A SUIVRE...

A SUIVRE... - The woman de Lucky McKee

Extreme controversy

Lucky McKee est un cinéaste au parcours atypique. Une sorte d’Orson Welles dans le paysage du genre américain. A l’instar de celui qui entra instantanément - et durablement - dans le patrimoine cinématographique mondial en troussant Citizen Kane à l’aube de sa carrière, le Californien fascine avec ses premières armes. Après avoir co-réalisé All Cheerleaders die aux côtés de Chris Silvertson, McKee livre, avec May, une chronique horrifique poétique et macabre. Angela Bettis, pour sa première collaboration avec le cinéaste, campe le rôle-titre : May Dove Canady, jeune femme marginale élevée dans l’ostracisme et la peur de l’autre, contrainte de fantasmer des liens sociaux en compagnie d’une poupée de porcelaine nommée Soozy. Au comportement déréglé de son héroïne correspond sur la toile une bouleversante schizophrénie visuelle et narrative ; McKee navigue au sein des genres (chronique sociale, horreur, romantisme d’inspiration gothique), joue sur les contrastes (à l’exposition dramatique succèdent des séquences crues, témoignant, par association, de l’instabilité psychologique de sa protagoniste) et la catharsis en forçant l’empathie du spectateur pour cet ersatz vaguement féminisé du fascinant docteur Frankenstein.

Remarqué grâce à la facture de sa bête de festivals, McKee s’aventure ensuite dans les sous-bois pour le compte de la MGM. The woods sonne comme une promesse, l’exploitation de domaines sylvestres ténébreux et la présence au casting de Bruce Campbell suscitant chez les nostalgiques de l’horreur eighties l’espoir d’une version contemporaine du fantasme suprême, Evil Dead. Le soufflé retombe aussi sec lorsque, trois ans après le début du tournage, les bois se dévoilent enfin. Sous-exploitées au sein d’un script d’une consternante platitude, les étendues sylvestres servent à peine un climax jamais convaincant et sont délaissées au profit de visions argentesques du pensionnat pour jeunes saintes-ni-touche. Quant à la présence de Campbell, elle se réduit à un simple caméo. McKee expérimente sur The woods l’omnipotence destructrice des grands studios : remonté contre son gré puis rangé dans un tiroir pendant près de trois ans, le film semble constituer un nouveau jalon dans la carrière encore précoce du réalisateur : le film maudit.

Heureusement, des résurgences du délicieusement morbide May émergent de Sick girl, un segment de la première saison des Masters of horror dans lequel se partagent l’affiche la muse du cinéaste, Angela Bettis et Misty Mundae. Après deux films déjà estampillé maître de l’horreur, aux côtés de Carpenter, Argento, Hooper et consorts, Mc Kee imprime une nouvelle fois sur pellicule les thématiques qui l’obsèdent : la ségrégation sociale et sexuelle (les héroïnes saphiques sont diabolisées par leurs voisins), la solitude, les instabilités psychologiques. Dans cette pellicule héritière du genre des années 30 et 50 est également confirmée l’attirance de McKee pour les personnages féminins torturés. "J’aime les femmes. Je me sens simplement plus à l’aise avec elles lorsque je suis installé dans le siège du conducteur. J’essaye de les montrer dans différents états : fortes, fragiles, froides, folles."

Red constitue à ce jour son seul acte de traîtrise envers la gent féminine. Adaptation d’un écrit du romancier Jack Ketchum, considéré par Stephen King himself comme "l’homme le plus effrayant", Red suit le lent cheminement existentiel vers un acte de vengeance ultime de la part d’Avery (Brian Cox) envers ceux qui ont abattu froidement son chien. Pour sa deuxième adaptation du script d’un tiers (et sa seconde oeuvre sans Angela), McKee signe un deuxième échec. Evincé du tournage pour d’obscures raisons et remplacé par Allister Diesen Trygve, Lucky, contrairement à ce qu’indique son prénom, joue apparemment de malchance. De cette expérience malheureuse éclot une petite éclaircie... la collaboration très lointaine qu’entretiennent le metteur en scène et le master of horror livresque Ketchum.

