Le Cinéma Fantastique au bout des doigts. Cinéma Fantastique vous propose une critique jeune des films les plus vieux au plus récents traitant du fantastique dans sa globalité. Horreur, gore, fantômes ...
Cette 30ème édition du BIFFF sera indubitablement à marquer d’une énorme rocaille blanche. A quelques encablures de cet événement incontournable, un collectif de jeunes - hum - cinéastes s’est monté dans le but de rendre hommage à ce festival en passe de devenir trentenaire et donc de sombrer dans la dépression, selon la tradition.
De ce collectif naîtront une série de courts-métrages fantastiques qui seront projetés avant certaines séances du festival. La machine est désormais plus que lancée et nous souhaitions mettre brièvement en lumière Sanctuary’s Battle, actuellement en tournage dans les somptueuses ruines de l’abbaye de Villers-la-Ville sous la houlette d’Emre Olcayto, à qui l’on doit notamment le clip musical d’Houselellouia de Stromae.
Au programme : des anges, des démons, des succubes hyper-sexys. Le domaine abbatial risque de ne plus pouvoir tenir sa réputation de lieu sacré...
La production de Sanctuary’s Battle, le dernier film d’Emre Olcayto, réalisateur belge réputé pour ses travaux dans les domaines du clip musical (Houselellouia de Stromae) et de la publicité (récemment récompensé à Cannes), nous a fait parvenir des clichés exclusifs du film d’ores et déjà prévu pour être projeté au 30ème festival du BIFFF.
En guise d’apéritif, de splendides succubes (dont la splendide Sarah Van Calck) envoyées sur Terre par Lucifer pour quérir une entrée dans le monde des vivants.
Le film est doté du synopsis suivant : Il y a très longtemps, Lucifer était un ange de Dieu. Parce qu’il ne partageait pas les idées du Créateur, il fut banni du paradis et envoyé en enfer. Mais il a trouvé un moyen de pénétrer sur Terre et d’y vivre caché. Il est désormais en quête d’une clé capable d’ouvrir les portes de l’enfer et de créer ainsi un couloir entre la terre des hommes et les abimes infernales. C’est dans cette optique qu’il envoie ses deux filles et ses meilleurs combattants rechercher une clé cachée, enterrée parmi les hommes...
Crédits photos : Aurore Belot





Du gore, des zombies, des roulettes et du sex-appeal !

Slutterball, réalisé par Jérôme Vandewattyne, sera une des capsules vidéo conçues à l’occasion des 30 ans du BIFFF et donc diffusée lors de l’édition 2012 du festival. Jérôme « beau comme l’inceste » Vandewattyne s’était auparavant illustré avec le Trailer Offf (pour l’interview « Ose Court », c’est par ici !), fausse bande-annonce grindhouse férocement réussie et projetée en avant-programme des séances de minuit du BIFFF 2011 (lien vers le film).
Slutterball est, comme son titre l’indique, une référence limpide au Rollerball (1975) de Norman Jewison, bien qu’il s’inscrira sensiblement plus dans une mouvance Bis et « exploitative ». Je suis un spectateur privilégié du tournage, vu que j’y participe activement comme assistant-réalisateur et ai épaulé Jéjé dès l’étape du scénario.
En effet, Mr. Vdw est de ces réalisateurs en qui je crois, une tête brûlée comme on les aime, éduqué dès le berceau à coup de péloches déviantes et autres films d’exploitation. Mais c’est avant tout un mec remarquable, d’une incommensurable sympathie, doublée d’une franchise et d’une spontanéité que beaucoup de gens du métier ont perdues depuis bien longtemps… A fortiori dans le microcosme de l’audiovisuel belge… D’ailleurs, Jéjé m’aidera à son tour sur ma propre capsule pour le 30ème anniversaire du BIFFF, Erotomania, aux douces effluves d’érotisme trouble, de gore et de « pink violence ». Mais ceci est une autre histoire…

Alors à ce stade, vous devez vous demander de quoi peut parler ce mystérieux Slutterball… Je vais tâcher d’être bref ; le film se propose de lâcher un pédophile multirécidiviste dans un parc d’attraction désaffecté, rapidement traqué par les Sluts, harpies assoiffées de sang et montées sur patins à roulettes. En somme, une version « belgian trash » des jeux du cirque, sous les yeux de personnages plus azimutés les uns que les autres. En dire plus serait criminel… Néanmoins, pour vous faire baver un peu, j’ajouterai que Jéjé devrait bénéficier, sur mes conseils d’érotomane avisé, de la présence de l’ex-hardeuse Lavandra May (à l’affiche du film Echap) et de la porno star Jasmine Arabia (remarquée chez John B. Root), pour des rôles pas piqués des hannetons !
Jour 1
De très bon matin, les mines défaites de l’équipe, en sérieux manque de sommeil, se retrouvent au « Dadipark », parc d’attraction délabré sis dans les environs de Courtrai. Emaillé d’un drame - le décès d’un enfant grièvement blessé par un manège -, l’endroit dégage une impression irréelle et étrange, à la vision de ces manèges « fantômes » laissés à l’abandon. Tel un lieu où l’activité humaine se serait arrêtée pour laisser la nature reprendre ses droits. Une atmosphère farouchement « cinégénique » dont l’équipe a saisi la pleine mesure durant cette journée.

Après un important travail de make-up, coordonné par le maestro ès SFX Jean-Michel Degoedt, nous nous retrouvons face à une bande de « pom pom girls zombies » mutines et à l’impayable Rémy Legrand (l’homme aux seins connus de nos services, esclave sexuel d’habitués notoires du BIFFF) dans la défroque d’un individu pas très net… qui en aurait douté ?
Ce qui se dégage le plus de cette journée, en sus de l’ambiance chaleureuse et de la bonne humeur de l’équipe, est surtout cette grande humilité des techniciens, entièrement dévolus à la réussite de l’ensemble et aux intentions du réalisateur. J’ai assisté à tellement de tournages pourris par les egos et le mauvais esprit de certains, que c’en serait même rafraichissant ! Réalisé avec du matériel léger, Slutterball exhale une ambiance de tournage à la Henenlotter (Basket Case) ou John Waters (Pink Flamingos), où la débrouille et le système D ont perpétuellement droit de cité. Un certain sens du « DIY » (Do It Yourself) poussé à l’extrême, encourageant l’équipe à utiliser idéalement les infrastructures du lieu pour pallier au manque de machinerie.

A la fin de la journée, le sourire se lit sur les visages et, à l’heure des comptes, on remarque le nombre indécent de plans mis en boîte : plus d’une cinquantaine ! L’effet Vandewattyne ?
Jour 2
Levés une fois de plus de bon matin pour une journée qui s’avérera plutôt sportive, nous sommes vite rejoints par de charmantes demoiselles, membres d’un club carolo - le « Blackland Rockin’ K-Rollers » - de « patinage extrême » (roller derby),
qui incarneront avec force les Sluts, amazones démoniaques et sanguinaires, avec en tête de proue la ravissante Aline Decat. Son aisance sur patins en rendrait ses mouvements hypnotiques…
En un déferlement de couleurs et de « trash attitude », ces sportives nous ont régalé par leur maîtrise, leur style affirmé et leurs allures terriblement sexys. Il fallait se lever tôt pour les suivre et votre humble serviteur s’y colla une bonne partie du temps, l’espace de quelques « arrachés », plans débullés et autres prises sur le vif, suppléant un instant au cadreur Gilles Maret.
Vivement la suite !

