BIFFF 2016

BIFFF 2016 - Green Room, la confirmation de Saulnier

Auteur d’une très belle percée à l’internationale avec Blue Ruin , son second long-métrage, Jeremy Saulnier est désormais perçu comme un réalisateur confirmé par les amateurs de cinéma de genre. Tel a été le cas hier soir au BIFFF, où sa nouvelle création, Green Room, remplissait la salle Ciné 1 et dégageait une ambiance toute particulière, entre tension et impatience.

Il faut dire que le pitch a de quoi éveiller la curiosité, puisque ce qui est présenté comme un thriller met aux prises un groupe de punks non-violents à une petite armée de skinheads, organisés et aidés par des chiens féroces. Invité par l’entremise d’un loser de première dans un concert skin, les musicos pacifistes débarquent sur scène et allument les crânes rasés. Quelques volées de crachats et de canettes plus loin, ils font une macabre découverte : un meurtre a été commis dans les coulisses. Ils sont alors enfermés par les fachos histoire que l’affaire ne s’ébruite pas, d’autant que les sous-sols du bâtiment renferment un secret aussi rentable que dangereux.

Présenté comme ceci, Green Room a donc tout du film de prise d’otages classique, du huis clos facile. Il n’en est pourtant rien, Jeremy Saulnier parvenant à instiller une atmosphère toute particulière dès les premiers instants, grâce à une caractérisation parfaite de ses principaux personnages, protagonistes un peu paumés dans un univers mystérieux qu’ils ne connaissent guère. Cette découverte de l’autre et de sa culture prend forcément un tour particulier lorsque la découverte de l’homicide a lieu, celui-ci décuplant une ambiance déjà lourde et délétère et confirmant "l’esprit bagarre".

La tournure des événements amène forcément à un affrontement d’une tension de chaque instant, qui s’inscrit d’emblée dans le sillage des films de guerre, alliant stratégie et scènes d’horreur aussi humaines que viscérales. Les effusions sanguinolentes - du plus bel effet grâce à un magnifique travail sur les effets spéciaux de maquillage - sont légion mais ne servent pourtant qu’à renforcer le schéma particulièrement destructeur d’une guerre des nerfs totalement stratégique. L’émergence de deux véritables tueurs à l’instinct primaire dans la dernière partie vient parachever cette réussite de tous les instants qu’est Green Room.

Quentin Meignant

BIFFF 2016 - Retour gagnant pour Anders Thomas Jensen

On l’attendait depuis 2005 et son fabuleux Adam’s Apple, multi-primé au gré des festivals, le retour d’ Anders Thomas Jensen s’est opéré sur les écrans du BIFFF dans la soirée d’hier en guise de seconde séance d’ouverture du festival. Loin d’être inactif durant ces dernières années - l’homme a signé de nombreux scénarii, dont notamment ceux de The Salvation et Love is All You Need -, le metteur en scène danois revient avec son petit dernier, Men & Chicken.

L’œuvre suit deux frères pas gâtés par la nature qui voient leur paternel décéder. La vision d’une cassette vidéo posthume leur apprend que leur père n’était pas leur géniteur. Bien décidés à rencontrer leur père biologique, ils décident de se rendre sur l’île d’Ork, peuplée de 41 habitants - seuil limite pour encore être considéré comme un véritable village -. Ils y découvrent leur grande famille constituée de frères complètement barrés vivant en marge de la communauté. Le sanatorium où est installée la fratrie cache pas mal de secrets, tous plus dingues les uns que les autres.

Sur base de ce pitch d’enfer, Anders Thomas Jensen n’éprouve aucune difficulté à créer ce qu’il fait de mieux : une galerie de personnages totalement barrés, des situations rocambolesques au possible et, surtout, une bonne humeur de tous les instants malgré des sujets qui pourraient "fâcher" tels que l’inceste ou encore la zoophilie.

Ce dernier sujet prend d’ailleurs une place prépondérante dans le récit de Jensen, la chose étant pénalement punie depuis seulement deux gros mois par les instances judiciaires danoises. Pris avec légèreté, cet attrait pour les animaux prend un tour tout particulier dans le final du métrage laissant place à un dénouement assez inattendu et mettant dans le mille au niveau des émotions.

Complètement dingue dans sa première partie, notamment grâce au retour des acteurs fétiches de Jensen et à une caractérisation parfaite de personnages évoluant de manière loufoque au gré de situation souvent absurdes, Men & Chicken revêt donc au fil de son déroulement un aspect bien plus touchant et réfléchi qui transforme littéralement l’ensemble. La maestria narrative du metteur en scène danois semble ne pas connaitre de limites et Men & Chicken rejoint donc le panthéon des belles réussites qu’étaient déjà Les Bouchers Verts et Adam’s Apple .

Quentin Meignant

BIFFF 2016 - Grace Phipps, future égérie du genre

Si les filles sont déjà très jolies dans les travées de BOZAR, force est de constater que, bien souvent, elles le sont aussi sur les grands écrans du BIFFF, au sein d’œuvres parfois bonnes, parfois complètement nullissimes.

Ainsi, hier, la magnifique Grace Phipps a fait son apparition au sein du ratage Some Kind of Hate d’Adam Egypt Mortimer (ces propos n’impliquent que Quentin Meignant-ndr). L’œuvre en elle-même n’était pas très recommandable, s’escrimant à reprendre les ingrédients de grands classiques du genre et faisant preuve d’une prévisibilité à toute épreuve. En conséquence, Grace Phipps et son joli minois deviennent vite le seul centre d’attention du spectateur.
Et, à ce titre, la belle joue largement de ses charmes, souriant plus qu’à son tour et offrant ses courbes - malheureusement sous-utilisées - au metteur en scène. Sexy au possible, la demoiselle n’est déjà plus une inconnue pour les amateurs de genre puisque son premier rôle sur grand écran date du remake de Fright Night en 2011. Depuis, la belle a participé aux séries The Nine Lives of Chloe King, Vampire Diaries et Supernatural, proposant son physique avantageux aux accros du petit écran. Son retour dans le Septième Art a été opéré l’an dernier dans Dark Summer, juste avant qu’elle ne prenne part au tournage de Some Kind of Hate.

Si cette participation à un ratage intégral (bon, Quentin, on a compris !-ndr) ne devrait pas marquer sa filmographie, elle marquera à coup sûr les esprits au moment où sa carrière décolle avec des participations à Tales of Halloween et à la très attendue série Scream Queens. Grace Phipps, la Tiffany Shepis de demain ?

BIFFF 2016 - Belle de clôture

Belle réussite à mettre à l’actif de de Karyn Kusama - ce qui nous change de l’infâme Jennifer’s Body -, The Invitation brille autant par sa dernière partie, justificatif parfaite à un déroulement fait de dialogues, que par son casting.

Incarnant à la perfection les personnages sortis de l’esprit de Phil Hay, Matt Manfredi et Kusama elle-même, les acteurs et actrices réussissent un véritable tour de force, conférant à eux seuls une âme à chacun des protagonistes. Parmi ces interprètes, la très mignonne Michelle Krusiec excelle dans un rôle plutôt en retrait et son physique très avantageux fait le reste.

Son personnage, Gina, semble être l’une des pierres angulaires du groupe qui, par sa bonne humeur et sa sensualité, attire les regards sans se montrer prolixe pour autant. Le doux regard de l’actrice et ses mimiques particulièrement sexy permettent donc de faire de ce personnage de second plan l’un des centres d’attention des spectateurs, éclipsant même la prestation de certains acteurs principaux. Son funeste destin, qui aurait pu passer inaperçu vu la tournure des événements, n’en est alors que plus touchant.

Michelle Krusiec ne peut pour l’instant se targuer d’une carrière d’envergure au cinéma. Agée de 40 ans déjà, l’actrice a surtout pu compter sur l’intérêt des producteurs et casteurs télévisuels, ayant notamment participé aux séries Les Experts, Nice Girls Crew ou encore Hôpital Central, où elle a incarné le personnage de Grace Yang. Ses incursions dans le Septième Art se résumaient jusqu’alors à des apparitions dans des œuvres telles que Dumb & Dumberer, Jackpot ou École Paternelle. Gageons que son impeccable interprétation dans The Invitation, à n’en point douter l’œuvre la plus marquante de la filmographie de Karyn Kusama, devrait rapidement lui ouvrir les portes d’autres belles aventures. Elle le mérite bien...

BIFFF 2016 - Le BIFFF, la vie quoi !

Que 2016 soit parfait !

Il y a une paire de semaines de cela, la rédaction du texte d’introduction à ce BIFFF 2016 ne m’avait pas pris beaucoup de temps (voir ci-dessous en italique), le coeur parlant, la déclaration d’amour au festival bruxellois étant établie depuis longtemps dans mon inconscient.

Dire aujourd’hui que 2016 sera une réussite, que l’année sera pleine de bonheur grâce à cette nouvelle édition du festival le plus incontournable de l’année, est totalement indécent et surtout faux. 2016 restera quoi qu’il arrive une année tragique, un moment noir de l’Histoire belge et internationale.

Mais voilà, puisqu’il faut vivre, vivons ! A l’heure où les fous d’Allah et autres extrémistes de tout bord tentent de nous priver de nos libertés individuelles et collectives les plus fondamentales, la bonne tenue du festival est d’une importance capitale. Cesser de croire en un futur où l’on peut librement se rendre dans des salles pour découvrir des péloches irrévérencieuses, où l’on peut se rassembler autour d’un idéal commun ou, simplement, autour d’un verre, c’est arrêter sur le champ de vivre.

Le BIFFF aura lieu tout simplement parce qu’il n’a pas le choix : tirer un trait sur un événement qui draine des milliers de spectateurs constituerait une première insulte au devoir de mémoire que l’on se doit d’appliquer envers les innocentes victimes de ce funeste 22 mars. La barbarie n’a pas sa place chez nous et encore moins dans le domaine des Arts, quels qu’ils soient.

Comme je le disais dans l’article ci-dessous, le BIFFF, c’est la vie, l’événement incontournable d’une année pour de nombreuses personnes, dont peut-être certaines ont cessé de vivre le 22 mars dernier. Le respect, l’envie de conserver nos libertés et, surtout, de vivre des heures meilleures ne peut que l’emporter. Faisons-le tous ensemble pour nous mais aussi pour nos disparus. Gloire à la vie, gloire au BIFFF !

ANCIENNE INTRODUCTION :

Le BIFFF... Cela fait désormais des années que l’on vous rabat les oreilles avec ce Festival bruxellois, belge jusqu’au bout des ongles et ô combien réjouissant. Prônant les valeurs de l’événement, particulièrement humaines, presque familiales malgré la grosse machine que tout cela représente, nous en avons presque oublié de vous parler de nous, de notre ressenti personnel. Aussi cet article sera-t-il à partir de maintenant écrit à la première personne.

Le BIFFF... Quatre petites lettres qui peuvent changer une vie ou, à tout le moins la vision que l’on a de celle-ci. Certains attendent le carnaval de Binche, d’autres Tomorrowland, mais moi, je n’ai pas peur de le dire, j’attends chaque année mon BIFFF tel un phare dans la nuit.

Ses lumières dardent à longueur d’année sur la vision que j’ai de mon existence, sur ce grain de folie souvent absent du quotidien et qui prend tout son sens à la seul écoute des répliques de mes camarades Bifffeurs. LA POOOORTE ! Elle est trop souvent fermée en matière d’amusement dans nos petites vies cloisonnées et étriquées où métro-boulot-dodo rime souvent avec attente-ennui-fardeau. Le BIFFF, c’est l’immédiateté, c’est un peu le bonheur instantané. Celui de serrer la pince aux connaissances, de claquer la bise aux copains, de partager sa Troll en refaisant le monde.

Le premier pied posé sur l’esplanade du Mont des Arts, à deux pas des Bozar, endroit où se tient le festival est déjà souvent palpitant, plein de question. A quelle sauce vais-je être mangé cette année ? Combien de moments de plaisir vais-je vivre durant la dizaine de jour du festival ? Combien d’instants complices seront partagés avec les compères habituels ?

Toutes ces questions ont déjà une réponse : Charles me fera toujours autant rire, Sacha jouera sans doute du canif, un peu comme Monsieur Ouille lors de la projection des Visiteurs 3, Beige rougira sans doute en entend les vannes graveleuses provenant de la voix rauque de la fille du BIFFF, Damien remettra de l’ordre dans mes idées quand, un soir de fête, j’aurai un peu trop abusé de la Troll, Jonathan excellera toujours aux commandes du service presse et peut-être même que mon bon Seb Lecocq me fera le plaisir d’un passage express, lui à qui le BIFFF manque tant.

Je ne sais d’ailleurs pas comment il fait, Seb. Cela doit être difficile de se dire que la meilleure période de l’année a lieu sans soi. Je pense que je ne saurais pas : le BIFFF, c’est pile treize jours où il est impossible de faire autre chose. Je laisse femme et enfant derrière moi, non sans un petit pincement au coeur, mais en me disant qu’en revenant, je serai encore un meilleur homme, un gars accompli qui a vécu le moment de bonheur nécessaire à son équilibre annuel.

Le BIFFF... Il n’en faut pas plus pour être heureux. Treize petits jours qui compensent les probables frustrations de toute une année. Je l’aime ce BIFFF et, donc, je l’aime cette année 2016.

Quentin Meignant

BIFFF 2016 - The Wave, Roar Uthaug fait des vagues !