Il y a deux ans, McKee est contacté par Andrew van Houten par l’entremise de Ketchum alors qu’il cherche des producteurs pour la transposition d’une nouvelle de l’auteur sur laquelle il a mis une option. Van Houten, qui vient de terminer l’adaptation d’Offspring, espère obtenir de Lucky une idée pour une séquelle potentielle. Le réalisateur avale le bouquin de Ketchum et s’envole pour New York afin de découvrir le film sur grand écran. Au sortir de la salle, l’idée est toute trouvée : la suite s’attachera au personnage de la Femme, seule survivante du clan cannibale traqué dans Offspring. L’intitulé de ce futur métrage signale déjà la résurrection de l’horreur hallucinogène à tendance oestrogénée de McKee : The woman.

Ketchum et McKee collaborent pour l’écriture du scénario qui deviendra un bouquin, sorti depuis janvier dans les librairies US. Défini par l’auteur comme une "exploration de la vraie définition de l’horreur", conçu pour susciter "les sentiments de peur, de choc, de nervosité, de consternation, d’anxiété et de dégout", le film est présenté au festival de Sundance en début d’année (le 23 janvier pour être plus précis) dans une ambiance plutôt... électrique. Des gens quittent la salle (une vidéo a fait le buzz, voir ci-dessous), d’autres se disent indignés par la radicalité et l’ultraviolence de l’oeuvre, la presse crie au coup de massue politiquement incorrect. Les noms d’oiseaux des uns couplés aux expressions galvanisantes des autres entraînent l’adhésion des amateurs de bandes ultimes et jusqu’au-boutistes dans un paysage horrifique dominé par l’étalage inoffensif de monceaux de chair des torture porns actuels. The woman semble capable de relancer, comme Martyrs dernièrement, le débat infécond sur la gratuité de cette ultra-violence au cinéma responsable du dévoiement de notre jeunesse. Pour le coup, le film s’avère d’ores et déjà immanquable...

REACTION EPIDERMIQUE A LA PREMIERE DE SUNDANCE

A SUIVRE... - Fright night

Vampire, vous avez vraiment dit vampire ?

En soi, l’annonce du remake de Fright night n’avait rien d’étonnant. Le projet se trouve même au confluent des tendances du cinéma de genre contemporain puisque s’y épousent la grande tradition mercantile du remake des canons de l’horreur eighties, le lifting du croisement des genres comico-gore (Shaun of the dead, Tucker and Dale vs evil) , la technologie stéréoscopique (se faire sucer en trois dimensions, ça vous dit ?) et l’attachement des productions pour les suceurs de sang depuis la déferlante fantastico-romantique Twilight.

En 1985, Tom Holland écrivait et réalisait Vampire, vous avez dit vampire ?, comédie horrifique qui convoquait toute l’imagerie traditionnelle des monstres à longs crocs et tournait à la dérision l’apanage du bon petit chasseur de vampires. Lancée par Dreamworks/Disney (le projet avait déjà connu une première tentative de concrétisation avec Screen Gems qui a finalement revendu les droits du film), l’entreprise du refaisage s’acoquine rapidement d’un nom. Celui de Craig Gillespie (Monsieur Woodcock, Une fiancée pas comme les autres), entretemps annoncé pour reprendre les rênes de la parodie Orgueil et préjudices et zombies produite pas Nathalie Portman. Le scénario échoit à Marti Noxon, scénariste émérite d’une autre création vampirique lorgnant sur les productions des années 80, à savoir la série Buffy contre les vampires. Egalement signataire des quelques épisodes des séries Mad men et Grey’s anatomy, la scénariste se voit confiée une tâche délicate : réactualiser un script fendard sans l’aseptiser.