Quelques photos de tournage
Le Slutterball de Jérôme Vandewattyne s’illustre à nouveau avec une poignée de photos plateau, issues de la troisième journée de tournage.
L’occasion idéale pour un focus sur la "team make-up" du film, ne s’arrêtant pas aux œuvres sanglantes de Jean-Michel Degoedt, qui avait jadis élaboré, de concert avec Jérôme, le look bien particulier des zombies du Trailer Offf, que l’on retrouve dans leur dernier méfait cinématographique.
Mr. Vdw a la chance d’être solidement épaulé par les talentueuses Sarah Guinand et Aurélie Beeckman. En effet, Sarah a longtemps travaillé avec le réalisateur en amont du projet, pour définir l’allure générale et le "design" des nombreux make-up (croquis à l’appui), tandis qu’Aurélie apporte sa touche personnelle autant que son savoir-faire aux créatures qui "hantent" le Slutterball.
Deux drôles de dames pour Jéjé Vandewattyne, un homme (à femmes ? - NDLR) qui sait décidément s’entourer !





La poooorte !
Après les hydres SM de Villers-la-ville (Sanctuary’s Battle) et les harpies foraines extrêmement jouettes de Courtrai (Slutterball), c’est à Uccle qu’a été donné le premier tour de manivelle du troisième court-métrage du Collectifff.
Nous ne nommerons pas le réalisateur pour des raisons plus qu’évidentes de conflit d’intérêts avec le BIFFF (sachez seulement que son nom commence par Youssef et se termine par Seniora), mais ce dernier affirme d’emblée ses intentions dès que nous arrivons sur le plateau : "Avec « Trapped », j’ai voulu aller à l’encontre de tous les autres projets du Collectifff. La plupart des réalisateurs du groupe ont décidé de verser dans l’hommage aux classiques, avec zombies, serial-killers etc... sans aborder l’humour en tant que tel dans le genre. Alors, je me suis mis un défi personnel : mon angle d’attaque sera purement humoristique et tout se déroulera dans un cagibi reconstruit de A à Z ! ". Paraîtrait qu’en coulisse, l’équipe le surnommerait Youssef Carpenter ou encore Joseph le charpentier, mais ça, c’est de la cuisine interne : cela ne nous regarde pas.
Sans trop entrer dans les détails, Trapped est un huis-clos qui relatera les mésaventures surréalistes de deux branquignols pourchassés par un meurtrier, à première vue aussi couillon que ses victimes potentielles. Et, sur le plateau – composé d’un lino en damier, d’une porte griffée par un Yéti (en tout cas, c’est l’impression que ça donne) et de faux murs tâchés de sang – la maquilleuse s’active autour de Katia Olivier (réalisatrice du court Méliès d’argent 2008 Virtual Dating) qui, pour le coup, joue le rôle de Sandy : un cadavre encore tiède habillé comme une pute sur le retour. Eventrée pour les besoins du tournage, elle supporte sans broncher un mélange de ouate, de latex, de colorant et de haché – qui n’est pas halal ! Précise le réalisateur – et se laisse même aller à des confidences : ça gratte, mais le sang sur la peau, c’est tellement agréable ! C’est normal que ça m’excite autant ? (rires).
Surgissent alors les deux acteurs principaux, Lorenzo Morello et Stéphane Everaert (oui, oui : le présentateur adoré du BIFFF) qui prennent place dans le décor pour les derniers réglages techniques : si Lorenzo semble prêt pour enchaîner directement avec une soirée au Louise Gallery, Stéphane, affublé d’un t-shirt Sperman et victime – dirait-on – d’une éjac’ faciale sanguinolente, semble plus atteint par le tournage. Mais le moral est toujours au beau fixe car tout se passe avec une spontanéité et une sympathie qui semble décidément être une marque de fabrique dans le microcosme de l’audiovisuel belge. Il suffit de voir les deux acteurs dévorer Sandy/Katia des yeux en s’échangeant des joutes aussi fleuries que « tiens, j’ai envie d’un spaghetti bolognaise » ou encore « Y a un rejet mammaire du côté de la panse, on dirait » pour s’en persuader.
Et finalement l’on quitte le tournage en ne pouvant s’empêcher de repenser à cette ligne du dialogue, répétée à l’envi pendant notre présence et qui revient tel un mantra, « Putain, c’est trop con de mourir puceau... » tandis qu’on entend au loin d’autres membres de l’équipe beugler leur slogan mystique : « attention aux chats, merde !! ». Bref, des minous et des puceaux... Vivement la défloraison au BIFFF !




La Saint-Nicolas en patins !
Ce 6 décembre, plutôt que de vous proposer la vue repoussante d’un vieillard barbu attifé de rouge et porté sur les enfants en bas âge, Jérôme Vandewattyne a décidé de vous offrir une première affiche teaser de son "Slutterball" tant attendu. De quoi contenter la horde de nymphettes en chaleur et de jeunes éphèbes qui campent devant son paillasson !
Ce "teaser poster" résulte des efforts conjugués de Gilles Maret (photo) et Jean-Michelle Degoedt (retouche).

Et la photo d’illustration de l’article, que vous aurez brièvement pu découvrir en page d’accueil du site (diaporama) est issue du travail du photographe Mondiani Joli.
Et ça continue, en gore et en gore...
Et hop, une petite mandarine offerte par le Patron des écoliers avant d’aller griller sous les mandarines du patron des écorchés, David Leclercq, réalisateur du quatrième court-métrage du Collectifff !
La première impression en arrivant sur le plateau est frappante : l’endroit est glauque à souhaits ! Des murs verdâtres tirant vers le mickey gluant du tarin, des crucifix renversés (si, si, si !), des cotillons datant certainement du pot de départ de Wilfried Martens, le tout lardé de traces de frein, de sang, de foutre et probablement de crème fouettée (les Pasque rôdent aux alentours). Au centre, une table sur laquelle se dresse un gâteau d’anniversaire à moitié entamé et un mélange de quiche gastrique ressemblant farouchement aux restes d’un lépreux vietnamien qui se serait malencontreusement mis au banjo. Néanmoins, le plus inquiétant se trouve plutôt autour de ce « festin » : des zomblards à l’œil pendant, aux pustules méphitiques et aux mâchoires rabattues trépignent sur place comme s’ils attendaient un arrêt pipi depuis le siècle dernier. Soudain, le réalisateur débarque sur le plateau et son bestiaire fouettant le ragondin fermenté se met à hurler : « Gnnoyeux gnanngniverfaiiir !! »
Parce que, oui, ce 7 décembre, David Leclercq est l’heureux papa de 365 jours en moins sur cette terre ! Mais, est-ce que cette coïncidence l’aide à transcender son scénario ? "Non, c’est un pur hasard, mais l’analogie est intéressante, cela dit !" sourit David avant d’en revenir à la genèse du projet : "à la base, le thème général était l’anniversaire du BIFFF. Tout le monde est parti dans des directions différentes mais moi, je suis resté braqué comme un couillon sur l’anniversaire. Alors j’ai imaginé un zombie dans un monde post-apocalyptique qui fête son anniversaire et qui essaye tant bien que mal de souffler le doigt-bougie (sic) alors qu’il n’a plus de lèvres ! Et c’est parti pour cinq minutes délirantes où il va tenter avec ses potes d’éteindre cette foutue bougie." La paraffine équipe, en somme.
Point d’ego pourri ou de mauvais esprit durant ces trois jours de tournage (le cameraman Nicolas Savary est même passé faire quelques plans en steadycam), alors que la logistique était relativement lourde et le travail en amont particulièrement conséquent. "Ma trouille première, continue David, c’était le maquillage et les effets spéciaux : je ne voulais pas d’un effet cheap avec un bête bout de latex. On a donc fabriqué des moules et des prothèses avec Michael Loncin que l’on peut directement appliquer sur les comédiens. Ça complique le plan de tournage mais, au moins, ça a de la gueule ! "
Et, effectivement, lorsqu’on retrouve le comédien Marc De Roy au cathering, l’effet est saisissant : on dirait un croisement improbable entre Darth Maul et Toxic Avenger. Mais, si les prothèses facilitent le travail du réalisateur, qu’en est-il des comédiens ? "C’est simple, répond Marc, je bois à la paille et je bouffe en avalant mes fausses dents, le tout devant un miroir pour être sûr de viser le bon orifice." Bon, d’accord, on laisse la belle de jour au cathering (Deneuve) et on retourne sur le plateau, où on surprend une discussion entre David et son directeur photo, Sammy Hermand. "Bon, on va faire éclater une tête maintenant, fait le réalisateur. On le fait en direct ou en post-prod ?" Sammy Hermand, l’œil encore gourmand alors qu’il vient de s’enfiler des boulettes de lapin sauce gibier à la pause, rétorque d’une voix placide : "En direct, c’est mieux…" Et là, on se dit qu’il est plus que temps de se carapater en douce pour ne pas terminer en stoemp sur les murs, et de filer en voiture avec Youssef Seniora, qui s’occupe de l’intendance sur le tournage avec un sens inné du DIY (Do it Youssef) !