Le réalisateur de Cold Prey de retour à son meilleur niveau !

Bel événement du BIFFF hier soir sur le coup de 18h30 en salle Ciné 1, la projection de The Wave, aka Bolgen, était surtout l’occasion pour les biffeurs de constater à quel point la Scandinavie était toujours un vivier riche en talents et n’avait pas perdu de son aura.

Ancien fer de lance de ce qui fut quelques temps considéré comme l’eldorado du cinéma de genre européen par le reste du monde, Roar Uthaug, l’auteur de l’excellent Cold Prey, a vécu quelques années difficiles, ce qui est très symptomatique des cinéastes scandinaves, happés par de grosses productions du style de Dagmar.

Il était donc temps de remettre l’église au milieu du village - ou, pour le coup, l’hôtel au milieu des montagnes - pour un cinéaste talentueux qui a donc décidé de livrer ni plus ni moins qu’un film de catastrophe naturelle en guise de retour. The Wave, comme son nom l’indique, traite d’une vague immense provoquée par l’effondrement spectaculaire d’une montagne norvégienne. Le personnage principal, un géologue merveilleusement campé par Kristoffer Joner, vu il y a peu dans l’oscarisé The Revenant, s’y voit contraint de sauver sa famille.

Bénéficiant de l’apport incroyable de cet acteur principal, Roar Uthaug mise aussi sur quelques seconds couteaux drôlement affutés du cinéma norvégien, tout en donnant lieu non seulement à un film bardé d’action et de tension, mais aussi au développement d’une magnifique photographie permettant aux spectateurs de se repaître de décors impressionnants.

Sorte de mélange entre The Impossible et le côté minéral de Délivrance, The Wave est une course contre la montre brillante, avant de se muer en course contre la mort très plaisante. Si, à force de bons sentiments, le métrage rate de peu le statut d’œuvre incontournable, les organisateurs du BIFFF ont fait bonne pioche en donnant une nouvelle chance à un cinéma scandinave que l’on espère sur le retour.

Quentin Meignant

BIFFF 2016 - Retribution, pression bancaire sans limite

Premier long-métrage de feu pour Dani de la Torre !

Auréolé d’une sacrée réputation après un véritable triomphe aux Goya Awards (meilleur montage, meilleur son), Retribution, aka El Desconocido, premier long-métrage de Dani de la Torre (sacré pour cela comme le nouveau débutant par le cercle des scénaristes ibères), était attendu de pied ferme au BIFFF hier soir.

Plein de promesses, ce thriller fait désormais sans conteste partie des favoris pour l’obtention d’une récompense dans sa catégorie. Le métrage suit Carlos, un banquier aux pratiques peu scrupuleuses, qui prend place dans sa voiture avec ses enfants juste avant qu’un inconnu ne l’appelle. Ce dernier affirme qu’une bombe est placée sous chacun des sièges. Croyant à une mauvaise blague, Carlos se rend vite compte que l’individu dit vrai et que lui et ses enfants vont vivre la journée la plus mouvementée de leur existence.

Entrant clairement dans la veine du thriller espagnol qui, ces dernières années, a livré quelques uns des plus beaux efforts du genre, Retribution se la joue clairement à l’américaine, avec une action et une tension de tous les instants, tandis que s’égrainent les quelques éléments d’une intrigue mystérieuse.

Survitaminé, le métrage offre aux spectateurs un spectacle de tous les instant tout en développant l’ambiance d’un huis-clos en pleine ville. Incapables de sortir de leur véhicule, les personnages principaux évoluent, physiquement et mentalement, vers un état de chaos quasi total, tandis que le machiavélisme du scénario fait mouche. Campés par d’excellents interprètes - avec l’exceptionnel Luis Tosar en héros et figure de proue -, les protagonistes ne peuvent que susciter l’empathie du public, alors que l’ennemi - très longtemps invisible - distille ses ordres. Une fois ce dernier démasqué, l’action ne s’arrête pas pour autant, donnant même lieu à une petite critique des pratiques de certains "puissants" et faisant écho à la crise économique qui a frappé l’Espagne de plein fouet.

Intelligent et haletant, Retribution est un thriller comme on en voit peu et qui, au fil de son développement, parvient à garder une certaine "fraîcheur" en vue d’un final spectaculaire. Un must-see indéniable et un grand favori pour l’obtention d’une récompense amplement méritée en fin de festival.

Quentin Meignant

BIFFF 2016 - Absolutely Anything, la comédie de l’année ?

Le génie comique de Simon Pegg une nouvelle fois mis en avant !

S’il est unacteur contemporain chéri de nombre de bifffeurs, il s’agit sans conteste de Simon Pegg qui, en plus d’avoir crié à de nombreuses reprises son amour pour le cinéma de genre, régale plus qu’à son tour de ses mimiques au sein d’œuvres souvent incontournables.

Absolutely Anything fait sans aucun doute partie de cette race de films qui laissera une trace indélébile - positive ou non - dans l’inconscient des spectateurs (dont ceux du BIFFF), qui ont eu l’occasion de le découvrir hier. Le pitch du film du Monty Python Terry Jones est on ne peut plus simple : Neil, écrivain loser amoureux (en vain) de sa voisine et prof à ses heures (perdues), est un humain comme un autre, qui reçoit du jour au lendemain un pouvoir suprême répondant à tous ses désirs. Celui-ci est le fait d’extraterrestres qui lorgnent sur la Terre dans le but de la détruire, mais offrent une chance à l’humanité de se sauver si Neil décide de faire le bien avec ses pouvoirs. Autant dire que cela n’est pas gagné !

Un Monty Python aux commandes d’une oeuvre mettant en scène Simon Pegg, autant dire que la chose ne faisait aucun doute : Absolutely Anything ne pouvait verser que dans la franche rigolade, voire dans le délire le plus dingue. Et c’est justement ce qui fait la force d’une œuvre dont l’humour, qui aurait pu être distillé tout en finesse à la mode british, prend vite un tour potache, allant même jusqu’à être digne des déconnades de l’époque de Chabat & cie aux commandes de Didier.

Non seulement Absolutely Anything parvient à assurer la facette SF de son ensemble en donnant vie à des créatures extraterrestres dignes des Muppets, mais en plus, le métrage recèle un nombre de scènes loufoques à peine croyable, ne laissant d’ailleurs aucun répit au spectateur, qui ne peut que s’étouffer entre deux rires. Le public du BIFFF ne s’y est pas trompé et il serait fort étonnant de ne pas retrouver l’œuvre dans le trio final choisi par les abonnés en vue du Prix Pégase.

Un Simon Pegg des grands jours, un scénario déluré et des délires sans limite ; Absolutely Anything pourrait au final bien être LA comédie incontournable de l’année.

Quentin Meignant

BIFFF 2016 - Courtney Paige Theroux, le cri du festival ?

Suspension a fait la part belle aux jeunettes...

Si, à la fin de la projection de Suspension, qui se profilait comme un slasher très efficace pendant une bonne partie de son déroulement, le biffeur lambda aura sans aucun doute relevé les nombreuses erreurs et aura la sensation certaine d’avoir été pris pour un con, les quelques belles jeunes filles présentes au sein du film leur auront fait oublier cette déconvenue.

Alors qu’il est impossible de passer sous silence la belle prestation de la jeune Ellen MacNevin sous les traits d’Emily, le personnage principal particulièrement torturé, il est temps que CinémaFantastique remette aussi un award : celui du meilleur cri.

Et il revient à Courtney Paige Theroux, blondasse de base du collège qui, pour le coup, excelle dans un rôle de scream queen. Dans le rôle de l’insupportable Theresa, l’actrice passe son temps à vociférer de haine, avant que le tueur ne mette fin à ses jours à grands coups de hache. Sa lutte pour la survie, couplée à son halètement et à un hurlement final du plus bel effet, en font sans aucun doute l’une des suppliciées les plus en vue de ce BIFFF 2016.

Gageons que Courtney Paige Theroux n’en est pas à son dernier rôle du genre, même si la jeune femme a débuté au théâtre et chérit encore aujourd’hui les planches. Le rôle de scream queen lui va si bien, qu’il serait dommage qu’elle s’arrête là...

BIFFF ON STREAM - The Invitation

Quentin Meignant

Karyn Kusama a beau poser les balises de son final pendant presque tout le déroulement de The Invitation, ce thriller de très bonne facture visuelle recèle néanmoins pas mal de surprises. La dernière partie, extrêmement poignante et rythmée, donne tout son sens à l’ensemble.

Samuël Tubez

L’acceptation du deuil est le véritable sujet de ce thriller psychologique, qui prend un malin plaisir à emmener le spectateur sur de fausses pistes (quoique). Habile et solidement interprété.

BIFFF ON STREAM - My Big Night

Samuël Tubez

L’envers du show-biz et de l’entertainment télévisé par notre espagnol préféré. Pour le coup, on n’est pas du tout dans le fantastique, mais dans le satirique qui tape juste où il faut. Plaisant.

Quentin Meignant

Une comédie fort proche de l’univers du vaudeville qui ne vaut que par la prestation plutôt sympa des acteurs. Mais où est passé le véritable de la Iglesia ?

Alan Deprez

Le dernier Alex de la Iglesia plonge dans les coulisses d’une émission de télé grand public, pour en dévoiler les facettes les plus absurdes et méprisables (caprices de stars, artificialité généralisée, ...). C’est souvent drôle et grinçant (la satire règne), mais monté sur un rythme tellement échevelé que ça en devient usant...

BIFFF ON STREAM - Some Kind of Hate

Alan Deprez

Some Kind of Hate est un excellent exemple de slasher surnaturel, un genre que l’on n’est plus habitué à admirer sur grand écran. Il s’attache à une bande de teenagers en camp de redressement, peu à peu décimés par une mystérieuse revenante. Ronen Rubinstein (Lincoln, le personnage principal) porte le film sur ses épaules avec une belle intensité.

Quentin Meignant

Un slasher qui ressemble à s’y méprendre à un (très mauvais) film de fantômes. Pire, Adam Egypt Mortimer ne parvient pas à manier la caméra et à mettre en valeur un casting pourtant très sexy. Le reste n’est que reprise et détournement de grands classiques du genre en mode fauché...

Damien Taymans

Dans la vie, faut slasher paraît-il... Adam Egypt Mortimer aurait mieux fait de s’abstenir tant cette pellicule recycle les poncifs habituels et s’appuie sur une brochette de personnages plutôt fadasses.

BIFFF ON STREAM - Extinction

Quentin Meignant

Une œuvre très (trop) classique, qui souffre de quelques approximations visuelles dès ses prémices avant de virer au huis clos. Plutôt bien fichu, mais déjà vu à maintes reprises, le film s’avère être assez long au final.

Alan Deprez

Un post-apo en mode intimiste, poignant et suscitant une réelle implication émotionnelle chez les spectateurs. Pour ne rien gâcher, l’interprétation de Matthew Fox (rescapé de la série Lost) est au top, à l’image du look des infectés (très réussi et rappelant la dégaine des vampires du Blade II de Guillermo del Toro). Miguel Ángel Vivas - l’homme derrière Kidnappés, récompensé du prix du Thriller au BIFFF 2011 - est plus que jamais un nom à retenir.

BIFFF ON STREAM - Southbound

Quentin Meignant

Un film à sketches assez original, mais malheureusement parfois incompréhensible. Mention spéciale au design des créatures et à la scène de l’hôpital, littéralement flippante.

Seb Brunclair

La voilà enfin, LA grosse claque du festival ! Film à sketches gore, malsain et captivant de bout en bout, Southbound s’impose comme une nouvelle référence du genre, tout simplement.

Alan Deprez

Inconstant, comme nombre de films à sketches, Southbound (concocté par une poignée de cinéastes à l’œuvre sur l’anthologie V/H/S) n’en est pas moins d’une excellente tenue. L’ensemble est très convaincant et habile pour provoquer l’effroi - lorsque ce n’est pas un sentiment de malaise - avec une mention spéciale pour le segment tétanisant de David Bruckner, qui se déroule dans un hôpital délaissé par le personnel soignant.

Damien Taymans

Southbound est un film à sketches comme on aimerait en voir des dizaines : une prodigieuse exploration de l’épouvante, qui tient la route scénaristiquement et nous plonge dans un véritable cauchemar éveillé.

BIFFF ON STREAM - Blood on Méliès’ Moon

Alan Deprez

Farouchement inclassable, Blood on Méliès’ Moon est une sorte de documenteur (mockumentary) s’articulant autour d’un tronc historique passionnant (l’invention du cinéma, peut-être faussement attribuée aux frères Lumière) et dynamité par une narration bancale mais foisonnante (occultisme, dimensions parallèles, ...). À l’écran, le résultat est pour le moins curieux, entre mauvais goût assumé (CGI croquignolets) et "ego trip".

Quentin Meignant

Un ego-trip à l’intrigue incertaine et détestable, visuellement vomitif. La RAI devait produire ça dans les 60’s... mais en mieux !

Samuël Tubez

Entre carnet de voyage, extraits de films, rencontre avec des spécialistes (qui n’ont pas grand chose à dire) et voyage inter-dimensionnel, un docu-fiction embarrassant et incompréhensible où Cozzi se met lui-même en scène. On l’aime bien le bougre, mais il aurait peut-être mieux fait de rester à la retraite !

