’espéré, se déroule sans véritable anicroche. Shooté de manière très classique et se rapprochant parfois de certaines séries allemandes des 90’s au niveau de son traitement, le métrage ne semble pas prêt à marquer les esprits.

Néanmoins, dans une seconde partie plus féroce et qui donne lieu à quelques scènes de baston bien chorégraphiées, les soubresauts scénaristiques faisant passer l’oeuvre d’un genre à un autre sont de bon aloi. Sans perdre le spectateur en chemin, Christian Alvart remplit le cahier des charges sans verser dans le pathos habituel mais se perd dans le dernier quart d’heure à force de rebondissements de plus en plus étourdissants. Le final allongé de l’oeuvre n’aide pas celle-ci à convaincre pleinement et c’est donc avec une certaine lassitude que se termine la vision de l’ensemble.

Pourvu d’un metteur en scène au nom anciennement ronflant et qui mériterait sans doute mieux que ce genre de productions, Mission Istanbul ne souffre guère de la comparaison avec ses exemples hollywoodiens, ce qui est déjà appréciable. Il n’apporte néanmoins rien de bien neuf dans le domaine et se laisse donc déguster avec le cerveau sur OFF... Duty.

(Article rédigé par Quentin Meignant)

BIFFF 2017 - Hi, robots !

Kill Command ou l’art du low budget bien fichu

Récemment passé par Trieste avant une petit sortie en salles aux States, Kill Command, présenté hier hors compétition au BIFFF en fin d’après-midi, a tout de l’aventure du self-made-man en matière de réalisation. Steven Gomez, responsables de quelques effets spéciaux sur des productions télévisuelles depuis une dizaine d’années, a en effet décidé de se lancer dans le domaine de la réalisation de long métrage (après un court il y a plus de 20 ans) avec cette expérience à part entière qu’est Kill Command.

Expérience, le mot est juste car, dès les premiers instants, on comprends que le réalisateur n’a sans doute pas eu les moyens de ses ambitions avec une production qui semble être fauchée comme les blés. Cet aspect n’est pas négligeable puisque, si le "terrain de jeu" du réalisateur semble pauvre de même que la photographie, les efforts sur le visuel des robots fait mouche d’entrée de jeu. L’action de Kill Command, aussi connu à l’internationale sous le titre d’Identify, prend place dans un futur proche où la robotique a pris de l’ampleur en matière de guerre. Le projet S.A.R. a ainsi permis de mettre au point des robots dotés d’intelligence artificielle et autonomes au combat. Appelés à les rencontrer, le Capitaine Bukes et ses hommes se rendent sur l’île d’entrainement, guidés par la jeune humanoïde, Mills. Lorsque les robots décident de prendre eux-mêmes leur contrôle, l’entrainement tourne à l’affrontement. Le futur de l’humanité est en jeu.

Si le sort de l’humanité est explicitement évoqué dans le synopsis, il s’agit malgré tout d’avoir une sérieuse imagination et de cerner l’histoire convenablement pour en arriver à pareille déduction. En effet, obnubilé par ses effets visuels, Gomez a d’emblée oublié de procéder à une véritable mise en place, tout juste le spectateur assiste-t-il à des discussions un brin stériles et à l’insert de visuels digitaux en guise de présentation des personnages. De surcroît, l’île - ou ce que l’on pense être une île - ne recèle aucun véritable attrait si ce n’est celui d’un terrain de jeu comme dit plus haut.

Qu’à cela ne tienne, malgré ses imperfections, Kill Command tient la route dès qu’il s’agit d’entrer en action avec de belles scènes de combat, un aspect tactique non négligeable et, surtout, des créatures robotisées remarquables et convaincantes. On en oublierait presque toutes les imprécisions précitées qui conféreraient alors un côté sympathique à une oeuvrette prétexte à l’étalement des capacités d’un cinéaste passionné de science-fiction. Les fanatiques de guerre ne pourront qu’apprécier les diverses séquences d’assaut des machines tandis que l’intrigue passera au final au second plan laissant s’égrainer gentiment un divertissement somme toute très correct.

Peu inspiré au niveau scénaristique, Kill Command semble plutôt être une déclaration d’amour au genre ou, à tout le moins, le demo reel d’un cinéaste particulièrement doué au niveau visuel. Finalement, c’est déjà ça...

BIFFF ON STREAM - Director’s Cut

Quentin Meignant

Hormis quelques séquences où il perd un peu de vue son concept, Adam Rifkin parvient à conserver la folie de son pitch de base du générique de début au post-générique de fin. Rien que pour cela, l’exercice a un sacré style et, dans un dernier acte totalement dingue, le film vire littéralement à la régalade.

Benoît Levenkron

Un Crowdfunder complètement cintré s’approprie, modifie et diffuse en festivals le film d’horreur qu’il a en partie financé, il ira même jusqu’à en kidnapper l’actrice principale. Regorgeant d’humour, de contrepieds fulgurants, débordant de références cinématographiques en tous genres, ce sympathique méta-movie ne se prend jamais au sérieux - contrairement au narrateur qui vous accompagnera pendant 90 minutes - mais se permet malgré tout d’offir à son assemblée une belle leçon de technique cinématographique, entre-autres.
Avec des apparitions bien cocasses telles celles de Ron Jeremy, Lin Shaye et autres Bree Olson, Director’s cut s’impose comme un must du genre mais qui ne pourra malheureusement faire rire (aux éclats) que ceux qui ont un minimum de connaissances cinématographiques.

BIFFF ON STREAM - The Unkidness of Ravens

Quentin Meignant

Le film (?) le plus invivable - visuellement et au niveau de l’intrigue - depuis le début du festival. Partir était ma seule solution...

Alan DeprezGIF

Après coup, on ne comprend pas trop le buzz (initié à Sundance) entourant ce The Unkindness of Ravens et sa moyenne élevée sur IMDb. L’œuvre de Lawrie Brewster (auteur du piteux Lord of Tears) est un fascinant ratage, puisqu’elle dévoile çà et là ce qu’elle aurait dû/pu être, au gré de scènes de guerre shootées avec soin et de quelques dérapages graphiques (entre autres réjouissances : de la tripaille et des yeux becquetés par des corbeaux).

Benoît Levenkron

Un vétéran de la guerre d’Afghanistan devenu SDF et hanté par des hallucinations cauchemardesques est envoyé par sa psychiatre dans une bicoque des Highlands dans un but thérapeutique. Dès les premières images du film, et au fur et à mesure des dialogues, une évidence apparaît : nous sommes face à une œuvre prétentieuse, cherchant à tout prix une originalité scénaristique ondoyant dans un tourbillon de masturbations intellectuelles suffisantes et insipides.

Damien Taymans

Œuvre schizophrène, The Unkindness of Ravens bénéficie d’une mise en scène minutieuse lors des scènes de guerre et opte pour une caméra plus hésitante, une photo plus poisseuse, lorsqu’elle s’attache aux troubles du héros. Ce parti-pris atteste des intentions du cinéaste, louables au demeurant, mais la sauce ne prend jamais. Et ces incessantes confrontations entre les "jumeaux", tout comme les évocations des corbeaux, finissent par anéantir le peu d’intérêt qui subsistait pour cette bande médiocre.

Lex Crémant

Si son Lord of Tears relevait de la sodomie à sec, Lawrie Brewster nous impose cette fois une double anale et on souhaite de tout notre être que les programmateurs du BIFFF finiront enfin par mettre l’Écossais dans leur liste brune, celle des réalisateurs qui sentent fort.

BIFFF ON STREAM - The Village of no Return

Quentin MeignantGIF

Une comédie familiale qui en fait des caisses et s’adresse surtout aux amateurs d’un humour assez gaudriolesque. La production a mis l’argent qu’il fallait pour que la photo soit une réussite et que l’ensemble se laisse suivre sans déplaisir... mais sans vraiment de plaisir non plus.

BIFFF ON STREAM - Kill Command

Quentin MeignantGIF

Le demo reel d’un passionné de SF et d’un gars très talentueux en matière d’effets spéciaux. L’intrigue en elle-même, du fait de son défaut de mise en place, n’a que peu d’importance mais le tout est visuellement très convaincant.

Damien TaymansGIF

Visuellement bien foutu, ce survival "humains contre robots" est un produit vite et bien consommé et immédiatement oublié.

Lex Crémant

Un shooter S-F façon jeu vidéo bas du front qui fait très honnêtement ce qu’on lui demande sans mentir sur la marchandise : vous vouliez du robot tueur, vous allez avoir du robot tueur, et du bien foutu. C’est banal, immédiatement oubliable mais les effets spéciaux décoiffent, les fusillades ont du punch et le rythme est assez soutenu pour apaiser votre soif d’action futuriste une heure et demie durant. Et c’est bien tout ce qu’on attendait de lui.

BIFFF ON STREAM - Another Evil

Quentin MeignantGIF

Si l’ensemble sombre d’emblée à cause d’une photo très amateure, il n’en reste pas moins plutôt sympathique grâce à quelques bons mots et à l’interprétation réjouissante de Mark Proksch. C’est là tout ce qu’il y a à sauver tant le final paraît vain et ridicule, gâchant au passage les quelques bonnes idées scénaristiques précédentes.

Damien TaymansGIF

Fauché, Another Evil choisit l’itinéraire le plus retors en multipliant les longues séquences de dialogues si cocasses et surréalistes qu’ils suffisent à tenir le spectateur. Son personnage d’exorciste parano est incroyable et les échanges entre les deux protagonistes se montrent assez convaincants pour qu’on oublie les "enjeux" dramatico-loufoques du récit. On passe donc un bon moment devant cette petite oeuvrette sans prétentions cadrée avec les pieds, c’est déjà pas si mal.

Lex CrémantGIF

Qui aurait cru que cette oeuvre à l’entame catastrophique et à la réalisation amateure au possible révélerait d’immenses qualités d’interprétation et de drôlerie ? D’une maladresse infinie, Another Evil fait pourtant figure des films les plus attachants de cette programmation 2017, de par la motivation évidente de ses deux excellents comédiens, guidés par un script qui va joyeusement dans tous les sens. Inclassable, et surtout impossible à recommander à tout prix.