Crédits photo : Christelle
Ça va pas dans ta tête ??
C’est par un froid mordant de décembre que nous arrivons aux confins de la commune d’Uccle, à la lisière de la frontière linguistique où les rues commencent à avoir des noms à consonance batave, telles que Kriekenput, Lindenlaan en zo voort… On avance avec prudence, comme si l’on se trouvait dans la zone démilitarisée entre les deux Corées, et l’on finit par accéder enfin à la grande bâtisse où se tourne le cinquième court-métrage du Collectifff, « Rorschach » de Stéphane Everaert.
Alors, de deux choses l’une : « Rorschach » n’est pas le nouveau parfum d’Yves Rocher mais un outil d’évaluation psychologique de type projectif (grosso merdo, on dit ce qui nous passe par la tête en voyant des tâches dessinées sur des planches). Ensuite, Stéphane Everaert démontre une fois de plus qu’il a plusieurs cordes (bon, déjà à son cou, puisqu’il est marié à la ravissante Stella) à son arc : présentateur du BIFFF adoubé par le public, prestitidigit… enfin, magicien quoi, et maintenant réalisateur !
On arrive en catimini sur le plateau – qui semble sorti tout droit du dernier film de Cronenberg, La Méthode, traitant justement de Freud -, et l’on surprend Stéphane Everaert donner des consignes sibyllines à l’une de ses actrices, Naila Ma : "Tu es le genre beauté italienne, capable de mettre un coup de genou dans les couilles sans ciller, tu vois ?" S’apercevant alors que la presse est présente, il se montre plus évasif et tout sourire. Un parfum de suspicion se met à flotter dans l’air… à peine avons-nous le temps d’assister aux préparatifs d’une scène que l’impensable se produit ! Sous le couvert d’une pénurie de figurants, on boute la presse hors du plateau pour qu’elle aille folâtrer en blouse blanche dans le jardin afin de densifier l’arrière-plan !Y a pas à dire, une aura de secret digne d’un embargo sur le tournage de Twilight 26 semble planer sur le tournage. La paranoïa monte d’un cran, tandis que l’on se retrouve dans le jardin à discuter phoques et écologie avec Vincent, l’électro (a-t-il lui aussi signé une clause de confidentialité ? Nous n’en saurons rien).
Une fois la quarantaine levée, Stéphane Everaert se montre plus volubile et propose de tailler le bout de gras sur le divan (décidément, l’ombre freudienne ne cesse de planer sur ce tournage) : "Il y a vraiment une superbe synergie dans le Collectifff : j’étais le producteur du court de David Leclercq (Happy Birthday Mr Zombie) et David est maintenant l’un des acteurs de mon court. Quant à Youssef Seniora, j’étais acteur dans son court (Trapped) et il est assistant réalisateur sur celui-ci !" À noter que Youssef est à Stéphane ce qu’une bouche est aux Frizzy Pazzy : un catalyseur. Oui, je sais, j’ai tendance à partir dans tous les sens, avoue Stéphane. Et quand on lui pose la question fatidique, puisqu’il est l’instigateur du Collectifff, il se penche, prêt à livrer un scoop comme un méchant de cinéma qui explique son plan diabolique avant de zigouiller le héros. On frisonne imperceptiblement : "L’idée du Collectifff est née à la présentation du dernier film du BIFFF 2011. Je suis descendu de scène et j’ai aperçu, à l’une des tables, une bande de réalisateurs en herbe. Et là, ça a fait tilt ! J’ai été trouver Youssef pour lui en faire part et les premières réunions ont débuté à peine un mois plus tard ! "
Mis à part cela, toujours makache sur le scénario de « Rorschach », si ce n’est qu’il est question d’une rencontre entre un paranoïaque (joué par Michel Nabokov) et un psy dont le rôle a été attribué à un invité mystère ! Ce dernier, en mode furtif, est difficile à alpaguer mais, quand on met la main dessus pour lui demander ses premières impressions sur le tournage, il répond, aussi sérieux qu’une porte de prison : "Rien. Pourquoi ça devrait me faire quelque chose ? C’est un jeu, non ? Si j’avais pas autant d’humour, tu crois franchement que je me laisserais maquiller comme un ancien nazi ? "
Haha, ça vous titille, hein ? Mais, comme on tient à notre vie, on ne vous révèlera pas son identité. De plus, la surdose de paranoïa nous rend extrêmement fébrile et l’on quitte l’endroit à reculons avant de prendre la poudre d’escampette, de peur de se faire allumer par un sniper du TAK engagé par Stéphane Everaert !






Putain 30 ans ! L’exclamation n’est pas assez forte encore. C’est que les dinosaures du festival en ont vu passer des événements, en ont projeté des films (plus de 2000 !), en ont accueilli des visiteurs (plus de 2 millions !) et des invités prestigieux (plus de 2000 !). Première chandelle allumée sur cette pièce montée fabuleuse que constituera cette 30ème édition, l’affiche dessinée par Hugo Pratt, le créateur de Corto Maltese.

Nous reparlerons sous peu de L’enfer du décor, le court-métrage de Jonathan Lenaerts qui sera présenté en avant-première mondiale, internationale et intercontinentale au BIFFF 2012 (pour rappel, c’est du 5 au 17 avril et y faut donc que vous veniez !). En attendant, juste pour faire mariner un peu, voici l’affiche teaser avec l’un des pensionnaires du festival reconverti en boucher sanglant. Allez, un Mars au premier qui le reconnaît !!!!