BIFFF ON STREAM - The Beauty Inside

Seb Brunclair

On s’attendait à s’ennuyer ferme, on se retrouve au final avec une comédie romantico-fantastique extrêmement attachante et inventive, qui déjoue les pièges inhérents au genre avec une étonnante dextérité, jusqu’à un final réjouissant mais tiré en longueur.

Quentin Meignant

Une comédie romantique du plus bel effet, qui étale d’emblée son seul argument fantastique et semble venir à bout de celui-ci en quelques minutes. C’est se fourrer le doigt dans l’œil, tant les comédiens et l’intrigue brillent par la suite.

Damien Taymans

The Beauty Inside n’est rien d’autre qu’une immense gerbe composée de fleurs bleues, un bouquet de roses amputées de leurs épines. Une romance totalement inoffensive, qui pousse le vice jusqu’à frôler quelque questionnements métaphysiques, sans jamais oser s’aventurer un tant soit peu dans le domaine. La concernant, on est en droit de se demander si la beauté est vraiment intérieure...

BIFFF ON STREAM - Deathgasm

Alan Deprez

Une comédie néo-zélandaise hilarante, qui joue intelligemment avec l’imagerie et les fétiches de la culture black metal. Par contre, c’est évident que ça parlera surtout aux fanboys coutumiers de cet univers, même si l’humour potache et le gore contenteront les autres.

Quentin Meignant

Des métalleux qui réveillent l’esprit d’une entité démoniaque et ouvrent la porte des enfers sur leur petite ville : l’idée avait de la gueule. Mais avoir de la gueule ne suffit pas : malgré une première partie où la caractérisation brillante des personnages et les scènes cocasses s’enchaînent, le tout se complaît ensuite dans une indigence et une suffisance scénaristique rarement vue.

Damien Taymans

En terme de péloche horrifico-loufoque, la Nouvelle-Zélande a fourni bien plus inspiré et les hommages à Bad Taste montrent que ce cadet envie fortement quelques-uns de ses aînés. Passé une mise en place assez drôle, Deathgasm n’a plus grand chose à offrir, si ce n’est une foule d’effets gore et de gros clins d’œil à tendance libidineuse.

Samuël Tubez

Entre bis et z assumé, un délire métal généreusement drôle, gore et déviant.

BIFFF ON STREAM - Bloodsucking Bastards

Quentin Meignant

Un caractérisation parfaite des personnages, un humour un brin british assez fin et quelques scènes sanguinolentes du plus bel effet : Bloodsucking Bastards remplit largement sa part du contrat, malgré quelques moments arythmiques assez handicapants.

Damien Taymans

Une comédie vampirique décalée qui offre un discours acerbe sur la course à la compétitivité dans une entreprise composée de gros balourds.

BIFFF ON STREAM - Night of the Living Deb

Quentin Meignant

Ce petit "Shaun of the Dead du pauvre" ravit dans sa première partie par la caractérisation de ses personnages et quelques séquences cocasses. Malheureusement, tout n’est pas à l’avenant avec un gros ventre mou et un traitement tout ce qu’il y a de plus classique pour une rom-zom-com.

BIFFF ON STREAM - Hardcore Henry

Seb Brunclair

Après le jeu vidéo s’acharnant à ressembler à un film, voici le film s’acharnant à ressembler à un jeu vidéo. Le pari est tenu, mais on peine à saisir l’intérêt de l’entreprise.

BIFFF ON STREAM - I am a Hero

Quentin Meignant

Une adaptation parfaitement réussie d’un des meilleurs mangas de ces dernières années. Une caractérisation fine du personnage principal, de l’action à tout-va et un final échevelé qui vire à l’étalage festif et gore. Tout ce que Sushi Typhoon ne parvient pas à faire depuis des années résumé en un film...

Seb Brunclair

Quand les Japonais se la jouent Zombieland avec ce qu’il faut d’humour, de bons sentiments et de maîtrise formelle, ça donne I am a Hero, et c’est terriblement rafraîchissant, malgré de sacrées longueurs. Vite, une suite !

Samuël Tubez

L’adaptation est bonne et l’ensemble, parfois impressionnant et souvent gore, convient autant aux néophytes qu’aux amateurs de sensations fortes. En plus, ce Walking Dead condensé, l’humour en plus, comprend des zombies qui ont franchement de la gueule.

BIFFF ON STREAM - Assassination Classroom : The Graduation

Quentin Meignant

Une séquelle assez décevante qui ne parvient pas à s’appuyer sur l’excellente caractérisation des personnages du premier opus et qui, de surcroît, se contente de reprendre les quelques éléments incontournables de la franchise.

BIFFF ON STREAM - Assassination Classroom

Quentin Meignant

Une excellente adaptation d’un manga culte. Les personnages principaux sont précieux au sein de cette œuvre atypique, bénéficiant de surcroît de la folie - visuelle et comportementale - de sa créature. Un excellent moment...

Damien Taymans

Adapté d’un manga, Assassination est une comédie de SF par moment drolatique, par moment lourdingue, qui brasse beaucoup d’air pour peu de résultats.

BIFFF ON STREAM - ABC’s of Superheroes

Quentin Meignant

En l’état, cette chose, visuellement atroce et jamais drôle, aura bien du mal à revendiquer le statut de film. L’amateurisme en plein !

Alan Deprez

Mon cerveau ne répond plus et n’est pas à même d’attribuer une note à ce délire teuton parodiant - souvent lourdement - les films de superhéros. Je m’exprimerai donc par mots-clés : Z, cheap, potache, nudité, bas du front, plus ou moins drôle, Bai Ling (elle n’apparaît que très peu à l’écran, vu qu’elle n’était présente sur le tournage que l’espace de 2 heures !-ndr).

Samuël Tubez

Consternant. À faire passer n’importe quel Troma pour un chef-d’œuvre bergmanien.

Seb Brunclair

Après la projection d’une version incomplète et mal mixée de The Profane Exhibit voici deux ans, on pensait naïvement qu’on n’assisterait plus jamais à une aussi mauvaise blague au BIFFF. Puis est arrivé ABC’s of Superheroes...

Damien Taymans

C’était un film ?

BIFFF ON STREAM - Queen of Spades : The Dark Rite

Quentin Meignant

Une sorte "d’Ocu-russe" qui singe simplement le métrage de Mike Flanagan et n’arrive à rien. Classique tant dans son fond que dans sa forme, Queen of Spades s’étire sur son final histoire de mériter l’appellation de long-métrage. Une grosse demi-heure de trop.

Seb Brunclair

Un film d’horreur grand public qui pompe partout mais n’innove nulle part. Du Candyman par-ci, de l’Oculus par-là, et de l’ennui à tous les étages.

Damien Taymans

Extrêmement classique, Queen of Spades se pose comme une œuvrette horrifique conventionnelle, sans âme et comptant une bonne demi-heure de trop

BIFFF ON STREAM - The Priests

Quentin Meignant

Un ensemble extrêmement bavard et jamais surprenant, qui tente maladroitement de s’approprier les codes du film d’exorcisme. Totalement inintéressant.

Seb Brunclair

Ce ne sont visiblement pas les Coréens qui viendront sauver le film d’exorcisme, sous-genre qu’on aurait presque envie d’enterrer, vu la piètre qualité générale qui y règne depuis de trop nombreuses années.

Damien Taymans

Moins rebutant que le CD produit par TF1 mais tout de même pas très emballant. D’interminables tunnels de dialogues et puis, au final, une séquence d’exorcisme sans originalité.

BIFFF ON STREAM - Benavidez’s Case

Quentin Meignant

Une œuvre qui, de par son traitement, manque parfois d’intérêt, mais parvient néanmoins à développer une intrigue qui se tient, jusqu’à un twist final malheureusement attendu.

Seb Brunclair

Si on saluera l’originalité de la chose et les intentions on ne peut plus louables de sa réalisatrice, on peinera tout de même à garder toute son attention intacte jusqu’au final.

Damien Taymans

Une intéressante exploration de la psyché, un voyage dans les ténèbres de l’inconscient qui intrigue et obsède puis finit par lasser faute d’enjeux

BIFFF ON STREAM - When geek meets serial killer

Quentin Meignant

Une comédie souvent hilarante, qui pèche simplement par quelques longueurs, mais bénéficie surtout de l’apport de ses deux protagonistes principaux, parfaitement caractérisés. Une très belle surprise.

Samuël Tubez

Trop long pour ce qu’il a à raconter, When Geek meets Serial Killer est une comédie qui manque de rythme, mais propose de vrais bons moments nourris à l’humour noir et très efficacement interprétés. Un bon moment, malgré une certaine mollessee.

BIFFF ON STREAM - Howl

Quentin Meignant

Quelques séquences un brin sanguinolentes viennent sauver les meubles de cet aimable divertissement tout sauf original. Décidément faire un film de loups-garous qui sort du lot n’est pas chose aisée....

Alan Deprez

Film de loups-garous un peu bâclé et bien trop bavard, Howl évolue sur un rythme de sénateur et avec une tension quasi inexistante. Le design aléatoire des créatures n’est pas non plus de nature à faire passer la pilule. C’est fâcheux, car l’idée de situer la majorité de l’intrigue dans un train immobilisé en pleine cambrousse n’était pas mauvaise.

Samuël Tubez

Ça manque d’originalité, d’écriture, de rythme, d’intensité et de férocité dans ce petit film de loups-garous parfois involontairement ridicule. Mais les SFX à l’ancienne rendent le tout un poil attachant.

Damien Taymans

Paul Hyett livre une incursion lycanthropique très classique nantie de quelques effets spéciaux prosthétiques du plus bel acabit

BIFFF ON STREAM - Chronicles of the Ghostly Tribe

Quentin Meignant

Chronicles of the Ghostly Tribe a tout du blockbuster de base : des scènes d’action sympas, des grands coups de tatane, mais une arythmie très dommageable. La caractérisation fadasse des personnages nuit gravement à un ensemble qui paraît parfois sans âme...

Samuël Tubez

Un blockbuster plein de créatures en CGI, écrit et monté à la truelle. Sans intérêt.

BIFFF ON STREAM - The Piper

Alan Deprez

The Piper s’avance masqué, de la chronique rurale pittoresque à l’horreur sociale, avec un gros soupçon de cruauté. Dommage que tous les plans en CGI ne soient pas au top (parfois, les véritables rats s’accordent mal à leurs avatars numériques).

Samuël Tubez

Avec sa photo et sa mise en scène soignée laissant progressivement place au macabre et à l’ambiguïté, The Piper est une transposition réussie du Joueur de flûte de Hamelin en territoire coréen.

Damien Taymans

Un conte de fées faussement naïf qui vire à l’horreur totale dans le deuxième acte. Jouissif

BIFFF ON STREAM - The Curse of Sleeping Beauty

Quentin Meignant

Oscillant entre film d’ambiance pur et dur et horreur dans ce qu’elle a de plus graphique, The Curse of Sleeping Beauty brille par sa qualité visuelle. Outre des scènes oniriques parfaites, les décors sont à couper le souffle.

BIFFF ON STREAM - The Deal

Damien Taymans

Pour une fois, ce thriller sud-coréen colle aux basques des victimes plutôt qu’à celles du tueur ou des forces de l’ordre. Mais la ligne d’arrivée est atteinte laborieusement et dans la douleur.

BIFFF ON STREAM - Photographer

Damien Taymans

Si Cold Case se mettait à faire du crossing-over entre la Russie et la Pologne, cela ressemblerait à ce Photographer. Troublant à certains égards, le film demeure cependant classique et académique, hésitant entre la focalisation sur certains personnages intrigants et un récit parfois trop alambiqué.

BIFFF ON STREAM - Darling

Quentin Meignant

Cette chose ne peut décemment pas porter l’appellation de film. Il reste donc à se contenter des courbes généreuses et douces de la superbe actrice principale.

Damien Taymans

Hypnotique, ce sous-Répulsion cite par trop ses références et ne parvient pas à asseoir sa propre personnalité.

BIFFF ON STREAM - The Laundryman

Quentin Meignant

Une ghost story comique plutôt efficace, qui se perd quelque peu en scènes inutiles et dure donc un peu trop longtemps. Il n’en reste pas moins que l’ensemble se tient et que le combat final est épique.

Damien Taymans

Une comédie à base de fantômes qui semble se rapprocher d’Hello Ghost durant un premier temps. Hélas, quelques longueurs dues à des sous-intrigues pataudes amenuisent l’efficacité de la galette.

BIFFF ON STREAM - Tag

Quentin Meignant

Une scène d’entame tout à fait bluffante - bien qu’attendue - sert de solide base à un nouveau délire de Sion Sono. Par la suite, le cinéaste nippon part malheureusement dans tous les sens et le fil est rapidement perdu.

Alan Deprez

Ces derniers temps, Sono Sion enchaîne les œuvres à un rythme soutenu. Par chance, Tag figure en haut du panier : un gros bordel jouissif, empli de craquantes lycéennes en uniforme, d’effusions gore, de petites culottes... et d’existentialisme (si, si !). Un peu décousue, cette adaptation du roman Riaru Onigokko de Yûsuke Yamada déploie sa folie durant 1h25, alors que The Virgin Psychics (autre réalisation récente de l’ami Sion, projetée au BIFFF) s’étire sur 114 longues minutes. Et ça, ce n’est pas négligeable !

Damien Taymans

Une séquence gore absolument dingue et une suite de réjouissances complètement délurées. Pas de doute : c’est du Sono Sion !