BIFFF ON STREAM - Hentai Kamen 2

Quentin Meignant

La même gaudriole que le premier opus mais en plus rythmé et plus friqué. Répétant plus ou moins la même scène à l’envi, Yûichi Fukuda ne se foule pas et finit par clairement lasser... Entre ceci et des effets spéciaux qui laissent (volontairement ?) clairement à désirer...

BIFFF ON STREAM - Little Nightmares (aka Innocent Curse)

Quentin Meignant

La J-Horror n’est pas prête à se relever avec des oeuvres de ce style. Mal filmé, mal cadré, volontairement jaune pisseux, arythmique au possible et surtout inintéressant, ce Little Nightmares, retitré Innocent Curse, est une véritable plaie. Mention spéciale néanmoins à la première apparition de Tommy, créature tout simplement hilarante à son insu...

Damien Taymans

Cette fois, Shimizu aura eu le bon goût d’éviter la stéréoscopie mais... il s’est perdu dans les abîmes de son propre cinéma et ne semble plus près d’y revenir. Little Nightmares est encore un coup de trop pour une J-horror moribonde : la mécanique de The Ring (3 jours au lieu d’une semaine) mâtinée de tous les gimmicks habituels des japoniaiseries habituelles (jump scares, fantômes blanchâtres, omniprésence de mioches comme catalyseur de l’horreur) et de tics de mise en scène vomitifs (cette caméra qui se balance dès qu’un événement se produit). Du coup, on en oublie presque que ce récit fait référence au Joueur de flûte de Hamelin.

Sébastien Brunclair

Chez Shimizu comme chez Nakata, le constat est le même : de la J-Horror périmée depuis des lustres qui semble se filmer toute seule et dont le script semble découler d’un tirage au sort des divers ingrédients qui composent le genre. Vivement la retraite.

Samuël Tubez

Interminable et bardé de gimmicks propres à la J-Horror, Innocent Curse ne provoque pas le moindre effroi et sombre de plus en plus au fil de son récit dans le ridicule. Une oeuvre navrante, qui plus est visuellement à vomir (c’est quoi cette image jaunâtre dégueulasse ?!).

BIFFF ON STREAM - Replace

Quentin Meignant

Esthétisant en diable - son seul véritable point fort -, Replace aura surtout été une torture pour... moi.

Alan Deprez

Un film indé américain qui fait un peu songer au brillant Starry Eyes, mais se révèle moins abouti et envoûtant que son aîné. Très esthétisant, Replace aurait sans doute dû éviter de diluer ses enjeux narratifs au fil d’une romance superflue et se recentrer sur la thématique de l’immortalité. Cela aurait élevé le niveau de l’œuvre à celui de l’icône Barbara Crampton, excellente dans la peau d’un personnage-clé (je n’en dirai pas plus) et toujours aussi désirable qu’à l’époque de From Beyond. C’est peu dire...

Benoît Levenkron

Souffrant d’un étrange trouble dermatologique quelque peu affligeant, la jeune et très jolie Kira comprend fortuitement qu’elle peut régénérer sa propre peau... avec celle de ses malchanceuses futures victimes. Première mondiale au BIFFF pour cette coproduction germano-canadienne réalisée par Norbert Keil sur un script conjointement écrit avec Richard Stanley. Replace place irrémédiablement la barre très haute, tant au niveau scénaristique, graphique, que pour sa B.O. qui est une pure merveille. Quelques petits défauts - comme une interprétation et une direction d’acteurs parfois hasardeuses - font penser que nous ne sommes pas passés loin du chef-d’œuvre. Cependant, je parie que ce film risque de faire parler de lui à l’avenir et pourrait même rafler pas mal de prix dans les mois à venir.

Damien TaymansGIF

Le BIFFF avait mis les petits plats dans les grands pour cette première mondiale, conviant la plus grosse partie de l’équipe et prévoyant même un message de Barbara Crampton. Une première d’autant plus réussie que Replace se laisse suivre sans déplaisir, déroulant une histoire de désagrégation physique qui semble tourner à vide, avant qu’une autre révélation n’émerge et ne re-dynamise le récit. Hélas, les actrices sont parfois en deçà et les séquences saphiques s’avèrent trop sages...

Lex CrémantGIF

Replace, ou comment perdre d’emblée son public en déroulant dès l’introduction des éléments peu importants de l’intrigue, qui auraient pu tout simplement être coupés au montage. Il faut attendre trente longues minutes avant que le vrai moteur du film se mette enfin à rugir, et même à partir de ce moment, la qualité aléatoire du jeu des actrices, la bande son très cheap typée 80’s (moi aussi j’aime le synthé, les gars, mais ça n’excuse pas tout) et une réalisation en dents de scie auront raison de la patience de nombreux spectateurs. Le plus heureux dans l’histoire est sans doute possible Norbert Keil, qui prend un plaisir pervers à déshabiller ses jeunes comédiennes à la moindre occasion. Il y en a au moins un qui ne se sera pas ennuyé, et on l’envie.

BIFFF ON STREAM - White Coffin

Benoît Levenkron

Une sombre histoire incompréhensible d’enlèvements d’enfants en Argentine (pour une fois la Belgique a été épargnée), une photographie - qui a mon sens - était initialement prévue pour de une 3D pourrie à la manière du prescriptible "Julia X",. White Coffin est un vide cinématographique abyssal, mal interprété et sans intérêt qui pourrait néanmoins ravir certains adolescents abonnés de Netflix dans leur quête de films "qui font kro peur" pour épater la galerie après une surboum pendant que papa et maman sont de sortie.

Damien Taymans

Rien, rien, rien et puis, à la fin, une scène sans concession. Le hic c’est que d’ici à là, il faut se coltiner une heure 20 de courses-poursuites mollassonnes et de louvoiements grotesques.

Sébastien Brunclair

Pour citer les mots du philosophe Damien Taymans : "la fin est bien". Dommage qu’elle serve de conclusion à pareille daube.

BIFFF ON STREAM - The Top Secret : Murder in Mind

Quentin Meignant NC

Quand les mêmes faits te sont expliqués trois fois en l’espace d’une heure et que la tension est toujours de zéro, il vaut mieux partir...

Alan Deprez

C’est rageant que ce The Top Secret... se déroule sur un rythme de sénateur (chaque plan dure 5 à 10 secondes de trop, les acteurs multiplient les regards appuyés, ...) et s’avère très confus - en dépit de l’incessant bavassage des personnages -, car son postulat de base, entre Minority Report et The Cell, laissait entrapercevoir d’intéressantes perspectives.

BIFFF ON STREAM - Spit’n’Split - The Experimental Tropic Blues Band

Quentin Meignant

Ne rien attendre du tout d’un film qui parle de quelque chose de totalement étranger et sortir ravi de la séance, c’est une belle réussite ! Ce doux dingue de Jérôme Vandewattyne nous propose un documenteur qui, certes ne soigne pas vraiment la forme (sauf dans le dernier acte), mais qui bénéficie d’une magnifique galerie de personnages, d’un esprit trashy bon enfant et d’une certaine dose de rythme (rare pour ce genre d’œuvre). Jérôme ne faisant décidément rien comme les autres, le final donne carrément le tournis et ne peut que filer la pêche.

Alan DeprezGIF

Un documentaire (documenteur ?) rock bien balancé, mais qui sombre parfois dans la complaisance ou prend la forme d’un bordel technique généralisé - c’est souvent assez brouillon et monté trop cut, bien qu’on sait tous que c’est partie intégrante du style VDW -, avant de virer de bord dans son dernier tiers : fictionnalisé, psyché et tendant vers l’abstraction. Spit’n’Split dégage une belle énergie, même s’il cède volontiers à la provoc’ gratuite. Par contre, on est en droit de se demander si cette œuvre est raccord avec la ligne directrice du BIFFF...

Benoît Levenkron NC

Par souci d’objectivité, et n’ayant pu voir ce "documenteur" jusqu’au bout, j’attendrai une seconde vision avant de donner mon avis précis sur une œuvre dont les 45 premières minutes m’ont apporté un sentiment de malaise, ce qui était vraisemblablement voulu.

Damien Taymans

Jérôme Vandewattyne adopte le ton des Strip-Tease pour suivre une bande de musicos complètement barrés. Sur la longueur, le style lasse, mais on se surprend à se laisser embarquer dans cette œuvre hybride où le réalisateur mêle documentaire et mockumentary, où fiction et réalité se phagocytent l’une l’autre pour former une œuvre protéiforme intrigante.

Sébastien Brunclair

Brouillant habilement la frontière entre vrai et faux documentaire, cet enfant du BIFFF qu’est Jérôme Vandewattyne parvient, que l’on soit coutumier des Tropic ou non, à la fois à captiver et repousser son auditoire avec le même talent au sein de cet hymne au mauvais goût taillé sur mesure pour la compétition 7e Parallèle (de cheval). Qu’on aime ou déteste, on ne pourra que respecter le jusqu’au-boutisme et la sincérité de la démarche.

BIFFF ON STREAM - We go on

Quentin Meignant

Un film étonnant qui développe un certain suspens sans que le spectateur ne s’en rende réellement compte. Jesse Holland et Andy Mitton, avec un traitement bien différent de leurs premières créations, nous emmènent aux confins de la réalité. Parfois marrant, souvent grave, l’ensemble bénéficie de la belle prestation d’Annette O’Toole (la Beverly Marsh de Ca).

Benoît LevenkronGIF

Une approche assez originale pour cette œuvre à la thématique spectrale, un équilibre habilement dosé entre certains éclaircissements indispensables et des scènes d’épouvante très abouties, font de We go on un film très agréable à regarder, bien que pourvu d’une trame très analogue à celle du Sixième sens de Shyamalan.

Damien Taymans

Après Yellowbrickroad, les réals s’attaquent cette fois aux fantômes et décident de suivre les traces d’un thanatophobe qui veut coûte que coûte une preuve de la vie après la mort. Si durant une heure cette trame se montre rafraîchissante, les auteurs adoptent un récit plus classique et plus convenu dans le dernier acte avant un final qui tombe à plat. Dommage car les intentions étaient plus que louables.