Car, à l’origine, Fright night est une bande qui a rapidement accédé au statut d’oeuvre culte. Réalisé en 1985 par Tom Holland (Jeu d’enfants, La peau sur les os), Vampire, vous avez dit vampire ? (titre français contestable) provoque, dès sa sortie en salles, l’adhésion du public au point que l’investissement de départ de Columbia (9 millions de budget) est récupéré près de trois fois, rien que pour l’exploitation américaine. Chez nous, même constat : le film remporte le Prix Dario Argento au festival d’Avoriaz et réalise de très beaux scores au box-office hexagonal. Fidèle au matériau originel, le remake de Gillespie multiplie même les clins d’oeil en offrant notamment un caméo à Chris Sarandon, le Jerry Dandridge de 1985.

La relève est dignement assurée puisque le rôle de Sarandon incombe pour l’heure à Colin Farrell (Daredevil, Ondine) dont le pouvoir de séduction naturel sied parfaitement au personnage de gendre-parfait énigmatique qui lui revient. "Il personnifie littéralement le personnage. Il représente la version ténébreuse des vampires contemporains." confie le réalisateur. Et comme tout bon vampire doit être accompagné d’un tueur capable de lui limer les canines, le chasseur Peter Vincent (contraction référentielle des patronymes de Peter Cushing et Vincent Price) reprend du service sous les traits de David Tennant. Le chasseur a cependant subi une importante mutation avec les années puisqu’il s’est transformé en illusionniste dans la veine gothique, tendance Criss Angel (le déplacement géographique sur les terres de Las Vegas expliqueraient ce morphing). Anton Yelchin (Chekov dans le Star Trek de JJ Abrams) campe quant à lui le rôle du jeune héros paranoïaque Charlie Brewster, qui tente de dérober sa jugulaire aux morsures mortelles de son inquiétant voisin. A ses côtés figurent Toni Collette (Le sixième sens), Christopher Mintz-Plasse (le délirant Red mist de Kick-Ass) et Imogen Poots (Eva dans le Chatroom de Nakata), interprétant respectivement la mère, le meilleur ami et la petite amie de Charlie.

Après avoir révélé une séquence de huit minutes au Comic-con, le film sera complètement dévoilé lors de sa sortie officielle sur les écrans US ce 19 août.

A SUIVRE... - Attack the block

Ma 6-T a craqué...

Le nom du britannique Joe Cornish a récemment traversé nos frontières puisqu’il est chargé de co-scénariser, en compagnie d’Edgar Wright (Shaun of the Dead, Hot Fuzz, Scott Pilgrim), la future adaptation cinématographique de Tintin, chapeautée par Steven Spielberg et Peter Jackson. Après avoir officié durant de longues années à la télévision en compagnie de son complice Adam Buxton (The Adam & Joe Show), Cornish entreprend de mettre en scène son premier long-métrage en solo.

Attack the block offre une opposition peu commune dans le cinéma de genre (si l’on excepte Alien raiders qui avait effleuré l’idée avec ces braqueurs coincés dans un supermarché en compagnie de créatures visqueuses) : dans le coin gauche du ring, des caï-ra londoniennes encagoulées qui vivent de larcins et terrorisent les rues de la cité une fois la nuit tombée ; dans le côté droit, une bande d’extraterrestres arrivés en même temps qu’une météorite dont les ambitions sont loin d’être pacifistes. Le film aurait d’ailleurs pu s’intituler La Haine vs aliens (dommage, ça sonnait bien !) si les pontes de Rebellion y avaient songé. Sur fond de chronique sociale très noire (le métrage s’ouvre sur les méfaits des petites frappes restituées avec toute la froideur et la violence qui caractérise ce genre d’agressions quotidiennes), Cornish applique des éléments issus de SF et de films d’aventures, sans jamais sombrer dans la gaudriole parodique. Les filiations que semblent entretenir Attack the block et Shaun of the Dead (Edgar Wright est producteur exécutif du film de Cornish dans lequel apparaît Nick Frost) sont purement fortuites, les deux oeuvres ne fendant pas les mêmes flots.