Samuël Tubez

« La vie est surréelle, ne la laisse pas t’emporter », entend-on fréquemment au cours du métrage. Un crédo que le metteur en scène tient et exploite jusqu’au final de ce film court (1h25), rapide et fulgurant que l’on reçoit comme une balle de fusil en pleine tronche.

BIFFF ON STREAM - Backtrack

Quentin Meignant

Un entertainment au classicisme handicapant. Chez soi, ce genre de production peut encore passer, au BIFFF c’est beaucoup plus compliqué...

Damien Taymans

Oscillant entre le film de fantôme (quelques essais de jump scares ratés au compteur) et l’enquête policière (une fliquette se trouve versée de façon saugrenue dans l’histoire), Backtrack cherche en vain sa voie et s’égare à force de tergiverser entre les genres et les sous-intrigues.

BIFFF ON STREAM - The Bride

Quentin Meignant

Une histoire d’amour ennuyeuse qui sert de prétexte à une ghost story asiat’ tout ce qu’il y a de plus classique...

Alan Deprez

En dépit de sa nationalité taïwanaise, The Bride est un film de fantômes lambda, pas très inventif et usiné sans grand génie. S’apparentant à la J-Horror (voire à un ersatz de Ju-on), il offre surtout la part du lion à une histoire d’amour gnangnan, qui filera des hauts le cœur à tout fan de genre normalement constitué.

Damien Taymans

Une sous-œuvre horrifique made in Taïwan aussi basique que les baskets, réalisées dans la même colonie, qui ornent mes petons.

BIFFF ON STREAM - The Tag-Along

Quentin Meignant

Une œuvre très efficace, qui prouve que Taiwan essaie de se faire une place de choix dans le domaine de l’horreur. Tout n’est pas toujours maîtrisé, mais l’histoire - empreinte de mythologie - et les quelques effets horrifico-gore sont de premier choix.

BIFFF ON STREAM - Second Origin

Quentin Meignant

Un post-apo, une femme enceinte : du déjà vu lors de ce BIFFF et de manière beaucoup plus belle et efficace dans Into the Forest. J’ai bien dormi...

Damien Taymans

Un post-apo à deux, immixtion d’un tiers qui fout le bordel en plein exercice de survie : troisième occurrence de ce genre d’oeuvre au BIFFF cette année. Moins beau que The Survivalist, moins poétique qu’Into the Forest, Second Origin est le plus faible des trois tableaux.

BIFFF ON STREAM - Arti : The Adventure Begins 3D

Damien Taymans

Un wu-xia réalisé avec des marionnettes, qui délivre un message écologique, le tout en 3D, il fallait oser. En résulte un agréable spectacle familial moins répulsif que nombre d’adaptations manga.

BIFFF ON STREAM - Snow Girl and the Dark Crystal

Quentin Meignant

Des effets visuels dignes des cinématiques de Nintendo 64 de la belle époque : cela fait mal aux yeux et cela ne sert à RIEN !

Damien Taymans

Recyclant une légende du cru, Snowgirl est une péloche à l’historiette assez mièvre et neuneu enlaidie par un tout-numérique pas très attractif.

Samuël Tubez

Un Sword & Sorcery comme la Chine en produit à la pelle comprenant des séquences entières de cinématiques ps2. C’est gnangnan, ça pique aux yeux, c’est parfaitement dispensable.

BIFFF ON STREAM - Curtain

Quentin Meignant

Un sous-Quentin Dupieux plutôt court et efficace. Curtain brille par sa bande son mais aussi par son côté ovniesque. Une belle petite surprise.

Alan Deprez

Du sous-Henenlotter anémique, cheap comme il se doit, mais qui manque d’humour et de trashitude. 1 étoile pour son pitch hénaaaaaaaaauuuuurme, qui aurait mieux convenu à un court-métrage (une cabine de douche s’avère être une sorte de portail vers une dimension démoniaque... enfin, si j’ai bien compris !).

Damien Taymans

Ramassé en 1h15, Curtain traite quand même de portail interdimensionnel et de démonisme, plonge ses persos dans l’inquiétante étrangeté, exhume de vilaines bêbêtes et va jusqu’à envisager l’existence d’une secte pas très gentille. En clair, on ne s’ennuie pas une seconde devant ce film aussi scénaristiquement riche que formellement moyen.

BIFFF ON STREAM - Bahubali : the Beginning

Seb Lecocq

En matière d’action et de péripéties, Bahubali est tout sauf chiche et, une fois la machine lancée, elle ne s’arrête plus. S.S Rajamouli, certainement pour une meilleure exploitation internationale du film, expurge son œuvre de toute scène chantée ou dansée ; ce qui, soyons honnêtes, ôte un peu de son charme et de son « exotisme » à cette fresque épique. Pourtant, la romance entre Bahubali et Avanthika, joués respectivement par l’athlétique Prabhas et la ravissante Tamanna, aurait été propice à l’une ou l’autre envolée à l’eau de rose comme l’Inde sait si bien les faire. Un peu dommage, mais on ne va pas bouder son plaisir pour si peu alors que le film déborde d’une étonnante vitalité. Plein de sève, Bahubali dans son berceau bandait déjà comme un taureau…

Samuël Tubez

Un blockbuster made in India qui étale toute sa kitscherie et sa grandiloquence. On ne s’ennuie pas trop et on s’amuse devant le portnawak omniprésent, mais ça s’avère tout de même sacrément gavant !

BIFFF ON STREAM - Green Room

Quentin Meignant

L’affrontement entre skins et punks, le tout accompagné de chiens enragés, aurait pu virer à la régalade et offrir un ensemble totalement barge. Au final, Saulnier livre une œuvre d’une toute autre trempe, entre le film de guerre stratégique et l’horreur humaine la plus viscérale. Au final, l’ennui n’est jamais de mise et le film est une pleine réussite.

Seb Brunclair

Déjà à l’époque de Murder Party, bancal mais intéressant, on sentait tout le potentiel de Jeremy Saulnier. Deux films plus tard, le doute n’est plus permis : on est face à un cinéaste sacrément prometteur, qui nous livre avec Green Room un huis-clos un peu trop bavard mais maîtrisé, tendu et brutal, qui a bien mérité sa réputation flatteuse. On attend la suite de la carrière du bonhomme avec impatience.

Alan Deprez

Un survival hargneux et ultra efficace - percutant comme une droite dans la gueule ! -, où les membres d’un groupe de punk se retrouvent pris en otage à l’intérieur d’un rade tenu par des néo-nazis. Jeremy Saulnier est de la trempe des plus grands et confirme la réussite de son bijou Blue Ruin dans un style très différent (le premier est un film de vengeance minéral, tandis que Green Room est tout en explosivité)

Damien Taymans

Après Blue Ruin, Saulnier prouve une nouvelle fois qu’il est l’une des révélations de cette nouvelle génération de cinéastes/auteurs capables d’imprimer sur pellicule leurs envies et leurs obsessions sans céder aux appels du consensuel. La preuve avec ce siège haletant, confrontant skins vénères et punks couillus : pas une seconde de répit laissée au spectateur et de vrais beaux personnages finement travaillés.

Samuël Tubez

Saulnier livre probablement le film le plus percutant de cette cuvée 2016. Solidement interprété, cruellement réaliste, régulièrement imprévisible et nanti d’une mise en scène du tonnerre, un authentique favori qui n’a pas volé sa flatteuse réputation.

BIFFF ON STREAM - The Corpse of Anna Fritz

Quentin Meignant

Cela aurait pu être la petite bombe morbide et dérangeante de l’année. Au final, The Corpse of Anna Fritz se contente d’un statut de petit entertainment sympa avec ses quelques gags et une tension bien installée grâce à son format assez court.

Alan Deprez

Glauque mais pas trop - la nécrophilie est au cœur du film, sans y aller à fond dans la déviance -, The Corpse of Anna Fritz est implacable dans son déroulement (la montée en tension est savamment orchestrée), mais un peu trop prévisible (le spectateur a toujours 2 ou 3 coups d’avance). Dans le rôle-titre, la délicieuse Alba Ribas est exceptionnelle.

Damien Taymans

The Corpse of Anna Fritz parvient à traiter d’un thème aussi glauque et morbide que la nécrophilie tout en restant dans le mainstream. Un thriller ramassé, à défaut d’être réellement original et incisif.

Samuël Tubez
Un thriller gentiment nécrophile efficace et bien interprété. Mais on a la désagréable impression d’avoir déjà vu ce film (J’aimerais pas crever un dimanche, Deadgirl) et c’est bien trop prévisible.

BIFFF ON STREAM - Intruders

Quentin Meignant

Sur base d’un home invasion classique, le réal tente de jouer la carte de l’originalité en bafouant au passage tous les codes du genre et en faisant sombrer son ensemble dans l’ennui et l’inintérêt le plus total...

Damien Taymans

Se succèdent sans fard des événements insignifiants perpétrés par des personnages fadasses aux réactions artificielles. Nul doute que si Darmon avait traîné dans le coin, il leur aurait beuglé : "Ce tombeau sera votre tombeau", même si ça fait deux fois tombeau...

BIFFF ON STREAM - The Lesson

Quentin Meignant

Un prof pas comme les autres qui inculque à grands coups de tatanes son savoir à des ados turbulents, c’est bien sur le papier. Si les effets gore sont sympas et que la prestation de Robert Hands en enseignant déjanté vaut clairement le détour, les longueurs et le choix des jeunes acteurs laissent clairement à désirer...

BIFFF ON STREAM - Traders

Seb Brunclair

Un Fight Club à l’irlandaise, où l’humour noir et un excellent casting compensent un rythme légèrement plombé par une voix off inutile. Pour le moment, une des plus jolies surprises du festival.

BIFFF ON STREAM - The Exclusive : Beat the Devil’s Tattoo

Quentin Meignant

Un très sympathique thriller coréen qui manie l’humour de façon assez exquise et qui, de surcroît, apporte une vision aussi réaliste qu’effroyable des médias contemporains.

Damien Taymans

À l’image de Veteran, autre thriller coréen de la programmation, The Exclusive est un diptyque qui passe de la comédie caustique (le milieu de la presse et ses interminables manipulations d’informations) au thriller pur et dur. Une réelle réussite !

BIFFF ON STREAM - Seoul Station

Quentin Meignant

Le thème zombiesque servant avant tout à mettre en avant une société faite d’inégalités, Seoul Station a quelque chose de foncièrement romérien. Ajoutons à cela un trait et une animation à l’ancienne et l’on se dit que ce petit OFNI est particulièrement bénéfique au cinéma de genre.

Alan Deprez

Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de mater un film de zombies - animé ! - en provenance du pays du Matin calme. Politisé (cf. le sort réservé aux exclus de la société) et stylisé (les créatures ont de la gueule, ainsi que les décors), Seoul Station manque tout de même sérieusement de nerf (rythme/intensité). C’est embêtant pour une œuvre où le chaos s’installe peu à peu.

Samuël Tubez

L’insertion des exclus dans ce récit d’invasion zombie était une bonne idée mais elle n’est pas suffisamment exploitée. Dommage, d’autant que l’animation et le design, bien que corrects, sont de facture trop classiques.

BIFFF ON STREAM - Yoga Hosers

Quentin Meignant

Kevin Smith nous fait du.... Kevin Smith en plein avec une œuvre aussi délirante qu’assumée. Rien à dire, ce cinéaste hors pair parvient encore à surprendre et offre une hilarante seconde entrée à sa fabuleuse trilogie. Wunderbar !

Seb Brunclair

Les saucisses nazies et l’alchimie entretenue par ses "filles de" ne suffisent pas à sauver du naufrage le dernier né de Kevin Smith, comédie pataude qui ne raconte rien et le fait très mal.

Alan Deprez

Drôle quelques minutes, mais très vite irritant, Yoga Hosers est loin du niveau de Tusk et indigne du talent de Kevin Smith. Et que dire de la prestation gênante de Johnny Depp... Par chance, Justin Long sauve un peu la mise dans le rôle d’un prof de yoga farfelu.

Damien Taymans

L’un des films les plus faibles de Kevin Smith : une galerie de personnages mais pas l’ombre d’un récit. En guise de comparaison, Tusk était largement plus réussi...

Samuël Tubez
Un sous-Clerks qui vire à la série z façon Charles Band. Reste quelques dialogues amusants mais réchauffés pour qui connaît sur le bout des doigts la cinéphilie de Kevin Smith. Embarrassant.

BIFFF ON STREAM - The Call Up

Quentin Meignant

Contrairement à de nombreuses productions du même style (et il y en a désormais de nombreuses), The Call Up offre un véritable spectacle et une tension de tous les instants. Passés les quelques éléments inutiles (le love interest et l’héroïsme à deux balles d’un des personnages), le métrage est sans conteste l’un des meilleurs du genre.

Damien Taymans

Vu et revu mille fois, cette aventure dans l’univers vidéoludique s’avère bien trop sage et trop peu ingénieuse pour convaincre. Puis, ce score insupportable et ces effets parfois ratés plongent presque l’entreprise dans le naufrage.

BIFFF ON STREAM - The Fostering

Damien Taymans

Les enjeux sont posés à l’emporte-pièce dans un script mal ficelé. Dès lors, le métrage passe pour un gentil bordel souvent emmanché, y compris lorsqu’une certaine tension devrait s’installer. Rempli de bonnes intentions (mais on sait que l’enfer lui-même en est pavé), The Fostering est en l’état une proposition horrifique intéressante, mais toujours à l’état embryonnaire. Triste pour un projet aussi ancien...