BIFFF ON STREAM - Gantz : 0

Quentin Meignant

Après une scène d’entame qui risque de laisser les impies mitigés, Gantz : 0 s’oriente vers une assertion totalement autonome de la franchise et surtout vers un spectacle de tous les instants. Rythmé en diable, le métrage à l’animation particulièrement travaillée étale un incroyable bestiaire et un héroïsme de très bon goût.

Damien TaymansGIF

Malgré une animation qualitative, Gantz : 0 se cantonne à développer une historiette qui emprunte à une multitude de classiques. Cependant, on se réjouira du design des différents monstres qui peuplent l’écran

BIFFF ON STREAM - Nick : Off Duty

Quentin Meignant

Une version allemande de Taken qui semble vouloir simplement répéter les exemples hollywoodiens mais le fait finalement de belle manière. Les quelques soubresauts scénaristiques de la seconde partie sont, eux aussi, de bon aloi.

Damien Taymans

Bordélique, Nick : Off Duty est un thriller itinérant qui tente de créer quelques moments d’action mais échoue (la scène de poursuite sur les toits, j’en ris encore) et compense du coup par des punchlines dont la majorité tombe à plat. Long comme un jour sans pain...

BIFFF ON STREAM - The Tunnel

Quentin Meignant

Si l’on se demande bien comment le cinéaste pourra captiver tout un film alors que le principal se passe après cinq minutes, nous avons vite été rassurés : Tunnel est de la race des grands films coréens ! Ce huis-clos viscéral, sorte de lutte pour la survie, se double d’une critique appuyée des médias et du pouvoir en place, ce qui n’est pas pour déplaire.

Benoît Levenkron

Après nous avoir gratifié du remarquable Hard Day en 2014, Kim Seong-hoon nous revient en force avec ce (demi) huis-clos mettant en scène un père de famille, improbable survivant de l’effondrement d’un immense tunnel routier, et des gravats desquels il restera prisonnier pendant une bonne partie du film. Abordant des questions telles que l’importance des médias dans nos société modernes, la "starification" des victimes, l’accès instantané à l’information "Buzz" et l’amnésie quasi aussi instantanée qu’il suscite lorsqu’il disparaît des fils d’actualité des réseaux sociaux ou des "unes" des journaux...
Bref, plus de deux heures qui passent comme une lettre à la poste, sans avoir à regarder sa montre, une œuvre rudement bien ficelée.

Damien Taymans

Tunnel est un sacré film catastrophe qui ne comporte aucun temps mort et a le mérite de s’intéresser autant à la victime de l’éboulement qu’aux personnages satellites qui gravitent autour de ce drame (pompiers, policiers, politiciens, épouse). Kim Seong-hoon passe ainsi constamment du drame réaliste mâtiné de critique sociale au film catastrophe haletant. Et le tout avec brio !

BIFFF 2017 - Grosse cylindrée sous-marine

The Mermaid, nouvelle preuve du génie de Stephen Chow

Cinéaste habitué aux succès, Stephen Chow avait disparu des radars ces dernières années, préférant s’atteler à la réalisation de projets plus personnels. Le revoici aux commandes d’une grosse machine, The Mermaid, qui, pour sa sortie en Chine l’an dernier, a battu tous les records. Plus gros succès de l’Histoire du marché chinois avec quelques 551 millions de dollars engrangés (plus que Star Wars VII !), ce The Mermaid, présenté en première belge, est sans conteste l’une des grosses cylindrées de ce BIFFF 2017.

Le métrage suit Shan, une jolie sirène, qui est sommée par les siens d’assassiner Xuan, un promoteur immobilier à l’enfance douloureuse dont le travail menace l’écosystème. Problème : la mignonne tombe amoureuse de cet homme qu’elle devait empêcher de nuire, et met en péril la survie de son espèce. Sur base de ce synopsis qui sent tout de même fort l’eau de rose et inquiétait donc beaucoup d’amateurs du cinéma de ce grand monsieur, Stephen Chow parvient à mettre en oeuvre une véritable comédie délirante dès les premiers instants de l’action. Fort de ses expériences non-sensiques sur Shaolin Soccer ou encore Kung-Fu Hustle mais aussi d’un traitement parfois plus émouvant comme dans CJ7, le cinéaste offre un mélange en parfaite symbiose.

Après des débuts particulièrement potache qui ont permis au public du BIFFF de redécouvrir en quelques scènes l’esprit Stephen Chow des débuts, l’oeuvre se tourne vers la romance de manière assez fine. Sans trémolo aucun, tout en gardant son exceptionnelle bonne humeur et en développant un comique de situation de tous les instants, The Mermaid est ainsi une comédie romantique de très haute volée, le destin des personnages étant intimement lié à leurs frasques diverses. L’aspect dramatique n’étant pas non plus négligé, le cahier des charges est donc totalement rempli.

Si, à l’entrée de la salle, certains spectateurs craignaient que Stephen Chow ait perdu son âme aux commandes d’un projet suintant la romance facile, c’est totalement convaincus qu’ils quittèrent cette salle Ciné 1 qui résonne encore au son des fous-rires de l’assistance.

BIFFF 2017 - MST bestiale

(Fantastic) Night of Something Strange

Grand événement de chaque BIFFF, la Fantastic Night a eu lieu cette nuit et a, comme à l’habitude, fait le plein, tant au niveau assistance qu’ambiance. Et, à ce titre, Night of Something Strange n’est guère étranger au bon déroulement des opérations puisqu’après le musclé Don’t Kill It, il a littéralement mis le feu aux poudres avec son humour en dessous de la ceinture.

Fruit du travail du jeune cinéaste Jonathan Straiton, Night of Something Strange a connu un énorme succès au gré des festivals américains avant de venir poser ses bourses à Bruxelles. Multi-primée, l’oeuvre voit son action prendre place lorsqu’un mystérieux virus se propage au sein de la population rendant les victimes sexuellement incontrôlables et assoiffées d’organes génitaux. Des étudiants partant faire la fête vont devoir se battre pour éviter de se faire violer puis massacrer par des tordus de plus en plus nombreux. L’apocalypse est-elle proche ?

Le public de la Fantastic Night étant très différent de celui des habitués plus ou moins diurnes du BIFFF, il faut leur en mettre pleine la vue d’entrée de jeu pour éviter que le sommeil ne l’emporte. En cela, Night of Something Strange est une pleine réussite puisqu’il ne faut attendre que quelques secondes pour que l’action parte totalement en cacahuète entre un viol nécrophile et une scène de dépravation incestueuse. Il n’en a bien entendu pas fallu plus pour faire réagir un public chaud bouillant qui n’attendait que ça.

Le reste de la séance fut à l’avenant car, malgré quelques longueurs, le film de Jonathan Straiton mise tout sur les séquences de sexe sordide, de gore et d’humour vraiment très noir. Cette manière de détourner l’attention d’un manque de budget flagrant et d’un casting à la limite de l’amateurisme fonctionne à merveille et l’on ne peut que se prendre au jeu de la surenchère. Hectolitres de foutre, masturbation en plein air, scène de sodomie, viols et bastons au pieu sont légion et font virer l’ensemble à la régalade.

Certes pas exempt de défauts, notamment au niveau de certains effets spéciaux et de quelques passages trop bavards, Night of Something Strange est typiquement le genre de nanar qui s’assume pleinement et qui ne peut que plaire dans une ambiance comme celle du BIFFF. Un très bon moment !

BIFFF ON STREAM - Happy Hunting

Benoît LevenkronGIF

Happy hunting, une jolie partie de chasse à l’homme entre villageois où la compétition sera rude, pour un ensemble bien moins intéressant que son "aïeul" : Les chasses du Comte Zaroff.

BIFFF ON STREAM - The Bride

Sébastien BrunclairGIF

Cette histoire est inspirée de films réels. Un cran au-dessus du Queen of Spades du même réalisateur, The Bride n’a pas grand-chose à faire valoir d’autre que sa très belle photo et sa boogeywoman classieuse, dont les trop nombreuses apparitions à l’écran nuisent aux frissons qu’elle provoque initialement. Heureusement que le public du BIFFF, particulièrement en forme, était là pour compenser la faiblesse de l’ensemble ("CASSE LA PLAQUE !!!!!!!").

BIFFF ON STREAM - Monolith

Alan Deprez

En guise du "film de bagnole possédée/démoniaque" qui nous était promis, on se retrouve face à une grognasse (la bimbo Katrina Bowden) errant longuement dans le désert, afin de trouver un moyen de déverrouiller son véhicule suréquipé. Une voiture à l’intelligence artificielle que l’on n’aperçoit que (très) sporadiquement et au sein de laquelle est bloqué le môme de cette mère indigne. L’indulgence a ses limites et c’est fâcheux que la canicule ne les ait pas tous grillés plus vite. Circulez, y a rien à voir !

Sébastien Brunclair

Un huis-clos à ciel ouvert qui bénéficie d’une très bonne mise en place du personnage interprété par Katrina Bowden et confirme tout le bien que l’on pense d’elle depuis Tucker and Dale vs Evil, dans le rôle d’une piètre mère... qui en a bien conscience. Dommage que de nombreuses maladresses (arrêtez avec les "c’était un rêêêêêve !!!", par pitié !) et une fin bâclée s’incrustent dans ce thriller d’une réelle efficacité.

Damien TaymansGIF

Katrina Bowden est excellente dans cet affrontement "maman en colère" vs K-2000. Mais les rebondissements manquent d’intelligence et le final s’avère décevant. Pourtant, n’importe quel parent ne pourra que s’identifier à ce drame horrifique motorisé.

BIFFF ON STREAM - Hidden Reserves

Damien Taymans

"Si les Ricains n’étaient pas là, nous serions tous en Germanie" disait Sardou. Et quand on voit ce que les Allemands feraient comme Bienvenue à Gattaca, on se dit que l’Histoire nous a sauvés. Verbeux et lancinant, Hidden Reserves n’entraîne jamais la moindre sympathie pour ses persos froids comme des pines d’Inuits.