Il flotte dans Attack the block un doux parfum des productions Amblin (décidément, après le Super 8 de JJ Abrams !). Cornish convoque ainsi l’imagerie d’E. T. (espérons que les gamins à bicyclette continuent à renvoyer vers Spielberg et pas vers les Dardenne brothers), tisse sa toile à partir d’éléments qui auraient pu appartenir à Night Skies (projet de séquelle à Rencontres du troisième type de Spielby finalement avorté) et épice l’ensemble avec un contexte social difficile, celui des zonards de la banlieue londonienne en proie au désespoir qui ne trouvent de reconnaissance que dans l’appartenance à une bande (Cornish passe une année à s’imbiber de la culture des jeunes banlieusards avant de rédiger son script). Côté références, Attack the block se situerait plutôt à mi-chemin de la filmographie de John Carpenter, mêlant le contexte d’Assault on Precinct 13 et les cascades musclées d’Escape from New York. De quoi faire patienter en attendant LA Gothic de Big John...

Attack the block pourrait constituer l’une des plus grosses surprises de l’année. Notons d’ailleurs que des rumeurs de remake hollywoodien planent déjà dans l’air, les dialogues et accents trop typés de la bande ne convenant pas aux Américains moyens...

Big Talk Productions (Shaun Of The Dead, Hot Fuzz et Scott Pilgrim Vs. The World), a produit le film en association avec Film4, The UK Film Council et StudioCanal. Attack the block, couronné au festival d’Austin, est sorti sur les écrans anglais le 13 mai 2011, aucune date n’est arrêtée pour nos patries.

LE TRAILER

A SUIVRE... - Abraham Lincoln, Vampire hunter

Que la traque commence...

Le temps est à la tombée des masques, à l’assassinat des faux-semblants, à la destruction des réputations, à la montée des thèses conspirationnistes). A la sodomie à sec et sans consentement, comme si toute autre forme d’amour était soudainement impossible. Comme si le filtre de l’esprit critique était devenu une condition sine qua non pour accepter le monde qui nous entoure. Les rumeurs continuent d’alimenter les discussions de fanatiques emmitouflés devant leurs milliers de vidéos Youtube pré-enregistrées contenant toutes dans leur intitulé le mot "clash" ou un assimilé. Kennedy a-t-il réellement été assassiné ? Elvis swinguerait-il encore sur une plage de Bora Bora ? Michaël Jackson s’amusait-il avec des marmots dans son Neverland ? DSK est-il ou pas le nègre d’Octave Mirbeau pour son Journal d’une femme de chambre ? Et, dernièrement, Abraham Lincoln a-t-il un jour réellement chassé les vampires ?

Contrairement aux débats rigolards alimentés par une certaine presse plus si "pipeul" que ça et aux médiatico-clowns négationnistes, antisionistes, bref misanthropes, Seth Grahame-Smith, quand il émet des thèses aussi farfelues, lui, c’est juste pour la gaudriole. Abraham Lincoln, Vampire hunter, publié en mars 2010, touche en effet aux coulisses de la vie d’homme politique et d’homme-citoyen du seizième président des États-Unis. Partant d’un journal intime - et donc, secret - qui aurait atterri dans ses mains, l’auteur retrace, de son enfance à sa mort, l’existence obscure de Lincoln qui, après avoir perdu sa maman assassinée par un vampire revanchard, décide de prendre les armes et de mener secrètement une cabale anti-suceurs de sang. "Il y a quelques années, juste avant le bicentenaire Lincoln, une nouvelle biographie du président sortait chaque semaine", explique l’auteur. "C’était aussi l’époque de la folie Twilight. Inévitablement, il y avait donc dans les librairies une table consacrée aux vampires à côté de celle dévolue à Lincoln. J’avais sous les yeux les deux ingrédients de mon futur livre."