BIFFF ON STREAM - The Rotten Link

Damien Taymans

The Rotten Link, grâce à son casting composé de vraies gueules et à sa causticité, se pose comme une œuvre douce-amère, qui fera grincer certaines dents et provoquera sympathie ou rejet, en raison des sujets délicats qu’il aborde.

BIFFF ON STREAM - The End

Seb Brunclair

Une des séances les plus drôles de ce BIFFF, pour un film qui n’avait absolument rien à y faire.

Quentin Meignant

Une séance très amusante pour l’objet (on ne peut pas parler de film) le plus étrange et ennuyeux du festival. Distribué par Gaumont, c’est ça ?

BIFFF ON STREAM - Into the Forest

Damien Taymans

Un duo de comédiennes investi pour un post-apo lancinant mais hypnotique.

Quentin Meignant

Après avoir semblé être une critique de notre mode de vie actuel, Into the Forest se décline surtout comme un post-apo de grande qualité, une immersion complète dans la vie de personnes isolées. Outre cela, quelques transcendances totalement inattendues viennent émailler l’ensemble.

Alan Deprez

Into The Forest est une sorte de (faux) post-apo intimiste, trop typé Sundance que pour être honnête. En l’état, ça ressemble surtout à un long spot publicitaire pro-life et anti-domotique, qui ne vaut que pour les craquantes Ellen Page et Evan Rachel Wood. Elles ont pourtant peu de choses à défendre...

BIFFF ON STREAM - Attack of the LederhosenZombies

Seb Brunclair

Une énième zomcom, qui peine à trouver son rythme, entre une entame réussie et vingt dernières minutes carrément jouissives (Rita, on t’aime !). Entre les deux, malheureusement, c’est plutôt l’ennui qui prédomine.

Damien Taymans

Attack of the Lederhosenzombies est une première œuvre tantôt longuette, tantôt jubilatoire. Le récit fourmille d’idées, mais s’avère un brin bordélique.

Quentin Meignant

Pile poil le type de film à voir au BIFFF. Le délire est parfaitement assumé dès les premiers instants, mais souffre ensuite d’un énorme ventre mou. Heureusement, l’inventivité de quelques mises à mort et une B.O. festive et jubilatoire viennent équilibrer l’ensemble.

Alan Deprez

Parfait pour une séance au BIFFF (l’ambiance était phénoménale !), Attack of the Lederhosenzombies ne propose que du déjà vu, mais est emballé avec bonne humeur et un esprit potache qui fait mouche. Ce zombie flick autrichien - un peu à la Dead Snow - est un "film de festivals" par excellence. Par contre, pas dit qu’il suppporterait une deuxième vision à la maison.

BIFFF ON STREAM - The Lovers

Damien Taymans

Pour le dire poliment, on s’ennuie ferme devant cette romance à l’eau de rose digne des pires romans de gare. The Lovers est une mièvre histoire d’amour enrobée de kilos de guimauve, dans laquelle elle s’embourbe dès les premières minutes (la séquence d’entrée chez le gourou donne directement le ton). N’en jetez plus, on frôle l’indigestion...

BIFFF ON STREAM - Scherzo Diabolico

Quentin Meignant

Scherzo Diabolico était annoncé comme le film de la maturité pour Adrián García Bogliano. Il est clair que le cinéaste a fait des progrès et se base pour une fois sur un semblant de scénario qui aurait même pu virer à un moment à la pleine réussite. Malheureusement, le metteur en scène ne parvient pas à clore son œuvre de manière convaincante et... ne sait toujours pas manier une caméra. Dommage, car les progrès sont tout de même visibles...

Damien Taymans

Cette œuvre à deux visages permet au spectateur d’entrevoir cette vague histoire de kidnapping selon plusieurs points de vue. Hélas, le réalisateur se perd par la suite en conjectures inutiles et en surexplications qui amenuisent de manière considérable l’intérêt de la péloche. Ce Scherzo trop schizo aurait gagné à se clôturer un bon quart d’heure plus tôt par une séquence percutante. Ça va venir, Adrián, ça va venir...

Alan Deprez

Après nous avoir conquis avec l’excellent film de loups-garous Late Phases, Adrián García Bogliano retombe dans ses travers : acteurs livrés à eux-mêmes, montage à la ramasse, plans très pauvres, BO ridicule... En plus, Scherzo Diabolico se fait le relais d’une morale tout ce qu’il y a de plus nauséabonde et "binaire". On dirait un premier film, alors que c’est déjà le 12ème long-métrage de son auteur (sans compter ses courts et son sketch pour The ABC’s of Death)...

BIFFF ON STREAM - Suspension

Quentin Meignant

L’ennui n’est guère de mise durant tout le développement de Suspension, œuvre qui se montre même bestiale à certains moments. Mais, à trop prendre le spectateur pour un con, l’ensemble fâche avec un dénouement tout simplement imbuvable qui met tout le reste de la chose en porte-à-faux.

Damien Taymans

Suspension tente de faire cohabiter deux intrigues et deux styles. Des intentions louables qui ne transparaissent que peu à l’écran et ne suffisent pas à rehausser le niveau d’un énième slasher qui ne peut être destiné qu’aux midnight screenings. Aussitôt vu, aussitôt oublié...

BIFFF ON STREAM - Aaaaaaaah !

Alan Deprez

Ouh ah ih ah ih ah ah ah iiiiiiiihhh groumf ! Aaaaaaaaaaahhhhh aaahhh iiiiiiihhh !

Traduction : Steve Oram a la folie d’aller au bout de son concept, tutoyant les hautes cimes de l’absurde, quitte à perdre la majorité des spectateurs en route. Certains crieront au génie, d’autres à la supercherie. Comptez-moi parmi les premiers !

Damien Taymans

En matière d’onomatopées, on pourrait résumer le film de Steve Oram par un simple Grrrr.

BIFFF ON STREAM - Demon

Quentin Meignant

Si la plongée dans la culture judaïco-polonaise et le rapprochement avec le cinéma d’Emir Kusturica valent le détour durant quelques instants, l’amoncellement de scènes inutiles et de bouteilles de vodka vidées par les protagonistes nuit gravement au rythme de l’ensemble. L’idée était bonne... pour un court-métrage.

Alan Deprez

Demon peut s’envisager comme un film choral à la Kusturica, contaminé par un argument fantastique très mince et pas complètement abouti. Le résultat a le mérite d’intriguer, de par son sens de la mise en image (cf. ces superbes paysages polonais embrumés) et en dépit d’une sérieuse arythmie. C’est le genre d’œuvres qui implique que l’on fasse l’effort d’y entrer (ou pas).

Damien Taymans

Pas mieux qu’Alan Deprez...

BIFFF ON STREAM - Uptake Fear

Quentin Meignant

L’indigence la plus totale faite film. Une œuvre écrite à six mains (gauches) qui ressemble d’entrée de jeu à une mauvaise publicité automobile avant de sombrer dans le portnawak le plus total : mise en scène horrible, photo atroce et scénario à la hauteur du reste...

Damien Taymans

Contrairement à The Fostering, cette œuvrette brésilienne est totalement désincarnée et inintéressante. Infécond, le scénario se déroule lourdement, utilisant constamment des effets éculés. Pire encore : Uptake Fear est vraiment moche...

BIFFF ON STREAM - Ninja the Monster

Quentin Meignant

Micro-budget totalement assumé, Ninja the Monster compose avec les moyens du bord et tente tant bien que mal de tenir la route. Certains effets visuels sont réussis, d’autres sont catastrophiques, mais Ochiai semble être un bon faiseur. Avec plus de finances, ce film aurait pu être tout autre...

Damien Taymans

Long comme un jour sans pain, Ninja the Monster conte la balade en forêt d’un ex-ninja et d’une future-princesse en compagnie de monstres liquides, qui laissent des flaques de bave partout. Ça vend du rêve, avouez !

BIFFF ON STREAM - Summer Camp

Seb Brunclair

Les bonnes idées sont présentes, un certain savoir-faire aussi, mais bon sang, qu’est-ce que c’est mou ! On a beau respecter le CV d’Alberto Marini, on préfèrera éviter de s’étendre sur son premier long-métrage, loin d’être la réussite attendue.

Quentin Meignant

Au vu de son parcours de scénariste et producteur, Alberto Marini était attendu au tournant avec son premier long-métrage. Si celui-ci n’évite pas quelques longueurs et, durant quelques séquences, fait preuve d’un certain manque de lisibilité, son originalité à toute épreuve sauve les meubles...

Damien Taymans

Retors et malin, le scénario de Summer Camp en fait un film de trouille au-dessus de la moyenne, une jolie petite surprise qui fourmille de bonnes idées. Marini a bien grandi dans l’ombre des productions espagnoles et semble lancé pour reprendre le flambeau de ses coreligionnaires Balaguero, Plaza, Bayona et consorts.

BIFFF ON STREAM - Absolutely anything

Quentin Meignant

Elle est là la comédie de l’année ! Fin comme l’humour anglais, dingo comme le Didier d’Alain Chabat, Absolutely Anything vire à la régalade totale dès son entame et ne se départit jamais de sa bonne humeur par la suite. Un must !

Seb Brunclair

Une petite comédie pleine de bons sentiments qui tombe régulièrement à plat. Si le film reste appréciable, on en attendait forcément un peu plus de l’alliance entre Simon Pegg, les Monty Python et le regretté Robin Williams, excellent en chien obsédé par les croquettes et les frotti-frotta.

Damien Taymans

Dans ce presque succédané de Bruce Tout-puissant, Simon Pegg joue parfois à l’impuissant. Quelques gags plutôt drôles mais des intrigues secondaires et seconds couteaux de fortune nuisent à l’ensemble.

BIFFF ON STREAM - Cut Bank

Quentin Meignant

Très classique et trop influencé par le cinéma des frères Coen, Cut Bank est simplement un bon petit divertissement sans prétention, qui ne laissera sans doute aucun souvenir sur le long terme.

Damien Taymans

Une galerie de personnages mal esquissés vivotent dans un cadre campagnard tandis que les morts pleuvent. Fargo en vachement moins bien.

Samuël Tubez

Un petit thriller mou et trop convenu qui lorgne du côté des frères Coen, sauvé par la présence de quelques gueules connues (Malkovich, Thornton, Dern).

BIFFF ON STREAM - Monster Hunt

Quentin Meignant

Il faudrait peut-être dire aux producteurs de ce genre de choses que Space Jam n’est pas le mètre-étalon du cinéma mondial en matière d’effets spéciaux. Une histoire assez inintéressante, car culturellement difficilement compréhensible pour le public occidental.

Damien Taymans

Au fil que le film se découvre, se révèle cette outrance notamment dans son caractère fourre-tout et sa perpétuelle lutte d’influences ricaines et chinoises. Sur-référencée (de Tigre et Dragon à Jurassic Park) et bâtarde, la chasse aux monstres montre quelques signes de faiblesse, mais demeure un divertissement globalement réussi.

BIFFF 2016 - Le top 5 des attentes des chroniqueurs

Histoire de se mettre en jambe...

Malgré les funestes événements de la semaine dernière, le BIFFF 2016 ouvrira ses portes dès demain et le moins que l’on puisse dire est qu’il fera la part belle au cinéma de qualité comme en atteste son programme.

Il était donc temps que les membres de la rédaction de CinemaFantastique fassent leurs tops 5 qui, vous le verrez, sont très différents selon les sensibilités de chacun...








TOPS 5 DES ATTENTES :

Quentin Meignant :

1. Les Visiteurs 3

2. My Big Night

3. 31

4. I am a Hero

5. Attack of the Lederhosenzombies

Damien Taymans :

1. Summer Camp

2. 31

3. My Big Night

4. Spy Time

5. Tag

Samuël Tubez :

1. 31

2. Yoga Hosers

3. Green Room

4. My Big Night

5. I am a Hero

Sébastien Beige :

1.Green Room

2.Pride and Prejudice and Zombies

3.Aaaaaaaah !

4.Deathgasm

5. Yoga Hosers

Alain Deprez :

1. 31

2. Yoga Hosers

3. Baskin

4. ex-aequo : Aaaaaaaah ! et Veteran

5. ex-aequo : The Tattooist et Tag

Fred Pizzoferrato :

1. Blood on Melies Moon

2. Spy Time

3. Baskin

4. Assassination Classroom

5. 31

BIFFF ON STREAM - Memories of the Sword

Quentin Meignant

Une belle première internationale, qui a enchanté le public avec de nombreuses prouesses visuelles. Sans entrer dans le plus pur style wuxia, Memories of the Swords s’avère être un excellent divertissement, qui faute parfois en forçant le trait au niveau des relations entre ses protagonistes, mais qui s’avère aussi être particulièrement échevelé.

BIFFF ON STREAM - The Virgin Psychics

Damien Taymans

L’humour décapant et les vannes sous-ventrales fonctionnent durant une demi-heure. Puis, à force de répéter toujours les mêmes clichés, Sono Sion transforme cette œuvrette en un vulgaire Sushi Typhoon.

Samuël Tubez

Un délire masturbatoire qui ravira les adolescents et les otakus en mal de petites culottes. Les autres s’amuseront 30 minutes. Ce qui est peu sur quasi 2 heures de métrage. Très peu.