BIFFF ON STREAM - Saving Sally

Quentin Meignant

Un moment empli de légèreté et d’amusement. Malgré l’agacement qui ne peut qu’intervenir au vu du comportement de Sally, cette oeuvre - qui aura mis 10 ans à voir le jour - est une belle réussite, notamment au niveau du mashup animation/live action. Loin d’être une simple bluette, Saving Sally nous emmène dans un univers unique et fabuleux.

Damien Taymans

Rafraîchissant comme une pluie d’été, Saving Sally c’est une bluette si naïve qu’elle en devient immédiatement attachante.

BIFFF ON STREAM - Johnny Frank Garrett’s Last Word

Alan Deprez

De bonnes idées de mise en scène noyées dans un foutoir sans nom. Les fautes de goût sont nombreuses (montage épileptique, photographie oscillant entre le verdâtre et le jaune "pisseux", ...) et ne rendent pas justice à quelques fulgurances éparses (la construction de certaines séquences est originale) ou au climat d’inquiétante étrangeté caractérisant de temps à autre Johnny Frank Garrett’s Last Word .

BIFFF ON STREAM - Le Serpent aux mille coupures

Alan DeprezGIF

Les tentatives de polar français - ici mâtiné d’actioner - se font rares et je n’aurais voulu dire que du bien de ce Serpent aux mille coupures . C’est peine perdue, car l’œuvre du sympathique Eric Valette s’éparpille entre dialogues douteux, problèmes de rythme et personnages caricaturaux (à ce niveau, Stéphane Debac n’est pas du tout gâté). Par chance, Tomer Sisley s’avère convaincant (ce n’est pas toujours le cas...), son antagoniste, l’excellent Terence Yin (New Police Story), est dément en tueur sadique et surentraîné, tandis que le charme d’Erika Sainte opère (on comprend pourquoi beaucoup font d’elle "l’actrice belge qui monte"). Mentions spéciales à l’ami Michel Angély (oui, j’assume ma partialité !), truculent dans le rôle d’un des paysans impliqués dans la fusillade finale, ainsi qu’à ce même gunfight, qui permet (enfin) au film de décoller. Trop tard...

Samuël TubezGIF

Comme souvent chez Eric Valette, l’amour du cinéma de genre est omniprésent et il y a de pures idées bis... qui tombent hélas pour la plupart à l’eau (le gunfight final notamment). À part un bad guy glaçant interprété par Terence Yin, rien ne parvient véritablement à convaincre et tout ça manque cruellement de rythme.

Quentin Meignant

Doté d’une sacrée réputation auprès de la critique spécialisée française, Le Serpent aux mille coupures ne justifie en aucun moment celle-ci. Mal caractérisés, les personnages sont de surcroît interprétés de manière creuse par les comédiens, au sein d’une intrigue très plate et à la mise en scène convenue (voire parfois brouillonne). Une sorte d’habile mélange entre un P’tit Quinquin premier degré et un épisode de Julie Lescaut. Fallait y penser...

Benoît Levenkron

Malgré ses multiples défauts (notamment des incohérences scénaristiques), ce long-métrage, dans le plus pur style des meilleurs films d’Olivier Marchal, risque de tenir en haleine les amoureux de son type de photographie et de la noirceur de ses récits, Tomer Sisley et Michel Angély valent bien Daniel Auteuil et Gérard Depardieu.

Damien TaymansGIF

Eric Valette a trouvé un vrai méchant avec Terence Yin, mais lui colle un encombrant Stéphane Debac. C’est un peu l’histoire de ce film : les intentions sont nobles, les atours sont convaincants, mais ça ne suffit pas. Il subsiste cependant un mélange des genres et des tons qui rend l’ensemble sympathique, sans plus.

BIFFF ON STREAM - Safe Neighborhood

Quentin Meignant

Nous tenons sans conteste LA séance du festival. Dans une ambiance bon enfant, Safe Neighbourhood est parvenu à surprendre en détricotant totalement le home invasion dans sa première partie avant de virer en une version particulièrement burnée de Maman j’ai raté l’avion. Une très belle surprise !

Benoît Levenkron

La veille de Noël, les parents du jeune Lucas, âgé de 12 ans, font appel aux services de la jolie Ashley, Baby-sitter qui le chaperonne depuis plus de 4 ans.
Le Home-Invasion dont ils vont être les victimes prendra une tournure très inattendue.
Attention chef-d’œuvre !!!! Wawwww !!!! Holly Shit !!!! La tuerie !!!!! LE meilleur film qu’il m’ait été donné de voir depuis très longtemps (au moins 5 ans), Mais vous aurez droit à un article bien plus exhaustif d’ici quelques jours.

Damien Taymans

Un scénar bien troussé, des personnages bien écrits, une caméra bien posée, une ambiance délétère. C’est donc ça, un bon film ?

Samuël Tubez

Un bon petit dynamitage du home invasion bourré d’humour noir et servi par un casting de jeunes talents à suivre. Mais compte-tenu de son sujet, ça reste tout de même un poil trop sage pour s’imposer comme une nouvelle référence du conte de Noël macabre.

BIFFF ON STREAM - The Icebreaker

Quentin MeignantNC

Arrivé en retard suite à la projection de Saving Sally en Ciné 2, je suis resté de glace face à ce bateau vintage comme un fritkot à Bredene et ce patriotisme tout ce qu’il y a de plus russe.

Damien Taymans

Un iceberg géant et une mini propagande russe plus tard, il faut avouer qu’on s’emm... sec

BIFFF ON STREAM - Strangled

Quentin MeignantGIF

Un film dont on n’attendait rien mais qui, au final, reste assez surprenant. Pas au niveau de sa mise en forme ni du traitement de son sujet, c’est un fait, mais force est de constater que Strangled recèle des qualités visuelles indéniables et une ambiance légèrement glauque assez efficace. Le tout reste néanmoins très classique et l’on se demande si la chose avait réellement sa place au BIFFF.

Damien TaymansGIF

Strangled n’est pas un thriller comme les autres : patiemment, son réalisateur nous plonge dans une campagne poisseuse, retournée par une série d’agressions étranges. Progressivement, l’étau se resserre, la tension s’accroît, l’atmosphère devient étouffante. Ce film hongrois reste une bonne surprise malgré quelques longueurs et redondances scénaristiques

BIFFF ON STREAM - Nails

Quentin Meignant

Certes très conventionnel dans son traitement, Nails convainc tant au niveau visuel qu’au niveau de son rythme et de son ambiance. S’offrant même le luxe de faire sursauter par la simple mise en place de quelques jump scares plutôt bien senti, ce petit film sans prétention fait mieux que remplir le cahier des charges.

Alan DeprezGIF

Trop prévisible, Nails s’avère tout de même raisonnablement efficace, malgré son usage immodéré des jump scares (vive les acouphènes !). Heureusement que la dégaine du "boogeyman surnaturel" rattrape un peu le coup, bien qu’il soit assez sous-employé (ses apparitions se limitent presque à la portion congrue). À dire vrai, les reportages sur les problèmes d’hygiène dans les hôpitaux belges sont bien plus effrayants...

Benoît Levenkron

Huis-clos irlandais relativement angoissant, Nails dépeint avec un enthousiasme remarquable les sinistres hallucinations d’une jeune femme devenue paraplégique suite à un accident et clouée dans son lit d’hôpital. Rien de bien innovant en soi, des jump scares somme toute assez prévisibles, mais un ensemble qui - bien que très codifié - fait passer au spectateur 95 minutes assez agréables, comme ce fut le cas jadis avec Mister Babadook ou encore The Ring.

Sébastien BrunclairGIF

Vous aimez les boogeymen flippants et les jump scares ? Nails est fait pour vous. Vous aimez être surpris ? Pas de bol, Nails ne fait que suivre la ligne tracée par ses aînés de manière appliquée, mais sans aucune audace. Un DTV relativement efficace, sans plus.

BIFFF ON STREAM - Bad Cat

Quentin Meignant

De l’animation comme on ne peut que l’aimer : simple, efficace, virevoltante et surtout bougrement amusante. Les aventures de Shero, un chat peu commun, s’avèrent être jouissives de bout en bout et sans aucune longueur. Un petit must !

Alan Deprez

Un ersatz trash de Garfield, où des animaux balancent des propos orduriers, se bourrent la gueule, glanent de quoi se nourrir... Sympa mais vite oublié, même si les animateurs turcs en profitent pour démontrer leur maîtrise du genre (graphisme, look des personnages, rythme, ...).

Damien Taymans

Garfield se grattant les couilles et malmenant les humains qui sont tous représentés comme des crétins finis ou pas même commencés. Quelques séquences s’avèrent drolatiques et la qualité de l’animation est à souligner.

BIFFF ON STREAM - Under the Shadow

Alan Deprez

Un véritable "slow burner", qui met du temps à installer son atmosphère inquiétante, mais récompensera doublement les plus patients. Under the Shadow trouve un angle inattendu pour dépeindre le folklore des djinns et mettre le doigt sur l’orientation liberticide de la société iranienne, dont les femmes sont les premières victimes. Dans le rôle d’une jeune mère fragilisée par le climat de guerre, le sexisme et les terreurs nocturnes de sa fille, la craquante Narges Rashidi est une réelle découverte.

Quentin Meignant

Une œuvre culturellement et historiquement forte, qui se veut être une métaphore à la Mister Babadook. Délicieusement anxiogène, le film fait mouche à tout point de vue !

Samuël Tubez

Sous l’influence - totalement assumée - de Steven Spielberg, Babak Anvari livre un Poltergeist version Proche-Orient, qui prend la forme d’une descente aux enfers rythmée par les alertes à la bombe. Malgré quelques jump scares un peu faciles, le commentaire sociopolitique se marie magnifiquement à l’épouvante, faisant de ce premier essai une réussite indéniable.