Plutôt bien reçu par la critique américaine, le livre ne tarde pas à susciter l’engouement de Tim Burton (Charlie et la chocolaterie, Big fish) qui co-produit avec sa société le film, aux côtés de celle de Timur Bekmambetov (Wanted, Nightwatch, Daywatch), réalisateur du projet. Sous le haut de forme présidentiel, Benjamin Walker (Mémoires de nos pères), rompu aux rôles de chefs d’état puisqu’il incarnait déjà Andrew Jackson, le septième président ricain dans un spectacle musical intitulé Bloody Bloody Andrew Jackson. Son épouse, Mary Todd, est incarnée par Mary Elizabeth Winstead, vue dans Destination finale 3, Boulevard de la mort et Scott Pilgrim et Henry Sturgess, le compagnon d’armes de Lincoln empruntera les traits de Dominic Cooper (Mamma mia !, Captain America), tandis que le chef des vampires sera interprété par Rufus Sewell (Vinyan, L’illusionniste). Autant dire que la tribune présidentielle est bien garnie.

Pour ce qui est de l’adaptation, Bekmambetov et son scénariste, Simon Kinberg (Jumper, Sherlock Holmes, Mr and Ms. Smith) travaillent en étroite collaboration avec l’auteur du roman afin que la transposition reste la plus fidèle possible. Pourtant, quelques différences devraient exister entre les deux matériaux : le personnage de Lincoln se veut plus humain, plus maladroit, la vision du métrage épousant totalement le caractère taciturne de l’illustre président qui pouvait se montrer extrêmement mélancolique et fermé dans sa carrière politique et plus guilleret lorsqu’il enfilait la robe - pourtant austère - de la justice. Deux facettes d’un illustre personnage qui renvoient à l’incroyable maestria de Grahame-Smith qui allie avec art la fiction la plus absurde et une rigueur historique hallucinante.

A SUIVRE... - Brave

La rousse et le glaive

Brave arrivera en conquérante en été 2012. Conquérante car elle est pionnière dans plusieurs domaines pour l’écurie Pixar : premier conte de fées se déroulant dans une imagerie merveilleuse, premier film co-réalisé par une femme (Brenda Chapman, remplacée depuis par Mark Andrews), première œuvre dont le héros porte une robe. La tignasse rousse et les yeux topaze de la princesse contrastent avec la carrosserie rutilante de Flash McQueen, les châssis impeccablement graissés de Wall-E ou l’allure dégingandée du cowboy Woody. Ne vous y trompez pas, la donzelle a du répondant au point de mériter amplement son surnom de princesse rebelle (l’adjectif est l’alternative choisie par les distributeurs français au titre originel). Rebelle et courageuse comme le souligne l’intitulé original, bien que le synopsis insiste majoritairement sur son caractère bien trempé et son appétence particulière à créer le chaos. Le royaume écossais en subira les frais puisque l’experte en tir à l’arc, en défiant une tradition millénaire sacrée, chamboule l’existence de ses concitoyens et propulse sa nation chérie au bord du gouffre.

Pixar Animations s’engage donc sur une nouvelle voie avec Brave et, comme le soulignait récemment le magazine Empire, montre une singulière envie de ne pas se reposer sur ses lauriers. À l’heure où les séquelles de Toy story (3ème du nom) et de Cars (2ème opus) engrangent de gargantuesques bénéfices, la société de John Lasseter opte pour la diversification. Faut-il voir dans Brave une réponse calibrée à l’héroïne du conte noir d’Henry Selick, Coraline (les critiques n’ont pas été tendres envers les studios Pixar à l’égard de leur manque de figures féminines) ou à l’exploitation rigolarde du merveilleux de la franchise Shrek ? Pas sûr puisque les auteures Brenda Chapman (La Belle et la Bête, Cars) et Irene Mecchi (Le Roi lion), confessent leur amour pour les contes d’Andersen et des frères Grimm dont l’univers du film sera un savoureux mélange, agrémenté d’une réflexion sur l’éducation des filles. "C’est un personnage adolescent épique et mystique ! L’histoire est riche, et chaque personnage aura une histoire." confie le réalisateur.