Alan Deprez

Ça démarre comme un bon gros délire foutraque, entre humour nonsensique et petites culottes (une des obsessions de Sono Sion, merveilleusement exploitée dans Love Exposure), avant de s’enliser après une petite heure (oui, je suis moins dur que le Montois Samuël Tubez !-ndr). Il faudrait que quelqu’un se décide à dire à l’auteur de Guilty of Romance de faire plus court, car on est en train de le perdre. Serait-ce la "Miikesation" des talents japonais ?

BIFFF ON STREAM - Daemonium : the Underground Soldier

Seb Brunclair

Un film espagnol qui se prend pour une japoniaiserie à la Sushi Typhoon pendant deux longues heures, c’est forcément très, très long, très, très con et très, très pénible.

BIFFF ON STREAM - What we become

Seb Brunclair

Un drame zombiesque danois, on n’en voit pas tous les jours. Et au vu des énormes qualités de ce What We Become, on est bien curieux de découvrir ce que la production locale peut nous offrir d’autre dans un genre ô combien bouché.

BIFFF ON STREAM - Ghost Theater

Seb Brunclair

Aucune surprise : Nakata n’en a strictement plus rien à cirer des films qu’il commet et nous non plus.

Quentin Meignant

Comme on le disait à une certaine Odile : "Je ne parlerai pas de votre film, c’est une merde !" Dont acte...

Alan Deprez

Beaucoup plus rassurant que les derniers efforts d’Hideo Nakata (Monsterz et The Complex... de sinistre mémoire), Ghost Theater n’en fait pas moins appel à de vieux trucs éculés pour provoquer l’effroi (apparitions dans le champ de la caméra, etc.), tout en soignant l’emballage (superbes plans et photographie ad hoc). Certains verront le verre à moitié vide ; d’autres, à moitié plein... Mais tous s’accorderont sur la beauté de la délicieuse (euphémisme) Rika Adachi, starlette de la TV nippone.

BIFFF ON STREAM - The Phone

Quentin Meignant

Un thriller temporel d’excellente facture, tant visuelle que narrative, qui semble s’inspirer des nombreux chefs-d’œuvre du genre au Pays du Matin Calme, tout en parvenant à se réinventer et à surprendre. Un peu longuet sur la durée - mais jamais dans son développement -, The Phone compte parmi les belles réussites de ce festival.

Alan Deprez

Trèèèèèèèès long et appliqué, The Phone doit être à l’image de ces produits usinés à longueur d’année, dont la plupart ne s’exportent pas à l’international. À côté des œuvres de Ryoo Seung-wan (Veteran) ou Na Hong-jin (The Chaser) - pour ne citer qu’eux -, on ne peut que le trouver très plat. Un thriller coréen "de bon élève".

Damien Taymans

The Phone est l’une des belles surprises de ce millésime 2016. Un thriller prenant, qui vous prend à la gorge pour ne vous lâcher qu’au générique de fin. De quoi terminer à bout de souffle .

Samuël Tubez

Sans relief, un thriller qui se la joue paradoxe temporel pour tenter de se démarquer. L’idée est bonne mais encore faut-il y croire...

BIFFF ON STREAM - Spy Time

Quentin Meignant

Javier Ruiz Caldera, cela commence à ressembler à une belle histoire d’amour avec cette histoire d’espionnage très amusante, qui semble avoir été conçue pour le public bruxellois. Encore mieux fichu que Kingsman, ce qui n’est pas peu dire !

Alan Deprez

Spy Time est un divertissement de haut vol, généreux et très amusant, qui revisite les éléments des films d’espionnage sous un angle parodique et à travers le prisme d’une relation père-fils compliquée. Après Ghost Graduation, Javier Ruiz Caldera continue de marquer des points. Les spectateurs du BIFFF ne s’y sont pas trompés (on les comprend).

Damien Taymans

Moins attachant et définitif que Ghost Graduation, Spy Time reste un très agréable divertissement aux gags de qualité certes variable mais aux rouages bien aiguisés (l’action cohabite très bien avec la comédie).

Samuël Tubez

Entre Austin Powers et Kingsman (mais certainement pas mieux fichu que ce dernier !), une parodie de films d’espionnage partiellement amusante qui oublie un peu trop de raconter une véritable histoire.

BIFFF ON STREAM - Retribution

Quentin Meignant

Un excellent thriller au rythme échevelé et à l’intrigue particulièrement retorse. L’efficacité de la mise en scène va de paire avec l’excellente incarnation de Luis Tosar dans le rôle d’une homme continuellement au bord du gouffre.

Damien Taymans

Un thriller ibérique haletant mixant Speed et Phone Game. Luis Tosar est à nouveau impeccable.

Samuël Tubez

Luis Tosar est parfait dans ce thriller bien ficelé et haletant qui nous rappelle un certain Speed, la sensibilité européenne en plus.

BIFFF ON STREAM - Patchwork

Quentin Meignant

Une excellente relecture de Frankenstein, aussi légère que sanglante et avec de réels partis pris intéressants en matière de mise en scène. Une toute bonne séance de minuit !

Damien Taymans

Pas aussi drôle et barré que Frankenhooker, Patchwork reste une péloche drolatique qui fourmille de bonnes idées.

Seb Brunclair

Drôle et bourré de bonnes trouvailles (le chat-hibou !), Patchwork est une excellente surprise, plus originale et ingénieuse qu’elle n’en a l’air.

BIFFF ON STREAM - Kryptonita

Alan Deprez

Kryptonita est une parodie sympatoche de la Justice League à la sauce argentine. L’unité de lieu (huis clos dans un hôpital) permet de s’attacher encore plus aux personnages : des criminels hauts en couleur et dotés de pouvoir, en guise de superhéros. Ça a un cœur gros comme ça, mais c’est surtout très bavard et fauché.

Damien Taymans

A l’image des récents traitements hollywoodiens qui parent leurs super-héros de davantage d’humanité, Kryptonita montre l’enfer du décor, humanisant de pauvres hères qui se sont lancés dans un projet qui les dépasse. Hélas, cette œuvre atypique, si elle comporte un sous-texte intéressant et bénéficie d’une mise en image efficiente, manque cruellement de punch.

BIFFF ON STREAM - The Open

Damien Taymans

Pour un premier film, The Open frappe souvent fort et juste, mais aurait profité de l’abandon des couloirs. Jeu, set et... presque match...

BIFFF ON STREAM - Martyrs

Quentin Meignant

L’exemple-type du remake US qui ne sert à rien et qui dénature l’excellent matériau original. Ce Martyrs est tout simplement une insulte au cinéma de Pascal Laugier et une resucée infâme d’une production majeure du cinéma de genre français.

Samuël Tubez

Sa condition de remake appliqué annihilant de fait tout effet de surprise, doublée d’un manque réel d’audace et de radicalité, enlèvent tout l’intérêt à ce remake du percutant Martyrs de Pascal Laugier. Dites adieu à la poésie macabre, l’ambiguïté et le nihilisme qui faisait tout le sel de l’original.

Damien Taymans

Aussitôt vu aussitôt oublié...

BIFFF ON STREAM - Veteran

Alan Deprez

Avec Veteran, on tient d’ores et déjà l’un des films-phares de cette cuvée 2016 du BIFFF. Très prenant, le dernier Ryoo Seung-wan (City of Violence) mélange avec brio tension, humour et violence, vers un démontage en règle du "monstre capitaliste" sud-coréen. Dommage qu’à force de s’enquiller des thrillers made in Korea, l’effet de surprise ne soit plus du tout là...

Damien Taymans

Les apparences sont d’emblée trompeuses dans cette comédie policière virant au drame dans son deuxième tableau. Ryoo Seung-wan, "vétéran" du thriller noir made in Corée, révèle à nouveau son talent pour naviguer à contre-courant et brandir son majeur aux conventions et clichés drainés dans le genre.

Seb Brunclair

Si les ruptures de ton peuvent agacer, Veteran fait tout de même preuve d’une efficacité et d’un dynamisme qu’on n’espérait plus vraiment trouver dans un thriller coréen. À voir pour se réconcilier avec le genre.

BIFFF ON STREAM - Banjo

Damien Taymans

Quand un enfant de Troma dépeint avec la même habileté l’existence d’un loser poussé à bout pour se venger de ceux qui l’humilient : c’est fun, parfois drôle, souvent sanglant. Une belle séance de minuit.

BIFFF ON STREAM - Jeruzalem

Quentin Meignant

Passé l’aspect culturel riche et documenté, Jeruzalem n’est autre qu’un énième found footage de gueule. Rien ne vient sauver le pan horrifique de la chose et il faut donc se contenter d’une découverte touristique plutôt bien ficelée.

Damien Taymans

On le concède, le petit tour dans Jérusalem est pittoresque. Mais passé cela, Jeruzalem n’est qu’un énième POV imbuvable et sans la moindre inventivité.

BIFFF ON STREAM - The Marriage of Reason & Squalor

Seb Brunclair

Une satire (en longueur) des romans à l’eau de rose qui intrigue, puis finit par écœurer, malgré l’implication de son très bon duo d’acteurs.

Damien Taymans

Cet OFNI amuse durant cinq minutes de par l’outrance du jeu de ses comédiens et la palette chromatique de ses tableaux, puis l’ennui point pour ne jamais plus quitter le spectateur. Long comme un jour sans pain.

Samuël Tubez

Cette romance torpillée par un flot d’absurdité prend la forme d’un mindfuck bourré d’idées aussi bonnes que mauvaises. Ca passe ou ça casse.

BIFFF ON STREAM - Sensoria

Quentin Meignant

Indigent à tout point de vue, Sensoria est un collage de plans fixes mal cadrés et mal éclairés, qui ne raconte pour ainsi dire rien. Cela virerait presque au ridicule...

Damien Taymans

Un épisode entier d’À vendre, à acheter sans les vannes lourdingues de l’agent immobilier, ça reste quand même insupportable.

BIFFF ON STREAM - The Survivalist

Quentin Meignant

Un post-apo très contemplatif qui brille par sa mise en forme plus que par son fond, mais qui comporte quelques fulgurances étonnantes. Une belle petite curiosité.

Damien Taymans

Lancinant et hypnotique, The Survivalist est une description naturaliste parfois trop contemplative.

Fred Pizzoferrato

Du post-apo minimaliste aux antipodes de Mad Max : Fury Road. Le début très (trop ?) lent fait craindre le pire, mais la suite est plus réussie et comporte quelques scènes assez intenses. Une curiosité pas désagréable.

Alan Deprez

Un post-apo minimaliste, transcendé par l’attention portée au décor naturel (la nature est omniprésente, comme chez Herzog ou Malick) et la force d’incarnation de ses acteurs. Leur jeu "minéral" n’empêche pas l’émotion de poindre, même si le rythme de l’œuvre de Stephen Fingleton se fait lancinant. Comme le dit l’ami Fred Pizzoferrato, c’est l’anti-Mad Max : Fury Road.

BIFFF ON STREAM - 31

Quentin Meignant

Rob Zombie affirmait que 31 était son film le plus sanglant, il a sans doute omis de préciser qu’il s’agissait aussi de son plus mauvais. Restent quelques maquillages plutôt sympas plantés au milieu de scènes sanguinolentes illisibles.

Alan Deprez

Le dernier Rob Zombie est une petite déception : on est loin de la radicalité annoncée par l’auteur de The Devil’s Rejects, mais dans une sorte d’entre-deux : des personnages un peu faiblards, malmenés par des boogeymen à la caractérisation aléatoire (seul le Punisseur - excellent Richard Brake - marquera les esprits) dans un grand jeu de massacre. Heureusement, c’est assez rythmé et brutal que pour nous maintenir en haleine.

Seb Brunclair

Quand le seul argument d’un film est la violence sanglante, la moindre des choses serait de rendre les scènes gore lisibles, ce qui est tout sauf le cas ici. Tout simplement insupportable.

Damien Taymans

Le film censément le plus gore de Rob Zombie se révèle être une décalque en termes d’effets et de mise en place bordélique de sa Maison des 1000 morts. On retiendra sa volonté de composer une atmosphère malsaine et quelques fulgurances, inspirées d’un The Running Man, lorsqu’il présente les assassins du jeu... Mais 31 est monté à la truelle et abuse de la shakycam.

Fred Pizzoferrato

Scénario éculé, caméra épileptique hystérique (on devine que c’est très gore, mais on ne voit rien, tant c’est mal monté), personnages antipathiques et mal joués, aucune ambiance, le côté Halloween absolument pas exploité, budget de misère... À côté de ce quasi naufrage, Running Man est un chef-d’œuvre.

Samuël Tubez

Rob Zombie a fait appel au financement participatif pour accoucher de son œuvre la plus radicale, mais aussi la plus faible de sa filmographie. Pas sûr que ses fans apprécieront. Dans le même genre, on préférerait presque le très Z Slashers de Maurice Devereaux.

BIFFF ON STREAM - The Similars

Quentin Meignant

Un épisode un peu dingo que ne renierait par La Quatrième Dimension. Hormis quelques longueurs, The Similars brille par ses magnifiques images délavées et un script bien ficelé (jusqu’à 10 minutes d’un terme bien trop bavard).

Seb Brunclair

Piochant allègrement dans La Quatrième Dimension, Isaac Ezban livre un huis clos à la fois tendu, drôle et brillamment mis en image.

Damien Taymans

The Incident laissait déjà entrevoir tout le talent d’Ezban en matière de science-fiction et de manipulation intellectuelle (cet amour des boucles dans lesquelles personnages et spectateurs se voient emprisonnés), The Similars ne permet plus le moindre doute : le Mexicain deviendra l’un des incontournables du genre dans quelques années.