BIFFF ON STREAM - Attraction

Benoît Levenkron

Suite à une pluie de météorites, un vaisseau spatial extra-terrestre s’écrase sur terre et a le malheur de choir ... en Russie. Comme la roue a tendance à tourner et que l’humanoïde rescapé de ce crash (ultra réaliste au passage) ne peut pas jouer QUE de malchance, il croisera la route de la jolie Yulya avec laquelle des liens étroits vont rapidement se tisser. Des effets spéciaux ahurissants carrément dignes des meilleurs Emmerich, une interpretation éclatante (Irina risque de faire parler d’elle à l’avenir), une bande originale des plus agréable, ainsi qu’une petite touche d’humour subtilement dosée. Attraction souffre néanmoins de quelques longueurs et à la fâcheuse tendance à sombrer dans des clichés un peu trop gentillets - assez proche des Twilight - et moralisateurs à la manière de ses alter-ego américains. Néanmoins Fedor Bondarchuk (oui, oui le fils de Sergey) nous livre une œuvre soignée qui est une bonne piqûre de rappel à ceux qui pensent que les bons films catastrophe sont obligatoirement estampillés Made in USA.

Damien Taymans

Une scène dantesque et puis, un vide scénaristique absolu. Sur un rythme de sénateur, Attraction (the big budget of Russia) suit des personnages réduits à leur silhouette et s’amuse à reprendre un à un tous les codes de la SF façon Emmerich.

Samuël Tubez

Attraction accumule sans vergogne les clichés de la bluette pour ado et du film d’invasion à l’américaine. Les fans de Michael Bay et de Roland Emmerich devraient apprécier.

BIFFF ON STREAM - Tonight she comes

Benoît LevenkronGIF

Quelque peu lent au démarrage, le métrage souffre de quelques incohérences, d’une interprétation très moyenne, Mais ces petits défauts sont vites rattrapés par une par une grosse dose d’humour bien gras, des scènes très gores et parfois bien répugnantes (sponsorisées par Tampax spécial flux menstruel abondant) et qui en font un film parfait pour une séance de 00.30h au Bifff voire même pour une soirée DVD entre potes.

Damien TaymansGIF

Ce qui s’appelle une séance de minuit : de la parodie des slashers abrutissante jusqu’à un final ultra-gore. Reste que les effets ne fonctionnent pas toujours et que la mécanique se montre parfois enrayée.

BIFFF ON STREAM - Loop

Damien Taymans

Une oeuvre hongroise sur les voyages dans le temps et les boucles temporelles qui se vautre dès la première boucle.

BIFFF ON STREAM - Luck-Key

Damien Taymans

De la même teneur que le Key of Life nippon dont il s’inspire. Certaines scènes sont excessivement drôles, d’autres tombent un peu à plat, mais l’investissement des comédiens et la dynamique du film transforment le tout en un feel good movie plus que recommandable

BIFFF ON STREAM - Swiss Army Man

Quentin Meignant

Un véritable OFNI au final bluffant. Le meilleur rôle de la carrière de Daniel Radcliffe à n’en point douter et, sans conteste, l’une des plus belles photographies de ces dernières années.

Alan DeprezGIF

Swiss Army Man charme de prime abord par sa cocasserie et son absurdité, mais la pétomanie a ses limites, surtout quand on étire sur la durée d’un long-métrage un pitch qui aurait été parfait au format court.

Benoît Levenkron

Cette romance saugrenue sur une île déserte entre un cadavre pétomane et un rescapé suicidaire était un pari osé, il faut bien l’admettre. Cependant la loufoquerie des situations est tellement répétitives, les facéties tellement pesantes que l’ensemble devient rapidement indigeste tel l’absorption d’un énorme plat de fayots en pleine canicule....

Sébastien Brunclair

Un délire pétomane qui se paie le luxe d’être drôle, touchant et d’utiliser avec brio une bande originale d’exception ? Les clippeurs Daniel Kwan et Daniel Scheinert (on vous invite à taper "Turn Down for What" sur YouTube) l’ont fait et livrent un premier film d’une maîtrise totale, qui va jusqu’au bout de ses idées les plus folles en s’appuyant sur un duo d’acteurs en pleine grâce. Ou le mauvais goût élevé au rang d’art.

Samuël TubezGIF

La blague est bien trop étirée pour parvenir à toujours nous amuser au-delà des 30 minutes. In fine, on voudrait en plus nous faire croire en la poétique de la chose ? Mouais, pas convaincu...

Damien Taymans

Pour l’amour du risque, on ne peut qu’applaudir cet OFNI dans lequel se sont investis Paul Dano et Daniel Radcliffe. Atypique, Swiss Army Man tape dans le gras et les vents opérés au dessous de bras pour décomplexer le monde et le ramener à ses instincts primaires. Le message passe moins bien que le contre-emploi du tandem d’acteurs, brillants il faut l’avouer.

BIFFF ON STREAM - Message from the King

Quentin Meignant

Fabrice Du Welz parvient à dépeindre l’univers d’un Los Angeles poisseux et glauque à souhait, notamment grâce à une photo magnifique. Chadewick Boseman y assure grave mais, car il y a un mais, le crescendo de violence se fait vraiment attendre avant de retomber comme un soufflé le moment venu. Dommage.

Alan Deprez

Un "revenge movie" plutôt linéaire et prévisible, qui sent un peu trop le film de commande pour être honnête. On ne s’ennuie pas vraiment et c’est shooté avec soin, mais Fabrice Du Welz nous a habitués à tellement mieux... Vivement qu’il revienne à des projets plus personnels, à même de mettre en valeur son énorme talent.

Benoît Levenkron

Avec Message from the King, notre sympathique et talentueux compatriote Fabrice Du Welz aborde une thématique de la vengeance de manière à la fois très linéaire mais aussi extrêmement précise. La direction des acteurs est quant à elle irréprochable et la prestation de Chadwick Boseman tout simplement fabuleuse. Cependant, il manque à cet excellent thriller le petit plus qui l’aurait rendu moins conventionnel. En effet, s’il m’avait été donné de regarder ce film sans savoir qui en était le réalisateur, j’aurais opté pour du Besson sans hésiter.

Sébastien BrunclairGIF

Un vigilante movie qui lance des promesses qu’il ne tiendra jamais, les scènes violentes tombant irrémédiablement à plat, jusqu’à une conclusion d’une rare platitude. Un pur produit de commande qui se laisse simplement suivre, à défaut de captiver.

Samuël Tubez

On ne trouve que trop peu la griffe de Fabrice du Welz dans ce film de commande un peu trop prévisible et manquant de férocité. Enchaîné à plus d’un impératif imposé par le système hollywoodien, il s’en sort néanmoins grâce à une excellente direction d’acteurs et un soin particulier apporté à l’image. En définitive, le combat de Jacob King à l’image reflète celui du réalisateur au cœur d’un système moisi par le fric et les obsessions, apportant à l’oeuvre une intéressante seconde lecture. Même plié par le système, il a tout de même su conserver sa roublardise notre bruxellois !

BIFFF ON STREAM - Smoke & Mirrors

Quentin Meignant NC

Un bon divertissement qui n’avait assurément pas sa place au BIFFF. J’ai quitté la salle après une heure...

Samuël Tubez

Après l’excellent La isla minima Alberto Rodriguez s’inspire de faits réels et s’attaque à la corruption. Oeuvre politique en diable, Smoke & Mirrors lorgne notamment du côté du cinéma de Scorsese sans toutefois en atteindre la maestria et l’énergie. Trop bavard et trop académique, le réalisateur ne parvient donc malheureusement pas à nous happer 2h durant. Néanmoins, la photo d’Alex Catalan est une fois de plus splendide et le casting assure.

Damien Taymans

Du Scorsese en moins percutant, du Soderbergh en plus mou. Alberto Rodriguez dépeint avec brio une arnaque inouïe mais oublie de faire du cinéma et d’insuffler une âme à son récit. Techniquement, c’est brillant mais il manque de l’énergie, de la percussion.

BIFFF ON STREAM - A Dark Song

Quentin MeignantGIF

Une production somme toute honnête sur un sujet déjà largement rebattu. L’ambiance développée aide beaucoup à tenir la longueur de cet ensemble pas tout le temps assez dense que pour justifier sa durée.

Sébastien Brunclair

Un huis-clos fantastique qui parvient à dégager sa propre atmosphère en se reposant sur deux excellents comédiens tout en évitant tous les pièges (ni twists, ni jump scares à l’horizon) dans lesquels tombent bien trop souvent d’autres productions du genre, tout juste handicapé par une durée un peu trop étirée.

Damien Taymans

Quelle oeuvre étonnante ! De longs tunnels de dialogues suffisants pour créer la tension, un tandem de personnages truculents, des visions tour à tour effrayantes et drôles. A Dark Song est une proposition autre à laquelle on adhère ou pas !

BIFFF ON STREAM - Children of the Night

Quentin Meignant

Une jolie actrice ne peut sauver un film, cette oeuvre en est la preuve. Longue suite de plans fixes (encore !), Children of the Night tente d’entretenir un mystère qui, dès les premiers instants est inopérant puisque... tout est déjà compris !

Damien TaymansGIF

Très contemplatif, Children of Night est une oeuvre d’atmosphère et de personnages. S’ensuit une longue séquence de tableaux admirables mais, au final, la globalité du récit ne raconte pas grand chose.

Sébastien BrunclairGIF

C’est joli, c’est bien joué, mais qu’est-ce que c’est plat !

BIFFF ON STREAM - Bloodlands

Quentin Meignant

Des décors magnifiques desservis par une suite inarrêtable de plans fixes de poules ou de nuages. A force de vouloir se la jouer arty et de se regarder filmer, le réalisateur en a oublié qu’il tentait de faire un film fantastique...

Damien Taymans

A la longue liste des clichés sur les Albanais, on peut rajouter une féroce soif de vengeance entre clans opposés et une virulente tendance à filmer des nuages, des poules et des montagnes.

Sébastien Brunclair

De la vengeance, des poules et beaucoup d’ennui, voilà ce qui vous attend dans Bloodlands.

BIFFF ON STREAM - From a house on Willow Street

Quentin Meignant

Un film d’exorcisme à la trame on ne peut plus classique qui ne brille à aucun niveau. Les FX sont respectables, de même les maquillages (sur le déclin dans le final), le tout n’est pas trop mal emballé mais il manque clairement d’idées. Aucun jumpscare ne fonctionne, ce qui la fout carrément mal...