Mise en abyme : dans les coulisses de l’enfer du décor
Approchez, pressez-vous pour découvrir l’enfer du décor... Enfin, vous parlez d’un décor : les bureaux de Peymey à Bruxelles frappés par un cataclysme. Le nom de cette catastrophe : Jonathan Lenaerts, bûcheron d’origine finlandaise qui découpait, enfant, les photos de Renny Harlin dans les revues spécialisées pour se palucher à l’abri des regards. Le cuistre, tombé dans la marmite du cinéma avant même de voir émerger ses premiers poils, officie depuis dans un nombre illimité de domaines (il est l’auteur notamment du Bréviaire d’Hannibal Lecteur) et met, depuis un peu plus de deux ans, à contribution sa petite gueule d’ange pour décocher d’irrésistibles sourires aux
journalistes se pressant annuellement au BIFFF.
Bourreau de travail, l’homme preste quantité d’heures supp’ et n’hésite pas à squatter les locaux de son boulot pour apporter sa pierre à l’édifice déjà vertigineux du Collectifff. Pour rappel, L’enfer du décor constitue le sixième effort (après Sanctuary’s Battle, Slutterball, Trapped, Happy birthday, mr Zombie et Rorschach) de cette bande d’allumés, fervents adorateurs du festival, qui s’est confié comme mission d’apporter leur propre Chantilly sur le gâteau astronomique et gastronomique que sera cette 30ème édition. Pour l’occasion, Jonathan montre enfin les lieux mythiques - on dénombre une soixantaine de pèlerins effectuant des quatre coins de l’Europe le voyage en car pour poser devant le bâtiment en arrière-plan - où sont prises les décisions les plus importantes de la Belgique fantastique. "Et si on invitait de nouveau Gilles Daoust, juste pour se marrer ?", "La Troll, ça se sert à combien de degrés ?" ou encore le traditionnel "Pourquoi sont-ils si méchants ?" sont autant de sujets de discordes et de débats internes qui animent les quatre mousquetaires dominant depuis bientôt trente années cette forteresse imprenable. Évidemment, leur quotidien n’est pas exempt d’accidents. Il arrive, racontent les mauvaises langues, que le quatuor aménage le lieu en donjon SM pour y flageller les prétendus cinéphiles qui restent encore persuadés que Hooper, Carpenter et Landis sont des remplaçants de la Mannschaft. Pire, des on-dit tenaces circulent à propos des sièges de la grande salle cousus main par Annie à partir des anciens lauréats de la section 7ème parallèle. Quand rira-t-on de ce qu’en dira-t-on ? Probablement jamais. Puisque désormais, l’œuvre de Jonathan dévoile une réalité bien plus atroce encore...
L’enfer du décor fait, dans ce contexte, office de document historique. Pour la première fois, une œuvre ose montrer avec une certaine froideur - mais non sans humour - les conditions de vie
austères des bénévoles, chair à pâtée interchangeable et jouet favori des organisateurs de festivals. Lenaerts est un guerrier qui n’a peur de rien. Chaussant le casque à corne hérité de ses ancêtres, grimpant à bord de son fier drakkar, il anéantit les croyances vaines, dézingue les mythomanes et donne à voir la vérité nue de trente années d’exploitation, de soumission, d’humiliation, de meurtre même. Impitoyable, L’enfer du décor vous fera indéniablement changer d’avis à propos de ceux que vous vénérez depuis des décennies. A des kilomètres de l’arène où ils gesticulent pour abreuver le peuple du sang et des jeux qu’il réclame, dans l’obscurité des coulisses, de véritables monstres se tapissent. Vous ne pourrez plus dire qu’on vous a pas prévenus...
Un superbe visuel de l’illustratrice manga Bangela Sama...
Nouveau titre à ajouter à notre très belle liste de courts du 30ème BIFFF, l’Erotomania d’Alan Deprez connaîtra sa principale journée de tournage ce lundi 23 janvier.
Outre cet événement qui ne manquera pas d’être "hot", Erotomania se distingue d’ores et déjà par une magnifique affiche réalisée par l’illustratrice manga Bangela Sama.
Ce visuel, qui nous annonce un ensemble forcément très sensuel, surtout connaissant Alan, est la première contribution à ce film qui regroupera bon nombre de fidèles du jeune cinéaste.
Outre Nicolaos Zafiriou, le directeur photo, Benjamin Liberda, le cadreur, et Benoît Cantillana, maquilleur SFX qui a notamment oeuvré sur Ab Aeterno, on notera la présence de Damien Marchal, acteur récurrent d’Alan mais aussi véritable chouchou du public du BIFFF.
De quoi saliver à la simple évocation de cet Erotomania...