Fred Pizzoferrato

Une bonne idée de court-métrage façon 4ème dimension (le cinéaste a bien répété que c’était un hommage à la série) mais qui peine un peu à convaincre sur la durée. Cela dit il y a des idées en pagaille... mais aussi des longueurs et une fin assommante où le cinéaste explique lourdement ce qu’on avait déjà compris.

BIFFF ON STREAM - The Wave

Quentin Meignant

Un excellent film catastrophe avec son lot d’action et surtout une photographie magnifique. Roar Uthaug revient dans le circuit avec une petite pépite !

Alan Deprez

Un film catastrophe plutôt convaincant et porté par de superbes VFX, mais qui ne parvient pas à éviter certains "tics à l’américaine" (raccourcis narratifs, avalanche de bons sentiments, ...).

Damien Taymans

Roar Uthaug compose un film-catastrophe dans la lignée des productions ricaines, usant des mêmes stratagèmes scénaristiques jusqu’à l’arrivée de LA séquence de la vague. Basique mais efficace.

Fred Pizzoferrato

Un film catastrophe norvégien qui reprend avec bonheur absolument tous les clichés du blockbuster hollywoodien. Sans avoir les moyens de San Andreas, les scènes de destruction et de panique sont convaincantes et la durée raisonnable aide à convaincre. Un bon moment qu’on résume par "efficace".

BIFFF ON STREAM - Pandemic

Damien Taymans

John Suits signe avec Pandemic un film d’infectés assez convenu mais efficace. Malgré quelques égrainages de poncifs et une caméra aux mouvements chaotiques, le film a le mérite d’en donner pour son argent en terme d’horreur et de se montrer plutôt rythmé et prenant.

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BIFFF ON STREAM - The Strange House

Seb Brunclair

Et PANG ! Encore un coup dans l’eau pour Danny Pang, qui multiplie les péloches sans intérêt, avec ou sans son frangin. Vous avez déjà vu un film de fantôme asiatique ? Vous avez déjà vu The Strange House, et pouvez donc passer tranquillement votre chemin. Si pas, vous avez l’embarras du choix ailleurs.

Damien Taymans

Une énième déclinaison de The Eye : défalquant l’argument fantastique et les scènes de terreur de son œuvre-maîtresse, Danny Pang signe une petite œuvrette désincarnée, ressemblant à mille autres films d’horreur asiats.

BIFFF ON STREAM - They Look like people

Samuël Tubez

L’argument pseudo-fantastique sert ici d’excuse au réalisateur pour livrer son petit thriller parano sur fond d’amitié. L’interprétation est ok mais qu’est-ce que c’est moche et ennuyant !

Seb Brunclair

L’influence de l’excellent Take Shelter se fait sentir dans cette histoire de psychose bien interprétée mais réalisée avec un amateurisme qui frise le ridicule. On peine à comprendre ce qui a bien pu amener la réputation flatteuse qui précède le film.

Alan Deprez

Techniquement indigent (direction photo inexistante, facture "téléfilmesque", ...), They Look Like People nous prend un peu pour des cons, en rabâchant une énième histoire parano d’invasion (ils sont parmi nous !). Le manque de moyens n’est pas une excuse...

Damien Taymans

It looks like a movie... but forget it, it’s just a joke

BIFFF ON STREAM - The Shamer’s Daughter

Quentin Meignant

Un film d’heroic fantasy bien ficelé et très proche de Game of Thrones tout en étant familial. Shamer’s Daughter brille par son excellente scénarisation et les moyens mis par la production au niveau de ses effets spéciaux, vraiment pas dégueulasses.

Damien Taymans

Dans la lignée du Norvégien Dagmar, Shamer’s Daughter est un ersatz de Game of Thrones sans cul mais avec les meurtres et les trahisons. En résulte une œuvre d’heroic fantasy consommable...

BIFFF ON STREAM - The Tattooist

Quentin Meignant

Une revenge story pas dénuée d’intérêt et de sensualité qui, malheureusement, pèche parfois par son côté un peu trop arty. Certains plans relèvent du génie, d’autres s’avèrent être d’un ridicule assez incroyable. Au BIFFF, ces séquences passent tout de suite mieux.

Alan Deprez

The Tattooist opère une sorte de greffe idéale entre la nature retorse des thrillers coréens et l’érotisme du pinku eiga. Les plus esthètes d’entre nous ne manqueront pas de se laisser envoûter.

Damien Taymans

Il arrive parfois aux Coréens de bander mou : The Tattooist en est la parfaite illustration. Le scénario est censé explorer les délices de la souffrance et se contente d’une caresse anodine et d’un érotisme inoffensif.

BIFFF ON STREAM - Yakuza Apocalypse

Quentin Meignant

Il faut absolument dire à Takashi Miike qu’il devient pénible avec ses soi-disant délires cousus de fil blanc. Dieu que c’est mauvais !

Damien Taymans

Cet énième Miike ne tutoie plus la folie des débuts : le Japonais stakhanovise à outrance et laisse sa caméra tourner pendant qu’il enchaîne un autre projet. En résulte un film parfois incarné, souvent désincarné.

Samuël Tubez

Un gros bordel what-the-fuck par un Miike en pilotage automatique. Lassant.

Alan Deprez

À l’image des œuvres récentes de Miike, Yakuza Apocalypse démarre pied au plancher pour ensuite sérieusement caler, même si une certaine tendance à l’excès et le grand défouloir qu’il orchestre nous feront toujours passer outre ses défauts (on a l’impression que le film dure 3 heures...). Et puis, merde, quoi : des yakuzas-vampires ? Un gars qui balance des kicks en costume de grenouille ? Comme Jean-Marc Généreux, je dis "OUI !"

BIFFF ON STREAM - Baskin

Seb Lecocq

Volontairement grotesque, le final de Baskin peut choquer voire totalement rebuter certains de par son absence de compromis et de concessions. On bascule d’une trame réaliste, presque policière, à un spectacle d’horreur pure, blasphématoire et frontal.

Damien Taymans

Baskin est un film d’horreur, un vrai. Graphiquement outrancier, il nous fait lentement pénétrer dans les abîmes des enfers et marque durablement la rétine. Glauque et saisissant.

Quentin Meignant

Sans conteste le scénario le plus mal ficelé vu depuis très longtemps. Si au moins la mise en forme venait sauver la chose, cela passerait mais le mode found footage étant activé - on ne sait trop pourquoi -, les nombreux effets gore font pschittt.

Alan Deprez

Trop bavard et sur base d’un scénario-prétexte (on sent nettement le court-métrage développé en long), Baskin parvient tout de même à dépeindre une imagerie lovecraftienne séduisante et se montre généreux dans le gore malsain. C’est déjà plus que pas mal.

BIFFF ON STREAM - Enragés

Quentin Meignant

On a déjà trouvé la plus grosse daube du festival ! Si Enragés a réellement été fait dans le but de faire du cinéma, c’est simplement honteux et raté. Mention spéciale au twist final...

Damien Taymans

Le twist final ne permet même pas à l’œuvre de se raccrocher au ponton : la barque a pris l’eau de toutes parts, entraînant avec elle tous les membres du casting au fond du gouffre. En résulte un film de hold-up sans hold-up qui vire au road movie sans réel ancrage sur cette même route. Une production qui s’échine à reproduire certains gimmicks des prods hollywoodiennes, boude ses origines transalpines et ses racines françaises, une œuvre bâtarde sans âme.

BIFFF ON STREAM - Men and Chicken

Quentin Meignant

Le grand retour d’Anders Thomas Jensen se passe sans encombres et offre même une première partie de film à la hauteur des Bouchers Verts et d’Adam’s Apple. La joyeuse bande du cinéaste se permet donc quelques moments d’anthologie, des gags à mourir de rire, des situations rocambolesques, de la zoophilie,... Bref tout un panel dans lequel le spectateur ne veut que se retrouver...

Samuël Tubez

Etonnant mélange de tragique et de comique que ces « hommes et ces poulets » (mais aussi bien d’autres bestiaux) qui font franchement rire tout en ébranlant les consciences.

Damien Taymans

Jensen revient avec une production à résonance purement danoise (famille décomposée, zoophilie). Drôle, surréaliste, cette photographie d’une bande de dégénérés se déguste sans le moindre déplaisir.

BIFFF ON STREAM - Pride and Prejudice and Zombies

Quentin Meignant

L’œuvre originale de Seth Grahame-Smith n’était déjà pas folichonne mais le film parvient à faire pire. Pas grand chose à voir dans cette petite série B bavarde...

Damien Taymans

Sans le moindre préjugé ni orgueil, il convient de laisser de côté cette œuvre sans inventivité qui se cantonne à reproduire servilement l’entreprise opportuniste originelle. Même les zomblards n’y croient pas une seule seconde et freinent leur appétit, c’est dire...

Seb Brunclair

Ni un bon film d’époque, ni un bon film de zombies, cet Orgueil et Préjugés et Zombies reste appréciable durant sa première heure grâce à sa distribution et sa photographie de qualité. Les 45 minutes restantes, elles, semblent interminables.

Alan Deprez

Pas honteux, ce Pride and Prejudice and Zombies se laisse regarder sans déplaisir, mais la sauce entre élans romantiques, bons sentiments et éclats gentiment gore ne prend jamais (R.I.P. Jean-Pierre Coffe, apôtre du bon goût culinaire). Ça paraît très long, mais n’oublions pas que c’est librement inspiré de Jane Austen. Ceci expliquant cela.

BIFFF 2016 - Bruxelles ma belle

La vie l’a emporté sur la sauvagerie...

Organiser le BIFFF une semaine après les sauvages attentats qui ont marqué la capitale belge n’avait rien d’évident et pourtant ils l’ont fait. Les têtes pensantes de l’événement bruxellois sont parvenues à remodeler le système d’entrée au festival afin d’assurer un maximum la sécurité des aficionados et autres curieux cinéphiles.

Mais, bien au-delà des considérations sécuritaires, ils ont surtout réussi à rassembler les habitués et à recréer une ambiance familiale et endiablée contrastant avec le climat délétère de ces derniers jours, encore bien présent dans les quartiers environnants.

Le BIFFF a donc su recréer son microcosme et reconstruire son esprit en moins d’une semaine pour offrir le meilleur aux spectateurs tout en rendant un vibrant hommage aux disparus. Cette cuvée 2016 du BIFFF, en plus d’être un phare dans la lutte pour nos libertés individuelles et collectives, a donc été lancée de la meilleure des manières qui soit, celle qui fait de l’événement un incontournable depuis des décennies. Bruxelles, ma belle, la vie te sourit à nouveau...

BIFFF 2016 - Coup double pour Anders Thomas Jensen

The Shamer’s Daughter, l’heroic fantasy comme on l’aime...

Déjà présent dans tous les esprits et dans toutes les mirettes avant-hier avec la présentation en guise de seconde séance d’ouverture de son excellent Men & Chicken (voir notre compte-rendu ICI), Anders Thomas Jensen a réussi un véritable coup double en ce début de BIFFF.

En effet, le metteur en scène s’est mué en scénariste le temps d’apporter sa patte à The Shamer’s Daughter, film d’heroic fantasy médiévale présenté hier sur le coup de 16h30 dans la seconde salle des Bozar. Présentée par l’excellent acteur Soren Malling - qui y signe d’ailleurs une prestation cinq étoiles -, cette adaptation d’une série de livres écrits par le romancier Lene Kaaberbøl a littéralement captivé l’assistance.

The Shamer’s Daughter suit une clairevoyante et sa fille - deux personnes capables de lire et d’influencer le subconscient des êtres humains - qui sont embauchées pour sauver Nicodemus, accusé d’avoir tué son père et des membres de sa royale famille. Elles vont se retrouver au centre d’une cabale sanglante où les jeux de pouvoir livrent rapidement leurs mystères.

Tiré d’une œuvre pour adolescents, The Shamer’s Daughter est le fruit de la collaboration de nombreux pays (Danemark, Islande, Norvège, République Tchèque) qui réussissent à placer l’Europe sur l’échiquier de l’heroic fantasy dès les premiers instants du film, notamment par le biais de décors et de CGI parfaitement exécutés. Faisant la preuve que le Vieux Continent peut lutter contre des productions américaines de moyenne envergure, le métrage de Kenneth Kainz voit donc son développement se dérouler sans aucun accroc.

The Shamer’s Daughter s’avère ainsi être particulièrement riche en action tout en s’adressant à un public très large, les nombreux meurtres étant parfaitement mis en scène dans cette optique. L’empathie suscitée par la caractérisation des personnages en fait d’ailleurs une fable d’aventure familiale presque parfaite. Ajoutons à cela les excellentes prestations des protagonistes principaux - mention spéciale à Soren Malling - et le bonheur est au bout du chemin (dans tous les sens du terme d’ailleurs).

Bénéficiant du travail de cet incroyable homme de cinéma qu’est Anders Thomas Jensen, The Shamer’s Daughter est donc une belle réussite, une épopée familiale qui ravira petits et grands et qui ne demande d’ores et déjà plus qu’une suite pour que la qualité soit une fois de plus au rendez-vous.

Quentin Meignant

BIFFF 2016 - Quand Gaumont agit comme au Moyen-Âge

Les Visiteurs 3 annulés : à vot’ bonne santé les gueux !