Damien Taymans

Don’t Breathe mettait en scène un home invasion décapant où le propriétaire s’avérait sacrément burné et retors. From a House on Willow Street suit peu ou prou le même principe, mâtiné de possession démoniaque. Le hic, c’est que la péloche sud-africaine tente de se la jouer ricaine et cumule tous les tics les plus navrants des DTV du cru.

Sébastien Brunclair

Un ramassis de poncifs, de jump scares tombant à plat (comment est-ce possible ?) et d’incohérences saupoudré d’un jeu d’acteurs inégal. Si l’on excepte quelques maquillages bien crades, circulez, y’a rien à voir.

BIFFF ON STREAM - Cold Hell

Benoît LevenkronGIF

Au travers de son héroïne Özge, ce thriller austro-allemand égratigne superficiellement la condition de la femme turque dans la société occidentale. Tiraillée entre obligations familiales, religion et intégration, quelle est vraiment sa place ? Pour symboliser ces trois thématiques, Stefan Ruzowitzki (Anatomy, Les faussaires) utilise des figures masculines plutôt simplistes : un père abuseur, un tueur en série fanatique religieux et un policier du cru à la fois bourru et humain. Bref, si, comme Özge, vous parvenez à balayer en 92 minutes chrono avec quelques coups de boxe-thaï bien placés ces trois clichés, vous pourriez passer un agréable moment, sans plus.

Damien Taymans

Özge est l’une de ces héroïnes tragiques, fragiles, mutiques mais sauvages, enragées, puissantes que l’on voit beaucoup trop peu dans le 7ème art. A la lisière du drame intimiste, du polar noir, du thriller burné, de l’actioner (la scène de poursuite en taxi), Cold Hell fait coup double en s’acharnant à mettre à mal un modèle de vie patriarcal suranné.

BIFFF ON STREAM - Tarde para la ira

Quentin Meignant

Une oeuvre assez classique à la base qui parvient néanmoins à briller grâce à la froideur de la vengeance dépeinte, à l’excellent acting d’Antonio de la Torre et à une caméra à l’épaule qui renforce le réalisme de l’intrigue.

Damien Taymans

Un thriller lancinant et envoûtant qui bénéficie d’une mise en place aussi patiente que l’homme du titre, avant que le récit ne s’emballe dès que le héros plonge ses mimines dans le sang. Prenant !

BIFFF ON STREAM - Vanishing Time : A Boy who returned

Damien Taymans

Vanishing Time est une version sud-coréenne d’une production Amblin. On y retrouve tous les ingrédients : enfants, découverte, élément fantastique, immersion dans un monde d’adultes hermétiques aux délires des mioches. Avec le même délice narratif, le même attachement aux personnages, le même sous-texte.

BIFFF ON STREAM - Antiporno

Alan Deprez

Conceptuel en diable et très clivant (on y adhère ou pas), Antiporno permet à Sono Sion de détourner la commande de la Nikkatsu (le reboot de leur célèbre série de Romans Pornos-ndr), qu’il plonge dans un grand bain d’audace, de folie et de stylisation (l’œuvre flirte de temps à autre avec l’Art Contemporain). L’auteur de Guilty of Romance y distille par ailleurs une forme de charge sociétale (inégalités hommes-femmes) et de satire du milieu de la mode, où règne la superficialité, au détriment des vraies valeurs morales.

BIFFF ON STREAM - Escape Room

Damien Taymans

De un, c’est un film d’horreur. De deux, c’est plutôt ramassé et rythmé. De trois, c’est très convenu, mais on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. Au final, cette rencontre entre Cube et Saw agrémenté de serial killers ne restera pas dans les annales mais a, selon la formule consacrée, le mérite d’exister

BIFFF ON STREAM - The Eyes of my Mother

Damien Taymans

Une oeuvrette à l’aspect DTV sans le moindre fond. On s’ennuie sec devant les tourments de cette petite fille devenue tortionnaire.

BIFFF ON STREAM - Headshot

Quentin Meignant

La folie de The Raid mais sans les étages à monter. Ceux-ci se résument plutôt à une escalade au niveau de la violence graphique et de l’inventivité au niveau des chorégraphies. Je tiens déjà mon film de l’année ! Merci le BIFFF !

Alan Deprez

L’œuvre la plus convaincante des Mo’ Brothers. Les combats sont exceptionnels et "bruts de décoffrage" - tout en restant inventifs -, mais Headshot cède parfois à une romance guimauve un peu trop décalée. Un registre dans lequel Iko Uwais est loin d’exceller...

Benoît Levenkron

De la baston divinement bien soignée dans sa mise en scène (les mouvements de caméra circulaires sont somptueux), des hectolitres d’hémoglobine, des méchants très méchants, des temps morts littéralement absents... Un peu plus court que The Raid 2 (heureusement), mais tout aussi efficace (malgré ses 117 minutes) et surtout, doté d’un jeu d’acteurs de très haut niveau. Petit bémol : un scénario assez prévisible et des acteurs qui, au fil des péripéties, deviennent assez conventionnels.

BIFFF ON STREAM - Psycho Raman

Sébastien BrunclairGIF

Après le percutant Ugly, on était en droit d’attendre le meilleur d’Anurag Kashyap, qui se rate quelque peu sur ce Psycho Raman, une fois encore très joliment mis en images mais qui souffre d’un rythme très faiblard et d’une intrigue qui sent le curry réchauffé.

Samuël Tubez

Le nouveau film du prodige indien n’est pas loin d’être une nouvelle claque. Seule ombre au tableau : quelques petites longueurs ici et là.

Quentin Meignant

Bénéficiant d’une photo magnifique - à l’image d’Ugly, la précédente oeuvre de son réalisateur, Psycho Raman ne franchit malheureusement pas le cap de la demi-heure, son scénario alambiqué fait de flashbacks cassant tout rythme et tout suspens. Monté normalement, le film aurait pu gagner en intérêt, notamment grâce à une BO punchy. Ce n’est malheureusement pas le cas...

Damien TaymansGIF

Anurag Kashyap a tenté de faire plus ugly que Ugly en se focalisant uniquement sur un anti-héros complètement barré qui tue père et mère dans la décontraction la plus totale. Mais, si l’atmosphère se montre poisseuse et malsaine, le réa se perd quelque peu dans le labyrinthe de Mumbai et ne parvient pas à créer cette alchimie prétendue entre le flic et sa némésis.

BIFFF ON STREAM - The Void

Sébastien Brunclair

Après avoir fait leurs armes au sein du collectif Astron 6, Jeremy Gillespie et Steven Kostanski s’essaient à l’épouvante pure, à mille lieues de leurs débuts potaches. Et au vu du résultat, qui mêle avec bonheur l’influence des maîtres du genre et des maquillages magnifiquement crasseux, on ne peut que les en remercier. Les fantastiscophiles seraient fort avisés de garder un œil attentif sur la carrière à venir de ces deux gaillards.

Samuël TubezGIF

Les intentions sont bonnes et on sent un amour sincère pour le genre... mais quel foutoir ! Scénario, acting, découpage, montage et maquillages semblent totalement aléatoires. Le rendez-vous nostalgico-horrifique est manqué.

Quentin Meignant

Après un Father’s Day particulièrement réussi dans un tout autre style, Jeremy Gillespie et Steven Kostanski s’attèlent à une œuvre paraissant tout droit sortie des 80’s. L’hommage est beau, le film très (trop ?) sérieux et le rythme plutôt échevelé. Vu les efforts de cette petite production en matière de FX et de maquillages, on se dit que le duo a encore de beaux jours devant lui...

Alan DeprezGIF

Du "Lovecraft pour les nuls", qui alterne visions dantesques (plutôt réussies) et longs tunnels dialogués, débités par de piètres acteurs. Heureusement qu’un riche bestiaire et de jolis SFX rattrapent le coup (d’autant plus que beaucoup d’effets semblent avoir été réalisés "à l’ancienne", en plateau). The Void s’impose néanmoins comme la première grande déception de ce BIFFF 2017.

Benoit Levenkron

Outre le torticolis que je me suis payé à cause du basketteur de 2,20 m (au moins) qui était installé devant moi et qui ne cessait de bouger son immense tête chevelue de gauche à droite, j’ai pu voir une œuvre prétentieuse s’appropriant les meilleures scènes de tous les chefs-d’œuvre des 40 dernières années comme Hellraiser, The Fly, The Thing, In the Mouth of Madness, Rosemary’s Baby, Re-Animator ou encore House of 1000 corpses. Et tout ça pour en faire un gloubiboulga infâme, trop long et manquant cruellement de cohérence.

Damien TaymansGIF

Un vrai film de monstres aux influences lovecraftiennes incontournables. Hélas, les promesses faites dès l’entame mettent beaucoup de temps à être tenues à l’écran : la foire aux créatures immondes s’ouvre alors dans le chaos le plus total, mais le design des bébêtes est à se damner.

BIFFF ON STREAM - Free Fire

Sébastien Brunclair

Pas toujours à l’aise dans le domaine de l’action, Ben Wheatley et sa collaboratrice de toujours Amy Jump compensent en enchaînant les punchlines bien senties, faisant de ce Free Fire un film où les vannes sont beaucoup plus mortelles que les balles.

Samuël Tubez

Trop de balles perdues dans ce long gunfight criblé de punchlines qui tuent et servi par des acteurs ultra charismatiques. Tout cela est amusant mais un brin répétitif, parfois brouillon dans la gestion de l’espace et plus que limité sur le fond.

Quentin Meignant

Ce Ben Wheatley "en mode Reservoirs Dogs" remplit sa part du travail en proposant un panel d’acteurs de qualité et un script certes peu original, mais bien ficelé et brillant par nombre de punchlines de choix. Le tout aurait été carrément jouissif si les personnages avaient été caractérisés de manière plus tarantinesque et que les gunfight ne paraissaient pas si brouillons...

Alan Deprez

Comme du Guy Ritchie en moins poseur. Ben Wheatley en retrouve par instants l’audace des débuts et cette logorrhée incessante tout ce qu’il y a de plus british. Cela étant, c’est assez vain et on a souvent du mal à cerner les enjeux de cette fusillade ou la position des différents protagonistes (qui tire sur qui ?). En émerge un Sam Riley impérial, dans la peau d’un loser accro à la dope et au langage fleuri.