Côté vocal, la princesse Merida est accompagnée par Kelly MacDonald qui se substitue à Reese Witherspoon initialement choisie (la loi des agendas est impitoyable) tandis que les parents royaux sont interprétés par Billy Connolly et Emma Thompson. L’impressionnant Lord MacGuffin, Lord Macintosh, désagréable au plus haut point et l’irascible Lord Dingwall sont respectivement doublés par Kevin McKidd, Craig Ferguson et Robbie Coltrane. Autant dire que les kilts ne manqueront pas dans cette aventure épique que les spectateurs français pourront écosser dès le 1er août 2012...

LE TRAILER

A SUIVRE... - The Man with the Iron Fists

A la fin du mois de juin dernier, un trailer sortait de nulle part. Le genre de bande-annonce qui, non seulement, ne se refuse pas, mais, en plus, qui se déguste sans modération, jusqu’à plus soif. Le genre de bande qui, à elle seule, suffit à faire le bonheur des statistiques d’un site, mais surtout à créer un engouement hors du commun autour de ce qui semble être un OFNI. Cette bande-annonce est celle de The Man with the Iron Fists, premier long-métrage du rappeur RZA, leader du Wu Tang Clan, qui semblait être un projet tout neuf, débarquant comme prêt à la consommation pour des millions de spectateurs.

Tout neuf ? Pas réellement. Fort de son expérience de chanteur, primé dans le Monde entier pour les morceaux inoubliables de son groupe, RZA, Robert Fitzgerald Diggs de son vrai nom, a fait ses premiers pas depuis longtemps dans le monde du cinéma. Depuis tout petit à vrai dire avec un amour inconsidéré pour les arts-martiaux qui lui faisaient parcourir des kilomètres dans sa ville New York afin de découvrir les films de Bruce Lee. Une première claque s’appelant Opération Dragon, avec le Maître Lee mais aussi Jim Kelly, ayant suffit à lui filer le virus du Septième Art, l’artiste a toujours gardé dans un coin de sa tête un amour presque aussi puissant que celui qu’il cultivait pour le hip-hop.

Tout, ensuite, n’a été que rencontres, comme lorsque, pour sa première prestation en tant que compositeur, en 1999, il croise le chemin du réalisateur Jim Jarmusch et de son Ghost Dog, qui, encore une fois, le plongeait dans le domaine des arts-martiaux. Auteur d’un score très marquant pour l’occasion, RZA a l’occasion de bavasser avec Jarmusch et de partager quelques discussions formatrices au sujet de la réalisation. La rencontre avec Quentin Tarantino sur Kill Bill, en 2003, est, quant à elle, décisive : de plus en plus portée sur la mise en scène, l’attention du rappeur est mise en exergue par le cinéaste qui lui propose de passer un mois sur le tournage à Pékin, tel un « élève » comme le révèle désormais RZA. L’homme qui voit en Tarantino son « mentor » en prend plein les mirettes et, en 2005, confie au Maître l’idée du projet The Man with the Iron Fists. Producteur éclairé, ce dernier y voit un bon concept et se presse de mettre RZA en contact avec Eli Roth, homme de la situation. Ensemble, les deux nouveaux compères vont échafauder un véritable scénario.