C’est un terrible coup de tonnerre qui est tombé hier dans l’après-midi du côté des Bozar de Bruxelles : à un peu plus de 24 heures de la projection des Visiteurs 3, Gaumont menaçait sérieusement d’attaquer Paradiso Films, le distributeur belge, en justice et interdisait de ce fait toute exploitation du film de Jean-Marie Poiré avant sa sortie officielle, le 6 avril prochain.

A l’heure où le festival lutte contre l’obscurantisme le plus vil, un autre, tout à fait financier celui-là, vient donc mettre à mal le travail de sape des organisateurs qui se démènent à sa bonne tenue dans des circonstances pas évidentes. Quelles pourraient être les raisons d’une telle interdiction ? Il ne peut y en avoir que deux, qui vont d’ailleurs de paire, et qui s’avèrent être particulièrement insultantes pour les cinéphiles impatients.

Tout d’abord, Gaumont, qui ne désirait d’ailleurs pas que la presse parle des Visiteurs 3 trop tôt, avait peur de la présence massive de celle-ci au BIFFF et tente donc tant bien que mal de cacher une indigence qui paraît certaine (mais qui, pourtant, fait justement tout le sel de la franchise et aurait viré à la régalade lors d’une projection à Bruxelles). Ensuite, la peur du piratage, légitime certes à cette époque, fait vraiment passer les aficionados de l’événement pour des gueux du cinéma, des êtres sans vergogne capable de piller comme le Duc de Luigny aurait volé le domaine des Montmirail lors des époques les plus sombres. Sachez, messieurs, que le BIFFF et ses spectateurs font sans doute partie des plus grands cinéphiles du Vieux Continent et que de tels événements n’ont jamais eu lieu d’être dans toute l’histoire du festival.

Bref, la mesquinerie ou, comme dirait ce bon Jacquouille la Fripouille, la "félonnerie", ne peut être l’apanage que des nantis comme vous, bien trop avides d’argent que pour se dire cinéphiles. D’ailleurs, qu’y connaissez-vous exactement en la matière ?

A l’inverse, nous tenons à soutenir Paradiso Films et à encourager les spectateurs belges à se rendre dans les salles, la société de distribution étant la principale victime de la bêtise de quelques pontes parisiens. De tels procédés entre "professionnels" du cinéma n’ont pas lieu d’être mais, quoi qu’il arrive, le BIFFF trouvera une solution pour contenter ses spectateurs car c’est avant tout là la tâche première du cinéma. Chers messires de Gaumont qui n’avez rien compris à cela, nous n’avons qu’une seule chose à dire : à vot’ bonne santé les gueux (car il s’agit bien de vous en matière de Septième Art).

BIFFF 2016 - Belgian Film Day’s

Duels vraiment serrés...

Après une compétition de très haute volée l’an dernier avec la projection de Dernière Porte au Sud ou encore du Zombie au Vélo, le Belgian Film Day’s avait tout intérêt à assurer au niveau de sa programmation. On peut dire que cette cuvée 2016 de courts métrages belges aura elle aussi été couronnée d’un certain succès tant public (de plus en plus de monde dans la salle) qu’au niveau qualitatif où quelques candidats sérieux s’affrontaient pour le Saint -Graal, l’obtention d’un Méliès d’Argent, synonyme d’un second passage par les Bozar pour la compétition du Méliès d’or, rassemblant les meilleurs courts européens, l’an prochain lors du BIFFF 2017.

LES COURTS MÉTRAGES :

L’Oeil Silencieux

Bernard est un homme sans histoire qui emménage dans un nouvel appartement. Son installation tranquille est soudain perturbée par la découverte d’un trou dans son plancher. Il s’aperçoit rapidement qu’il peut espionner l’intimité de sa voisine…

De prime abord très stylisé mais un brin ennuyeux, L’oeil Silencieux gagne en intensité dans sa seconde partie. Si le film pèche par quelques longueurs, la prestation de son protagoniste principal ainsi que le malaise qui en découle offre quelques beaux moments.

XYZ : City Hunter

Usagi Tanase veut se venger de l’assassinat de son fiancé ; à cette fin, elle contacte Ryo Saeba, alias City Hunter, craint et respecté du milieu…, mais ce dernier est un incorrigible coureur de jupons !

Adaptation-hommage à Nicky Larson, série qui a bercé l’enfance de pas mal d’entre nous, XYZ recèle tous les ingrédients qui ont fait le succès du célèbre personnage. Si les effets humoristiques sont 100% maîtrisés et même totalement jouissifs, le réal rate le coche dans la chorégraphie des combats. Cette tare étant prévisible pour une production de petite envergure, le spectacle vaut néanmoins clairement le détour.

Chaos

Une voiture roule sur une autoroute perdue au milieu de nulle part. A son bord, un homme écoute la radio pour se tenir éveillé quand tout se coupe : le moteur de la voiture, l’éclairage public, son GSM, sa montre…

Sous ses dehors d’oeuvre écologique très moralisatrice (à raison), Chaos est avant tout un ensemble d’une finesse visuelle exquise. Bénéficiant d’une photographie parfaite, ce post-apo intimiste marque les esprits tant par son fond que par sa forme.

Ice Scream

Rencontre d’un garçon qui veut devenir réalisateur et d’une fille qui veut devenir actrice. Alors qu’ils commencent à répéter, le réalisateur pousse la jeune comédienne à toujours aller plus loin, au point de mélanger réalité et fiction…

Présenté en première mondiale au BIFFF par son réalisateur, Vincent Smitz, déjà primé par l’UPCB lors de l’édition 2014 du festival bruxellois pour Babysitting Story, Ice Scream brille par une scénarisation originale dès ses prémices. Cette originalité tiendra presque la route jusqu’au bout mais sera sapée par un final décontenançant et agaçant. Dommage...

Voltaire

Voltaire est un insignifiant coq de chapelle désirant – malgré tout et à tout prix – trôner sur la cathédrale, là-bas à l’horizon…

Si l’on peut se demander comment Jan Snoeckx a eu l’idée de mettre en scène un poulailler de ferraille perché, force est d’avouer que le tout se tient. L’animation est réellement plaisante et contribue à la bonne tenue de l’ensemble.

Life is strange

Olaf, un jeune artiste devenu sdf, décide d’affronter ses démons et de regagner le château familial…

A la lecture du pitch, les choses ont l’air simples mais elles le sont nettement moins au vu de la mise en scène et de l’élaboration du scénario. Reste que Kevin Dudjasienski, l’interprète principal, y est très bon...

Tranche de Campagne

Une famille d’animaux a trouvé un endroit plaisant pour pique-niquer. À proximité, une bête broute paisiblement. La bonne ambiance de ce déjeuner sur l’herbe va rapidement changer…

Une animation assez sommaire au service d’un prêt-à-penser assez décevant. Imposer des idées avec une image choc, c’est bien mais il faudrait que le tout ait plus d’allure.

Quentin Meignant

BIFFF ON STREAM - Gods of Egypt

Damien Taymans

Une énième tentative de péplum bourrée de pognon jusqu’à la gueule (140 millions de dollars) pour un résultat absolument pas efficient : une fine pellicule d’or apposée sur une belle grosse bassine de bouse.

Seb Brunclair

Gods of Egypt est au péplum ce que Jupiter Ascending est à la science-fiction : un étalage de pognon indécent pour un résultat ridicule et visuellement ignoble, à haut potentiel nanar.

Samuël Tubez

Alex Proyas est tombé bien bas avec cette boursouflure numérique qui recycle les pires productions friquées de ces dernières années en matière de fantaisies antiques (La colère des titans, Immortals,...). Pas grand chose à sauver.

BIFFF 2016 - Le top 5 des rédacteurs

Quelques belles surprises...

Alors que le BIFFF 2016 vient de fermer ses portes, c’est les yeux rouges d’émotion et de fatigue que les chroniqueurs de CinemaFantastique vous livrent chacun leurs tops 5, forts différents pour chacun.

Pour la première fois de l’histoire du site, tous les films ont été couverts et, outre les BIFFF ON STREAM déjà visibles sur le site, toutes les critiques des films ayant pris part à cette 34ème édition seront bientôt en ligne.








LE TOP 5 DES CHRONIQUEURS :

Quentin Meignant

1 - Absolutely Anything

2 - Yoga Hosers

3 - I am a Hero

4 - Retribution

5 - Spy Time

Damien Taymans

1 - The Similars

2 - Southbound

3 - Veteran

4 - The piper

5 - Papillon Noir

Sébastien Brunclair

1- Southbound

2- The Beauty Inside

3 - I Am a Hero

4 - Traders

5 - Patchwork

Alan Deprez

1 - The Tattooist

2 - Green Room

3 - Veteran

4 - Spy Time

5 - ex-aequo : Baskin et The Piper

Samuel Tubez

1 - Green Room

2 - I am a Hero

3 - The Invitation

4 - Retribution

5 - My Big Night

BIFFF 2016 - Le choix de la liberté

La 34ème édition se referme sur une bonne note

Au début de ce BIFFF, nous affirmions que le festival était un moyen de lutter contre l’obscurantisme le plus vil qui tentait d’éteindre la Belgique suite aux terribles événements du 22 mars (voir ICI). Nous en sommes aujourd’hui plus que convaincus : cette 34ème édition, qui s’est tenue de manière exemplaire tel un véritable rempart contre l’idiotie de certains, constituait bien plus qu’un simple amoncellement de films.

Nous pourrions ainsi vous parler des véritables bonnes surprises du festival (Retribution, Absolutely Anything, Southbound, Spy Time et autres) ou des cruelles déceptions telles que Some Kind of Hate, l’infâme 31 de Rob Zombie ou encore They Look like People, mais cela serait éluder le principal attrait de ce BIFFF 2016. Celui-ci est tout simplement humain, entre l’ouverture à la culture et le simple fait de pouvoir refaire le monde et le cinéma autour d’un verre.

Si le Septième Art parait parfois futile en ces temps troublés, le BIFFF, grâce à son organisation parfaite - bien plus encore que les autres années au vu des événements -, a été l’élément rassembleur de personnes venues de tout bord et ayant une vision du monde bien différente. Boire une Troll entre amis n’ayant pas de prix (enfin, si, 2,40 euros tout de même), délirer sur les péloches complètement barrées vues quelques heures auparavant étant carrément jouissif, l’événement bruxellois a largement atteint ses objectifs.

Autant dire que la 35ème édition - que l’on espère moins troublée par des événements extérieurs - est d’ores et déjà attendue de pied ferme d’autant que, cette fois, les gens de Gaumont ne pourront sans doute pas y faire parler d’eux et de leur obscur marketing. Comme dit voici une quinzaine de jours, le BIFFF, c’est la vie, c’est l’amour et, cela, personne ne pourra l’enlever à tous les participants de ce qui est décidément la plus belle fête du cinéma en Europe.

BIFFF 2016 - Le palmarès

Le jury International (Jaume Balaguero, Bai Ling, Marc Caro, Luigi Cozzi et Jasna Kohoutova) a décidé de récompenser les films suivants :

Mention spéciale pour THE ARTI : THE ADVENTURE BEGINS de Huang Wen Chang

Corbeau d’Argent : SEOUL STATION de Yeon Sang-ho

Corbeau d’Argent : THE PHONE de Bong-joo Kim

Corbeau d’Or : I AM A HERO de Shinsuke Sato

Le jury Européen (Olivier Mortagne, Monique Licht, Nancy Ngoma, Freddy Thielemans, Pierre Beaudot, Manu Dacosse, Sacha Feiner) a décidé de remettre le Méliès d’Argent à DEMON de Marcin Wrona.

Le jury Thriller (Ana Garcia, Joëlle Baumerder, Gorian Delpâture, Michel Dufranne) a décidé de récompenser THE PHOTOGRAPHER de Waldemar Krzystek.

Le jury 7e Parallèle (Georges Lini, Maxime Dieu, Joost Vandecasteele, Geoffrey Claustriaux) a décidé de récompenser TRADERS de Rachael Moriarty et Peter Murphy.

Le prix du Public revient pour la deuxième fois, après GHOST GRADUATION en 2013, à Javier Ruiz Caldera pour SPY TIME.

Courts-métrages belges :

Grand Prix : L’OEIL SILENCIEUX de Karim Ouelhaj

Méliès d’Argent : L’OEIL SILENCIEUX de Karim Ouelhaj

Prix BeTV : XYZ de M. Tikal

Prix SABAM : XYZ de M. Tikal

Prix de la Presse : XYZ de M. Tikal

Prix RTBF (La Trois) : VOLTAIRE de Jan Snoekx

Prix FEDEX : VOLTAIRE de Jan Snoekx

Prix Jeunesse : ICE SCREAM de Vincent Smitz

Le jury du 1er Art Contest a décidé de récompenser MONSTRE, une œuvre réalisée par Nathan Vranckx.

BODY PAINTING CONTEST 2016

1er prix :Catherine Nicaisse – Joker de Vasarely

2e prix : Elodie Hance – Quintessence d’un rêve tropical

3e prix : Jana Van der Veken – Holy Body de Gray

Mention spéciale du jury pour Emilie Martin – Pop Art Vivant

MAKE UP CONTEST 2016 :

Amateurs

1er prix : Guillaume Barachin

2e prix :Nora Marziale

3e prix :Anna Maria Kovacs

Semi-Pros :

1er prix :Sandrine Lahou

2e prix :Viviane Dewals

3e prix : Céline Yetters

FX :

1er prix :Tiffany Foglia

2e prix :Amandine Fourny

3e prix : Anais Arandia

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