Damien Taymans

Guy Ritchie vs Tarantino : ça envoie des bastos dans tous les sens et ça dézingue à coups de punchlines bien senties. Tous les personnages sans exception s’avèrent irrésistibles. Pourtant, Wheatley pèche par excès : le spectateur se perd dans cet immense hangar, ne parvient plus à discerner qui tire sur qui et se lasse au final de cet échange incessant de pruneaux.

BIFFF ON STREAM - The Invisible Guest

Sébastien BrunclairGIF

De Julia’s Eyes, on retient principalement la beauté formelle renversante tout en ayant tendance à occulter les nombreuses maladresses du scénario. Sept ans après, son scénariste Oriol Paulo n’a toujours pas appris sa leçon et nous livre, cette fois également derrière la caméra, un thriller abracadabrantesque qui flirte dangereusement avec le ridicule. Trop de twists tuent le twist.

Samuël TubezGIF

Oriol Paulo veut jouer au petit malin avec son scénario retors mais oublie de faire exister ses personnages. Trop froid et trop mécanique, il ne parvient pas à insuffler la moindre trace d’âme à cette démonstration masturbatoire à l’arrière goût de déjà vu.

Quentin MeignantGIF

The Invisible Guest est certes bien shooté et parvient à captiver dès ses prémices mais, Oriol Paulo, à force d’essayer de la jouer finaude, se plante avec un scénario qui se veut complexe mais, au final, est bardé d’incohérences. Le genre de thriller déjà vu cent fois...

Damien TaymansGIF

The Invisible Guest arrive avec vingt années de retard : son script "malin" a déjà été exploité maintes et maintes fois et la crédibilité du twist meurt dans l’oeuf. Dommage car le scénar’ se montrait plutôt bien troussé de prime abord...

BIFFF ON STREAM - Beyond The Gates

Quentin MeignantGIF

Film au charme certain, Beyond The Gates aurait dû jouer plus totalement la carte vintage au lieu de tout miser sur son intrigue, banale et bavarde. Reste que Barbara Crampton, dans un rôle aussi statique qu’important, rend une copie parfaite.

Benoît LevenkronGIF

Beyond The Gates , dans la lignée de The Editor, ravira probablement les adulateurs de films référentiels, un peu gore et un peu amusants. Moyennement bien interprété et pas du tout surprenant, qu’en reste-t-il ? Les beaux restes de Barbara Crampton, une très jolie photographie vintage et une musique de générique final pompée sur Les Goblins.

Damien TaymansGIF

Passé le charme suranné des vieilles bandes VHS trouvées au dernier étalage d’une vidéothèque quelconque, il ne reste qu’un film aux ambitions très modestes même si foutrement attachant

BIFFF ON STREAM - The Girl with All the Gifts

Quentin Meignant

Un film de zombies qui se veut plutôt original dans son entame avant de virer vers plus de classicisme. Le rythme y est présent mais, malheureusement, quelques longueurs se font sentir dans la seconde partie. Le tout est néanmoins très bien réalisé et pourrait sans problème remporter un beau succès auprès du grand public.

Alan Deprez

The Girl With All The Gifts était un choix judicieux pour l’Ouverture de ce 35ème BIFFF : un "zombie flick" atypique, parfois intimiste (on s’attache vite à certains personnages) et qui place les enfants au cœur de son dispositif zombiesque. La pureté dévoyée et l’animalité, en somme. Dommage que la dernière demi-heure soit un peu faiblarde et que sa conclusion manque de mordant (le comble pour un film d’infectés !).

Damien TaymansGIF

Auréolé du Prix du public à Gérardmer, The Girl with All the Gifts constitue une proposition rafraîchissante dans un sous-genre si (mal) exploité qu’il en devient désolant. En s’attachant au regard de l’héroïne haute comme trois pommes, McCarthy (Outcast) et Carey composent une peinture intimiste prenante, mais négligent les autres aspects du scénar’ en multipliant les enjeux (la nature fongique de l’épidémie, la survie de l’humanité, la cohabitation, le vaccin) dans une dernière partie trop étirée.

Sébastien BrunclairGIF

La première partie est maîtrisée, le final est intéressant ; entre les deux, un océan de platitude duquel n’émergent que quelques bonnes idées et une interprétation de qualité (la gamine est épatante). À défaut d’avoir tous les dons, le film a surtout celui de provoquer l’ennui.

THE BIFFF WITH ALL THE GIFTS - Photos de l’ouverture

L’heure des cadeaux est arrivée...

Le BIFFF, ce grand événement, ce véritable cadeau pour tout amateur de ciné de genre mais aussi de vannes bien placées, vient de débuter et le moins que l’on puisse dire est que les présents ont été nombreux pour ses aficionados.

Outre le traditionnel discours de Guy Delmotte, l’animation en salle Ciné 1 était assez bluffante et particulièrement virevoltante, tandis que Park Chan-wook était adoubé Chevalier de l’Ordre du Corbeau et se pliait avec flegme aux traditions. Le reste était à l’avenant, puisque c’est le public des grands soir - klaxon à l’appui - qui avait investi les lieux, les blagues fusant à chaque scène de cet excellent divertissement que fut The Girl with All the Gifts.

BIFFF 2017 - Review des Fantastic Shorts

Hier, dans le cadre du BIFFF 2017, se déroulait comme à l’habitude la séance des Fantastic Shorts qui met en avant le savoir-faire des jeunes metteurs en scène belges avec, à la clé, un Méliès d’Argent, synonyme de diffusion européenne mais aussi de nombreux autres prix.

Cette fois programmée en salle Ciné 3 - ce qui n’était pas une sinécure pour les journalistes censé être en salle Ciné 2 pour les autres longs métrage programmés -, la séance a donné lieu à de très bons moments disséminés au sein des 10 oeuvres présentées en compétition. L’occasion pour nous de livrer nos impressions...

Compétition belge

Rabbid Jacob

Un film de Donovan Alonso-Garcia

Cast : Camille de Leu, Pierre Nisse, Olivier Bonjour, Dan Sluijzer, Kevin Dudjasienski

Scénario : Donovan Alonso-Garcia

Montage : Donovan Alonso-Garcia & Thomas Vanthuyne

Musique : Jérôme Gaillard

D.O.P. : Romain Ferrand

Version : Fr. O.V.

2017 / 20 min. / Belgique/ France

Contact : http://insolenceproductions.com

Deux metéorites s’écrasent sur Bruxelles. Jacob a juste un peu de temps pour rétablir l’ordre et la morale…

Sans doute l’oeuvre la plus formatée pour le BIFFF. Avec quelques habitués de l’événement bruxellois au générique, Rabid Jacob vire à la gaudriole un peu cul un peu gore et est une véritable régalade sans pourtant avoir de réelles prétentions. Olivier Bonjour et Kevin Dudjasienski y excellent dans des rôles taillés sur mesure. Un très bon moment !

Ampersand

Un film de Charlotte Dewulf

Cast : Tiemen Van Haver, Celine Verbeeck, Joren Seldeslachts, Carry Geossens

Scénario : Charlotte Dewulf

Musique : Hans Mullens

D.O.P. : Bart Van Otterdijk

Version : Ned. O.V., Eng. st

2016 / 15 min. / Belgique

Contact : charlotte@a-little-lady.com

Dans cette ville, vous pouvez boire les mots ; ainsi, avant de pouvoir parler, vous devez boire une bouteille de mots…

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Cet Amélie Poulain à la sauce flamande est l’un des ensembles les mieux fichus de la fournée de courts métrages. Malheureusement, le tout est assez niais et ne fait que reproduire une histoire d’amour déjà vue 100 fois. Dommage car, vu les moyens mis en oeuvre, quelques idées auraient été de bon aloi.

Stacey en de Alien

Un film de Nelson Polfliet

Cast : Renée Vervaet, Ineke Nijssen, Anouk Fortunier

Scénario : Nelson Polfliet

Montage : Nelson Polfliet & Joppe Van Den Brande

Musique : Duchka Walraet

D.O.P. : Victor Maes

Version : Fr. O.V., Eng. st

2016 / 15 min. 04 / Belgique

Contact : nelson.polfliet@kaaitheater.be

Sa mère est morte et Stacey l’assume en créant un monde de rêves, dans lequel s’invitent un voisin curieux et une mystérieuse créature …

Le petit OFNI de la projection ! Glauque au possible mais aussi irrésistiblement marrant, Stacey en de Alien envoie du lourd au niveau d’un design très année 80 et des inspirations clippesques d’un autre âge. Cela sent fort l’humour gras du nord du pays mais cela fait mouche tout au long de son déroulement.

Gerontophobia

Un film de Boris Sverlow

Cast : Marieke Dilles, Maarten Ketels

Scénario : Boris Sverlow & Johan Verschueren

Montage : Boris Sverlow

Musique : Frederik van de Moortel

D.O.P. : Jonas Wellens & Paul Delissen

SFX : Jonas Wellens, Paul Delissen, Boris Sverlow & Alain Maessen

Version : Eng. O.V.

2016 / 15 min. 17 / Belgique/Pays-Bas

Contact : bsverlow@gmail.com

Dans le futur, la science continue sa quête de l’éternelle jeunesse… mais se plante, lâchant une toxine qui accélère le vieillissement…

Avec un titre et un pitch prometteur, on ne pouvait qu’attendre mieux de ce divertissement au final bavard et sans véritable développement thématique là où on aurait pu attendre quelque chose d’émouvant et/ou de critique.

Nimmer

Un film de Lieven Vanhove

Cast : Sarah Eisa, Geert Vandyck

Scénario : Lieven Vanhove

Musique : Adriaan Swerts

D.O.P. : Marc Van Acker

SFX : Tim Vandekerckhove, Pieter Swusten & Raf Schoenmakers

Version : No dialogue

2016 / 16 min. / Belgique

Contact : leevun@gmail.com

Un homme cherche une solution ultime afin de sauver sa femme d’un effrondement imminent…

Film sans dialogue, Nimmer mise tout sur son visuel et a bien raison de le faire. D’une poésie absolue, ce court visiblement bien friqué étale des qualités intrinsèques largement au-dessus de la moyenne. Ou quand seules les images font sens. Une belle réussite.