Dès 2008, le script est finalisé et Eric Newman et Marc Abraham s’embarquent en tant que producteur de la chose en compagnie d’Eli Roth, totalement enthousiaste, et d’un Quentin Tarantino, soutien principal de l’ensemble, qui sent que « son poulain est prêt à devenir réalisateur ». L’élève d’hier est donc devenu le réalisateur d’aujourd’hui et son tournage prend place de décembre 2010 à mars 2011 en Chine avec un budget d’une vingtaine de millions de dollars. Avec des séquences tournées dans Shanghai même mais surtout au sein des énormes Hengdian World Studios, considérés comme les plus gros au Monde, la production a de l’allure, d’autant que le légendaire Corey Yuen se charge des chorégraphies. Auteur de travaux remarquables sur The Legend, avec Jet Li, Red Cliff, les Twin Effects, la saga du Transporteur (dont il endosse la co-réalisation du premier opus), mais aussi responsable de la mise en scène d’œuvres marquantes comme La Légende de Fong Sai-Yuk, Bodyguard from Beijing ou My Father is a Hero, l’homme est d’une grande aide et drive au mieux un casting aux allures incroyables.

Outre la présence de l’inimitable et très demandé Maître Martial et champion d’UFC vietnamien Cung Le, le métrage s’appuie sur les présences de Lucy Liu, visiblement impeccable, Russell Crowe, qu’RZA a réussi à convaincre durant le tournage des Trous prochains jours, œuvre au sein de laquelle ils évoluaient tous les deux, la splendide Jamie Chung, le terrible catcheur Dave Bautista, ou encore l’excellent Rick Yune, impressionnant dans le Ninja Assassin de James McTeigue. Tout ce beau monde, mû par l’enthousiasme du néophyte RZA et drivé par l’expérience de Corey Yuen, Thomas Chow (True Legend) et Joe Chan (Mad Detective, Exilé,…), respectivement premier et second assistants réalisateur, ne pouvait qu’exceller et livrer ce que le rappeur attendait : un hommage aux films d’arts-martiaux de la Shaw Brothers.

Le tout n’est néanmoins pas simple puisque, fourmillant d’idées, RZA se perd un peu en chemin et offre un premier montage long de… 4 heures à ses producteurs, en désaccord total avec Eli Roth. L’idée de scinder le film en deux parties étant rapidement abandonnée, la phase de post-production a pris du temps pour en arriver au format de 90 minutes que les spectateurs américains pourront découvrir sur leurs écrans dès le 2 novembre prochain, le film étant distribué sous la houlette d’Universal Pictures, ce qui devrait par ailleurs lui assuré une sortie en salles sous nos latitudes. En plus de s’en prendre plein les mirettes, les futurs spectateurs de The Man with the Iron Fists en auront aussi plein les oreilles au vu du soin particulier (on n’en doutait pas une seconde) apporté au score de l’ensemble. Outre d’évidents morceaux de RZA (dont l’un est déjà) à écouter ci-dessous, le film créera le buzz par la simple puissance de sa bande originale, suffisante pour attirer de nombreuses personnes pas forcément attirées par les arts-martiaux ou même le cinéma. Le large panel d’artistes que constitue la réunion de The Black Keys , Kanye West , les Wiz Khalifa , My Chemical Romance , John Frusciante et la chanteuse chinoise Sally Yeh suffit à transformer l’ensemble en « boîte à tubes » qui, de surcroît, bénéficiera de l’apport de morceaux antérieurs de William Bell , Isaac Hayes et Mable John fournis par Stax Records ainsi que du travail d’Howard Drossin, qui s’est déjà distingué sur Danny the Dog, Afro Samourai et bien d’autres œuvres dans le domaine.

Cette gigantesque association de talents, couplée à la présence sur la toile du trailer dévoilé en juin (et présenté une nouvelle fois ci-dessous) et à un pitch résolument tourné vers les arts-martiaux suffisent largement à faire de ce The Man with the Iron Fists, encore inconnu il y a un peu plus d’un mois, l’un des projets les plus attendus de la fin de l’année, voire du début 2013. Prenant place dans la Chine du XIXème siècle, le film suit un forgeron, incarné par RZA lui-même, créant des armes dans le but de défendre son village. Il se voit dans l’obligation de choisir entre se battre pour sa vie ou pour défendre le village.

MORCEAU "BLOWIN’ IN THE WIND" de RZA :

BANDE-ANNONCE NON-CENSURÉE DE THE MAN WITH THE IRON FISTS :

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