C’est un bon film !
Premier tournage de l’an neuf pour le Collectifff ! Cette fois, nous retrouvons Katia Olivier (Virtual Dating) à l’Espace Magh, à deux jets de pierre du ket incontinent le plus célèbre du plat pays. L’équipe a investi la salle de spectacle et patiente tranquillement afin qu’il y ait un retard digne de ce nom pour le premier clap (que voulez-vous : le cinéma a ses codes, à l’instar du m…superstitieux du théâtre). Au milieu de cet essaim, la réalisatrice gère son quatrième ulcère avec sa bonhomie proverbiale, en lâchant autant de vannes que de reflux gastriques.
Mais attention ! Si son sourire candide et son regard attendrissant donnent envie de lui donner le bon dieu sans confession (de toute
façon, l’hostie aurait du mal à passer, vu l’agnosticisme forcené de Katia) ou font croire qu’elle réalise un spin-off de Bonne Nuit les Petits, la réalité est tout autre… Avec un titre comme Belgian Psycho, référence directe au bouquin culte de Bret Easton Ellis (initiales BE, gambergez là-dessus : c’est un signe !), Katia n’y va pas par quatre chemins et dégaine sa rhétorique engagée avec la ferveur d’une érection présidentielle italienne : "A chaque fois qu’on va à l’étranger défendre nos films belges, la réaction c’est « oui, la Belgique : les frères Dardenne, les frites et Dutroux. » Mais ça ne va pas, ça ! J’avais envie de montrer un autre aspect : on va tourner sur la Grand-Place, on va avoir des accessoires très bruxellois – comme des reproductions du Manneken-Pis -, et le titre est là pour rappeler que même les Belges peuvent être des fous furieux psychopathes !"
L’idée de base de notre charmante dégénérée, qui doit probablement se repasser en boucle la scène du crucifix de L’Exorciste pour s’endormir, était d’imaginer une tueuse en série – pulpeuse et fatale – qui décide d’allumer à la chevrotine tous les collets montés du prêt-à-penser consensuel. "Je donne de la violence, un peu de nudité et un point de vue féminin sur le trash et le gore". Chez Katia, donc, « consensuel » s’écrit en deux mots brûlants. Et, là où la connexion neuronale primaire du mâle aurait transformé le pitch en gloubi-boulga mi-vigilante mi-rampage, le raffinement typiquement féminin permet de monter la charge critique d’un cran : le féminisme revendiqué – façon mi-chiennes mi-soumises ou putes de garde qui comme le vin se bonifient avec l’âge (excusez d’emblée la dyslexie machiste) – est dès lors utilisé comme vecteur transgressif pour stigmatiser encore plus la censure systématique. Vous avez une tante catho en ligne de mire en lisant ces lignes ? Ça tombe bien : l’Eglise catholique est également dans le viseur de Katia. "J’ai été baptisée de force par mes parents mais, moi, je suis complètement agnostique et ça m’embête beaucoup de ne pas être excommuniée. Donc, je cherche la merde avec le Vatican. Pour ce film d’ailleurs, je n’ai pas de droits pour la photo du Pape qui va servir d’insert pendant une scène de viol (c’est une femme qui viole un homme) : j’espère que ça va amuser les gens intelligents et choquer les gens moins intelligents. "
Au niveau logistique, la production fut un tel casse-tête qu’elle a bien fait de tourner maintenant : vingt ans plus tard, et elle était bonne pour un triple pontage coronarien. Heureusement pour Katia, la Ville de Bruxelles s’est montrée tout à fait ouverte au projet et a même mis à sa disposition l’Hôtel de Ville pour quelques plans d’intérieur. Au niveau de l’équipe, la réalisatrice s’est aussi étonnée du réseau solidaire qui s’est mis en place : "J’ai réussi à rassembler des gens extraordinaires, notamment Jacques-Olivier Molon pour les effets spéciaux et les explosifs sur les corps (responsable FX d’Amélie Poulain, A l’intérieur, Livide – un habitué du BIFFF) et Olivier Merckx au steadycam (Mon Pire Cauchemar, Notre Jour Viendra, Tout ce qui brille)." Des armes factices, d’autres démilitarisées ont également dû
être achetées pour le court-métrage, promettant un tournage extrêmement physique pour l’actrice principale, Naila Ma qui, pour l’occasion, a dû apprendre à tirer des coups et se familiariser avec les impacts de pénétration.
Une belle promesse pour le BIFFF, festival cher au cœur de la réalisatrice : "Le BIFFF, pour moi, c’est l’endroit où la censure n’existe pas. Et j’avais envie de rendre hommage à la liberté d’expression qu’apporte le BIFFF." D’autant plus qu’elle a prévu de gâter les spectateurs avec les apparitions de Guy Delmote et Freddy Bozzo, deux des membres fondateurs du festival. Mais ce n’est pas tout ! Et là, c’est une exclusivité pour Cinémafantastique : "Nous avons la scène du « c’est un bon film » : une star mystérieuse qui vient nous rejoindre, pour nous prêter une partie intime de son corps." En espérant qu’il y ait du monde à la projection, nous sommes d’ores et déjà assurés d’avoir du monde au balcon ! Les paris sont ouverts, et n’allez pas nous dire que ça ne vous fait nichons ni froid, hein !
Just a submission story...
Lundi 25 janvier, début d’après-midi,… sous la Place Royale. Nous voilà dans le fameux Coudenberg, lieu hautement historique de Bruxelles, dans le cadre du tournage d’Erotomania d’Alan Deprez, contribution du jeune cinéaste au Collectifff qui se décarcasse depuis quelques mois pour faire du 30ème BIFFF une cuvée unique en son genre.
Après avoir été accueilli au musée BELvue par un concierge communiquant un code interminable censé ouvrir une imposante porte, la plongée dans les tréfonds de la capitale ne se fait pas sans une certaine appréhension. Lieu aussi magnifique que sombre, doté de pentes raides et de lumières incertaines, le Coudenberg recèle cette atmosphère authentiquement spéciale qui peut faire chavirer la destinée de toute production cinéphilique. Et, à ce titre, à l’approche du plateau, les gémissements lointains du supplicié de la journée, l’excellent comédien Bertrand Leplae, déjà vu dans Ab Aeterno où il tenait le rôle de William, confère encore au lieu une aura horrifique plus poussée.
Au détour de quelques colonnes se tient le tournage d’Erotomania, création qui, dès le premier abord, semble faire preuve d’excellentes dispositions, les efforts au niveau lumières et effets collant parfaitement au style d’Alan.
Porte-étendard d’un cinéma « léché », comme il se plaît à le rappeler de nombreuses fois en festivals, le jeune metteur en scène est assisté d’une sympathique équipe, fidèles entièrement à sa disposition et qui se donnent à 100%
Outre le méritant Bertrand Leplae, frigorifié, attaché qu’il est à une colonne par des chaînes sous l’œil attentif de toute l’assemblée, les efforts se multiplient de la part de chaque intervenant pour coller à l’univers très riche envisagé par Alan. Ce dernier, se plaisant à dire « que tout metteur en scène ne serait rien sans ses assistants et que lui ne serait sans doute rien sans ses fidèles amis », prend en compte les avis aiguisés des différentes personnalités en place. Ainsi, en tant qu’assistant-réal, Jérôme Vandewattyne, qui offrira au 30ème BIFFF son Slutterball, rend la pareille à Alan en jouant tantôt les électros, tantôt les conseillers. Il en va bien entendu de même pour Nicolaos Zafiriou, dont les qualités de directeur photo ne sont plus à prouver depuis bien longtemps et qui semble plus que jamais investi pour faire de cet
Erotomania un des moments marquants du festival bruxellois. L’œil plus vif que jamais, l’homme voit tout : le moindre détail est étudié afin d’amener sur le film la dose d’esthétisme si parfait qui sied au cinéma d’Alan. N’hésitant pas à faire rejouer certaines séquences un grand nombre de fois, Nicolaos a sans doute été le plus grand bourreau de la journée de Bertrand Leplae… toujours enchaîné à sa colonne pour le bien du film.
Mais le grand moment de la journée intervient sans aucun doute par la suite avec l’entrée en scène de la splendide Ting, une actrice chinoise au physique incroyable et à la bonne humeur communicative, et de Damien Marchal, sans doute l’acteur le plus apprécié des spectateurs du BIFFF. En effet, l’ancien Bob le Zombie risque une nouvelle fois de créer la sensation dans la salle, affublé qu’il est d’un superbe moustache et d’un look digne de sa
« folie » habituelle. Plus en forme que jamais, le comédien fit bien entendu rire l’assistance autant que faire se peut tandis que le corps de Ting se révélait à la caméra de la plus belle des manières qui soit.
Ayant pris du retard, le tournage continue néanmoins jusqu’à la deadline, fixée à 17 heures par les propriétaires du Coudenberg, dans une bonne humeur et un professionnalisme jamais démentis. Cette équipe, qui a remis le couvert durant la journée de jeudi, est un peu comme une famille, liée par l’envie de proposer un ensemble de qualité, et qui a pu compter sur Taty Benika pour se sustenter de mets exquis. Autant dire que, pour ce BIFFF 2012, toutes les forces vives et les habitués se sont donné rendez-vous et comptent bien faire de l’événement un moment inoubliable pour tout un chacun…




Crédits photos :
Photos 2, 7 et 8 : Letizia Camboni
Photos 1, 3, 4, 5, 6 : Charles Six
Le film d’Alan Deprez se signale une dernière fois avant le BIFFF...
Après un tournage riche en émotions, qui a même été épique sur sa fin eu égard au climat bien sibérien qui nous frappe en ce moment (la fête de fin de tournage a notamment été victime des chutes de neige de vendredi), Alan Deprez et sa petite équipe ont bouclé Erotomania.
Bouclé ? Non, pas totalement bien sûr : le tournage a laissé sa place à une phase de post-prod qui s’avèrera tout aussi importante et dans laquelle Alan s’est déjà plongé.
Voici donc l’occasion pour nous de revenir une dernière fois en images sur cet Erotomania qui figurera parmi les capsules spéciales du 30ème BIFFF et sera donc bientôt visible sur les écrans de notre festival chéri.