Juliette

Un film de Lora D’Addazio

Cast : Sarah Lefèvre, Sarah Messens, Eve Lousa Oppo

Scénario : Lora D’Addazio

Montage : Lora D’Addizio

Musique : Nicolas Grombeer

D.O.P. : Lora D’addazio

Version : Fr. O.V., Eng. st

2016 / 6 min. 37 / Belgique

Contact : info.adifac@gmail.com

Juliette se retrouve malheureusement dans la même voiture que deux filles super provocantes qui ne prêtent aucune attention à la route.

Gratuitement vulgaire dès son entame, ce film d’animation laisse augurer le pire avant de se muer en ensemble onirique et traumatique de haute volée. Avec un peu plus d’inspiration pour les dialogues, gageons que le tout aurait mérité une étoile de plus.

This is how I disappear

Un film de Domien Huyghe

Cast : Violet Braeckman, Gilda de Bal, Jaela Cole, Sam Bogaerts
Scénario : Domien Huyghe

Montage : David Verdurme

Musique : Bart van Lierde

D.O.P. : Jurgen Willocx

Version : Ned. O.V., Eng. st

2016 / 16 min. 53 / Belgique

Contact : submission@cut-up.tv

Donner sa vie en acceptant l’euthanasie obligatoire à 65 ans est considéré comme un acte de solidarité ; Ella et Fien deviennent pourtant amis en attendant la fin…

Particulièrement bavard et sans véritable consistance, ce court semble... très long. Cette histoire d’amitié inter-générationnelle ne tient pas vraiment la route et l’embardée semble inévitable dès les premiers instants.

Patient Zéro

Un film de Lars Damoiseaux

Cast : Brenda Bertin, Charlotte Anne Bongaerts, Johan Dekeyser, Annick Christiaens, Adil El Arbi, Sieber Marly

Scénario : Lars Damoiseaux & Eveline Hagenbeek

Music : Nico Renson

Version : Eng. & Pol. O.V., Eng. st

2016 / 3 min. / Belgique

Contact : Vicky@ateamproductions.be

Une expérience de rajeunissement esthétique dans un hôpital polonais tourne au plus mal…

Ou comment le premier contaminé d’une invasion zombiesque agirait. Cette oeuvre presque biographique s’avère être rythmée au possible, punchy grâce à sa bande originale et complètement folle en matière de gore. Un régal.

Downside Up

Un film de Peter Ghesquiere

Cast : Tineke Van Haute, Peter Janssens, Nico Sturm, Helene De Vos, Milo Huyghebaert

Scénario : Peter Ghesquiere, Nicolas Daenens, Jochen Decostere & Kobe Van Steenberghe

Montage : Jochen Decostere, Toon Mertens & Kobe Van Steenberghe

Musique : Hannes De Maeyer

D.O.P. : Robrecht Heyvaert

SFX : Hans Lettany

Version : Ned. O.V., Fr. st

2016 / 15 min. / Belgique

Contact : Vicky@ateamproductions.be

Un monde où tous sont trisomiques et y vient « au monde » Eric, un garcon « différent » !

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LA bonne idée de la séance ou l’inversion des rôles qui nous fait d’emblée nous sentir différents. Cela aurait sans conteste pu être un chef-d’oeuvre mais la mise en avant un peu trop forcée sur les difficultés des personnes handicapées sous le prétexte de l’humour nous a un peu dérangés. Mais l’idée est là, c’est un fait !

Spooked

Un film de Emma Spook & Gil Gloom

Cast : David Mora, Leslie Mahler, David Zella, Yvan Delatour, Héloïse Lecouvey

Scénario : Emma Spook & Gil Gloom

Montage : Pauline Vergne & Fred Cavender

Musique : Karél Psota & Punish Yourself

D.O.P. : Thomas Pantalacci

SFX : Jean-Christophe Spadaccini

Version : Eng. O.V., Fr. st

2016 / 11 min. / Belgique/France

Contact : spook.gloom@gmail.com

La rencontre entre une famille américaine pro-Trump et un démon ancestral nommé Darken…

Autre gros moment de délire, ce Spooked où le grand méchant Darken s’en prend plein la tronche par une galerie de personnages d’habitude victimes idéales est un mets de choix. Cette inversion des rôles - encore une ! - recèle nombre de punchlines savoureuses et aurait même mérité de finir dans notre top si le costume de Darken avait été un peu plus travaillé.

(Article rédigé par Quentin Meignant)

BIFFF ON STREAM - Late Shift

Benoît Levenkron (ou pour le film en lui-même)

Une œuvre interactive ne peut être évaluée à mon sens, surtout en festival. Je pense que personne n’a rien compris au film, mais si c’est le cas faites-moi signe, car il ne présente vraiment aucun intérêt, hormis celui de nous avoir fait passer une des séances les plus agréables, depuis cet adorable film Cubain "Ferozzz" et son fameux "petit chien".

BIFFF 2017 - Le Top 5 des chroniqueurs

Le BIFFF s’est terminé hier et, le temps de se remettre de leurs émotions (qui, comme chaque année, étaient intenses), les chroniqueurs de CinémaFantastique vous ont concocté leur petit top 5 avec une pointe de nostalgie.

Quentin Meignant

1. Headshot

2. Safe Neighborhood

3. Small Town Killers

4. Swiss Army Man

5. Tunnel

Damien Taymans

1. Safe Neighborhood

2. At the End of the Tunnel

3. The Limehouse Golem

4. A Dark Song

5. Tunnel

Alan Deprez

1. At the End of the Tunnel

2. Antiporno

3. Small Town Killers

4. Under the Shadow

5. Headshot

Sébastien Brunclair

1. Swiss Army Man

2. Safe Neighborhood

3. The Limehouse Golem

4. A Dark Song

5. Small Town Killers

Mention spéciale à The White King, une très bonne surprise inexplicablement huée en fin de projection.

Samuel Tubez

1. Psycho Raman

2. Safe Neighborhood

3. Under the Shadow

4. Small Town Killers

5. Free Fire

Benoît Levenkron

1. Safe Neighborhood

2. Replace

3. Come and find me

4. Director’s Cut

5. Mon Ange

BIFFF 2017 - Face Painting (photos)

Grande nouvelle : notre bon Raymond Widawski a repris du collier et a commencé à mitrailler à tout-va dans les travée du Bozar. Histoire de débuter en beauté, voici son regard sur le Face Painting.

BIFFF 2017 - Quelques animations en photo

Quand vous vous promenez dans les allées du Bozar durant le BIFFF, il n’est pas rare de tomber sur quelques créatures étranges. Raymond Widawski est parti à leur poursuite.

BIFFF 2017 - Photos du Body Painting

Le Body Painting et sa compétition avaient lieu dimanche et notre Raymond Widawski national était bien entendu de la partie pour capturer ces corps en exposition.

BIFFF 2017 - Le retour du Face Painting par Raymond Widawski (photos)

Il n’est jamais très loin notre Raymond lorsqu’il s’agit de trouver des clichés originaux. Voici donc sa nouvelle fournée, dédiée au Face Painting.

BIFFF 2017 - Le palmarès complet

Le jury International (Christina Lindberg, Mar Targarona, Macarena Gomez, Axelle Carolyn et Euzhan Palcy) a décidé de récompenser les films suivants :

Mention spéciale pour Vanishing Time : A Boy who returned de Tae-hwa Um

Corbeau d’Argent : We Go On de Jesse Holland et Andy Mitton

Corbeau d’Argent : The Mermaid de Stephen Chow

Corbeau d’Or : Safe Neighborhood de Chris Peckover

Le jury Européen (Khadija Leclère, Anne-Laure Guégan, Martin Vachiéry, Riton Liebman, Jean-Jacques Rausin, Sylvain Goldberg) a décidé de remettre :

le Méliès d’Argent à Small Town Killers d’Ole Bornedal
une mention spéciale à Orbiter 9 d’Hatem Khraiche

Le jury Thriller (Kody Kim, Jacques De Pierpont et Patrick Raynal) a décidé de récompenser :

Prix du meilleur thriller : At the End of the Tunnel de Rodrigo Grande

Le jury 7e Parallèle (Lucile Poulain, Bénédicte Philippon, Xavier Seron, Aaron Christensen) a décidé de récompenser :

Swiss Army Man de Dan Kwan et Daniel Scheinert ;
une mention spéciale à Saving Sally d’Avid Liongoren

Le prix de la Critique (David Hainaut, Marc Bussens et Olivier Clinckart) récompense :

The Tunnel de Seong-hun Kim

Le prix du Public (Pégase) est décerné à :

The autopsy of Jane Doe d’Andre Ovredal

Courts-métrages belges :

Grand Prix : Spooked d’Emma Spook et Gil Gloom

Méliès d’Argent : Siyah Cember (Hasan Can Dagli)

Prix BeTV : Spooked d’Emma Spook et Gil Gloom

Prix SABAM : Downside Up de Peter Ghesquière

Prix RTBF (La Trois) : Nimmer de Lieven Vanhove

Prix FEDEX : Spooked d’Emma Spook et Gil Gloom

Prix Jeunesse : Downside Up de Peter Ghesquière

BIFFF 2017 - Photos de la ZomBIFFF Parade

Un peu moins d’une semaine après la fin des festivités, le BIFFF 2017 est toujours bien présent dans l’esprit de chacun des membres de la rédaction. Notre bon Raymond Widawski vient ainsi de nous envoyer une nouvelle fournée de photos sorties de la célèbre ZomBIFFF Parade qui, cette année encore, a drainé pas mal de monde malgré des conditions météorologiques peu clémentes.

BIFFF 2017 - Récapitula’BIFFF en photos

Notre Raymond a toujours l’oeil pour dénicher le bon cliché. Nous vous proposons donc une synthèse de ses photos, histoire de vous replonger une dernière fois dans l’ambiance des diverses activités offertes par le festival.

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