MAIS POURQUOI SONT-ILS TOUS SI MECHANTS ??!!!
Par Lexxon Valdès
Chais pas si vous étiez au jus les petits cocos, mais paraitrait qu’une tripotée de zigouilleurs patentés squatteraient une coloc aux abords de Charleroi. A Goutroux qu’on me dit dans mon oreillette (Merci Roger !). Et j’vous cause pas d’éventuels potzo au Marco hein, mais de fines lames ayant essentiellement fait les beaux jours du cinoche de genre eighties. Des Myers, des Carrie, des Leatherface et autres
joyeusetés psychotiques. Pas d’la pisse de chat quoi !
Excité comme pas deux par la chose (Alan Deprez, sors de ce corps !), votre serviteur plongea dans la première diligence reliant la capitale au pays noir, bravant le blizzard qui s’était abattu sur nos contrées, pour voir d’un peu plus près de quoi il en retournait.
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je tombais nez à nez avec une équipe de tournage totalement frigorifiée. Enfin une équipe… on se comprend. J’veux pas dire hein, mais les gus avaient plus des mouilles de calipos à peine éjectées du congélo que de techniciens professionnels. A noter qu’il est étonnant de voir à quel point le froid peut resserrer illico les liens entre les êtres humains, et plus précisément dans un périmètre de 3 mètres carrés autour d’un canon à chaleur, d’un radiateur électrique, ou, plus insolite, d’une machine à croque-monsieur.
Pas refroidi par l’accueil polaire, je tentais d’entamer un semblant de dialogue avec un duo d’électros. Après que ceux-ci m’ont répondu par une série de borborygmes s’échappant péniblement aux travers des mailles serrées de leurs épaisses écharpes, je décidais de pénétrer (Alan Deprez, sors de ce corps ! ) dans l’antre du mal, dans cette sorte d’Haddonfield carolorégien.
Comme on est pas des couilles molles à la rédac, je pris mon courage à deux mains (Alan Deprez, sors de ce corps ! ) en descendant à la cave, histoire d’y retrouver l’instigateur de ce joyeux bordel. Après y avoir croisé une nana à moitié à poil et un Leatherface se trimballant à même le râble un péquenaud totalement désapé, je me retrouvais à côté du combo et par la même occasion du sieur Lowyck, réalisateur de ce Halloween : la colocation. Profitant d’une pause entre deux plans, je me lançais dans un véritable interrogatoire, ne laissant pas une minute de répit aux pauvres petites lèvres gercées du bonhomme. " A la base c’était un hommage total au Halloween de John Carpenter. Une sorte de fan-film ultra-référentiel où j’avais remplacé le personnage de Laurie Strode par la Carrie de Brian De Palma. C’était très proche de la trame originale d’Halloween et, en lisant le scénario, Emre Olcayto réal de Sanctuary’s Battle, ndlr) m’a conseillé de développer le concept en poussant le délire au maximum. C’est là que m’est venue l’idée de créer une sorte de colocation un peu particulière et essentiellement composée de sérial killers mythiques". Michael décide donc de se lancer dans la rédaction d’une comédie parodique en jonglant avec des références apparemment bien digérées. " J’ai maté une flopée de slashers et je me refais régulièrement des franchises complètes. Ça va des Halloween aux Vendredi 13, en passant par la saga des Freddy, les Chucky, Omen, Carrie et autres Massacre à la tronçonneuse. Ces personnages sont devenu de véritables icônes et sont désormais rentrés dans l’inconscient collectif d’énormément de spectateurs."

A peine avait-il terminé de me dresser la liste complète de ses références que le réalisateur appelait Olivier Bonjour et Helena Coppejans, les acteurs interprétant respectivement Michael Myers et Carrie, afin de les placer pour le plan à venir. Ayant terminé de briefer ses interprètes, Michael revint à la charge en me faisant part des difficultés et challenges ayant égrainé le tournage de son premier court métrage. " Le plus gros challenge fut pour moi de gérer à la fois la production et la réalisation de mon premier court. C’était pas de la tarte, mais je suis content de voir qu’on s’en sort bien et que l’ambiance sur le plateau est super bonne malgré le froid et le fait qu’on shoot de nuit. Je suis super bien entouré et mon chef op, Guillaume Simonin, fait des miracles dans des conditions pas évidentes. Bon c’est pas facile tous les jours, surtout que la neige m’a fait changer mes plans. Je me suis retrouvé à devoir réécrire toute la fin de mon histoire à trois heures du tournage. Le plus intéressant dans cette expérience, c’est qu’au final, j’ai bien l’impression que la scène fonctionnera mieux dans sa nouvelle mouture." M’apprêtant à prendre congé du réalisateur et à repartir pour un périple à la fois long et périlleux vers la capitale, je lui posais une dernière question concernant son avenir. " Je suis maintenant certain que la réalisation, c’est ce que je veux faire. J’espère être capable de monter d’autres projets mais je préfère d’abord terminer celui-ci avant de faire des plans sur la comète. Après on verra. Ce qui est certain c’est que je ne compte pas en rester là".
Le Bien contre le Mâle
Passé l’entrée du parking de Tour et Taxis, il faut s’enfoncer plus avant encore dans les steppes enneigées pour dénicher les derniers résistants qui bravent les recommandations pourtant salutaires de Nora Berra (qui rappelait bien à propos aux SDF de ne pas quitter leur domicile par ce froid mordant). Agglutinés autour d’un brasero de fortune dans lequel crépitent quelques planchettes trouvées çà et là, les membres de l’équipe se les gèlent grave, c’est un fait. Mais, ce n’est pas par pur plaisir qu’ils sacrifient leur corps au dieu Ull, c’est avant tout pour l’amour du cinéma. "Les conditions de tournage sont plutôt difficiles et rudes", raconte Sébastien Briedis, réalisateur de ce Collector, qui a dû composer avec une température ambiante de
moins 10 degrés depuis le début de la semaine. "Le cinéma, comme je dis toujours, ce n’est pas que de la rigolade. Donc souvent, il faut suer pour avoir les images. On a une nouvelle fois la preuve qu’il ne s’agit pas d’une partie de plaisir mais d’un vrai métier." Et ses comédiens, frigorifiés, d’opiner du chef devant leur chef reprenant bientôt place dans son bastion, derrière le combo.
De cette place de choix, surplombant l’arène où s’activent ses comédiens et toute son équipe technique (oh, des trognes connues... t’es encore là, Guillaume ?), il dirige les opérations, entouré d’un spécialiste en cascades et don son fidèle assistant réa. Satisfaits de la dernière prise (une putain de paire de mandales distribuées par une Emilie Guillaume habitée, au ralenti, ça fouette !), ils rechargent les batteries de l’équipe, vont féliciter les acteurs, prodiguent quelques conseils et discutent le bout de gras durant les pauses. Moment choisi pour interroger le géniteur de ce court sur son scénario : "Le film parlera de deux personnages qui se battent jusqu’à la mort pour un objet quelconque, c’est le combat pour l’absurdité." Sa référence ? Le dernier combat de Luc Besson (sacré d’ailleurs lors de la première édition du BIFFF). Son genre ? Le combat jusqu’à la mort dans un décor post-apocalyptique. Ses clins d’œil au festival ? Ils sont légion, d’autant que les lieux ont été apprêtés pour simuler un BIFFF post-apo (l’édition 2013 ?). L’équipe a reconstitué avec minutie ce à quoi devrait ressembler le hangar après passage d’un tsunami ou d’une horde d’amateurs de Cuvée des Trolls incapables de se soumettre à la loi de la file indienne : des fûts gisent sur le sol poussiéreux, à côté de sièges éventrés, vestiges de la salle de cinéma où nos contemporains mataient autrefois, sans la moindre pudeur, des pellicules plus déviantes et port’nawak les unes que les autres.
Une arène sur mesure pour le combat de titans orchestré et quasi entièrement auto-produit par Seb. "C’est moi qui produis le film à
90% et quand même derrière, on a l’ASBL Clara production qui nous file un gros coup de main pour la post-prod, qui nous donne le studio de montage, qui nous rajoute un monteur et qui rajoute un peu de budget si jamais on a besoin de liquidités." Cela rajoute encore du cachet à cette bande financée grâce aux deniers personnels et à l’investissement d’une équipe de choc comptant des acteurs hallucinants. "Emilie Guillaume a fait de l’acrobatie et du tricks et l’acteur, c’est Sharky - je dois avouer que je suis incapable de prononcer son nom." (Kyambikwa - ndla). "Je les ai rencontrés par hasard en visionnant une vidéo sur Internet et j’ai tout de suite été charmé par Emilie qui est vraiment un personnage à part. L’idée était de développer son peps, son agressivité et surtout le contraste entre les deux combattants, un grand fort et une toute petite et j’avais envie de faire gagner la toute petite pour une fois."
Alors, si vous en avez assez de ne voir David (Emilie Guillaume, dans le coin gauche, catégorie poids plume, autant d’énergie qu’une palette de Red Bull) terrasser Goliath (Sharky, dans le coin droit, poids indéterminé, facteur peur + 8000) que dans Joséphine, ange gardien, il faudra venir au BIFFF pour assister sur grand écran à un combat apte à faire trembler les amateurs du Wrestlemania...
Deux énormes invités pour le festival du BIFFF
Il est de notoriété publique que cette 30ième édition du festival de Bruxelles risque de ressembler à une méga-teuf de cinoche fantastique. En apéritif, on vous offre déjà deux grands noms qui viendront fouler le sol bruxellois durant le mois d’avril :
* Lloyd Kaufman, le légendaire tenancier de l’industrie Troma viendra tenir une masterclass
* William Friedkin (L’exorciste, Bug) ramènera quant à lui sa frimousse pour être sacré en 3D chevalier de l’ordre du corbeau...
Comment on achète les tickets ? Ben, y faut encore patienter mais c’est pour bientôt...
Hollywood débarque à Bruxelles
Par Le Suédois
Lorsqu’on est un fan de John Carpenter, qu’on a un bureau qui rivalise avec la chambre de Tarantino, et que – cerise sur le sundae – on est steadicameur avec plus de 20 ans d’expérience dans le métier, il ne faut jamais donner la possibilité à ce genre d’olibrius de réaliser un film. Sinon vous risqueriez de créer un gros buzz dans le monde du cinéma belge dit "dardennesque", selon nos homonymes américains. Je dirais même plus que vous commenceriez à faire douter le potentiel sous-estimé des Belges qui seraient incapables de faire des films d’action, avec des explosions, des poursuites de voitures, des cascades de motos, des SWAT à la sauce bicky qui tirent dans tous les sens, et pour couronner le tout des aliens qui ne parlent même pas la langue de Vondel. La seule vraie touche américaine est Steve Tartalia, l’acteur principal du Résistance d’Olivier Merckx. Cascadeur et acteur américain, Tartalia a commencé dans les films de Jackie Chan tels que Opération Condor, mais a aussi été la doublure de Spike dans Buffy ou de Michael "Vaughn" Vartan dans Alias de J.J. Abrams, sans compter un passage dans les gros blockbusters tels que le deuxième volet de Zorro, ou Pirates des Caraibes 3.
« Mon film est un hommage à They Live de John Carpenter et aux films des années 80 comme Terminator. J’ai tenu à ce que le film ait un coté B movie et je tenais aussi à ce qu’il y ait beaucoup d’humour. » affirme Olivier. L’histoire est très simple. Comme dirait Carpenter, en néerlandais : Zij Leven ! Ce qui veut dire qu’ils vivent. Mais de qui parlent-ils ? Ben, des aliens qui apparemment seraient parmi nous mais camouflés en êtres humains. Seule une paire de lunettes noires nous permettrait de les voir. D’ailleurs, il suffit de les mettre pour se rendre compte que tout ce qu’on lit fait l’objet de textes subliminaux : "OBEY à ta mère. EAT ce durum. ». Mais lorsque John "Steve" Nobody débarque en ville, on va vite sentir le côté « lunettes noires pour nuits blanches », et les plus hardis sont prêts à en découdre avec ces salopards d’aliens ! Olivier n’oublie pas d’y rajouter une action girl, histoire de respecter les codes des années 80 : ce n’est autre que Naila "Rorschach/Belgian Psycho/Resistance" Ma qui incarnera une Sarah Connor russe, sauf qu’elle cause pas un foutu mot de russe
et qu’elle a tendance à tout faire péter sur son chemin. Il y aura aussi Jean-Michel Vovk (Amer) qui incarnera Cameron Bifff, chef de la résistance, ainsi que Chris Briant (le réal et acteur de Hunters) et notre Hughes « L’Enfer du Décor/Belgian Psycho » Hausman national (Taxi 4 et surtout membre du Jury Thriller au BIFFF 2011) est venu aussi faire un petit rôle.
Olivier, avec son âme d’enfant, se confie : « J’ai sauté sur l’occasion que nous donne cette initiative du collectif pour réaliser un film de SF bourré d’action, et en même temps rendre hommage aux réals et aux films que j’ai adoré ces 30 dernières années. Je suis plus attiré par l’action, l’humour et la SF que par des hordes de zombies qui se font exploser la tronche. J’ai essayé aussi de le réaliser dans le style année 80 en évitant les « shaky cams » et les plans à l’épaule. J’avais envie de travailler avec des cascadeurs et de la pyrotechnie et de faire des choses que l’on fait jamais ou rarement en Belgique. »
Au niveau technique, Olivier n’a pas lésiné sur les moyens :
Gilles Conseil (Dobermann, Rush Hour 3, Taken , Transporter) et ses gars pour les cascades motos. « J’avais fait plein de films avec lui et il est venu aussi avec son super quad équipé pour le Steadicam. »
Pour les SWAT, l’équipe de Stephane Lagoute (Colombiana), ‘GITC’, qui se spécialise dans tout ce qui est interventions policières et militaires pour le cinéma.
Aux effets spéciaux de plateau, l’équipe d’Olivier de Lavelaye. « Ils nous ont fait quelques explosions et nous ont fourni des supers armes et ont a tiré des centaines de cartouches. J’ai pété mon budget cartouches, mais quel pied. »
Pour les effets de make –up, Pascal Berger qui s’est occupé des masques d’aliens et du drone.
« Le froid et la neige m’ont forcé à changer beaucoup de choses, c’était très dur pour mon équipe. Ensuite avec le manque de prépa, vu l’ambition du projet, il aurait fallu trois mois de prépa, mais j’en ai eu
qu’un. » Olivier, fan du BIFFF depuis ses 8 ans (quel b-oli-menteur, ce mec), ne pouvait que saisir cette opportunité pour montrer au public tout ce qu’il adore : un film punchy, style années 80 avec de l’action et de bonnes vannes, comme Oli a l’habitude de faire. Nous les avons nommées : les « Olivannes », tellement elles deviennent cultes (un livre serait d’ailleurs bientôt en préparation, dans la droite ligne des « Amuse-Bush » et des « Evangélismes »). D’ailleurs, dès le premier jour de tournage, voyant qu’il n’aurait pas assez de temps pour à la fois gérer le premier clap et mettre du sucre dans son café, Olivier nous dit : « Bon ben, je pense qu’on va sucrer des plans aujourd’hui. »
Tourné avec la nouvelle Panavision, la Genesis (Captain America, Superman returns, Spartacus, Predators , CSI Miami....), Olivier Merckx risque de tous nous surprendre lors de sa projection au BIFFF de cette année. Hâte d’y être.
PHOTOS DU TOURNAGE









Crédits photos : Vlad vdk et Sylvain Nouveau
Nous vous annoncions voici deux jours la présence de deux immenses figures du cinéma au festival du BIFFF, Lloyd Kaufman et William Friedkin. Nous dévoilons aujourd’hui un premier titre qui prendra place dans la sélection du festival : Killer Joe de William Friedkin himself qui sera, à l’ouverture de cette séance, sacré de l’Ordre du Corbeau.
William Friedkin (né le 29 août 1935 à Chicago) est un réalisateur, producteur et scénariste. Célèbre pour avoir réalisé coup sur coup deux très gros succès commerciaux maintenant considérés comme des classiques du cinéma américain : le drame policier FRENCH CONNECTION en 1971 et le drame fantastique L’EXORCISTE en 1973. La suite de sa filmographie sera plus riche en réussites artistiques qu’au Box Office, telles Le Convoi de la Peur, remake étonnant du Salaire de la Peur d’Henri-Georges Clouzot, La Chasse (1980) avec Al Pacino, Police fédérale Los Angeles, ou le plus récent Bug (2006), plongée cauchemardesque au cœur de la schizophrénie.
KILLER JOE a été présenté au festival de Venise et a reçu un accueil enthousiaste.
« Un vrai plaisir de cinéma, mis en scène avec une inspiration et une jubilation communicatives, servi par un Matthew McConaughey bluffant, Killer Joe est la claque de cette Mostra » - LE VIF
« Un délicieux mélange, lubrique et sombre, où l’humour l’emporte sur l’horreur » - FOCUS KNACK
« Un film noir, où s’entrecroisent les situations hilarantes, les scènes violentes et les dialogues incisifs. On y passe d’une extrême à l’autre de manière si naturel que l’on ressent un certain malaise » DEREDACTIE.BE
Le film sortira le 13 juin au cinéma et sera présenté en avant-première au BIFFF (5 au 17 avril 2012)
Comme un Français dans un jeu de quilles...
Par Katia Olivier
C’est frigorifiés et les pieds dans la boue, que nous assistons au tournage du court-métrage Bowling Killers de Sébastien Petit (Le Petit Chaperon Rouge, Chaos, Luneville). Lorsque les deux acteurs Gérald Wauthia (Le Petit Chaperon Rouge) et Steve Driesen (Chaos), deux habitués des planches de théâtre, apparaissent en chapeaux de cow-boy, chemises de bowling violettes, et flingue à la main, tels Bud Spencer et Terrence Hill, version Big Lebowski, le ton est donné : ce sera kitch et violent. En effet, les deux héros, joueurs de bowling par passion, mais tueurs à gage par nécessité, doivent ce soir exécuter un homme, sans arriver en retard à leur tournoi de bowling. Mais ça ne sera pas sans difficulté…
Interrogé sur l’origine de cette idée, Sébastien Petit nous confie y avoir pensé depuis longtemps. Mais, à la recherche d’un décalage tarantinesque entre dialogues, personnages et action, il reçoit l’aide
inattendue de notre légendaire Youssef « BIFFF » Seniora, qui un soir d’inhalation de vapeurs éthyliques, lui lance sous forme de blague, ce qui sera la petite touche finale, l’idée des joueurs de bowling. Si l’allusion aux frères Cohen est donc totalement non préméditée, celle à Tarantino est bien revendiquée. Pourtant, d’un point de vue plus général, c’est plutôt Spielberg qui fait rêver le réalisateur, mais aussi Georges Méliès. D’ailleurs, son projet idéal : « Ca serait un long-métrage de science-fiction, mais avec un petit côté social. Avec moi, Rosetta, on la fout sur la lune ! ».
Ce n’est donc pas par hasard que Bowling Killers est aussi émaillé d’analyse socio-culturelle. L’aspect ringard, voire « redneck » des deux anti-héros, se conjugue avec leurs dialogues belliqueux nationalistes, l’un étant flamand, l’autre wallon. Et c’est avec une grosse dose d’humour que Sébastien illustre notre « gueguerre » nationale, par des dialogues croustillants et cocasses. « C’est ce qui m’horripile le plus, c’est-à-dire qu’on est capable de bloquer un pays pendant un an et demi juste pour une histoire de nationalisme, donc les dialogues c’est sorti tout seul ». Mais, cerise sur le gâteau, ce n’est pas n’importe quelle victime qui se cache dans le coffre de la voiture, c’est un Français qu’ils ont l’ordre d’exécuter. « Non, pas un Français ! », me corrige instantanément Sébastien, « un Parisien ! ». Et voilà que nos différences culturelles s’effacent pour laisser la place à une autre incompréhension culturelle pourtant fédératrice, et pas uniquement belge celle-ci, l’aversion pour le Parisien, celui qui ne sait même pas ce qu’est un chicon, et qui prétend avoir inventé la frite !
D’un point de vue purement technique, ce film est réalisé en seulement 9 plans, des plans séquences imposés par le concept de caméra subjective, qui nous met dans la peau de la victime. Le tournage a lieu en une nuit et en extérieur, devant les hangars de Tour et Taxis, illuminés pour l’occasion par un chef opérateur qui en fait rêver plus d’une, Monsieur Philippe Thérasse en personne, accompagné de sa caméra Epic, et d’une équipe de choc. Sébastien confirme : « J’ai vraiment eu une dream team, on a eu tout ce qu’on voulait, on aurait eu un million d’euro, ça aurait été la même chose ». Il est vrai que le film devait être à la base de moindre envergure « On prend une cam, on prend des chopes et on tourne avec des potes, et puis par la suite ça a pris beaucoup d’ampleur. Le collectif a pris de l’ampleur, une projection au BIFFF, et puis Philippe Therasse qui débarque avec une super cam, du coup on a une chance de faire un
truc beaucoup plus conséquent. Donc maintenant c’est un truc de potes mais pro. C’est parfait ! ».
Pour Sébastien, le collectif du BIFFF porte bien son nom. Tout d’abord pour l’énergie qu’il a apporté au milieu du cinéma fantastique belge, l’émulation artistique et professionnelle qu’il a généré, et la solidarité entre ses membres, mais pas seulement, cette solidarité a su gagné une grosse partie des professionnels belges qui se sont impliqués avec passion. « Du coup ça m’a donné un élan, je me donne un mois pour essayer d’écrire une version longue. Ca ma refoutu la pêche ». Mais dans l’expression « collectif du BIFFF », il y a « BIFFF », et Sébastien, dont le genre de prédilection est le fantastique, en est fan depuis longtemps ; pour l’ambiance, la découverte de nouveaux films, mais aussi pour les rencontres professionnels, car le BIFFF rassemble et fédère, ce qui pour Sébastien sont des concepts primordiaux. Gageons en tout cas, qu’au BIFFF son film fera l’unanimité entre flamands et wallons, réunis pour l’occasion par l’humour et le fantastique… Quant aux français, gare au mordant des Bowling Killers !
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